La primauté des gènes juifs

The Guardian a rapporté cette semaine qu’une étude des survivants de l’Holocauste avait révélé que le traumatisme des juifs se transmettait dans les gènes de leurs enfants. La conclusion d’une équipe de recherche de l’hôpital « Mont Sinaï » de New York dirigée par Rachel Yehuda découle d’une étude génétique effectuée sur 32 hommes et femmes juifs qui ont été soit

internés dans un camp de concentration nazi, soit témoins ou victimes de torture ou ayant dû se cacher pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Contrairement au quotidien The Guardian, qui a publié un rapport sec de cette «révélation scientifique», je suis perplexe. Quel est le sens de cette information scientifique? Suggère-t-elle que les enfants de survivants de l’Holocauste sont mieux adaptés au prochain holocauste ou suggère-t-elle encore que les héritiers de survivants de la Shoah ont hérité du traumatisme et ont désormais droit à une réparation financière allemande jusqu’à la fin des temps?

D’autre part, si les sionistes disent la vérité et que les juifs ont été persécutés tout au long de leur histoire et que le passé juif est parsemé d’holocaustes, on peut prévoir que le «gène du traumatisme» pourrait de toute façon être largement répandu parmi les juifs. Je suis confus.

Il est évident que Rachel Yehuda et son équipe juive de l’hôpital juif étaient particulièrement intéressées par les gènes juifs et la souffrance juive, mais les résultats de leur nouvelle découverte sont-ils universels?

Qu’en est-il des afro-américains qui ont survécu à l’esclavage et qui sont encore l’objet de discrimination institutionnelle et d’abus constant, transmettent-ils également leur traumatisme à travers leurs gènes ou est-ce uniquement les juifs qui possèdent cette capacité physiologique particulière?

Et que dire des gens qui souffrent entre les mains du nationalisme juif ou de la terreur israélienne? Yehuda a-t-elle pris la peine de savoir si les palestiniens transmettent l’information génétique à leurs successeurs? Evidemment non, et pour une bonne raison. Contrairement au judéocide nazi qui avait un début et une fin dans le temps, la situation désespérée des palestiniens encore en cours n’a pas de fin prévisible. Les bébés nés à Gaza aujourd’hui n’ont pas besoin d’hériter du traumatisme de leurs parents par le biais de la génétique; le traumatisme leur sera livré directement par l’armée et la flotte aérienne israélienne.

Dans les années qui ont suivi la Shoah, certains psychologues et écrivains juifs ont exposé le sens du trouble de stress post-traumatique (Post-TSD). J’ai toujours été troublé par le terme. J’ai grandi en Israël et j’ai été entouré de nombreux survivants de l’Holocauste – des gens avec des numéros tatoués sur les bras. Certains d’entre eux ont énormément souffert durant la guerre. Pourtant, ils étaient généralement des gens assez ordinaires. Certains étaient gentils, d’autres moins, certains étaient intelligents et charmants, d’autres pas tellement.

L’Holocauste n’était pas vraiment un problème pour eux autant que je pourrais dire. Ils voulaient sortir de cette vie. Autant que possible, ils essayaient d’oublier. Mais souvent, leurs enfants étaient légèrement différents. Beaucoup étaient majoritairement possédés par la Shoah et en faisaient leur nouvelle religion.

Mon étude de la religion de l’Holocauste m’a amené à définir la notion de trouble de stress PRÉ-traumatique (Pré-TSD) – la capacité singulière d’être tourmenté par un événement fictif imaginaire dans un avenir fantasmatique. C’est la condition Pré-TSD qui entraîne les politiciens juifs contemporains vers une situation dangereuse pour les juifs et le reste d’entre nous. C’est le Pré-TSD qui permet au patient de voir une menace existentielle partout et dans tout. Si je ne me trompe pas à propos du Pré-TSD, nous pourrions même apprendre que dans le contexte d’un traumatisme juif, ce sont les enfants qui transmettent des traumatismes dans les gènes de leurs survivants de parents.

Je n’ai aucun doute sur le fait que le Mont Sinaï et Rachel Yehuda aient pu trouver au moins 32 membres de cette communauté pour soutenir de telles conclusions post-épigénétiques.

Pendant ce temps, nous nous dirigeons clairement vers une nouvelle phase dans l’étude de la phobie collective juive. Le traumatisme juif réside maintenant dans les gènes, nous rapporte The Guardian. Si cela est vrai, la religion de l’Holocauste est maintenant à jamais gravée dans la physiologie juive.

Ce sont des nouvelles dévastatrices pour les antisémites et autres ennemis des juifs – il n’est plus utile dorénavant de persécuter plus les juifs pour que les nouveaux juifs qui naissent soient persécutés.

Par Gilad Atzmon: jazzman et militant antisioniste britannique, né en Palestine occupée et résidant actuellement à Londres.

Source: Blog Gilad Atzmon; Réseau international

 

 

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