La méthode « manifs-snipers » de Maïdan et du printemps arabe appliquée à l’Iran

C’est bien connu, une bonne révolution de couleur aujourd’hui doit comporter quelques morts parmi les manifestants « pacifiques », des morts que l’on doit pouvoir attribuer aux forces de l’ordre. L’Iran vient de connaitre ses premières victimes abattues pendant les manifestations qui ont débuté la semaine dernière dans le Khorassan, à la frontière afghane. Les deux premières victimes parmi les manifestants ont été tuées samedi dans la province iranienne du Lorestan, et, ce lundi, c’était au tour des forces de l’ordre de subir des pertes : un officier de police tué et 3 autres blessés à Najafabad, dans la province centrale d’Ispahan. Bien entendu, les tireurs se seront volatilisés une fois leur mission accomplie. Il n’est pas nécessaire d’attendre des photos, preuves ou aveux, pour savoir qu’il s’agit de snipers professionnels venant de l’extérieur. Non seulement les forces de l’ordre avaient reçu des consignes hyper strictes leur enjoignant d’éviter toute violence, mais surtout, c’est l’évidence même, les autorités avaient tout intérêt à calmer le jeu, sachant ce qu’il en coûte en cas de dérapage et de sang versé. Le moindre bon sens serait de se dire que les responsables de la sécurité en Iran ne sont ni plus ni moins imbéciles que leurs homologues partout dans le monde.

Des manifestations de grande ampleur contre le chômage, contre la vie chère, parfois même contre une simple hausse du prix du ticket de bus comme on l’a vu au Brésil il n’y a pas si longtemps, ne sont jamais spontanées. En France, pays des manifs, on sait à quel point il est compliqué de mobiliser les masses pour les faire descendre dans la rue. Et qui dit « mobilisation », dit groupe organisateur structuré. Curieusement, toutes les « révolutions » artificielles fomentées de l’extérieur sont toujours présentées comme spontanées, alors qu’elles se déroulent le plus souvent dans des pays qui n’ont aucune culture d’organisation des masses comme dans les pays du Nord. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir à quel point il est difficile d’organiser une intifada ou un soulèvement de masse chez les Palestiniens pourtant plus durement frappés dans leur chair et dans leur vie de tous jours que partout ailleurs dans le monde.

Marchera, marchera pas ? On verra bien ce que donnera cette nouvelle révolution «de couleur ». Mais, quoi que diront les « experts », les analystes et les petits soldats des médias, il faudra garder à l’esprit les éléments suivants :

  • Bien que les manifestants puissent être sincères, et bien qu’ils aient été mobilisés sur la base de leur mécontentement réel, ils sont guidés et manipulés par des agents professionnels remplissant une mission pilotée de l’extérieur.
  • Les morts parmi les manifestants innocents ou parmi les forces de l’ordre (et il y en aura d’autres tant que la « révolution » n’a pas pris) sont causées par des professionnels exécutant un contrat et qui quitteront les lieux dès que leur mission aura été accomplie. Les éventuelles bavures qu’il pourrait y avoir n’ont généralement aucune commune mesure avec l’hécatombe à laquelle nous assistons déjà, qui elle-même est largement en deçà du nombre de victimes causées par les bavures policières quotidiennes sur le territoire des Etats-Unis.
  • Il faut bien garder à l’esprit que les responsables iraniens, tout comme leurs homologues en France, en Espagne, ou ailleurs, ne laisseront pas leur pays se faire mener à la ruine par quelque méthode que ce soit. Quand bien même les manifestants seraient des centaines de milliers, il faut se rappeler qu’il y a plus de 82 millions d’Iraniens, car les médias atlantistes vous présenteront ces milliers de manifestants comme s’ils représentaient l’ensemble de la population.

Les journaux de service piaffent déjà. Plus il y aura de morts, plus leurs titres auront du poids, et cela fait partie des recettes qui leur permettent de mobiliser l’opinion des indignés habituels, toujours en quête de leur indignation quotidienne pour prouver leur capacité de compassion, leur grand cœur et leur « humanité ».

AvicRéseau International

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