L’Autorité de Ramallah poursuit ses attaques contre la résistance palestinienne

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Cibler la résistance palestinienne est cruciale pour consolider la structure politique de l’Autorité palestinienne, elle améliore son rôle d’agent d’exécution d’Israël.

Le penchant de l’Autorité palestinienne pour la navigation entre compromis et répression politique s’est manifesté

récemment au cours d’une nouvelle répression contre les militants palestiniens en Cisjordanie.

La résistance accrue contre les colons israéliens donne à l’Autorité palestinienne une excuse pour prouver son engagement à poursuivre sa coordination sécuritaire avec Israël – le pilier central de la sauvegarde de sa propre existence.

Au cours de la première semaine de juillet, plus de cent Palestiniens soupçonnés de liens militants ou activistes avec le Hamas ont été ciblés par les services de sécurité de l’Autorité palestinienne. Selon le Hamas, les Palestiniens détenus inclus des étudiants, des dirigeants communautaires et d’anciens prisonniers politiques.

Comme les fois précédentes, y compris lors de l’opération Bordure protectrice de l’été dernier, l’Autorité palestinienne a périodiquement et à tort insisté pour que les factions de la résistance palestinienne, en particulier le Hamas, soient considérées comme responsables de la déstabilisation. Le Hamas, cependant, avait clairement compris cette dernière manœuvre de l’Autorité palestinienne.

Selon le site internet du Hamas, la dernière campagne de l’Autorité palestinienne représente « une soumission honteuse aux diktats israéliens dans le cadre de la coordination de sécurité entre Israël et le régime de l’Autorité palestinienne ».

Mushir al-Masri, député palestinien affilié au Hamas, a décrit la tactique récurrente de l’Autorité palestinienne comme « une tentative de démontrer à l’ennemi sioniste qu’ils sont encore engagés dans la collaboration et la coopération de sécurité avec Israël contre le peuple palestinien ».

Capituler devant les exigences israéliennes

Pendant ce temps, le porte-parole du Fatah Oussama Kawasmeh a déclaré que les arrestations constituaient des « mesures liées à la sécurité ». L’utilisation de ces euphémismes est devenue une part importante de la rhétorique officielle de l’Autorité palestinienne, cependant, l’histoire a prouvé le contraire. Cibler le mouvement de la résistance palestinienne est cruciale pour consolider la structure politique de l’Autorité palestinienne, d’où son assujettissement et sa capitulation aux exigences israéliennes – dans ce cas précis, la demande israélienne de procéder à des arrestations de masse contre la résistance palestinienne qui s’élève contre les colons.

Dans des propos rapportés par Times of Israel, le porte-parole de l’Autorité palestinienne aux services de sécurité Adnan Dameri a déclaré : « Nous ne laisserons pas le Hamas saper notre sécurité et pousser notre pays à l’effusion de sang ; nous ne laisserons pas le Hamas mener des attaques en Cisjordanie ».

Ce qu’à la fois Israël et l’Autorité palestinienne omettent de leur récit c’est l’objectif de cette coordination de la sécurité et son rôle réel dans la colonisation de la Palestine, considérée par Israël comme un processus en vue d’être achevé un jour. Ainsi, les récentes arrestations devraient être analysées dans le cadre plus large de l’expansion des colonies, de la répression de la résistance palestinienne, de la quête interminable de l’Autorité palestinienne d’une légitimité face à d’Israël, ainsi que du ciblage intentionnel et de la marginalisation du Hamas dans le processus politique. Ces quatre aspects étaient particulièrement évidents lors de l’opération Gardiens de nos frères – le prélude à l’opération Bordure protectrice, au cours de laquelle l’Autorité palestinienne a aidé Israël à mener des raids violents qui ont abouti à des arrestations de masse, y compris de prisonniers politiques palestiniens qui avaient pourtant été relâchés.

Alors que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est obsédé par la modification constante du récit de ces agressions pour servir les fins sionistes dans la bande de Gaza, mettant ainsi l’accent sur la rhétorique contradictoire et la propagande anti-Hamas, beaucoup moins d’attention a été accordée à la dynamique de la coordination de la sécurité et à son impact sur la population palestinienne.

