Archives de catégorie : Frères musulmans

Les Frères du Yémen forment une nouvelle coalition menaçant la paix civile

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Le parti yéménite Al-Islah (branche yéménite de la confrérie des Frères musulmans) semble vouloir inciter à une guerre confessionnelle à long terme au Yémen, en formant une coalition avec le Parti salafiste al-Rachad et d’autres mouvements salafistes en Arabie saoudite. Continuer la lecture de Les Frères du Yémen forment une nouvelle coalition menaçant la paix civile

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Dans l’ombre d’Hillary Clinton, Huma Abedin (liée aux Frères Musulmans) et son mari Anthony Weiner, sioniste

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Sans qu’on en dise jusqu’ici un mot en Europe, il y a dans l’entourage direct et quotidien d’Hillary Clinton un couple qui mérite une attention très particulière. Il s’agit d’Anthony Weiner et de son épouse Huma Abedin. Continuer la lecture de Dans l’ombre d’Hillary Clinton, Huma Abedin (liée aux Frères Musulmans) et son mari Anthony Weiner, sioniste

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Analyse de la guerre de 2006 – 10 ans après

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Contexte de la guerre

Après la libération du sud du Liban le 25 mai 2000 (occupé depuis 1982 par israël), le Hezbollah fait de la libération de Samir Kantar un de ses principaux objectifs. Samir Kantar, membre du Front Populaire de Libération de la Palestine était détenu dans les prisons israéliennes depuis 1979. Après avoir proposé diverses solutions pacifiques restées sans réponse, Hezbollah menace de kidnapper des soldats israéliens en vue d’imposer un échange de prisonniers.

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L’opération « promesse tenue »

Le 12 juillet 2006, le Hezbollah met sa menace à exécution. Plusieurs de ses membres traversent la frontière, attaquent une patrouille israélienne et kidnappent deux de ses soldats. Une guerre est alors lancée par l’armée israélienne avec pour principaux objectifs de récupérer leurs soldats et d’anéantir le Hezbollah.

Interventants

Pour expliquer l’échec israélien, la chaîne libanaise al-Manar a produit puis diffusé « La troisième destruction », un documentaire explorant les coulisses de la guerre 2006, avec des commentaires et analyses d’experts tels que le Général libanais Michel Aoun, le Général français Alain Corvez, l’ancien chef de département de coopération militaire du ministère de la Défense de la Fédération de Russie Leonid Ivachov, ainsi que les témoignages de plusieurs experts israéliens.

Révélations et thématiques du documentaire

La première partie du documentaire met en avant une révélation du journal « Sunday Times », à savoir la désillusion du chef d’Etat-major israélien Dan Haloutz, qui après la première nuit de bombardement aurait informé le Premier ministre Ehud Olmert de la destruction de « toutes les roquettes à longue portée du Hezbollah ».

Propagande contre chefs d’œuvres médiatiques

Or, deux jours après le début de la guerre, le Secrétaire général du hezbollah, Sayd Hassan Nasrallah avait ordonné lors de sa première allocution télévisée la destruction d’un navire de guerre israélien situé à 16 km des côtes libanaises. Ayant été annoncée en direct, filmée puis exécutée sous les yeux effarés des habitants de Beyrouth, la destruction du navire a complètement anéanti les effets intimidants de la propagande israélienne et a certainement joué un grand rôle dans le maintien de la ferveur et du soutien populaire envers la résistance.

Une guerre des nerfs

Les différents experts militaires mettent en avant les ruses et provocations israéliennes en vue d’amener le commandement militaire du Hezbollah à exploiter la totalité de leurs capacités militaires en un seul coup, avec pour objectif de les lister puis les détruire. La direction du Hezbollah a cependant opté pour une stratégie d’escalade graduelle imposant aux israéliens des dommages de manière continue, de plus en plus forts et dont le potentiel caché était extrêmement anxiogène pour le peuple, les soldats et le commandement israéliens.

