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Les réseaux pédocriminels n’existent pas | Réseau Magic Circle

avril 16, 2017 dans Franc-maçonnerie par 13P11

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Comme les bonnes gens le savent bien depuis les procès Outreau, Dutroux ou encore Émile Louis… les réseaux pédocriminels N’EXISTENT PAS, ce ne sont que des prédateurs isolés ou des enfants qui mentent…

Des gens qui payent pour violer, torturer et tuer des enfants ? Lire la suite →

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USA : une victime dénonce un réseau international de prostitution de mineurs pour VIP

avril 4, 2017 dans Franc-maçonnerie, USA, Vidéo par 13P11

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Il y a quelques jours, dans une émission de télé grand public aux Etats-Unis, une femme est venue dire qu’elle a été victime d’esclavage sexuel et vendue à des gens très riches, et cela depuis sa tendre enfance. Ce qu’elle décrit, derrière le réseau pédophile, c’est aussi un système de croyances sataniste.

 

Dr Phil est un talk show à succès, sur le mode des émissions d’Oprah Winfrey. Fin mars, l’émission a été consacrée à l’histoire d’une femme, appelée « Kendall », venue raconter comment elle a été vendue à sa naissance par ses parents biologiques et exploitée sexuellement à travers le monde durant des années. Elle a expliqué que ses premiers souvenirs, avant même de savoir parler, étaient des abus commis par celui à qui ses parents l’avaient vendue.

« L’homme qui était mon propriétaire me disait que j’ai été conçue pour lui« , a-t-elle dit. Elle a été retenue dans une cage pendue au plafond, parfois avec d’autres enfants qui avaient été kidnappés, elle était amenée partout dans le monde à bord d’avions privés, pour être prostituée lors de partouzes.  Parmi ses clients, il y avait des médecins, des politiciens, des flics, de grands sportifs, des juges, des psychiatres… Elle dit que son « propriétaire » était connecté « à des gens puissants partout dans le monde« , des gens respectables, des « piliers de la société« .

Aujourd’hui, elle explique qu’elle ne sait pas quel est son âge exact puisqu’elle a passé toute sa vie dans cette condition d’ « esclave sexuelle« . Et elle se dit toujours sous l’emprise du « propriétaire » même si elle a quitté le réseau.

 

3E76C25800000578-4332462-image-a-74_149kendallDélire sataniste

Le type qui l’avait « achetée » lui avait appris à se comporter comme il le fallait dans le cadre d’une exploitation sexuelle intensive. Il l’a aussi conditionnée psychologiquement pour ne pas se rebeller, notamment en lui faisant croire qu’il était le seul à l’aimer.

Il lui disait que leur dieu, à lui et au groupe des abuseurs, c’était celui que les auytres religions qualifient de « démoniaque ». « Il disait que tout cela se passait parce que c’était la volonté de Dieu, parce que Dieu m’a faite pour cela« , se rappelle la jeune femme. On retrouve là exactement l’argumentaire de Ralph Underwager, l’inventeur de la théorie des faux souvenirs, dont on a déjà souvent parlé [1].

Une jour elle a rencontré ses parents qui lui ont dit qu’ils avaient fait « le mieux pour elle« , et elle y croyait. au point de se sentir coupable de ne pas apprécier ce qu’il lui arrivait. En fait, tout cela répondait « à un but supérieur« , comme elle l’explique à un moment.

Les clients avaient le droit de tout faire sur elle, sauf de lui laisser des marques sur le visage car il fallait qu’elle soit toujours présentable. Ils donnaient l’argent directement à des types qui bossaient pour son propriétaire. Certains autres étaient chargés de la transporter vers les clients, d’autres encore de la surveiller.

Le « propriétaire » l’a donc dressée pour subir tout cela, par le recours à la torture, électrocutions comprises.

hq720Son « propriétaire » (puisqu’elle ne l’appelle que comme cela) la dressait à faire le chien parfois pendant plusieurs jours, à faire les choses les plus dégradantes. Si elle ne voulait pas lui obéir, les abus qu’elle devait subir ensuite étaient encore plus violents et accompagnés de tortures. Durant toutes ces années, Kendall explique qu’elle avait toujours considéré comme « normal » que des hommes violent des enfants, y compris des bébés.