L’Autorité palestinienne s’oppose à la résistance

Chaque atrocité, y compris celles effectuées en collaboration avec l’Autorité palestinienne, ont été traitées comme des incidents isolés, permettant à la fois à Israël et à l’Autorité palestinienne de mener à bien la collaboration de fond, les négociations et les compromis politiques loin de l’examen populaire. Le résultat était prévisible. Alors que l’Autorité palestinienne a consolidé sa position en tant que collaborateur et représentant palestinien présumé internationalement reconnu, elle a aussi affirmé son opposition à la résistance et à la libération palestinienne – en utilisant la légitimité fabriquée créée par les entités soutenant sa création et son existence.

Pendant ce temps, l’Autorité palestinienne a réitéré son utilisation de la torture, du massacre et de la persécution sous diverses formes, y compris le déplacement et la construction de colonies, dans le but de maintenir le statu quo à la suite de la destruction de Gaza. La réalité palestinienne a de nouveau été fracturée par la collaboration de l’Autorité palestinienne avec Israël. Au lieu de donner la priorité à Gaza, Mahmoud Abbas et le gouvernement d’unité duplique et étend la violence d’Israël par l’application de restrictions et de calomnies sur les factions de la résistance palestinienne, notamment le Hamas.

Comme le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR) l’a souligné, à la fois l’Autorité palestinienne et le gouvernement d’unité doivent « respecter pleinement la loi et arrêter complètement les arrestations sur le terrain politique », ajoutant que la Haute Cour palestinienne de justice avait établi l’illégalité de ces arrestations en 1999. Dans ses recommandations, le PCHR « appelle les services de sécurité palestiniens à se conformer pleinement à la constitution et aux autres lois pertinentes et à respecter les droits de l’homme ».

Cependant, comme pour Israël et la communauté internationale, la structure de la morale pourrie de l’Autorité palestinienne a créé son propre système d’impunité, où la résistance palestinienne est criminalisée et la collaboration applaudie. Dans la communauté internationale, Israël a récolté les lauriers pour son expansion agressive. Au-delà de simples condamnations diluées par des affirmations répétitives sur le prétendu « droit de se défendre » israélien, aucune mesure punitive contre Israël n’a été appliquée – avec des répercussions sur la complicité internationale.

La collaboration s’étend

Dans le cas de l’Autorité palestinienne et de ses accords de coordination de sécurité avec Israël, la dynamique est encore plus perfide. La violence israélienne a donné lieu à de graves violations des droits de l’homme depuis la création de l’État en terre palestinienne. Cependant, son assujettissement auprès d’Israël et de la communauté internationale, notamment des États-Unis, a créé une autre entité hégémonique au sein de la structure politique dont l’objectif principal est de faciliter la saisie de territoire par Israël aux dépens de la population indigène.

Non content d’assumer son rôle dans la manipulation du récit palestinien, l’Autorité palestinienne modernise progressivement son statut de collaborateur et déclenche différentes formes de manquements ciblant la population palestinienne. Pendant ce temps, le Hamas a récemment cherché à mettre en avant un récit cohérent qui a pour objectif de considérer la résistance palestinienne comme un droit plutôt qu’un détail dans le cadre de la loi internationale qui peut être mal interprétée et utilisée en fonction des intérêts étrangers dans la région.

Il ressort des récentes déclarations que le Hamas semble abandonner progressivement le ton diplomatique ce qui a abouti à des déclarations contradictoires des fonctionnaires concernant les restrictions et le compromis de deux États. Il est maintenant nécessaire pour le Hamas de mettre en œuvre les mêmes affirmations prononcées à l’égard de la coordination de la sécurité, à d’autres formes d’agression mises en œuvre par Israël et l’Autorité palestinienne. Ils devront lutter contre la marginalisation forcée du mouvement, et créer les conditions du changement impératif des restrictions diplomatiques à l’identification du Hamas et son objectif prioritaire depuis sa création – la libération de la Palestine historique.

 

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