Un changement de timing imposé

D’une part, le Général français Alain Corvez révèle dans ce documentaire l’existence d’une réunion ayant eu lieu en 2004 aux Etats-Unis entre anciens présidents, ministres israéliens et hauts responsables américains dont l’objectif était de préparer une guerre contre le Liban. Ceci est confirmé par les propos d’Amir Rapaport dans le journal Maariv qui mentionne la mise en place d’un entrainement de 2 ans à compter de l’année 2004 portant sur une campagne militaire de 3 semaines contre le Liban.

D’autre part Seymour Hersh évoquait quant à lui dans le « New Yorker » que des responsables israéliens avaient informé Washington quelques mois avant le déclenchement de la guerre qu’ils avaient l’intention de frapper le Hezbollah. Ces frappes avaient pour objectif de savoir jusqu’à quel point Washington était prêt à aller pour soutenir de tels plans. Le plan prévoyait une réponse israélienne violente à toute attaque éventuellement menée par le Hezbollah contre israël.

En déclenchant l’opération militaire ayant entrainé l’enlèvement des deux soldats israéliens, le Hezbollah a imposé à israël d’entrer dans une guerre qu’elle n’avait initialement prévue que pour octobre, bousculant ainsi ses plans et la poussant à négliger ses derniers préparatifs.

Une guerre anglo-saxonne contre les intérêts français ?

Le Général français Alain Corvez mentionne également le fait que des Boeings américains chargés d’armement et munitions destinés à israël aient transité par l’aéroport de Londres, initialement à l’insu du gouvernement Britannique. Le Général s’étonne donc qu’un pays ami de la France, en l’occurrence le Liban ait pu être attaqué grâce à un approvisionnement américain et des facilités britanniques. Il déplore par ailleurs que ceci n’ait pas provoqué l’étonnement de l’Etat français.

Importance du conflit sur le plan international et notamment dans  l’instauration du terrorisme dit « islamiste »

Dix ans après la guerre de 2006 ayant opposé israël au Hezbollah, cet événement demeure sans doute le plus violent affrontement que l’armée sioniste ait connu de son histoire. Bien qu’ayant eu lieu sur une période relativement courte proportionnellement aux conséquences qu’ils auront entrainées, ces 33 jours de guerre ont provoqué dans la stratégie militaire américano-israélienne le renversement majeur de ces 15 dernières années. Cet échec, largement reconnu par le commandement et le peuple israélien a depuis 2006 dissuadé l’armée sioniste de mener toute nouvelle guerre de ce genre contre le Liban. Mais cet échec a aussi été le point de départ d’une nouvelle stratégie globale.

Un « Nouveau Moyen orient » libre, démocratique sur un modèle américano-sioniste

Condoleeza Rice évoquait un an avant la guerre de 2006 face à l’AIPAC (lobby américain pro-israélien proche du Likoud) l’instauration d’un « Nouveau Moyen Orient », « diffusant la liberté et la démocratie », une démocratie qui n’était réelle selon elle que dans les « territoires occupés d’Irak et de Palestine ».

C’est également face à l’AIPAC qu’elle saluait les démarches de « la Jordanie, du Bahreïn, du Qatar et du Maroc, sur la voie d’un processus d’ouverture dans leur système politique ». Elle saluait également les efforts « démocratiques » de l’Egypte, du Koweït et de… l’Arabie saoudite avant de s’en prendre à la Syrie pour sa présence militaire au Liban. Après le retrait syrien du Liban, il n’aura fallu qu’un an et trois mois pour qu’israël ne tente (en 2006) une nouvelle invasion terrestre cette fois-ci repoussée par le Hezbollah.

Puis un Nouveau Moyen Orient chaotique et terroriste

Face à l’impossibilité d’imposer ce projet par la force en 2006, le bloc américano-sioniste a mis en place une stratégie d’affaiblissement puis de partition des zones stratégiquement importantes pour l’approvisionnement du Hamas et du Hezbollah (principales forces militaires de résistance à israël).

Ces zones sensibles sont principalement l’Iran, la Syrie et le Soudan, toutes trois en proie à des pressions et ingérences étrangères favorisant leur partition et/ou leur affaiblissement.