Il lui disait que si elle parlait, personne ne la croirait, mais la menaçait quand-même au cas où elle ait envie de raconter ce qu’il se passait.

Un jour, quand elle avait 7 ans, il lui a présenté un révolver et lui a dit que se tuer était sa seule chance de sortir de tout cela. Il lui a expliqué la meilleure manière de faire et lui a tendu l’arme. Elle a essayé de tirer mais aucune balle n’est sortie. Suite à cela, Kendall explique qu’elle a été « sévèrement punie ».

Une fois, elle raconte que le type lui a fait tuer un bébé. Elle dit aussi qu’on l’a obligée à violer des enfants, dont certains n’avaient que cinq ans.

Kendall estime que son « propriétaire » a tué ou fait tuer devant elle 20 à 25 personnes, dont une fillette à qui il a littéralement tordu le cou, d’autres qui ont été tués par balles.

Au fil des années, Kendall est tombée enceinte: « j’étais autorisée à être enceinte car des hommes payaient pour cela« . Sinon, elle devait avorter. Elle dit avoir accouché trois fois, de deux filles et un garçon. On les lui a retirés juste après leurs naissances, mais quand elle se comportait bien, on la laissait parfois les voir. Aujourd’hui, elle ne sait pas où ils sont.

 

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Pratiques habituelles?

Kendall dit qu’elle avait six faux passeports pour passer les frontières sans encombres. Elle passait sa vie à voyager, pour se rendre à des événements importants à la rencontre des « clients », toujours sous la surveillance de son « propriétaire » ou de ses hommes.

On venait la chercher, ainsi que les autres enfants, au milieu de la nuit. On les droguait et on les emmenait dans les soirées.

Souvent, il s’agissait d’orgies parfois dans des bordels mais plus généralement dans des villas, où les gens la violaient et la torturaient, « ainsi que d’autres enfants captifs« . Certains des clients étaient si riches qu’ils pouvaient se payer des îles entières [2].

Elle évoque des « chasses » aux victimes qui se déroulaient sur ces îles en toute impunité. Certains des enfants étaient achetés juste pour ces parties de chasses, que plusieurs victimes de l’affaire Dutroux ont très bien décrites.

Il y avait des psychopathes « qui posaient des pièges, d’autres qui les traquaient comme des animaux« … Si on cherche à imaginer le comble de l’horreur, ces parties de chasse doivent beaucoup y ressembler.

Elle a du participer à beaucoup de partouzes organisées autour de politiciens. On lui demandait d’être belle, docile, mais aussi de savoir tenir une conversation politique. « Aux partouzes, les gens savent pourquoi ils sont là, les clients nous maltraitaient« , explique Kendall.

La fin de la vidéo est assez impressionnante: pour elle, tout ce qu’elle raconte n’est que des mensonges et elle n’a pas le droit de les dire parce que son propriétaire le lui a interdit. Et seul ce qu’il dit est vrai. Mais la réalité, c’est qu’il a bien commis tous les abus qu’elle a évoqués. On la sent en pleine confusion, incapable d’évaluer elle-même la situation, en fonction de ses propres critères.

Témoignage d’une esclave MK-Beta dans le « Dr. Phil Show » (21/03/2017)

http://www.dailymotion.com/video/x5g8jyi

L’affaire a fait quand-même jaser, bien qu’on reste très loin d’un réveil des foules. « Dr Phil » a précisé qu’avant d’inviter Kendall, son équipe a pris quatre mois pour vérifier son histoire et qu’elle a trouvé « des sources très fiables » qui corroboraient ce qu’elle disait.

De fait, ce qu’elle dit ressemble à ce qu’ont raconté d’autres victimes de réseaux de pédophiles, comme Anneke Lucas, qui a témoigné récemment avoir été exploitée par le réseau pédophile belge quand elle était enfant, ou comme Regina Louf et les autres témoins X, également victimes du réseau belge.

Cela ressemble également aux déclarations de certaines victimes de contrôle mental (projet MK Ultra), qui ont témoigné devant une commission US et ont été indemnisées à ce titre-là.

