Adra, mutisme médiatique et carnage à caractère confessionnel

Massacre répugnantPar Cécilia Fany Fandi

L’intox sur la Syrie continue et à la guerre sur le terrain se superpose une guerre de la communication, s’appuyant sur des « lobbies » et agissant par les « rumeurs, désinformation, intoxication » sur les médias internationaux, notamment français.

 

« L’armée de l’air syrienne a mené un de ses raids les plus meurtriers, avec 76 personnes dont 28 enfants tués à Alep », c’est ce que le quotidien français La Libération nous annonce dans son article du lundi 16 décembre mettant ainsi en exergue la présence des enfants sans jamais préciser la part des miliciens parmi les civils.

Pire, ce même médias, dans son article du 27 décembre, sur la prise de la ville d’Adra par les djihadistes, écrit ceci : «Adra, une ville à majorité alaouite, la religion de Bachar al-Assad »  commettant la désinformation en faisant des alaouites non seulement une majorité dans la ville mais une religion à part entière et comme si cela justifiait l’attaque de la ville.

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/27/syrie-des-dizaines-de-rebelles-tues-dans-embuscade-de-l-armee_969311

Cependant, aucun mot sur le carnage d’Adra commencé le jour de sa prise par les fanatiques d’Al-Qaïda et ses consorts islamistes alors que cette même Al-Qaïda qui a revendiqué le massacre sur son site officiel. Pire, La Libération qualifie les attaquants de « rebelles, parmi lesquels des jihadistes » (Sic) faisant ainsi d’Al-Qaïda et ses alliés des simples « rebelles djihadistes » et non terroristes.

Cet évident préambule posé, en l’occurrence des médias qui continuent sa sympathie à l’égard des « rebelles syriens » au point de ne jamais rater une occasion de dire qu’une attaque de l’armée syrienne a fait des morts dans la population civile omettant soigneusement de rappeler que les djahadistes utilisent les civils syriens comme boucliers humains et que nous sommes en présence d’une guérilla symétrique en milieu urbain. Pire, ces médias gardent le silence sur leurs massacres un peu partout en Syrie quand ils ne les attribuent pas purement et simplement à l’armée syrienne.

Cela n’est pas surprenant des médias français dont le gouvernement est impliqué dans la crise syrienne prenant partie dans ce conflit dès le début au point de vouloir contre vent et marrée armer « les insurgés ».

En effet, bien que le gouvernement français soit même surpris par la décision de Londres et Washington,  selon Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale française «  de suspendre leur aide à l’opposition dans le nord de la Syrie », il maintient sa position de « poursuivrait de son côté ses livraisons aux insurgés. » (Sic).

Pour Londres et Washington, l’ASL n’existe plus mais madame Guigou continue à qualifier les djihadistes des « insurgés » alors que ses « insurgés » ou « rebelles djihadistes » selon les médias français sont en réalité dans leur quasi majorité des djihadistes et fanatiques étrangers. Donc, rien d’étonnant que le carnage d’Adra passe sous un grand silence.

 

Adra n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais plus affreux

Adra (à 25 km au nord-est de Damas), une des principales entrées vers la Ghouta orientale, une région agricole qui connait des batailles depuis plusieurs mois déjà, est une citée industrielle et infrastructurelle et une artère vitale pour l’économie syrienne avec plus de 700 usines.

Cette ville a été attaquée et occupée mercredi 11 décembre par les djihadistes d’Al-Qaïda et ses consorts islamistes qui ont tué et égorgé une centaine de personne sans oublier des otages civils détenus comme boucliers humains.

De même, le pillage allait bon train toute la journée de jeudi et y sont passés invariablement les maisons, les magazines et les bâtiments publics. De même, plusieurs quartiers ont été incendiés.

Dans les silos de la ville, du blé a été pillé et des ouvriers ont été massivement exécutés. Une cinquantaine  d’habitants d’Adra ont été massacrés jeudi selon des sources locales.

Du côté du commissariat,  au moins une vingtaine de gendarmes ont été abattus et leurs corps ont été mutilés et brûlés.

La clinique de la ville n’a pas été épargnée non plus. Les djihadistes ont coupé la tête de Georges Makhoul, un médecin chrétien de garde. Sa tête a été exposée sur le marché de la ville avant qu’elle soit fracassée avec le rituel Allah Akbar.