La politique étrangère des USA, conformément aux intérêts de l’AIPAC a entrainé le Moyen orient dans une guerre :

–          – chaotique, sans commandement principal capable de fédérer les milices qu’elles supportent (ASL, Front al-Nosra, Daesh, Jaysh al-Islam, PKK, Talibans, al-Qaïda etc…).

–          – provoquant des zones de contrôle géographiquement éclatées afin d’éviter une assise militaire d’envergure pouvant échapper au contrôle de leurs parrains et ainsi se retourner contre israël.

–          – basée sur des grilles de lecture ethno-confessionnelles avec en son cœur et pour axe principal la création artificielle d’un affrontement « chiites contre sunnites » (en Syrie ou en Irak) mais aussi « kurdes contre arabes » ou « chrétiens contre musulmans » (dans des zones périphériques mais stratégiquement importantes pour l’approvisionnement en armes comme la frontière syro-turco-irakienne ou le Soudan).

S’il parait évident aujourd’hui qu’il ne reste pas grand-chose des envolées lyriques de Condoleezza Rice en 2005 concernant la liberté et la démocratie, le projet d’un Nouveau Moyen Orient révèle néanmoins deux constantes importantes qui elles n’ont pas changé de 2006 à nos jours :

1 ) La collusion entre les directives de l’AIPAC, la politique étrangère américaine (ainsi que celle de ses alliés du Golfe) et les intérêts israéliens constituent de manière factuelle la première cause de destructions massives et de massacres de civils.

2) Le Hezbollah aura été en 2006 face à israël et de 2012 à nos jours face aux groupes terroristes en Syrie la principale force d’infanterie capable de tenir en échec les bras armées de la politique étrangère américano-sioniste au Moyen Orient.

Source : axedelaresistance.com

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Ali Abdallah Saleh à RT : Al-Qaïda et Daesh sont issus des Frères musulmans crées par Ryad

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Dans une interview exclusive accordée à RT, le président yéménite déchu, Ali Abdallah Saleh, a évoqué la situation actuelle au Yémen déchiré par la guerre, l’exil du président Abd Rabbo Mansour Hadi et l’implication de Ryad dans le conflit. Continuer la lecture de Ali Abdallah Saleh à RT : Al-Qaïda et Daesh sont issus des Frères musulmans crées par Ryad

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Le Yémen creuse le fossé entre les EAU et l’Arabie

soldats EAUIl semblerait que le différend émirati-saoudien obstrue la progression des forces de la Coalition au Yémen, surtout après le refus  d’ Abu Dhabi de participer à la bataille de Taiz. Plusieurs facteurs contribuent à creuser le fossé entre  les alliés, notamment la demande d’Abed Rabbo Mansour Hadi adressée à la Turquie de participer aux opérations de la coalition, provoquant ainsi la colère des  Émirats- arabes- unis. Continuer la lecture de Le Yémen creuse le fossé entre les EAU et l’Arabie

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ITW et écrits de Mohamed Louizi sur l’UOIF et les Frères Musulmans

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Témoignage très intéressant sur les magouilles de certains hauts responsables de l’UOIF et de leur implication avec les autorités ripoublicaines : RG/DCRI, police, politiques… Rappelons que le président actuel de l’UOIF, Amar Lasfar, s’était levé à une assemblée générale afin de féliciter Sarkö (oui oui oui, Sarkö ! L’escroc Sarkö !) pour son intervention en Libye ! Il doit même diriger ses dou3a (prières) à BHL, puisque c’est ce dernier qui était à la source de l’intervention française contre Kadhafi et donc à l’origine de la destruction de la Libye ! Ces gens rencontrent souvent les agents de la DCRI pour des raisons totalement hallucinantes comme s’ils étaient de potentiels voyous, des criminels en devenir alors qu’il suffit de ne pas répondre à leurs sollicitations ou tout simplement de les attaquer en justice ! Il est fort peu probable que ces fonctionnaires du renseignement surveillent les autres communautés religieuses et même les sectes sataniques, pourtant responsables de plusieurs crimes, autant qu’ils le font envers la communauté musulmane.