« L’histoire que vous allez entendre est si choquante, si incroyable, qu’il va être difficile pour vous d’accepter que des choses pareilles puisent exister« , prévenait le « Dr Phil au début de l’émission, « Mais c’est le cas. Cela se passe en ce moment, partout dans le monde« .

 


 

[1] « Les pédophiles dépensent beaucoup de temps et d’énergie à défendre leur choix. Je ne pense pas qu’un pédophile ait à faire cela. Les pédophiles peuvent affirmer fièrement et courageusement leur choix. Ils peuvent dire que leur volonté est de trouver la meilleure façon d’aimer. Je suis également théologien, et en tant que théologien, je crois que c’est la volonté de Dieu qu’il existe de la proximité et de l’intimité, de l’unité de la chair entre les gens. Un pédophile peut dire: ’Cette proximité est une possibilité pour moi parmi les choix que j’ai faits.’ Les pédophiles sont trop sur la défensive« , avait déclaré ledit Underwager.

[2] Ce n’est pas sans rappeler l’affaire Jeffrey Epstein, qui trimballait ses amis comme Trump ou Clinton, ou le prince Andrew, dans son jet privé afin de les emmener dans des partouzes aux quatre coins du monde sur ses îles privées et ailleurs. Là, des mineures étaient exploitées comme prostituées pour ses riches amis, et les villas étaient truffées de caméras.

 

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Les réseaux pédocriminels n’existent pas | Réseau Finders

avril 2, 2017 dans Franc-maçonnerie, USA par 13P11

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La franc-maçonnerie est une secte diabolique (Johan Livernette)

mars 28, 2017 dans Franc-maçonnerie, Vidéo par 13P11

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Les Filles de Job, une organisation maçonnique qui recrute les fillettes dès l’âge de 10 ans

mars 26, 2017 dans Franc-maçonnerie par 13P11

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Job’s Daughters International est une organisation de jeunesse maçonnique pour les filles et les jeunes femmes âgées de… 10 à 20 ans. L’organisation est communément appelée simplement Job’s Daughters et parfois abrégée en JDI (ou IOJD , en référence à son ancien nom, International Order of Job’s Filles). Lire la suite →

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Revenu d’Israël, le patron du Grand Orient aurait été « agressé »

mars 24, 2017 dans Entité sioniste, Franc-maçonnerie, France par 13P11

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Le franc-maçon Christophe Habas, grand maître du Grand Orient de France, déclare avoir été « agressé » par une femme « complotiste et antisémite » qui aurait réussi à prendre la fuite. Lire la suite →

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Maçonnerie : comment Astana a fait mieux que Paris et Washington réunis !

mars 14, 2017 dans Franc-maçonnerie, Vidéo par 13P11

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Ceux qui sont initiés à la symbolique maçonnique comprennent parfaitement ce dont il est question. L’origine maçonnique de toute cette architecture n’est plus à prouver, il ne reste plus qu’à se demander quel en est l’objectif !

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La P2 (Propaganda Due), une loge maçonnique et terroriste

mars 8, 2017 dans Franc-maçonnerie, Italie, Vidéo par 13P11

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Le 17 mars 1981, des unités de la police judiciaire italienne perquisitionnent à Arezzo chez un riche industriel, Licio Gelli. Elles mettent la main sur un fichier de centaines de noms qui composent la loge maçonnique P-2 (Propaganda Due). Y sont affiliés tous les chefs des services secrets, des ministres, des parlementaires, des banquiers, des chefs de groupe de presse.

Bref, c’est un véritable État dans l’État qui vient d’être mis à jour. Le gouvernement italien est immédiatement démis de ses fonctions et une commission d’enquête parlementaire est instaurée.

Lors de l’élaboration de ce reportage, en 1983, tous les éléments sur la P-2 ne sont pas encore connus. Néanmoins, cette enquête éclaire déjà les liens entre plusieurs affaires d’État en Italie et la P-2, comme l’assassinat d’Aldo Moro, le réseau Gladio et la stratégie de la tension prônée par l’OTAN. Cette stratégie reposait sur la manipulation de groupes extrémistes de gauche et de droite dans le but de radicaliser le climat politique en Europe et d’empêcher l’avènement démocratique des partis socialistes et communistes.

