Après le coup d’État manqué, après tous les mensonges, le Nicaragua reconstruit

Le Nicaragua entre dans une nouvelle phase politique de reconstruction sous de multiples aspects, maintenant que la tentative de coup d’Etat de la droite soutenue par les Etats-Unis a échoué. L’opposition politique du pays a subi un nouvel échec catastrophique. Après des mois d’intimidation et d’insécurité, de violence brutale et de blocus économique aux mains de l’opposition extrémiste du pays, le peuple nicaraguayen aspire à un retour à une vie sociale et économique paisible. A l’étranger, les médias occidentaux et les ONG ont confirmé leur rôle de relais de propagande pour le gouvernement américain et ses alliés.

Les journalistes du Guardian et du New York Times, de la BBC et d’Al Jazeera, ainsi que des médias progressistes bidons comme Democracy Now ont dénaturé la situation de crise, tout comme des organisations de défense des droits humains comme Amnesty International. Tous ont délibérément omis des preuves accablantes de crimes, de violations et d’abus de la part de l’opposition nicaraguayenne. La destruction des stations de radio sandinistes, les stratégies bien connues de torture et d’intimidation pour terroriser les gens ordinaires, le meurtre de 22 policiers et de dizaines d’autres partisans sandinistes ainsi que 400 policiers blessés par balle ne sont que les omissions les plus flagrantes.

Ces médias trompeurs occidentaux et ces ONG ont également omis la prise en otage de centaines de chauffeurs de camions pendant plus d’un mois, la destruction par des bandes terroristes de l’opposition de bâtiments du secteur public, de véhicules et d’équipements s’élevant à des centaines de millions de dollars, les attaques de plus de 60 écoles, les dégradations et destructions de plus de 50 ambulances, les tentatives de meurtre et les menaces contre les leaders étudiants sandinistes : la liste des omissions est accablante.

Ces mêmes médias ont utilisé des fausses annonces de disparitions et d’attaques policières inexistantes, ainsi que de fausses allégations selon lesquelles les manifestants étaient principalement des étudiants pacifiques. Attribuant toutes les morts au gouvernement, de fausses ONG d’opposition et la Commission interaméricaine des droits de l’homme ont gonflé la liste des victimes avec des personnes dont la mort n’avait rien à voir avec les protestations.

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En accord avec cette politique de mensonge systématique, pratiquement aucun grand média occidental n’a relaté les énormes manifestations de soutien au gouvernement du président Ortega le 19 juillet. A Managua, des photos aériennes ont montré des centaines de milliers de personnes rassemblées sur la Plaza de la Fe et le boulevard adjacent. Pour éviter la menace de violentes embuscades de l’opposition, au lieu de la traditionnelle célébration du 19 juillet où les gens traversent le Nicaragua jusqu’à la capitale Managua, des événements séparés ont été organisés dans les principaux centres villes du Nicaragua avec de grands rassemblements. En comparaison, une marche de l’opposition qui s’est tenue à Managua le samedi 21 juillet a attiré à peine 1000 participants.

Peu d’observateurs connaissant bien le Nicaragua seront surpris de ce résultat. Le gouvernement a toujours eu le soutien du mouvement ouvrier et de la grande majorité des acteurs de l’économie du pays qui génère environ 70% de l’emploi sur le territoire. La coalition de l’opposition contre le gouvernement se composait de grandes entreprises de droite, d’évêques catholiques réactionnaires, d’ONG financées par le gouvernement américain et de groupes affiliés comme le mouvement anti-Canal financé par l’étranger, le crime organisé local, les intérêts financiers colombiens et les ex-Sandinistes aigris maintenant alliés à des politiciens américains de droite. Un regard sur la façon dont la tentative de coup d’Etat s’est développée explique en grande partie pourquoi elle a échoué.

Le Président Ortega, accompagné de son épouse

Le Président Ortega, accompagné de son épouse

Les médias sociaux ont massivement repris le grand mensonge initial au sujet d’un massacre imaginaire d’étudiants le 18 avril, provoquant une indignation généralisée. Puis, entre le 19 et le 22 avril, les extrémistes de l’opposition ont exploité impitoyablement les manifestations, créant des provocations et des attaques contre des biens publics et privés, causant de nombreux morts et blessés. Les médias de l’opposition et les ONG financées par les États-Unis ont accusé à tort le gouvernement de toutes les victimes, provoquant à la fois une indignation plus généralisée au niveau local et une offensive diplomatique internationale. Le lundi 23 avril, les demandes de l’opposition sont passées de l’abrogation de la législation proposée à une demande non négociable de démission du gouvernement.

Le Président Ortega a proposé un dialogue national, mais l’opposition a alors commencé à mettre en place des barrages routiers et à intensifier les provocations violentes. L’aile politique du coup d’État, les évêques catholiques réactionnaires et les représentants d’ONG financés par les États-Unis ont obtenu des concessions du gouvernement comme condition préalable à la participation au dialogue, y compris le retrait de la police dans leurs commissariats. Autre chose dont les médias ne parleront pratiquement jamais. Puis, en mai et juin, l’opposition a continué les manifestations extrêmement violentes qui ont fait de nombreux morts, attaquant la police cantonnée dans leurs commissariats et paralysant l’économie avec leurs barrages routiers.