La plus dure était « la bataille de la boulangerie » avec une dizaine de morts parmi les civils. Des employés pris comme otages mais égorgés par la suite car « ils sont des fonctionnaires« , donc selon eux, des alliés du régime.

Des civils alaouites ont été triés et jeté vivants dans le grand four de la ville. « 7 des otages de la boulangerie ont été exécutés, puis décapités, et leurs têtes ont été accrochées sur la place du marché », raconte un rescapé au journal libanais al-Akhbar.
Le massacre s’est poursuivi pendant  toute la journée faisant selon Syria Truth, pas moins de 47 civils abattus en raison de leur appartenance religieuse ou parce qu’ils travaillaient dans la fonction publique. Des Alaouites, des chrétiens et des druzes sont les principales victimes du massacre. De même, le sort de 200  otages de la cité ouvrière est toujours inconnu sans parler de 100  filles âgées de 10 à 20 ans kidnappées, toujours sans nouvelle et on craint le pire pour elles.

Et pour avoir une idée de la terreur vécue par les habitants, voici le témoignage de Mazhar Ibrahim, docteur en géologie, un rescapé de massacre qui a vécu l’horreur, caché pendant trois jours avec sa femme et leur petite fille, Kristina, dans le sous-sol de sa maison. Il parlait des cadavres sans têtes et des têtes exposées dans les rues pendant sa fuite. Il confirme aussi que les djihadistes ont jeté  une dizaine des alaouites dans le grand four de la ville coupant les mains aux travailleurs sunnites pour qu’ils ne retravaillent plus pour « le régime mécréant » de Bachar al-Assad. Pour les alaouites, « on les découpe devant leurs enfants. » ajoute-t-il.

http://breakingnews.sy/en/article/30856.html

Les snipers postés du haut de certains bâtiments publics comme privés sèment mort et terreur dans la ville tandis que les opérations militaires par l’armée syrienne pour reprendre la ville s’avère assez difficile dans les conditions actuelles.

Pour ce massacre comme pour les précédents, aucune condamnation par les organismes internationaux qui persistent dans leurs versions mensongères dès le début, en toute connaissance de cause.

Cependant, le Comité de coordination pour un changement démocratique en Syrie (CCCND), instance de l’opposition syrienne à l’étranger (opposition non armée), présidée par l’opposant très médiatique, Haytham Manna  qui s’oppose à la fois au régime et au CNS qu’il accuse d’être sous la coupe des fondamentalistes et de l’étranger, a condamné ce massacre, estimant que « ce genre de comportements constitue une honte pour la révolution, et récusant toute sorte de violence armée a caractère communautaire répugnant ».

Massacre répugnant

 Massacre d’Adra, revendiqué par Daaech (Acronyme arabe d’Al-Qaïda irakienne), l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Le texte publié sur leur site al-Furqan dit : « Opérations d’égorgement et décapitation des Nussairites (Alaouites-Chiites), descendant d’ibn al-Aaqlami dans la localité des ouvriers d’Adra à Damas. ».

 

Massacre à caractère confessionnel

Selon le journal libanais al-Akhbar, citant une source officielle, « un grand nombre de djihadistes, venus d’al-Dhmair (ville limitrophe dans la Ghouta Orientale de la banlieue de Damas, sous le contrôle des islamistes) sont arrivés dans la cité industrielle d’Adra vers quatre heures du matin… Ils ont demandé aux habitants de descendre dans les abris mais ils ont emmené quelques 200 d’entre eux, qu’ils ont choisis sur des critères religieux, exécutant un certain nombre d’entre eux.. ».

« D’autres se sont emparés des mosquées, ils demandaient par le haut parleur aux Alaouites de « se rendre العلوي يسلم حالو ».

Le site syrien Syria Truth, site d’opposition à la fois à Bachar et au CNS, citant comme source des rescapés du massacre, le nombre des victimes pourrait être bien s’élever à plus de 100. « Certaines des victimes ont été décapitées et leurs têtes exposées ou suspendues sur des panneaux sur la place du marché. »

« Nous nous sommes réveillés aux cris forts d’Allah Akbar et des tirs de feu trop fort. Il y avait des hommes à la bannière noire de « Jaych al-Islam, l’Armée de l’Islam » et  « Jabhat al-Nosra, le Front al-Nosra » qui certains d’entre eux chantaient « Nous sommes venus vous égorger, vous les nussaissirites  (nom donné par les islamistes aux alaouites, communauté à laquelle appartient le président syrien, et 10% environ de la population syrienne).