Rappelons que le président actuel de l’UOIF, Amar Lasfar, s’était levé à une assemblée générale de l’UOIF afin de féliciter Sarkö (oui oui oui, Sarkö ! l’escroc Sarkö !) pour son intervention en Libye !


Il faut bien que les gens comprennent que l’UOIF est manipulée par le système. Ils ont été absents dans le combat contre le genre (gender) et l’introduction de la théorie du genre à l’école ! Leur silence a été catastrophique et nous pousse à les considérer comme complices. Bien sûr, en tête de gondole, il y a Tarik Ramadan qui passe son temps à vouloir réformer l’islam, comme il le dit si bien lui-même et l’assume parfaitement ; ne l’avons-nous pas prouvé à maintes reprises sur ce site ? N’oublions pas que les Frères Musulmans ont été financés par l’empire colonial britannique, puis après 1945 par la CIA, les documents existent en quantité. La franc-maçonnerie est derrière toute cette mascarade.

Il faut également faire le bilan de leurs trahisons et renoncements, car si vous suivez l’UOIF, il faut bien comprendre que vous finirez par légaliser le prêt à intérêt ou Riba ; sans compter la théorie du genre à l’école et la sexualisation de l’enseignement. Vous adhérerez également au principe de laïcité complètement stupide, car s’appliquant exclusivement aux religions monothéistes et jamais à la secte maçonnique, hissée au rang d’église et professant la nouvelle religion d’état si chère à Jean-Marc Ayrault ; bientôt l’avortement sera halalisé pour X raisons humanistes ; le mariage homosexuel est déjà célébré et le premier imam gay — celui qui a débattu sur un plateau télé avec Frère Tarik — officie dans une mosquée dédiée. Voter pour les crapules au pouvoir, c’est déjà fait aussi, puisque selon eux —  on se demande bien pourquoi d’ailleurs — il faut voter pour le moins pire … In fine, dans 30 ans, vous serez totalement dissous dans la maudite Babylone et ainsi, au lieu de changer les choses dans le bon sens, c’est l’islam millénaire qui devra s’adapter aux perversions et aux folies de Babylone !

On ne peut que blâmer très fortement M. Louizi d’avoir tenu un discours laïc ridicule et publié ses écrits chez l’ennemi, c’est à dire la presse dominante. Pire encore, il a eu l’outrecuidance de prendre comme avocat celui de Charlie hebdo, Richard Malka ! Comment peut-on commettre un impair aussi stupide ?!! Ce choix, à lui seul, décrédibilise totalement ses propos, même si les preuves sont nombreuses et que le discours tient la route largement. Il convient donc de se méfier de l’objectif poursuivi par l’équipe qui entoure ce monsieur et de ne prendre en considération que les documents fournis et les témoignages recoupés.


Je partage des extraits d’une interview dans laquelle Mohamed Louizi, ancien Frère Musulman, explique la stratégie fort dangereuse de cette confrérie, qui est considérée comme terroriste par certains pays.

L’islam totalitaire des Frères Musulmans.

Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères Musulmans, avait défini  ainsi son idéologie islamique politique:  «une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie. C’est à la fois un état et une nation, ou encore un gouvernement et une communauté. C’est également une morale et une force, ou encore le pardon et la justice. C’est également une culture et une juridiction, ou encore une science et une magistrature. C’est également une matière et une ressource, ou encore un gain et une richesse. C’est également une lutte dans la voie d’Allah et un appel, ou encore une armée et une pensée. C’est enfin une croyance sincère et une saine adoration. L’islam, c’est tout cela de la même façon».

