Les forces de massacre d’Israël

La fusillade à la frontière de Gaza montre une fois de plus que l’assassinat des Palestiniens est plus facilement accepté en Israël que l’assassinat des moustiques

 

Le seul problème qu’il pouvait y avoir, c’était que les soldats ne pouvaient pas célébrer le Seder. À la tombée de la nuit, le nombre de cadavres avait atteint au moins le nombre de 15, tous tués par des tirs réels, avec plus de 750 blessés. Des chars et des tireurs d’élite contre des civils non armés. C’est ce qu’on appelle un massacre. Il n’y a pas d’autre mot pour ça.

Le porte-parole de l’armée, qui a annoncé dans la soirée, dans une ridicule tentative de rassurer : « Une attaque par balle a été déjouée. Deux terroristes se sont approchés de la clôture et ont ouvert le feu sur nos soldats « . Cette annonce a été faite après le 12ème mort palestinien et qui sait combien de blessés.

Des tireurs d’élite ont ouvert le feu sur des centaines de civils, mais deux Palestiniens qui ont osé riposter contre les soldats qui les massacraient sont des « terroristes », leurs actions qualifiées ‘ »d’attaques terroristes » entrainant leur condamnation à mort. Le manque de conscience de soi n’a jamais été aussi profond dans l’armée israélienne.

Comme d’habitude, les médias ont apporté leur soutien effroyable. Après 15 morts. Or Heller sur Channel 10 News a déclaré que l’incident le plus grave de la journée avait été le tir par les deux Palestiniens. Dan Margalit « a salué » l’armée.

Israël a de nouveau subi un lavage de cerveau et s’est assis à un repas de fête dans un esprit d’autosatisfaction. Et puis les gens récitaient « Répands ta colère sur les nations qui ne Te connaissent pas », impressionnés par la propagation des plaies et s’enthousiasmant pour le meurtre de masse des bébés (le meurtre des premiers nés égyptiens, la 10ème plaie).

Le Vendredi saint chrétien et la nuit du Seder juif sont devenus un jour de sang pour les Palestiniens de Gaza. Vous ne pouvez même pas l’appeler un crime de guerre parce qu’il n’y a pas eu de guerre là-bas.

Le test par lequel l’IDF et l’indifférence pathologique de l’opinion publique devraient être jugés est le suivant : Que se passerait-il si des manifestants juifs israéliens, ultra-orthodoxes ou autres, menaçaient d’envahir la Knesset ? Est-ce qu’un tel déchainement dément de feu par des chars ou des tireurs d’élite aurait été compris par le public ? Est-ce que le meurtre de 15 manifestants juifs passera sous silence ? Et quand bien même plusieurs dizaines de Palestiniens parviendraient à entrer en Israël, cela justifierait-il un massacre ?

Le meurtre des Palestiniens est accepté en Israël plus légèrement que l’assassinat des moustiques. Il n’y a rien de moins cher en Israël que le sang palestinien. S’il y avait cent ou même mille morts, Israël « saluerait » encore les FDI. C’est l’armée dont le commandant, le bon et modéré Gadi Eisenkot, qui est reçue avec tant de fierté par les Israéliens. Bien sûr, dans les interviews des médias pendant ces temps de fête, personne ne l’a interrogé sur le massacre prévu et personne ne le lui demandera maintenant non plus.

Mais une armée qui s’enorgueillit d’avoir tiré sur un agriculteur sur sa terre, en montrant la vidéo sur son site Web afin d’intimider les Gazaouis, une armée qui dresse des chars d’assaut contre des civils et se vante d’une centaine de tireurs d’élite qui attendent les manifestants est une armée qui a perdu toute retenue. Comme s’il n’y avait pas d’autres mesures. Comme si les FDI avaient l’autorité ou le droit d’empêcher les manifestations à Gaza, menaçant les chauffeurs de bus pour qu’ils ne transportent pas les manifestants dans les territoires où l’occupation a pris fin depuis longtemps, comme tout le monde le sait.

De jeunes hommes désespérés se faufilent depuis Gaza, équipés d’armes ridicules, marchant des dizaines de kilomètres sans blesser qui que ce soit, attendant d’être attrapés pour échapper à la pauvreté de Gaza dans une prison israélienne. Cela non plus ne touche la conscience de personne. L’essentiel est que l’IDF présente fièrement ses prises. Le président palestinien Mahmoud Abbas est responsable de la situation à Gaza. Et le Hamas, bien sûr. Et l’Egypte. Et le monde arabe et le monde entier. Mais surtout pas Israël. Israël a quitté Gaza et les soldats israéliens ne commettent jamais de massacres.

Les noms ont été publiés dans la soirée. Un homme se levait lors de ses prières, un autre était abattu alors qu’il fuyait. Les noms ne feront bouger personne. Mohammed al-Najar, Omar Abou Samour, Ahmed Odeh, Sari Odeh, Bader al-Sabag. Cet espace est trop petit pour énumérer tous leurs noms, et c’est ça le plus terrible.

Source :  » Haaretz  » –

Via : http://www.informationclearinghouse.info/49120.htm

Traduction : AvicRéseau International

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