Jérusalem: Nasrallah positionne le Hezbollah aux côtés des Palestiniens pour la troisième Intifada

La déclaration de Donald Trump a provoqué une onde de choc dans une bonne partie du Proche et du Moyen-Orient. En voulant reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le président américain a galvanisé la résistance à l’occupation. Hassan Nasrallah a indiqué que le Hezbollah se tiendrait aux côtés des Palestiniens pour la troisième Intifada. Moqtada Al-Sadr a nargué les Saoud en les invitant à envoyer leurs avions militaires défendre Jerusalem plutôt que de bombarder le Yémen. Le FPLP mise en outre sur le soutien des Pasdaran iraniens pour mener le combat. Trump aurait-il sous-estimé la réaction de la résistance dans la région? (IGA)

 

 

Lundi passé s’est tenue une manifestation avec des centaines de milliers de personnes, Libanais et Palestiniens des camps de réfugiés, dans la partie sud de Beyrouth, pour protester contre la décision de Trump d’”élire” Jérusalem, ou mieux  Al Qods, comme seule capitale d’Israël. “Il appartient au peuple palestinien de mener la troisième Intifada contre cette décision“, a déclaré le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah lors d’un appel à la télévision, “et il appartient à la Résistance, palestinienne et libanaise, d’assumer ses responsabilités pour promouvoir l’union entre  tous les  partis palestiniens et pour soutenir la cause de Jérusalem contre la conspiration américaine “.

Dans son discours, Nasrallah a souligné que la décision de Trump a enflammé et provoqué l’irritation  pas tellement des gouvernements de la région, qui se sont limités à des timides manifestations contre Washington, mais surtout des populations arabes du Maghreb au Moyen-Orient.

Selon la secrétaire du Hezbollah, il est clair que les Etats-Unis ne peuvent plus et ne seront plus considérés comme les médiateurs dans le processus de paix. Ces dernières années, ils se sont révélés être seulement “les paladins d’Israël ou les paladins de la montée du terrorisme djihadiste après la désintégration de l’Irak et la guerre en Syrie“. Le journal Al Akhbar a rapporté que le choix de Trump avait déjà été présenté et approuvé par l’Arabie Saoudite à travers des relations exclusives entre le beau-fils de Trump, Jared Kushner, et le dauphin de Riyadh, Mohamed Bin Salman (MBS).

Les déclarations provocatrices du même MBS contre Abu Mazen de “ne plus considérer Jérusalem, mais plutôt Abu Dis, comme la future capitale d’un éventuel Etat palestinien” n’ont fait qu’augmenter les défections de certains pays, même des alliés comme le Maroc ou la Jordanie, envers l’Arabie saoudite.

Une telle décision risque toutefois d’enflammer toute la région avec de nouveaux conflits sanglants. Les menaces de Nasrallah, par exemple, ne semblent pas vaines quand il dit vouloir accroître l’assistance du mouvement chiite en termes de soutien militaire, logistique et économique à la cause palestinienne. Dans  le même ordre d’idées, le communiqué du général Qassem Soleimani, commandant de la brigade Al Quds des Pasdaran (bataillon spécialisé dans les actions de soutien dans les zones de conflit hors d’Iran). Il a déclaré avoir parlé avec les commandants du Hamas, du Jihad islamique et du Front Populaire de Libération de la Palestine à Gaza pour leur assurer son soutien afin de contrer la violente répression de Tel-Aviv contre les manifestations palestiniennes.

Il y a quelques jours, le secrétaire adjoint du FPLP, Abou Ahmed Fouad, a annoncé que «tous les groupes de la Résistance sont prêts pour une nouvelle Intifada, grâce au soutien et à l’expérience de Qassem Soleimani», invitant Abbas lui-même à participer et à unifier la leadership pour une nouvelle lutte contre Israël.

La situation semble sur le point de pouvoir exploser même en Irak. Vendredi dernier, le chef du groupe Harakat Al Nujaba (considéré comme le Hezbollah irakien), Akram al Kaabi, a menacé d’attaquer toutes les forces d’occupation américaines présentes dans le pays, après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les  Etats-Unis.  Même le leader nationaliste chiite Moqtada Al Sadr, considéré plus proche des Etats du Golfe, a exhorté Riyad à interrompre ses guerres au Yémen, en Syrie et au Bahreïn, et à envoyer ses avions militaires pour défendre Jérusalem.

Dans son dernier éditorial du journal en ligne Rai Al Youm, Abdel Bari Atwan déclare que Trump a fait, avec les Saoudiens et les Israéliens, l’énième erreur d’évaluation, après la Syrie. “Washington et Riyad ont estimé une réaction apathique de la population arabe alors qu’au contraire, les Palestiniens luttent aujourd’hui avec le soutien renouvelé de leurs frères arabes et musulmans pour obtenir la victoire, étant donné que Jérusalem restera la capitale de la Palestine, la Palestine entière“.

 

Source originale: Contropiano

Traduit de l’italien par Stefano Mauro pour Investig’Action

Source: Investig’Action

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