Le fusible Nordahl Lelandais, par LBE

Six mois ! C’est le temps qu’il a fallu à Nordahl Lelandais pour avouer avoir tué la petite Maëlys et indiquer le lieu où il avait enterré son corps. Dès le départ sa culpabilité ne faisait quasiment aucun doute. Tous les indices le confondaient. Il est surprenant qu’il ait fallu attendre aussi longtemps pour le voir finalement passer aux aveux. Un étrange sentiment de malaise enveloppe cette affaire quant à son déroulement, aux fuites dans la presse et aux nombreux manquements de la part des enquêteurs chargés du dossier.

Nordhal Lelandais n’est pas un assassin comme les autres. Tout laisse à penser qu’il est en réalité le maillon d’une chaîne criminelle de grande ampleur qui ne dit pas son nom. Ce n’est pas uniquement son implication dans le meurtre de la petite Maëlys qui offre cette conclusion, mais la multiplication des crimes qu’on lui impute, en particulier ceux pour lesquels il a été formellement identifié comme étant le principal suspect. Dans la disparition du caporal Arthur Noyer les preuves à charge sont accablantes. Elles sont facilement consultables sur le Net au travers des nombreux articles relatant l’affaire. Il est impliqué, ou supposé comme tel, dans d’autres affaires et à l’évidence sa culpabilité sera reconnue pour la plupart d’entre elles.

Les six mois gagnés avant de passer aux aveux auront permis de faire disparaître de nombreuses preuves potentielles. Les personnes incriminées dans cet assassinat odieux ont eu le loisir de faire disparaître tout ce qui les reliait à Maëlys en toute quiétude tandis que la décomposition du corps a complété le travail. Des traces potentielles d’ADN appartenant à d’autres personnes présentes sur le corps de Maëlys ont-elles été détériorées durant ce laps de temps ? Nous ne le saurons jamais.

Nordahl Lelandais est à l’évidence un rabatteur. Sa tâche principale consistait à appréhender et fournir à ses donneurs d’ordre des proies humaines, adultes ou enfants. Il se servait au passage sur la « marchandise ». Ce n’est pas lui qui est à l’origine de ces captures, il n’est qu’un exécutant. Ne devient pas rabatteur qui veut, il faut disposer d’un certain profil criminel. Condition remplie par Lelandais, sans quoi il n’aurait pas été « coopté ». Il est attiré par les jeunes enfants, c’est un pédophile. C’est son vice. Il n’avait aucun souci pour faire passer de vie à trépas n’importe qui à partir du moment où il avait un intérêt sonnant et trébuchant. Qu’il soit financier ou en nature, cela devait lui convenir. Il faisait probablement partie d’un réseau criminel à l’instar de l’affaire Marc Dutroux où des politiciens, notables et magistrats furent impliqués à différents niveaux.

Dans le domaine des réseaux criminels pédophiles, Lelandais serait l’équivalent d’un dealer de shit qui vend au détail depuis le hall de son immeuble. La différence notable avec le dealer de shit c’est que Lelandais ne vend pas, mais capture la « marchandise » (enfants ou adultes) sur ordre de son « fournisseur ». Fournisseur qui a lui-même reçu l’ordre de son « grossiste » qui a, quant à lui, reçu l’ordre des « financiers ». Cette « marchandise » est très recherchée dans certains milieux « élitistes » pour la pratique de rite sectaire où une mort violente de la « marchandise » conclut invariablement l’office.

Évidemment, si quelqu’un doit tomber, alors ce sera le dealer. Nordahl Lelandais a donc protégé ses donneurs d’ordre, ce qui explique le long délai avant de passer aux aveux. Plus on tarde à retrouver le corps de la victime et plus les sévices sexuels et autres tortures qu’on lui a infligés seront difficilement décelables.