« Ils ont séquestré des dizaines d’hommes dans de petites pièces des immeubles, puis les ont abattus en ouvrant sur eux le feu de leurs mitrailleuses et en jetant sur eux des bombes… », Ajoute un autre.

Cela dit, le pire est à craindre sachant qu’au moins un millier de civils sont pris comme otages ou utilisés comme des boucliers humains, actuellement retenus dans des bâtiments publics et les sous-sols de leurs propres maisons.

« Abattus comme des moutons»

TR arabe a réussi à parler à quelques-uns des témoins oculaires des atrocités. La plupart d’entre eux ont fui la ville, laissant leurs parents et amis derrière, donc ils ont demandé à ne pas être identifié dans le rapport pour des raisons de sécurité.

Une femme se cachant le visage devant la caméra parle des décapitations qu’elle avait vues.

« Des abattages partout »  » dit-elle.  » L’aîné était âgé seulement de 20 ans. Ils étaient tous des enfants. Je les ai vus de mes propres yeux. Ils ont tué quatorze personnes avec une machette  Je ne sais pas s’ils étaient alaouites. Je ne sais pas pourquoi ils ont été abattus. On les prenaient par la tête et les a massacrés comme des moutons ».

Un autre confirme le massacre non seulement de tous les gendarmes du commissariat, mais l’utilisation de 200 civils environ comme boucliers humains  dedans. Pire le cadre médicale de l’hôpital là où sa sœur travaillait a subi le même sort. Sa sœur a eu la vie sauve car ce jour-là, elle ne s’est pas présentée au poste.

Quant à Kinda Shimat, ministre syrienne des Affaires sociales, a déclaré à RT que d’après les témoignages «les travailleurs d’une boulangerie Adra ont tous été exécutés et brûlés pendant les premières heures de l’attaque et que des familles entières ont été massacrées ». Cependant, aucune estimation exacte du nombre de victimes « bien que leur nombre soit élevé » parce que « nous sommes incapables d’entrer dans la ville » ajoutait-elle.

Et voici le lien vers l’article du 18 décembre :

http://rt.com/news/adra-syria-massacre-witnesses-355/

Deux jours après, la chaine iranienne Alalam donne un peu plus de détailles. Et voici le lien avec une vidéo en arabe. Attention, des images d’égorgement très dures !

http://en.alalam.ir/news/1546424#sthash.cQT6WOsg.d

 

Mourir en famille plutôt de se rendre

Nizar Hassan, père de quatre enfants, déterminé à ne pas se livrer avec sa famille  à ses tortionnaires, a dégoupillé ses quatre grenades les emportant, lui, son épouse, ses quatre enfants, et le huit djihadistes qui ont attaqué sa maison.

Cet « acte de la dignité »  de Nizar est salué par ses proches qui le considèrent comme un héros.

De confession alaouite, originaire du village Bistwer dans la province de Lattaquié,  cet ingénieur savait fort bien ce qui toute sa famille risquait : la décapitation pour l’unique raison de son appartenance alaouites  avant ou après que son épouse Mayssoun Mhalla (ingénieur aussi) ne soit violée. Nizar a préféré épargner à sa famille la souffrance et l’humiliation.
Et voici le reportage de la chaine libanaise al-Manar sur cette famille et leurs proches fières qui parlent du courage de Nizar qui a eu le temps de téléphoner à son frère lui laissant son dernier message :

عم يخلعو القفل …رح يفوتو ….سامحونا   , Ils sont en train de casser la serrure… Ils vont entrer… Pardonnez-nous ! » .

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Des histoires de ce genre se répètent de plus en plus et un peu partout en Syrie. Nous avons vu des cas similaires de l’aveu même de leurs ennemis dans la province de Lattaquié lors des attaques contre les villages alaouites en septembre dernier tout comme dans le village d’Aqrab, dans la région de Massyaf  (Hama), l’année dernière et maintenant à Adra.
En effet, être alaouite est considéré comme hérétique par les wahhabo-salafistes et leurs alliés d’Al-Qaïda et doit mourir HALAL. Le tueur « peut même garantir sa place au paradis » selon leur croyance.

 

Des sunnites aussi sont massacrés

Des Alaouites, des chrétiens, des druzes (sept familles) sont les principales victimes du massacre. Pourtant les voisins sunnites s’étaient employés tant bien que mal à cacher ceux qu’ils pouvaient cacher. Une vingtaine de sunnites parmi eux femmes et enfants ont été aussi tués sans pitiés.