Mais de nombreuses questions restent ouvertes : Gelli était-il le seul responsable exécutif de la P-2 ? De quelles complicités a-t-il bénéficié lors de son évasion en 1983 de la prison genevoise de Champ-Dollon ? Quels sont ses liens exacts avec le réseau Gladio ?

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Jama al-din al-Afghani, fondateur du Réformisme islamique moderne

mars 1, 2017 dans Afghâni (Jamâl al-dîn), Afghanistan, Egypte, Franc-maçonnerie, France, Frères musulmans, Irak, Iran, Syrie par axedelaresistance

Jamal-Al-Din-Al-AfghaniPar R. L.

Le terme « réforme » a une signification particulière en islam. Il y aurait une erreur à l’assimiler d’emblée à une forme de progressisme politique. Le mot arabe signifiant « réforme » est islah, toujours connoté positivement, et fréquemment associé à tadjid, qui signifie « renouvellement ». Si ce renouvellement est souvent perçu comme nécessaire, il ne doit pas être systématiquement apparenté à une quête de nouveauté.

La nécessité de la réforme sera ainsi comprise par de nombreux penseurs musulmans comme la nécessité d’un retour en arrière visant à débarrasser la religion des commentaires qui l’auraient éloignée de ses sources. On voit alors se dessiner plusieurs possibles courants « réformistes », selon qu’ils s’inscrivent dans une perspective littéraliste ou non. Certains réformistes prônent ainsi un retour à la lettre du Coran, tandis que d’autres aspirent à un retour à l’esprit de la sunna et du Coran. C’est le cas de Jamal al-Din al-Afghani, véritable fondateur du réformisme moderne.
Avant lui, en effet, les tentatives réformistes procédaient avant tout d’un engagement pratique. Tahtawi et Khayr al-Din étaient des acteurs politiques conduits à penser leurs propres pratiques. Si leurs efforts réflexifs les ont souvent menés à une réflexion de grande qualité, celle-ci était avant tout une pensée politique et pratique. Afghani se caractérise quant à lui par une attention plus grande portée à l’islam en lui-même. Son intransigeance et sa rigueur le conduiront à un approfondissement plus grand de la pensée islamique elle-même. Son faible goût pour l’écriture rend malaisé les travaux des historiens dans la mesure où (à l’exception d’un ouvrage), les sources dont on dispose sont des retranscriptions de ses discours ou réponses. Il n’en demeure pas moins que ce matériau historique est suffisant pour esquisser les structures essentielles de la pensée réformiste d’Afghani.

Des origines controversées

Comme son nom l’indique, Afghani, né en 1839, serait originaire d’Afghanistan. Pourtant, il n’a eu de cesse de justifier son ascendance tout au long de sa vie, puisque celle-ci a fait l’objet de virulentes critiques. Ses détracteurs prétendaient en effet qu’Afghani était originaire d’Iran. De telles querelles peuvent sembler anecdotiques au lecteur contemporain, mais elles sont en réalité d’une importance considérable à cette époque. En effet, si Afghani était effectivement Perse, alors il était chiite, donc minoritaire. Du point de vue d’un homme dont l’objectif premier était de rassembler les musulmans, il n’était donc pas permis de se présenter comme étant membre d’une minorité. Pourtant, les historiens disposent aujourd’hui de preuves qu’ils jugent suffisantes pour établir qu’Afghani était effectivement né en Iran. Il aurait par la suite étudié dans les villes saintes du chiisme que sont Najaf et Karbala. Albert Hourani note qu’Afghani avait une connaissance très approfondie de l’œuvre d’Ibn Sina (Avicenne), laquelle était plus aisée à acquérir dans une école chiite que dans un centre de savoir sunnite. Sur ce point, Nikki Keddie confirme que, selon elle, il ne fait pas de doute que ce dernier est né et a étudié en Iran [1].