Ce qui explique également l’incendie du commissariat de Grenoble dans lequel étaient entreposés des scellés de l’affaire et qui sont partis en fumée. Incendie criminel survenu mystérieusement quelques semaines après le début de l’affaire. La justification apportée sur les origines de celui-ci laisse perplexe et incrédule :


« L’incendie a été revendiqué par un site anarchiste expliquant que « cet acte s’inscrit dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci » faisant référence au procès des huit prévenus accusés de l’incendie d’une voiture de police et de l’agression de deux agents en marge des manifestations contre la loi Travail. »


Il faudrait quand même nous expliquer pourquoi cet acte de protestation d’anarchistes a eu lieu contre ce commissariat précisément et pas un autre ? L’affaire de la voiture de police incendiée s’est déroulée à Paris en 2016 et non à Grenoble. Le hasard a véritablement bien fait les choses, semble-t-il. Les anarchistes avaient toute l’étendue du pays pour faire brûler n’importe quel commissariat, mais il a fallu qu’ils choisissent celui où étaient stockées les pièces à conviction d’une affaire en cours. Et si l’excuse c’est de dire qu’ils ont surfé sur l’actualité et ont délibérément choisi ce commissariat, car justement sous les feux de l’actualité, alors ce sont des personnes sans cœur, car ils anéantissent d’un seul coup la possibilité de retrouver le ou les responsables de la disparition de la petite Maëlys. Est-ce ainsi qu’ils comptent protester contre la police ? En pénalisant les citoyens victimes de crimes ? En laissant impunis les criminels ?

Il faudrait véritablement être naïf pour penser que ces différentes explications sont leurs véritables motivations. Ce groupe anarchiste, à supposer qu’il existe, est une façade, un prétexte pour justifier l’incendie improbable d’un commissariat qui devait brûler coûte que coûte afin d’effacer les indices de culpabilité des personnes que Lelandais protège. C’est en réalité une action en binôme qui lie Lelandais de manière silencieuse depuis sa cellule avec une main invisible qui agit sur le terrain.

Cet incendie a visé dans le mille en faisant disparaître des scellés. Étrangement on nous dit que ceux-ci n’avaient que peu d’importance, étant secondaires quant à l’importance des informations qu’ils fournissaient. On doit bien évidemment les croire sur parole. Probablement que l’incendie a brûlé d’autres scellés concernant d’autres affaires annihilant d’autres enquêtes, mais cela est une autre histoire…

Nordahl Lelandais est un fusible. Le fusible a pour fonction de protéger un circuit électrique. Lelandais se contente de protéger un réseau criminel. Son unique fonction sera qu’il sautera immanquablement. Soit il passera le restant de ses jours en prison soit il passera de vie à trépas. C’est la seule alternative. Sa fin est inéluctable.

Alors pourquoi est-il tombé pour cette affaire et pas pour une autre ? Il a commis trop d’erreurs pour qu’il puisse passer cette fois encore entre les gouttes comme pour l’affaire du caporal Arthur Noyer ou pour la disparition d’Ahmed Hamadou. Ces deux victimes étaient des adultes avec cette particularité que les événements se sont déroulés sans témoins directs et dans des endroits isolés.

Outre les commandes de « marchandise » précise et ponctuelle que Lelandais recevait, il y avait des « commandes » perpétuelles non formelles, sans limites dans le temps. Une commande ouverte en flux tendu qui concernait spécifiquement les enfants, garçons et filles. Lelandais a sauté sur l’occasion lors du mariage et c’est la petite Maëlys qui en a fait les frais. Il serait intéressant de savoir s’il a tenté de s’emparer d’autres enfants avant de s’attaquer à Maëlys. C’est une hypothèse plus que probable. Il a surtout fait preuve d’une grande maladresse et d’une précipitation qui l’ont confondu. L’idée de kidnapper un enfant durant un mariage avec cette foule de témoins sans avoir à l’esprit la présence des caméras de surveillance de la ville prouve la bêtise de Nordahl Lelandais.

Son avenir ne tient désormais plus qu’à un fil. S’il a le malheur de vouloir soulager sa conscience, il n’en aura pas le temps, hélas. Hélas pour la vérité !

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