La France fut elle victorieuse en 1918 ? par Pierre Dortiguier

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Cette question peut paraître incongrue, car chacun croit apercevoir dans cette triple répétition du 11 (le onzième jour du onzième mois à la onzième heure) le symbole d’une victoire éclatante, sanglante, et même le début d’un ordre nouveau dont les traits sont ceux de notre monde courant à la catastrophe ! Les États-Unis firent  leur entrée en Europe, appelés par le maréchal Joffre et son « frère » en loge Viviani, la Russie qui capitula devant l’Allemagne en 1918 roule dans le bolchevisme dont les tardives fleurs actuelles sont cette oligarchie qui appuie sa force sur une rivalité permanente avec les USA, non pas en lutte directe ou franche mais en prétextant de cette rivalité pour augmenter sa puissance militaire, tout comme la Chine.

La France était en guerre non seulement contre l’Allemagne, mais aussi la couronne austro-hongroise et l’Europe centrale, contre la Turquie, et les neutres en Espagne, en Hollande, dans les pays nordiques, en Suisse soutenaient ou appuyaient, par leur refus d’entrer dans la coalition franco-russo britannique, la position allemande. La Bulgarie et la Grèce étaient contre les adversaires de l’Allemagne et de l’Autriche, l’Albanie aussi. L’on exaltera l’aide africaine, mais l’on taira l’aide musulmane européenne bosniaque qui causa une défaite italienne, et fit accorder à ces Musulmans fidèles et à l’Empire austro-allemand et à l’Empire ottoman le titre de « troupes les plus fidèles du Kaiser ».

À l’Ouest, l’Allemagne jouissait de l’appui de l’Irlande insurgée, laquelle fut traitée par les Anglais en seconde Vendée, comme en témoignent les Pâques sanglantes de 1916.

Au printemps de 1918, une offensive porta les troupes impériales aux portes de Paris, et n’eût été l’agitation révolutionnaire allemande allumée aussi par la Déclaration Balfour de novembre 1917 mettant les espoirs d’une Palestine coloniale dans une victoire des Alliés et exigeant pour cela la défaite allemande et le démembrement de la Turquie, nous eussions eu un cours différent. L’armée allemande restait intacte, son territoire aucunement envahi, la plus grave calamité pour ce pays étant le blocus alimentaire desdits Alliés qui causa près de 800.000 victimes civiles. Ce blocus ne fut pas levé en novembre 18 mais, en 1919, fin juin, à la signature du traité de Versailles, au jour anniversaire de l’assassinat de l’Archiduc Charles et de son épouse tchèque, la comtesse Chotek.

1918 en Algérie ! Des manifestations éclatèrent lors de l’offensive allemande de 1918 menée par l’un des experts de la lutte antimaçonnique, le général Ludendorff. Ces manifestations eurent le soutien d’un parent d’Abd El Kader. Ceci dit pour mémoire.


Cela dit pour prévenir qu’à 11, chiffre aimé des sectaires, succède le 12, et que l’Histoire est un livre qui se feuillette en entier et dont la conclusion est le sceau posé par Dieu.


Cette guerre – selon un mot que nous aimons à redire, de Romain Rolland – fut celle des nations qui travaillaient moins bien contre celle qui travaillait le mieux. Il ajoutait : c’est un crime contre l’humanité. Il a été commis par l’Angleterre, elle le paiera (lettre de 1921 à son secrétaire Bachelin, ancien séminariste et musicologue).

Parlons maintenant du 12 novembre en nous transportant à Vienne – capitale de l’Europe cultivée – : ce fut le jour de la création de l’Anschluss : « Ce sont des socialistes autrichiens, des marxistes à cent pour cent et non pas des « nazis » qui réclamèrent  les tous premiers l’Anschluss » ou rattachement à l’Allemagne.

L’armistice du 11 novembre n’était pas même encore signé que cette fusion fut prônée par « Le Conseil d’État de l’Autriche Allemande », l’organisme  gouvernemental que venait de constituer, à la va-vite, les socialistes autrichiens, au moment précis où leur camarade allemand Scheidemann proclamait à Berlin la République.

Le 12 novembre 1918, l’Assemblée autrichienne avait décrété, à son tour, que « l’Autriche-Allemande formerait partie intégrante du Reich allemand ».

Cette décision ne fut pas même prise par les seuls socialistes autrichiens : les démocrates-chrétiens, que dirigeait M. Miklas, futur président de la République autrichienne approuvèrent cet Anschlusss avec une promptitude et une vigueur identiques ». (Léon Degrelle, Hitler né à Versailles, Les Tricheurs de Versailles, 544 pp. Paris, 1988, Arts et Histoire d’Europe p. 344).

Cela dit pour prévenir qu’à 11, chiffre aimé des sectaires, succède le 12, et que l’Histoire est un livre qui se feuillette en entier et dont la conclusion est le sceau posé par Dieu.


 

Pierre Dortiguier

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