Les «Protocoles des Sages de Sion» ou « Le Manifeste des 72 »

Qui n’a pas entendu parler des Protocoles des Sages de Sion ? Nous avons jusqu’ici réussi à éviter ce sujet malgré les diverses sollicitations de certains de nos lecteurs. Les raisons de notre malaise proviennent principalement du fait que, bien que ce texte existe, il a tendance à alimenter bien des phantasmes et à conduire à des spéculations menant à plus de questions que de réponses. C’est le sujet polémique par excellence. Qu’il y ait concertation entre états ou groupes supra étatiques pour mener le monde dans une certaine direction, cela ne fait aucun doute. Mais suivent-ils des protocoles écrits il y a un siècle ? Cette question en amène d’autres : qui étaient précisément ces « Sages de Sion », et qui sont leurs héritiers actuels, s’ils existent ? Le texte ci-dessous, particulièrement long et publié en trois parties, vous aidera peut-être à vous forger votre propre opinion.  RI  

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Qu’est-ce que gouverner le monde… sinon faire croire à des imbéciles qu’ils pensent d’eux-mêmes, ce que nous leur faisons penser.    Jean Anouilh

Je regarde vraiment avec commisération la grande masse de mes concitoyens qui, lisant les journaux, vivent et meurent dans la croyance qu’ils ont su quelque chose de ce qui s’est passé dans le monde à leur époque.                              Thomas Jefferson

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INTRODUCTION

Les Protocoles  sont l’un des documents les plus dérangeants du monde. On se doit de l’appréhender comme le déroulé d’une domination mondiale exercée par une fraternité ultra-secrète à l’aide d’une méthodologie implacable et rigoureuse.

Aucun autre document au monde ne fait comprendre plus clairement pourquoi le monde se dirige graduellement vers un Nouvel Ordre Mondial, un gouvernement unique contrôlé par une main soigneusement dissimulée que certains, comme le traditionaliste Jacques Delacroix, dans ses recherches, nomme le Conseil des Treize.

Pour ceux qui en ont été et en seront encore victimes, les Protocoles se montrent d’un mépris avoué dans leur compréhension profonde de la condition humaine et dans leur esprit ; ils sont également implacables dans les détails de la méthodologie qu’emploieront leurs auteurs contre les profanes et avec la complicité parfaitement ignorante de ceux-ci qui, dans leur grande majorité, ne savent tout simplement pas reconnaître ce vaste complot.

Aussi, peu de textes contemporains peuvent se targuer de susciter, autant que les Protocoles des Sages de Sion, de polémiques enfiévrées et autres philippiques rageuses.

Depuis leurs parutions, au début du XXe siècle, ce pamphlet, au style approximatif, voire à la lecture rébarbative, catalyse et exacerbe les intérêts passionnels et politiques des diverses obédiences idéologiques de la pensée contemporaine qui se disputent autour de leur authenticité (1).

À tel point, qu’un arrêté ministériel du franc-maçon socialiste Pierre Joxe, signé du 25 mai 1990, paru au  Journal officiel  n°121 p.6253, autorisera la police dans le cadre du « politiquement correct » à rechercher les exemplaires de ce « brûlot » (2).

Ainsi, la distribution, la circulation, et la mise en vente des  Protocoles seront interdites en France jusqu’en 2004. Le décret 2004-1044 du 4 octobre 2004 de la Cour Européenne des Droits de l’homme a abrogé l’article 14 de la loi de 1881 ainsi que tout ce qui permettait l’interdiction par le ministère de l’Intérieur, la circulation, la distribution et la mise en vente  en France. Toutes les interdictions ministérielles et administratives ont été annulées définitivement au grand dam des organisations juives (3).

Quoi que l’on puisse gloser contre cette restriction de liberté, inacceptable pour certains, justifiée pour la majorité, il faut bien reconnaître que la « charge » passionnelle, investie par ses dévots, est de nature à conduire les esprits pas mal bousculés, vers des dérèglements nettement préjudiciables pour l’ordre public ou du moins ce que l’on considère comme tel.

La tactique est donc la même depuis la parution de ce brûlot : on s’ingénie, d’abord, à faire le silence (la meilleure arme du Mal) sur le livre proscrit ; puis en raison de son succès, on chargera les médias aux ordres de le déconsidérer ; enfin devant l’échec de la méthode et, ayant désormais la possibilité de légiférer (par parlementaires interposés), on le fera interdire !