Un maître à penser influent

Si ses origines sont demeurées obscures pendant si longtemps, la première trace écrite que l’on conserve d’Afghani provient d’Inde, où il a étudié les sciences modernes venues d’Europe. Après cette formation, il se rend à Constantinople, puis rencontre un certain Muhammad ‘Abduh [2] à l’occasion d’un bref séjour en Egypte, et retourne ensuite à Constantinople, où il prononce une conférence dans laquelle il semble donner à la philosophie une place aussi importante qu’à la prophétie. Cette position suscite l’hostilité des plus orthodoxes : il tombe en disgrâce et doit quitter la ville. Afghani retourne alors en Egypte en 1871, pays dans lequel il reste jusqu’en 1879 et où il aura une influence considérable. Cette période est sans doute l’une des plus productives de sa vie. Un ministre libéral, qui connaissait Afghani, obtient pour lui une pension qui lui permet de se livrer à l’enseignement et à la réflexion. Il devient ainsi une sorte de guide pour un groupe de jeunes Egyptiens majoritairement issus d’al-Azhar, auxquels il enseigne en dehors du cadre universitaire ce qu’il considérait être le vrai islam. Ce groupe informel inclut alors de jeunes gens qui deviendront par la suite des figures politiques de premier plan en Egypte ; parmi eux, se trouvent ainsi Muhammad ‘Abduh, mais aussi Saad Zaghloul, qui prendra la tête de la lutte nationaliste contre le Royaume-Uni. À ses disciples, Afghani enseigne la théologie, le droit, le mysticisme et la philosophie, tout en les maintenant en alerte face aux évolutions du monde moderne, et notamment face aux dangers de l’expansion européenne. Dès cette époque, il forge très clairement l’idée que la résistance ne pourra passer que par une puissante unité des musulmans. Il encourage alors ses disciples à écrire et à publier dans les journaux, de sorte à diffuser ses vues. On dit alors de lui qu’il est un homme froid, distant et intransigeant.

Entre 1879 et 1884, il séjourne à nouveau en Inde, où il est étroitement surveillé par l’administration britannique, et rejoint ensuite Paris, où il retrouve ‘Abduh, son disciple égyptien, avec lequel il fonde une revue au nom évocateur : al-‘Urwa al-wuthqa, ou « Le lien indissoluble ». Cette revue est en réalité le côté visible d’une société secrète qui entend œuvrer pour l’unité des Musulmans et la réforme de l’islam. Le premier numéro de la revue s’inscrit dans une perspective résolument religieuse puisqu’il s’ouvre sur un verset du Coran : « Dieu ne modifie rien en un peuple avant que celui-ci change ce qui est en lui » (XIII, 11). Ainsi, Afghani indique aux Musulmans que l’initiative du changement devra venir d’eux, avant que Dieu ne prenne en charge de les aider. La revue traite également plus directement de l’actualité, et s’inquiète de l’avancée britannique en Egypte, raison pour laquelle elle sera interdite sur le sol égyptien par l’administration britannique – ce qui n’empêchera pas les intellectuels de se procurer certains numéros. L’objectif avoué de cette revue était précisément d’éveiller les esprits, afin qu’un mouvement de grande ampleur puisse naître.

Raison et islam : la controverse avec Renan

Si son séjour à Paris permet à Afghani de soutenir la revue qu’il fonde avec ‘Abduh, il est également l’occasion pour lui d’entrer en contact avec des intellectuels français de premier plan à l’époque, et en particulier avec Ernest Renan. Ce dernier donne en 1883 une conférence à la Sorbonne qui a pour titre « L’islam et la science », et dans laquelle il pose l’incompatibilité de l’islam et de la science moderne. Renan parle alors de « la décadence des Etats gouvernés par l’islam, la nullité intellectuelle des races qui tiennent uniquement de cette religion leur culture et leur éducation » [3]. Il reconnaît l’existence d’une science et d’une philosophie dites « arabes », mais il affirme que leur contenu était seulement grec en disant qu’elles n’avaient d’arabe que la langue.

