La géopolitique de Srebrenica

Les 22 ans du « génocide » à Srebrenica ont été commémorés. Un jour qui, pour les médias occidentaux, représente « la date du plus grand crime de guerre en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale ». L’événement dont nous pouvons maintenant dire librement qu’il revêt une forme de rituel. Aucune commémoration du « plus grand crime depuis la Seconde Guerre Mondiale » ne peut se faire sans les ambassadeurs occidentaux, les ONG et les rapports médiatiques détaillés. Et cela se répète année après année. Mais, que disent les faits historiques, que s’est-il réellement passé? Quiconque viendra au centre commémoratif Potocari verra sur la plaque commémorative le chiffre 8372 … Ce n’est pas sans raison qu’il y a trois points à la fin du nombre des « victimes ». Le but est, si possible, d’augmenter le nombre de « victimes du génocide ».

Et pourtant, il existe des déclarations de certains musulmans de Bosnie qui réfutent la version officielle. L’une d’entre elles est celle de Mirsad Tokaca, président du Centre de recherche et de documentation de Sarajevo (capitale de la Bosnie-Herzégovine). Il a affirmé qu’il y a 500 musulmans de Srebrenica sur la plaque commémorative, avec 70 autres personnes qui ont été tuées dans d’autres endroits à d’autres périodes. Dans le livre « Crimes de guerre », du chercheur et analyste allemand Jürgen Elzner, la manipulation du nombre de victimes à Srebrenica est confirmée.

«  Il est nécessaire de faire des investigations complètes sur l’affaire Srebrenica et supprimer l’anathème de la responsabilité des Serbes sur le génocide. Il est incontestable que des crimes se sont produits à Srebrenica et que les auteurs de ces actes doivent être traduits en justice. Toutefois, il n’y a pas eu de génocide à Srebrenica, comme cela a été prouvé par l’Institut de documentation de guerre des Pays-Bas, déclarant qu’il n’y avait pas de planification de crimes au niveau des dirigeants politiques et militaires de la Republica Srpska et que la majorité des victimes étaient membres de la 28ème Division musulmane pendant la rupture des lignes. Dans tous les cas, les milieux bosniaques continuent d’être sur la même position de victimes, car cela permet d’atteindre l’objectif d’une Bosnie-Herzégovine unique dans laquelle ils auront un rôle dominant « , écrit-il dans le livre.

Lorsque l’équipe d’enquête de l’ONU s’est rendue à Srebrenica en 1995, sur l’ordre du Secrétaire général, elle n’a pas identifié le crime de génocide. Le 24 juillet 1995, ils ont signalé au Quartier général à New York qu’ils n’avaient pas trouvé de témoins pour confirmer les crimes. L’envoyé personnel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Hjubet Viland, était avec l’équipe d’enquête à Srebrenica et à Tuzla. Sur place, il a parlé avec des dizaines de Bosniaques, dans des camps de réfugiés et des logements collectifs, et n’a trouvé aucun témoin pour confirmer les crimes commis. Mais malgré tout, cela n’a pas empêché le Tribunal de La Haye de condamner les commandants serbes.

Le nombre de musulmans morts à Srebrenica n’était pas de 8 000, mais environ 700 personnes, c’est ce que l’américain Filip Corvin a persisté à affirmer jusqu’à sa mort en 2010. En tant qu’envoyé du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, il était le Coordonnateur des Nations Unies pour les affaires civiles en Bosnie-Herzégovine du printemps à l’été 1995. Corvin a toujours insisté sur le fait que le nombre de Musulmans disparus était exagéré et que tout le show judiciaire montre que les rapports officiels de génocide sont purement politiques.

Aujourd’hui, avec les Bosniaques et leurs élites, on ne peut pas expliquer qu’il n’y a pas eu de génocide. Il y a plusieurs raisons à cela. Pour les Bosniaques, Srebrenica est à la base de leurs objectifs politiques. Grâce à la manne du «génocide de Srebrenica», il est plus facile d’atteindre leur objectif stratégique, qui est l’unité de la Bosnie et l’Herbegovina. Deuxièmement, une question importante pour eux est leur identité. Les Bosniaques étaient un groupe religieux devenu une nation sur décision des communistes yougoslaves.

Cependant, le parrain de l’histoire du génocide à Srebrenica était les États-Unis d’Amérique. En gardant à l’esprit que les États-Unis considéraient les Serbes comme les Russes des Balkans, ils ont commencé à faire aux Serbes ce qu’ils voulaient mais ne pouvaient pas faire à la Russie. Peu après le déclenchement du conflit en ex-Yougoslavie, les Serbes aux yeux des occidentaux sont devenus des «sauvages» et des «bêtes». Le soi-disant génocide à Srebrenica a coûté cher aux Serbes. Lorsque le Monténégro a tenu un référendum en 2006 sur la sécession d’avec la Serbie, les Bosniaques/Musulmans du Monténégro ont soutenu le référendum de tout cœur. Aujourd’hui encore, les Bosniaques soutiennent Milo Djukanovic au Monténégro. Même si Milo Djukanovic en 90, qui avait des vues patriotiques serbes, avait travaillé étroitement avec Slobodan Milosevic, faisait appel à l’armée pour attaquer Dubrovnik tout en aidant les Serbes de Bosnie, les Bosniaques le soutiennent aujourd’hui. La raison en est simple. En 1997, Djukanovic est devenu l’homme qui remplit directement toutes les exigences du gouvernement des États-Unis, dont la première demande a été de commencer une politique antiserbe au Monténégro et le sabotage des intérêts vitaux serbes dans les Balkans.

Grâce à la propagande américaine autour du «génocide à Srebrenica», pour les Bosniaques aujourd’hui, les Serbes sont des ennemis nationaux. Donc, aujourd’hui, le marquage du 11 juillet et du «génocide à Srebrenica» est en fait un rappel que les Serbes sont le mal et que les Bosniens doivent haïr les Serbes. Du point de vue des États-Unis, l’histoire du génocide à Srebrenica est un autre moyen de s’attaquer aux Serbes, et par-delà, à la Russie. Par conséquent, une réponse claire à la propagande de Srebrenica est nécessaire. Et le rôle principal devrait être pris par la Russie sur cette question, car malheureusement, la Serbie ne peut pas le faire. Aujourd’hui, la Serbie n’est pas un État indépendant, elle est sous le contrôle de l’Occident, mais pas entièrement. L’intérêt stratégique de la Russie est de ne pas permettre que l’on mette le label de génocidaire sur son principal allié dans les Balkans.

Slavisa Batko Milacic

Source : Geopolitics of Srebrenica, Geopolitica, 21 juillet 2017.

Traduction : AvicRéseau International

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