La fumisterie d’une rébellion syrienne «modérée»

Concernant la Syrie tout n’est que fumisterie.  Au mieux, un aveuglement volontaire.

Tout le monde sait qui est qui, qui fait quoi et pour qui. Tout le monde sait également comment cela a commencé et pourquoi. Mais on retrouve encore et toujours les mêmes mots créés par les instigateurs du chaos syrien pour désigner leur bras armé chargé de maintenir le chaos. Le brouillage n’existe en fait que dans les mots car, sur le terrain, tout est clair.

En multipliant les noms de groupes, leurs patrons de Tel Aviv, Washington, Londres ou Paris savaient ce qu’ils faisaient. En  adjoignant en plus des qualificatifs à ces noms, il ne restait plus qu’à laisser leurs intellectuels (dont beaucoup nous servent de référence par ailleurs) faire le travail d’embrouille. Et ça marche.

Le Front Nosra, l’organisation syrienne djihado terroriste affiliée à Aqmi, et d’autres groupuscules de même obédience ont uni leurs forces et profité que l’armée régulière est contrainte de concentrer l’essentiel de son potentiel sur le front où elle fait face à l’offensive d’envergure lancée par l’Etat islamique (Daesh) contre ses positions dans la région de Palmyre, pour monter à l’assaut à leur tour contre d’autres positions gouvernementales.

Mais si l’offensive de l’organisation terroriste l’Etat islamique est suivie avec inquiétude par les « amis » du peuple syrien qui ont monté une coalition armée contre elle, celle que mènent contre les forces du régime le Front Nosra et ses alliés aqmistes ne suscite pas leur alarme.

Et pour cause, ils sont les inspirateurs de cette alliance aqmiste dont ils pensent faire oublier la filiation en ayant poussé à y intégrer les résidus restants de la rébellion syrienne armée « modérée » dont ils sont les sponsors, mais qui a totalement échoué à atteindre l’objectif qu’ils lui ont assigné : le renversement du régime de Damas.

La présence de ces résidus au sein de l’alliance formée autour d’al-Nosra leur sert à entretenir la fiction de l’existence d’une rébellion «modérée » qu’il faut soutenir et aider parce qu’elle serait la seule alternative au régime de Bachar El Assad et à l’Etat islamique.

Personne n’est pourtant dupe de cette sinistre fumisterie qui consiste à faire prendre pour rébellion « modérée » le front anti-régime dominé par El Nosra et des groupuscules non moins extrémistes et sanguinaires que l’Etat islamique. Passe que la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar veuillent en l’occurrence nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en Syrie leur seul ennemi à abattre est Bachar El Assad et son régime. Peu leur importe que cette prétendue rébellion « modérée » soit en fait d’obédience aqmiste, ce qui leur chaut est qu’elle a pour but de prendre le pouvoir en Syrie seulement et non comme l’Etat islamique, celui d’instaurer un khalifat sur tout le monde arabo-musulman.

Ce qui sidère et révolte c’est que des Etats ayant à juste titre mis El Nosra et les groupuscules qui lui ressemblent sur leurs listes des organisations terroristes qu’ils combattent, participent à l’enfumage des opinions publiques entreprise par les trois pays cités. C’est le cas notamment de la France qui a ainsi encore une fois vendu son âme en contrepartie de quelques contrats juteux que lui ont signé le Qatar et l’Arabie Saoudite, imités par les autres émirats du Golfe. Paris se fait ainsi le démarcheur international d’une solution au conflit syrien dont nul n’ignore qu’elle déboucherait sur pire que ce qu’est le régime syrien, tant qu’entre El Nosra et l’Etat islamique la différence se résume à la façon dont l’un et l’autre envisagent la concrétisation de leur credo djihado-terroriste.

Le cynisme de la France est qu’elle ferme les yeux sur la nature de cette rébellion « modérée » syrienne et contribue à son armement en sachant qu’une bonne partie de celui-ci aboutit chez l’Etat islamique dont l’aura qui ne cesse d’éclipser celle d’Aqmi lui vaut des ralliements massifs de djihadistes d’El Nosra et des groupuscules ayant fait cause commune avec lui.

François Hollande est aveuglé par la haine qu’il voue au régime syrien. Peu lui importe ce qu’il adviendra de la Syrie pourvu qu’il assouvisse sa haine de Bachar El Assad et de son régime. En cela aussi il a mis ses pas dans ceux de son prédécesseur qui s’est acharné à abattre El Kaddafi sans se préoccuper de ce qu’il allait advenir pour le peuple libyen. L’on sait ce qu’il en a résulté.

 

Par Kharroubi Habib

Source : Le quotidien d’Oran

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