En 1924, le califat Ottoman, «l’homme malade», avait fini par chuter. Dans l’esprit d’Hassan Al-Banna, ce dernier représentait le symbole politique de l’unité des musulmans face aux occidentaux. En 1928, il décida de créer sa mouvance islamiste, d’abord pour libérer l’Égypte de la colonisation britannique et lutter par tous moyens contre la présence juive et l’établissement d’Israël en terre sainte des trois monothéistes, et en second lieu, pour établir un nouveau califat/état islamique mondial et atteindre le «Tamkine» global, qui signifie la suprématie de l’islam frériste sur tous les autres islams et sur toutes les autres religions, et l’application de ses règles juridiques et lois pénales pour gérer les rapports à l’intérieur de la société et avec l’extérieur de ce califat.

Théoriquement, dans ses écrits, ce rêve est inscrit dans un processus stratégique partant d’abord et essentiellement de l’éducation de l’individu – d’où la priorité accordée aux «jeunes musulmans» par les frères lors de ce 9ème RAMN à Lille, entre autres. Après l’individu, il faut former le foyer musulman, puis le peuple musulman, puis atteindre le gouvernement islamiste, puis établir le califat, puis reconquérir l’Occident puis atteindre le Tamkine planétaire. Ça paraît fou comme idéologie et projet politique, mais force est de constater que depuis 1928, cette vision globalisante demeure opérante et présente, non seulement en Egypte, mais partout ailleurs, y compris en France.

La définition donnée ci-dessus est extraite du livre: Vingt principes pour comprendre l’islam, formalisé par Hassan Al-Banna, développé par Youssef Al-Qaradawi et traduit en français par Moncef Zenati. Celui-ci est membre du bureau national de l’UOIF, chargé de l’enseignement et de la présentation de l’islam. Ce livre idéologique est enseigné à des jeunes adultes, depuis au moins deux ans à « l’Institut Al-Qods » (Jérusalem), créé par des frères cadres de l’UOIF au CIV (Centre Islamique de Villeneuve d’Ascq) et à la mosquée de Lille-Sud où professe Amar Lasfar. La personne qui s’est chargée de délivrer toutes les semaines ses 20 principes idéologiques à la jeunesse est un professeur, payé par les deniers de l’Etat, au Lycée Averroès.

Le statut des Frères musulmans aujourd’hui

Les Frères musulmans, classés comme terroristes dans certains pays  arabes, sont désormais sous surveillance de l’autre côté de la Manche :  le Premier ministre britannique David Cameron avait prévenu, suite à une enquête très fouillée, dans une lettre adressée le 17 décembre dernier aux députés, que tout lien avec les Frères musulmans pourrait être considéré comme «un éventuel signe d’extrémisme». Il avait écrit: « Certaines sections des Frères musulmans ont une relation ambiguë à l’extrémisme violent ». Il est parti encore plus loin en affirmant qu’ « être membre, associé ou influencé par les Frères musulmans devrait être considéré comme un signe d’extrémisme ». Depuis, il semblerait que les Frères en Grande-Bretagne aient été mis sous surveillance.

Le communiqué du ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, publié le 2 février, mettant en garde l’UOIF au sujet de son 9ème RAMN, utilise une terminologie nouvelle et inhabituelle dans le rapport avec l’UOIF : « totale vigilance », « poursuites immédiates » et « sanctions appropriées ». Il me semble que c’est la première fois depuis la création de cette mouvance en 1983 que l’Etat puise ses mots dans un  champ lexical très particulier. Quelque chose commence sérieusement à changer dans le rapport entre l’État et l’UOIF. Quant au qualificatif d’« orthodoxe », utilisé par Nicolas Sarkozy avant la création du CFCM, je crois qu’il n’y a que lui qui pourrait, peut-être, le définir. Pour ma part, je comprends cette orthodoxie comme une fidélité absolue à l’idéologie d’Hassan Al-Banna dans sa dimension politique comme dans sa dimension jihadiste.