Et voici, le journal, version française de la télévision syrienne du jeudi 12 décembre, à savoir au lendemain de l’attaque de la ville, qui parle bien de massacre commis dans la cité ouvrière d’Adra :

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Ce n’est pas « l’armée de Bachar »

Les officiers syriens qui mènent les opérations infiltration dans la ville sont surtout originaires des villages occupés de la banlieue de Damas comme Rankouss et Hoch Arabe, relativement proches d’Adra. D’ailleurs, Nahedh Sléman, l’officier syrien qui a mené une opération suicidaire le premier jour pour ouvrir chemin à ses camarades était un sunnite originaire de Rankouss. Un exemple de plus que l’armée syrienne est une armée patriotique et solide qui défend son territoire national et ce n’est pas l’armée d’Assad, sous-entendu, alaouite, comme nous disent les médias. D’ailleurs, l’armée syrienne est une armée composée de circonscrits, de toute la population syrienne, ethnique et religieuse.

 

L’Arabie Saoudite est impliquée

Ryad est impliqué non seulement avec argent et armes, notamment à Adra, mais aussi avec « mille djihadistes, soldats et officiermême». D’ailleurs, l’armée syrienne a pu en faire « une centaine de prisonniers parmi eux » selon Ghaleb Kandil, un analyste politique libanais, propos confirmé par Bachar al-Jaafari, l’ambassadeur syrien à l’UNO. Vidéo en arabe :

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Cela dit, la majorité des victimes est alaouite puis chrétienne, égorgée selon la règle wahhabite car ils sont « kuffar mécréants alaouites » et des infidèles chrétiens » لانهم من الكفرة العلويين والمشركين النصارى.

Qu’il soit vieux ou bébé, homme ou femme n’importe, il doit être égorgé  comme c’était le cas cité par Syria Truth d’un gardien de 65 ans dans une usine, Wahid al-Haj Ahmad, ainsi qu’un bébé de 10 mois, Rabab al-Haj Ali.
Cette manière de tuer et exposer les têtes en public dans le lieu le plus fréquenté à savoir le marché n’est qu’une manière de semer la terreur et pousser les habitants à partir. C’est ainsi que les terroristes prennent position et s’installent pour affronter l’armée syrienne. Cela a été vu et constaté partout en Syrie où ils sont venus en libérateurs.
A Adra, ils sont arrivés à l’aube avec le cri d’Allah Akbar, chantant  » جئناكم بالذبح يا نصيرية ويا نصارى » ! « Nous y arrivons pour vous égorger, alaouites et chrétiens! ».
C’est la même méthode employée par les Saoudiens wahhabites lors de la conquête de l’Arabie contre les tribus arabes, notamment Najed et le Hijaz afin de prendre le pouvoir il y a trois siècles environ dans un bain de sang.

D’autre part, l’Arabie Saoudite et Israël se sont considérablement rapprochés dernièrement  sous le prétexte d’appréhender  «le nucléaire iranien». D’ailleurs, le prince saoudien Al-Walid Ben Talal Ben Abdel Aziz a déclaré dans une interview accordée à la chaine de télévision économique américaine Bloomberg que “l’Arabie saoudite, les Arabes et les Musulmans sunnites approuvent une attaque israélienne contre l’Iran pour détruire son programme nucléaire”, précisant que “les sunnites appuieraient une telle attaque car ils sont hostiles aux chiites et à l’Iran.

http://www.lemondejuif.info/prince-ben-talal-les-musulmans-sunnites-sommes-israel-contre-liran/

Des médias israéliens et occidentaux ont même relayé des informations faisant état de ces rencontres entre responsables israéliens et saoudiens et aucun démenti n’a été exprimé par le Royaume saoudien.

Les deux pays s’unissent contre Téhéran, leur ennemi commun,  pour travailler ensemble pour freiner les ambitions iraniennes selon l’article du célèbre journal britannique, The Sundy Times.

http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/news/world_news/Middle_East/article1341561.ece

 

Mais pourquoi Adra maintenant ?