Dès le lendemain de cette conférence, Afghani entreprend de répondre à Renan. Il nous faut retenir deux points essentiels de sa réponse. Afghani considère d’une part qu’il fut un temps où les sciences rationnelles se sont épanouies dans un contexte islamique et arabe et qu’elles sont en ce sens des sciences proprement islamiques. Par ailleurs, il considère que c’est la langue qui détermine l’appartenance à une nation et différentie les nations les unes des autres. De ce point de vue, des sciences exprimées en arabe ne peuvent être qu’arabes. Le second point sur lequel insiste Afghani est la nécessaire introduction d’un point de vue historique sur ces problèmes. Il rappelle alors que l’islam est une religion plus jeune que le christianisme et que la réforme que Luther a proposée à la chrétienté n’était pas encore venue en islam. Or, la réforme n’est pas l’abandon de la religion, mais plutôt la circonscription d’un espace propre à la religion. Si le christianisme peut jouer le rôle de guide moral sans encombrer la recherche scientifique, alors l’islam le peut également. Pour cela, il a besoin d’un réformateur pareil à Luther… Afghani imaginait sans doute qu’il aurait une influence similaire à celle de Luther et se pensait volontiers comme son avatar musulman.
Toutefois, Afghani ne se contente pas de dire que l’islam est capable de s’adapter au même titre que le christianisme, il va plus loin en affirmant une supériorité de l’islam, dont l’essence serait la même que celle du rationalisme moderne. L’islam est pour lui la seule religion vraie, complète et parfaite. Il était ainsi prêt à accepter les critiques que Renan pouvait faire de l’obscurantisme chrétien mais souhaitait montrer que ces critiques ne s’appliquent pas à l’islam.

Le « vrai islam » ?

Cet aspect de la pensée d’Afghani dépasse le cadre de sa controverse avec Renan et il importe de voir qu’elle s’inscrit dans une réflexion sur l’essence même de l’islam. Contrairement à Tahtawi ou Khayr al-Din, qui s’étaient contentés de montrer la compatibilité des institutions modernes et de l’islam, Afghani se livre à une réflexion en profondeur sur l’islam lui-même, indépendamment des évolutions modernes.
Afghani définit ainsi l’islam comme la croyance en un Dieu transcendant, en l’existence de la prophétie, et en la création de l’univers par Dieu. Bien que tolérant dans de nombreux domaines, il ne pouvait faire aucune concession sur ces trois points. Il a pris position contre un certain nombre de mouvements naissants à la fin du 19e siècle, et notamment contre le mouvement dit « moderniste » de Sayyid Ahmad. Ce dernier s’inscrivait dans une perspective naturaliste qui consistait à nier l’existence d’une transcendance divine et à faire de l’homme l’unique juge sur la terre. Selon Sayyid Ahmad, le Coran devait être interprété par la raison humaine et la loi islamique n’était pas l’essence de l’islam : toute loi devait être fondée sur la nature. Cette perspective est bien différente de celle d’Afghani. En effet, alors qu’Ahmad soumettait l’islam à la raison humaine, Afghani affirmait l’identité de l’islam et de la raison humaine. Selon lui, l’islam est la foi en la transcendance et la croyance en la raison. La raison humaine est capable de retrouver les résultats de la prophétie, et il est impossible qu’elle entre en contradiction avec cette dernière. Si la prophétie demeure toutefois nécessaire, c’est avant tout parce qu’elle a un rôle pratique, celui de lutter contre les désirs et les passions humaines.
Il écrivit une réponse à Ahmad et aux autres mouvances de ce genre dans une Réfutation des matérialistes, seul ouvrage publié d’Afghani. Il y rappelle que toute vraie religion doit enseigner trois vérités : 1) l’homme est monarque sur la terre, 2) la meilleure communauté est la communauté religieuse, 3) il a été envoyé sur terre pour se perfectionner et préparer l’autre vie. À ces trois vérités correspondent trois vertus : la modestie (haya’), la confiance (amana) et l’honnêteté (sidq).

L’islam comme civilisation et l’appel à l’unité

Si Afghani a été un grand penseur de l’islam comme religion et comme corps de doctrines, il a aussi réfléchi en profondeur aux causes de ce qu’il considérait être un déclin des pays musulmans. Sa défense intransigeante de la religion musulmane ne pouvait le conduire à mettre en cause la religion elle-même dans ce déclin, et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles il sera amené à réfléchir à l’islam comme civilisation.