Les frères musulmans se disent légalistes et non violents

 Ce n’est pas vrai. Il n’y a qu’à lire l’intégralité de « l’Epître du jihad», écrite par Hassan Al-Banna que j’ai traduite dans mon essai autobiographique : Pourquoi j’ai quitté les Frères musulman, et qui circule toujours dans des cercles fermés des frères de l’UOIF en France. Son contenu ne présente aucune différence avec la matrice idéologique jihadiste de toutes les organisations terroristes: Al-Qaïda, Al-Nosra, Daesh, etc. On y trouve les mêmes textes violents, la même rhétorique jihadiste et les mêmes préconisations à recourir, par obligation religieuse, à l’usage des armes. La différence entre les Frères et les autres, c’est une différence de degré et non de nature. Il y a des groupes qui usent de la violence maintenant et ici. Les Frères les soutiennent, directement ou indirectement, et peuvent y recourir le moment venu. Je rappelle que l’appel au jihad en Syrie a été lancé, depuis le Caire, le 13 juin 2013, par une coalition composée de Frères musulmans et de salafistes. Le président de l’Egypte à cette époque s’appelait Mohamed Morsi. Les frères actuellement à la tête de la confrérie à l’internationale comme ici en France font parti du courant de Sayyid Qotb, la référence de tous les jihadistes contemporains, qu’ils soient  frères ou pas.

La stratégie du double discours

 Lors de l’éclatement de l’affaire qui avait opposé le lycée Averroès à un professeur de philosophie, en février 2015, Amar Lasfar, le président de l’UOIF avait déclaré face à la caméra de France Télévision que l’UOIF n’avait aucun lien avec les Frères musulmans. Un an plus tard, presque jour pour jour, Mohamed Karrat, l’un des lieutenants fidèles d’Amar Lasfar et qui est aussi recteur de la mosquée de Villeneuve d’Ascq, cadre responsable de la Ligue Islamique du Nord et professeur au lycée Averroès, a déclaré lors d’un court discours, en français, devant des fidèles, ce vendredi 5 février, que derrière l’attaque qu’a subie le 9ème RAMN prévu à Lille, «c’est l’UOIF qui est visée ». Il a dit: « L’UOIF est accusée d’être des Frères musulmans, et ça, personne ne s’en cache. Nous ne cachons pas notre identité. Nous en sommes fiers …» Ainsi, l’un dit qu’il n’y a pas de lien entre l’UOIF et les Frères musulmans et se permet d’attaquer en justice ses contradicteurs pour diffamation. Un an plus tard, l’UOIF affirme son identité frériste publiquement. Voilà un exemple éclatant de ce double discours presque banal. Je considère qu’au-delà du double discours, il y a un discours «en arabe» et un autre «en français ».

À propos de la stratégie globale d’islamisation en France et Europe

 Dans tous les pays où se trouvent des Frères musulmans, en Orient comme en Occident, le projet islamiste est le même depuis la création de la mouvance par Hassan Al-Banna en 1928. Il s’agit de rétablir le califat islamique aux frontières historiques, y compris là où l’islam avait une présence en Europe. Ce projet a un nom: le projet Tamkine. Dans le monde arabo-musulman, les expériences de cette mouvance passent par des hauts et des bas. Ils arrivent à percer un temps. Ensuite, ils sont mis en difficulté. Mais ils ne disparaissent pas. Eux-mêmes décrivent leur influence comment étant une succession de phases et de cycles: naissance, puis ascension, puis apogée, puis déclin, puis latence, puis ascension à nouveau et ainsi de suite.

Ici, en Europe et en Occident, les choses se présentent autrement. Car si le monde arabo-musulman est considéré déjà comme un «territoire» acquis, en Occident cela n’est pas le cas. Les Frères musulmans s’emploient depuis le début des années 1980, sur le vieux continent, à acquérir divers «territoires» privés pour inscrire, dans la durée, leur récit islamiste comme élément du récit national de chaque pays de l’Europe. Cette opération s’appelle le « Tawtine ». Elle est exécutée par la construction de mosquées-cathédrales, d’acquisitions immobilières diverses et variées, de construction d’établissements scolaires privés, etc. Car sans le « Tawtine », le projet Tamkine ne peut être mené efficacement. Si le Tawtine est l’objectif territorialiste d’une étape, le Tamkine est le but ultime pour que la loi d’Allah, telle qu’elle est comprise par les idéologues et oulémas des frères, domine l’Europe et l’annexe à l’État Islamique tant rêvé par les Frères.