Alors que la condamnation internationale s’est développée sur la base d’une fausse propagande d’opposition, la dynamique de la tentative de coup d’Etat au Nicaragua s’est effondrée. A la mi-juin, l’opinion publique avait fortement réagi contre les barrages routiers, l’intimidation et la délinquance, la torture et les abus, les meurtres et les destructions injustifiées. Une grande majorité de la population était profondément indignée par les effets économiques et sociaux des barrages routiers, qui ont causé des préjudices graves et généralisés pour les gens ordinaires qui vivent au jour le jour ou de semaine en semaine. En plus de leurs propres difficultés personnelles, les gens en sont venus à comprendre la réalité plus large du coup d’État.

Peu de gens au Nicaragua croient maintenant à la propagande mensongère au sujet d’une répression gouvernementale contre les manifestations pacifiques. Des manifestations pacifiques légitimes et régulières ont eu lieu tout au long de la crise, mais des provocateurs de l’opposition n’ont cessé de s’en servir pour créer des incidents causant la mort et la destruction. La plupart des Nicaraguayens ne croient pas non plus au mensonge selon lequel les personnes qui menaient les manifestations après quelques jours étaient des étudiants. La plupart des étudiants de la classe moyenne qui ont commencé les manifestations le 18 avril ont échappé aux graves violences et peu d’entre eux ont pris part aux barrages routiers.

La plupart des étudiants des universités publiques les moins bien lotis se sont vite rendu compte qu’ils avaient été dupés et utilisés comme chair à canon par les extrémistes de l’opposition. Cependant, l’opinion publique à l’étranger continue d’être bernée par l’offensive médiatique de l’opposition nicaraguayenne.

Les gens en Amérique du Nord et en Europe, piégés dans une sphère propagandiste, se voient refuser les véritables informations dont ils ont besoin pour pouvoir penser librement par eux-mêmes. Tous les médias grand public occidentaux et la plupart des médias alternatifs exploitent une boucle sans fin. Leur trahison antidémocratique du droit du peuple à des informations véridiques s’intensifie en proportion inverse du déclin du pouvoir et de l’influence des Etats-Unis, et du désespoir des élites américaines et alliées qui en résulte. En Amérique latine, leurs victimes comprennent des pays comme Cuba, la Bolivie, le Venezuela et le Nicaragua et des dirigeants comme Nicolas Maduro, Evo Morales, Daniel Ortega, Lula da Silva, Rafael Correa et Cristina Fernandez : tout gouvernement ou dirigeant qui contesterait la domination des États-Unis dans la région.

Bien que la tentative de coup d’Etat ait échoué au Nicaragua, elle a permis d’obtenir la dynamique nécessaire pour soutenir une offensive internationale, mettant en place des sanctions probables à un moment où le Nicaragua a besoin de reconstruire tout ce qui a été détruit matériellement et moralement. Face aux attaques économiques et diplomatiques imminentes, le gouvernement sandiniste est susceptible de renforcer l’économie populaire encore plus qu’auparavant et de repenser la politique intérieure vers une polarisation politique qui a supplanté le modèle de consensus et d’alliances jusqu’ici fructueux.

Avec peu de soutien populaire, l’opposition politique du pays semble déterminée à continuer à déstabiliser l’économie en encourageant l’intervention étrangère. L’église catholique n’est plus l’arbitre moral principal au Nicaragua depuis son suicide politique et social en soutenant la violence sadique meurtrière du coup d’Etat. Les grandes entreprises sont discréditées en tant qu’interlocuteur fiable pour la politique économique parce que c’est l’économie populaire qui a soutenu le pays pendant la crise. Les églises protestantes populaires ont maintenant une voix plus forte dans la vie nationale qu’auparavant parce qu’elles ont rejeté publiquement l’hypocrisie cynique des évêques catholiques. Ce sont des changements importants pour le Nicaragua.

Sur le plan institutionnel, la police nationale a renforcé son prestige moral en rétablissant la sécurité des citoyens. L’armée est restée complètement à l’écart du conflit civil généré par la tentative de coup d’Etat. Son prestige a également été renforcé. Les deux institutions soutiennent catégoriquement le gouvernement. Sur le plan politique, le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) a consolidé le soutien de plus de 50% des Nicaraguayens. Il semble extrêmement improbable qu’il y ait des élections anticipées avant celles prévues en 2021. Le Nicaragua est entré dans une nouvelle phase, en balance entre l’instabilité politique inhérente causée par une opposition faible et divisée et la menace d’une offensive économique des élites sadiques et vindicatives des États-Unis et de l’Europe. Malgré tout, le gouvernement s’est engagé à reconstruire le Nicaragua, mieux qu’avant.

article originel : After the failed coup, after all the lies, Nicaragua rebuilds

traduit par Pascal, revu par Martha pour Réseau International

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