Selon Hourani, ce point constitue véritablement l’originalité de la pensée politique d’Afghani par rapport à ses prédécesseurs. Ce dernier était en effet un grand lecteur de Guizot et admirait tout particulièrement sa conceptualisation de l’idée de civilisation. Selon Guizot, le progrès de la civilisation passe par le développement social et le développement individuel, qui impliquent respectivement l’unité (ou solidarité) et l’exercice de la raison. Dans cette description d’une civilisation parfaite, Afghani croit reconnaître l’islam en son âge d’or, et démontre ainsi historiquement la possibilité d’une civilisation islamique supérieure. Afghani applique ce schéma aux sociétés musulmanes dont il est contemporain et considère qu’il faut à la fois accepter les sciences européennes comme un fruit de la raison humaine universelle et restaurer l’unité de l’oumma.
L’appel à l’unité de la communauté musulmane est l’un des thèmes directeurs de la pensée d’Afghani. L’unité à laquelle il aspire ne doit pas être un artifice dicté par les dirigeants, mais plutôt une solidarité effective dans la population. La solidarité de l’oumma devait selon lui se matérialiser par la conscience en chacun de sa responsabilité à l’égard des autres membres de la communauté, et par la volonté de vivre ensemble pour la prospérité de la communauté. La pensée d’Afghani était ainsi fondée sur un système éthique assez précis. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles il affirmait que les sociétés musulmanes ne pourraient s’approprier les sciences modernes qu’à la condition de l’acquisition d’un système de moralité sociale solide.
Si Afghani s’est inspiré de Guizot pour faire de l’unité l’un des ferments de la civilisation, il s’éloigne pourtant explicitement d’une conception européenne qui valorise la solidarité nationale au détriment d’une solidarité religieuse jugée moribonde. Il pose l’existence d’une différence essentielle entre le christianisme et l’islam. Selon lui, le fanatisme a été rare en islam, et la solidarité religieuse est indispensable au progrès dans les pays musulmans.

Afghani a donc donné une expression plus systématiquement religieuse aux impulsions réformistes de Tahtawi et de Khayr al-Din. Contrairement à eux, son problème est moins celui du pouvoir politique et de son organisation que celui des sociétés musulmanes elles-mêmes et de la civilisation comme faisant partie intégrante de la religion. Cette différence de perspective lui permettra sans doute de réfléchir plus en profondeur à l’idée de réforme, qui ne se présente plus avec lui comme une simple réforme constitutionnelle, mais comme une réforme plus profonde de la religion elle-même, unique condition à un progrès des sociétés. C’est ainsi que Jamal al-Din al-Afghani confirme les intuitions qui étaient au fondement de la Nahda, et ouvre la voie au « réformisme islamique », qui connaitra à sa suite une fortune considérable, ainsi que de nombreux bouleversements, de son disciple ‘Abduh jusqu’à Rashid Rida.

Bibliographie

- Albert Hourani, Arabic thought in the liberal age 1798 – 1939, Cambridge University Press, 1983.
- Niki R. Keddie, Sayyid Jamal ad-Din al-Afghani : A Political Biography, University of California Press, Berkeley, 1972.
- Niki R. Keddie, « Afghani, Jamal al-Din », in. Encyclopœdia Iranica, Center for Iranian Studies, University of Columbia
http://www.iranicaonline.org/articles/afgani-jamal-al-din
- Cours de Samy Dorlian, « Histoire des idées politiques dans le monde arabe contemporain », ENS, 2011-2012.

[1Niki R. Keddie, Sayyid Jamal ad-Din al-Afghani : A Political Biography, préface, p. viii.

[2Muhammad ‘Abduh deviendra son disciple, avant de connaître un parcours personnel glorieux.

[3E. Renan, « L’islam et la science », cité par A. Hourani, in Arabic thought in the liberal age, p. 120.

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Les réseaux pédocriminels n’existent pas | Réseau Alègre-Baudis

février 26, 2017 dans Franc-maçonnerie, France par 13P11

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