Chakib Benmakhlouf, ex-président de la FOIE (Fédération des Organisations Islamiques en Europe), avait déclaré, dans une interview au journal londonien arabe Asharq Al-Awsat, le 20 mai 2008 :  « Au sein de la FOIE, nous avons un plan d’action, nous avons un plan d’action sur 20 ans,  sur le court terme, le moyen et le long terme. Certains événements, malheureusement, se déroulant de temps en temps, influent négativement sur l’avancement de notre action. Certains musulmans se sont vite sentis attirés vers des combats marginaux et cela perturbe notre plan d’action global. »

L’UOIF est-elle  « une base de réservistes »?

 Lorsqu’on lit et analyse l’« Epître du jihad » d’Hassan Al-Banna et les écrits de Sayyid Qotb, notamment son interprétation de la Sourate 8 et 9, entre autres, ainsi que son livre: Jalons sur la route, on observe une constance idéologique chez les Frères: Le frère musulman, par définition, ne peut être que jihadiste, en opération, ou réserviste caressant le rêve de faire le jihad armé un jour. Lorsqu’il est en stade de réserviste, il doit soutenir par tous les moyens ceux qui partent faire le jihad: par le soutien financier, par le soutien médiatique, par les prêches, par les invocations, etc. Hassan Al-Banna avait construit cette idée fondamentale sur des textes religieux attribués au Prophète Mohammad : «Quiconque meurt sans avoir combattu et sans en avoir jamais eu le désir, meurt sur une branche d’hypocrisie»! C’est plutôt Hassan Al-Banna qui considère les Frères, en général, et l’UOIF en particulier, comme étant une base de réservistes.

De la différence entre frères musulmans et salafistes. 

La matrice idéologique salafiste et jihadiste est la même. Et ce, nonobstant les quelques disparités et variances de langages constatées, ici et là. Un frère ne peut être que jihadiste ou réserviste. Le réserviste peut ne jamais porter des armes. Il peut se rendre compte de la supercherie et quitter. Il n’y a pas d’automaticité de passage d’un stade à l’autre. L’humain est imprévisible. Il peut être quiétiste et basculer ensuite dans le jihadisme le plus abject. Il peut être jihadiste et se repentir. Mais une chose est sûre : pour rompre avec tout cela, il faut un traitement des racines de la violence, religieuse ou pas, à la source. L’idéologie des Frères Musulmans ne doit pas être exclue en tant que cible de la lutte contre la radicalisation et des facteurs idéologiques qui la sous-tendent.

Les méthodes de recrutement et d’embrigadement

Le couple prédateur/proie permet d’assurer l’équilibre des pyramides alimentaires d’un écosystème. Le prédateur choisit sa proie selon des critères dictés par la nature. La pyramide des Frères musulmans, celle qui décrit les étapes du Tamkine, a aussi ses «prédateurs» qui sélectionnent leurs proies selon des critères dictés par l’idéologie et par les besoins en ressources humaines du projet Tamkine global. Chez les Frères musulmans, l’adhérent ne choisit pas l’association. C’est elle, telle une secte obscure, qui le choisit, et ce sont les anciens  qui le cooptent au terme d’un parcours initiatique très particulier.

Le projet Tamkine a besoin, en plus d’un territoire, d’une «base» humaine solide. Remarquons que le mot «base» se dit en arabe Qaïda. Il s’agit d’un concept idéologique souvent utilisé dans les écrits de Sayyid Qotb, surtout dans son exégèse des sourates 8 et 9. Le même terme est utilisé par Al-Qaïda pour désigner son organisation terroriste internationale. Selon Sayyid Qotb, la création d’un état islamique sur  n’importe quel territoire a un préalable éducatif, idéologique et organique majeur. Celui de se constituer, avant toute autre chose, une base humaine solide composée de personnes, frères et sœurs, hautement éduqués et convaincus par l’idée et la nécessité de cette création en étant prêts, à tout moment, à tout sacrifier, y compris leurs vies, pour la concrétiser et la défendre contre vents et marées. Sayyid Qotb cite l’exemple du prophète Mohammed et sa réussite à se constituer à la Mecque une «base» humaine, de compagnons convaincus, avant d’immigrer et de s’établir à Médine, son nouveau territoire pour y instituer le premier état islamique conquérant selon l’interprétation politique de cet idéologue frériste.