–          Une tentative désespérée de compenser les pertes militaires

En effet, la victoire militaire de l’armée syrienne s’accélère et l’armée a pu reprendre le contrôle de Sbeineh, dans la banlieue sud de Damas, après un an de siège. Cela arrive quelques semaines après la reprise des cités voisines de Husseiniyeh, Ziabiyeh et Boueida ainsi que d’autres petites localités de l’aveu même des médias français comme le mentionne si bien Le Point dans son article en date du 7 novembre dernier :

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-l-armee-reprend-une-cite-cle-pres-de-damas-07-11-2013-1753176_24.php

De même, la bataille de la région montagneuse de Qalamoun, au nord de Damas, touche à sa fin avec l’engagement de l’armée syrienne à Yabroud,  dernier bastion des  islamistes après avoir repris le contrôle de  Qara, Deir Atiyeh et Nabek.

De plus, à Alep, l’armée a bien avancé et a pu reprendre des zones stratégiques, notamment al-Safira et Khanasser, au sud de la ville, sécurisant ainsi la route Alep-Lattaquié et Alep-Damas. De même, la bataille de la reprise des quartiers est d’Alep s’est bien engagée depuis deux semaines.

Adra, seulement à 20 kilomètres de Damas,  proche de l’aéroport  militaire de Dhmair et de ses sites militaires,  sur la route donnant accès à la capitale, de Homs (Syrie centre) et sur la route de Beyrouth sans oublier son poids économique pour l’industrie syrienne, présente un enjeu de taille pour  Damas comme pour les terroristes et leurs alliés, notamment avant la conférence de Genève 2 que l’opposition soutenue par les atlantistes et les pays du Golfe continue à cultiver ses illusions d’une victoire militaire sinon à gagner quelques points sur le terrain face à l’armée. D’ailleurs, la reprise avec une destruction massive de Maaloula, la célèbre  ville araméenne va dans ce sens tout comme l’enlèvement de 12 religieuses avec leur Mère Supérieure.

–          Surenchères et gesticulations médiatiques

S’enfonçant du plus en plus dans leur illusion, la Coalition fantoche de l’opposition syrienne (SNC) a mis en place, le 12 novembre dernier à Istanbul, un gouvernement provisoire en exile avec Ahmad Tomeh comme chef. Cette création artificielle à Istanbul  nous fait penser à la désignation du 18 mars dernier, toujours à Istanbul,  de Ghassan Hitto, un proche des frères musulmans, comme premier ministre islamiste pour diriger la soi-disant opération des « territoires libérés ».

Ahmad Tomeh,  nouveau chef SDF, tout comme son précédent, ne fait que nous offrir un instantané du rayonnement de l’opposition syrienne, restant fidèle à la pose habituelle d’une opposition marquant  son impuissance et son inféodation à Istanbul, Doha, Paris ou Ryad.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/12/13/97001-20131213FILWWW00634-opposition-syrienne-un-nouvel-appel-a-l-aide.php

Bref, si l’aviation syrienne bombarde des quartiers, des villages ou des villes en Syrie, c’est que les rebelles y sont implantés : dans ces endroits, beaucoup d’habitants ont fui, mais d’autres sont restés, soit par crainte d’abandonner leurs biens et maisons, soit parce qu’ils servent de bouclier humain aux insurgés. Le cas est avéré à plusieurs endroits en Syrie dès le début, à Homs, à Alep, dans les zones kurdes et dernièrement à Adra.
En effet, les bombes de l’armée syrienne ont pour mission première de frapper les djihadistes : ça s’appelle la guerre en milieu urbain, où les civils sont des victimes collatérales toutes désignées. C’est d’ailleurs ce que cherche Al-Qaïda et ses consorts djihadistes, qui ont trouvé cette façon de « solidariser » la population de son combat.

Au-delà de ces précisions, on note que le massacre d’Adra n’est qu’une suite dans une longue chaine de massacres dont le dernier en date est le massacre macabre des chrétiens de Sadad dans la région de Qalamoun, il y a à peine deux mois. Des atrocités sont constamment commises, notamment contre les minorités : épuration ethnique, destruction des lieux du culte, villages et quartiers, chrétiens, chiites, alaouites entièrement vidés de leur  population dont le dernier en date est la ville historique araméenne, Maaloula.

Pour Damas, la présence d’Al-Qaïda en Syrie confirme le fait que l’armée syrienne lutte contre le terrorisme et de ce fait, Assad peut les frapper là où il estime nécessaire, car il combat une organisation terroriste reconnue par Washington qui a d’ailleurs classé le Front du Nosra comme organisation terroriste liée à Al-Qaïda depuis décembre 2012.

Mercredi 28 décembre 2013

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