Les crimes commis en Centrafrique, une arme contre la population

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Les viols d’enfants commis en Centrafrique par les militaires français durant l’opération Sangaris, ont finalement fait l’objet de

différentes requêtes, en particulier, celles au sein de l’Organisation des nations unies (Onu). Mais cette histoire sombre continue de présenter de nouveaux faits.

 

Antoinette Montagne, docteur en droit de la jeunesse, ancienne ministre de la Communication et de la réconciliation nationale, ancienne porte-parole du président centrafricain, s’exprime au sujet des crimes commis, et présente sa vision de la situation difficile du pays, dans un entretien accordé à Sputnik.

« La République centrafricaine a traversé une période très difficile, elle la traverse encore aujourd’hui. Tous les enfants de Centrafrique ont été exposés aux violences de tous genres, y compris les viols », souligne Mme Montagne.

« Ce sont des premières informations qui ont été révélées par les ONG au niveau de l’Onu et puis la France a été saisie et puis les autorités centrafricaines. On ne connait pas exactement le nombre exact de victimes. La semaine dernière, il y a eu encore une multitude de révélations », poursuit-elle.

Selon l’interlocutrice de Sputnik, les viols ont été pratiqués d’abord par les groupes armés comme arme contre la population de la Centrafrique. La situation politique et économique dans le pays restait très compliquée.

« La République centrafricaine a eu un effondrement général de toutes ces institutions. Les trois quarts de la population ont été dans la situation de déplacement interne. La question des viols est intervenue dans ce contexte là et c’est l’enquête qui déterminera de manière exacte comment ces viols ont été possibles », explique Mme Montagne.

« Ce problème doit permettre demain aux autorités centrafricaines de penser sérieusement à mettre en place des mécanismes de protection de l’enfance, de la jeunesse mais aussi la protection plus structurante des femmes pour leur permettre de survivre ces traumatismes-là », estime l’interlocutrice de Sputnik.

Mme Montagne souligne la complexité des problèmes existants et indique que ce n’est pas la première fois que les femmes de Centrafrique ont été violées par des forces internationales.

« Cette affaire est une violation symbolique déjà des droits de la femme centrafricaine qui est inacceptable, condamnable. Mais c’est aussi un problème posé à la société centrafricaine (c’est de pouvoir s’organiser). A chaque fois, on n’en a pas tiré de leçons », conclut-elle.

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