Les frères-prédateurs s’emploient à cibler des recrues pour constituer cette «base» solide et ce noyau dur dans chaque pays. Au terme d’une initiation idéologique, durant laquelle les 10 piliers de l’allégeance – «la compréhension, la sincérité, l’action, le jihad (armé), le sacrifice, l’obéissance totale, la persistance, la fidélité à l’engagement, la fraternité et la confiance totale placée à l’endroit de la direction et du commandement» – sont expliqués,  le/la candidat(e), répondant au standard idéologique passe à l’étape du serment d’allégeance où il/elle s’engage expressément en répétant l’attestation suivante: «Je m’engage devant Allah, le Tout-Puissant, à observer rigoureusement les dispositions et préceptes de l’islam et de mener le jihad pour défendre sa cause. Je m’engage devant Lui à respecter les conditions de mon allégeance aux Frères musulmans et accomplir mes devoirs envers notre confrérie. Je m’engage devant Lui à obéir à ses dirigeants dans l’aisance comme dans l’épreuve, autant que je le pourrai, tant que les ordres qui me sont donnés ne m’obligent pas à commettre un péché. J’en atteste allégeance et Allah en est témoin.». Dès lors la nouvelle recrue est missionnée pour œuvrer pour le projet Tamkine, éclairé par la devise mythique de la mouvance: «Allah est notre ultime but, le Messager est notre exemple et guide, le Coran est notre constitution, le jihad est notre voie, mourir dans le sentier d’Allah est notre plus grand espoir»!

Pourquoi Mohamed Louizi a-t-il rompu avec les Frères Musulmans? 

Lorsque j’ai compris que la voie des frères est la voie de deux sabres pour imposer un Coran, j’ai tiré ma révérence et j’ai choisi le chemin apolitique et non-violent de mon grand-père maternel ainsi que de mon père spirituel : Jawdat Saïd, le Ghandi du monde arabe.

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Interview réalisée par Alexandre DEVECCHIO

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Plus actuel que jamais !

arton36246-95d82Alain Soral en 2011 sur la difficile question de l’Islam

Sur la lancée de la publication de son futur succès Comprendre l’Empire, Alain Soral décryptait en décembre 2011 la fabrication d’un nouvel ennemi par l’Empire : le monde musulman, constitué d’un milliard d’habitants.

« Cet Empire dominateur a besoin d’un ennemi pour faire croire qu’il n’est pas un Empire de violence et de domination mais un Empire de régulation et de paix. Cet Empire a eu besoin de se créer un nouveau méchant, parce que le Rouge n’existait plus, et ce nouveau méchant vous l’avez bien identifié, c’est le musulman. »

Il concentre son analyse sociologique sur les musulmans français, sans organisation ni représentation, et menacés par les pièges du pouvoir libéral. Il entrevoit le risque d’une guerre civile à partir d’une montée des tensions, dans laquelle « tout le monde perd ».

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Mais que magouille donc Tony Blair ?

JPEG - 56.3 koDe toutes les rencontres bizarres dont le conflit palestinien est à l’origine, les quatre rencontres à Doha entre Tony Blair et le chef du Hamas Khaled Mechaal doivent sûrement figurer parmi les plus étranges.

L’envoyé du Quartet au Moyen-Orient enfreignait ainsi les propres règles du Quartet interdisant de parler au Hamas tant qu’il ne reconnaît pas Israël, des règles que Tony Blair et Jack Straw ont imposées en tant que Premier ministre et secrétaire aux Affaires Continuer la lecture de Mais que magouille donc Tony Blair ?

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