Pour la grande majorité de nos contemporains, l’inconfort et l’agacement sont au rendez-vous à la lecture de ces vingt-quatre réunions judéo-maçonniques hautement sulfureuses ; reflétant ainsi un indéniable don de prophétie.

Qu’on en juge :

Guerres mondiales, révolution prolétaire, haines entre les classes sociales, anéantissement de l’aristocratie, de la monarchie et de l’agriculture, relâchement des mœurs, crise économique par excès de libéralisme, encadrement de la presse et des médias, endoctrinement de la jeunesse, venue de l’Antéchrist, établissement d’un supergouvernement mondial (vieux rêve d’Imperium maçonnique) et d’une Super-Église, universelle, au point de transcender les diverses confessions institutionnalisées.

Tout ceci ne peut que nous rapprocher dangereusement du monde préconisé par le rosicrucien tchèque, très anticatholique, Coménius (1592-1670), dans  Panorthosie ou Traité du Bon Ordre universel  (4) :

La Panorthosie divise la société en trois castes :

En haut les chefs, les guides, la poignée de l’élite éclairée, constitués de : lettrés («Supérieurs Inconnus»), doctrinaires des vérités métaphysiques et ésotériques, détenteurs de l’Autorité spirituelle.

Les prêtres, propagateurs de théologie et du culte de la Tradition primordiale, puis les hommes politiques, chargés du Temporel.

À la base, les castes inférieures, les peuples, les obéissants et les soumis, qui recevront du sommet les ordres et la « lumière ».

Le monde amendé de la Panorthosie est, il va sans dire, un monde sous contrôle, dans lequel une fois que le « Vrai » sera dit et montré par les trois ordres mythiques de la Société Idéale : Princes, Lettrés et Prêtres, l’on prendra « les mesures requises » pour sa propagation, sa préservation et sa victoire : une Garde, « des gardiens de l’Ordre et de la Loi et des bases éternelles du Salut Public ». « Pour que l’ordre soit préservé, en tous lieux, les uns seront soumis aux autres. »

En cas d’hésitation, l’on pourra recourir à trois instances :

—  Le Collège de la Lumière , dans le domaine intellectuel.

—  Le Consistoire mondial, pour les affaires religieuses.

Le Tribunal de la Paix ou (Cours de Paix), à l’échelle planétaire.

Liberticide, c’est un monde où régnera la censure : on choisira des hommes « supérieurs aux autres », les optimates, chargés de veiller, « comme du sommet d’un observatoire, à ce qu’on ne tolère rien qui aille contre la dignité de la réforme : mensonge, impiété ou désordre » ; le « Consistoire » fera en sorte que « rien ne fasse de scandales, ni écrits, ni gravures, ni peintures ; les imprimeurs et éditeurs seront fermement tenus en laisse ; l’ordre moral régnera et même la recherche théologique sera soumise à un contrôle étroit ».

Après cette rapide esquisse du monde idéal vu par ce familier de la communauté marrane d’Amsterdam et de la famille Rakoczi, que nous retrouvons dans l’Ordre du Dragon, revenons vers les Protocoles.

Quoique handicapés par une genèse incertaine et obscure, ils suscitent principalement l’embarras et l’acrimonie des philosémites et des Juifs « sartriens » — selon l’heureuse expression de Victor Malka, les plus nombreux dans le monde, très largement sécularisés —, qui ne se sentent la fibre juive que face à telle ou telle expression subite d’antisémitisme.

Interdits voire irrités, devant l’insolente exactitude de certaines prédictions — aujourd’hui réalisées – et, assurément peu à même de s’interroger sur le sens profond et l’enjeu métaphysique de leur sécularisation.

Ignorant que, pour René Guénon : dès lors que les juifs se sécularisent, ils deviennent à leur insu le pivot de la subversion antitraditionnelle. C’est pourquoi une certaine « Internationale des Ténèbres » aime à les utiliser et promouvoir pour leurs capacités psychiques. Selon les travaux du professeur américain, Kevin Mac Donald, les Juifs concentrent leur activité et excellence dans les hautes strates de la pyramide de l’énergie humaine. Ils sont les consommateurs vampires de l’énergie produite par les goïm de statut social inférieur. Celà laissant augurer aux goïm antisémites abusés que les Juifs sont les auteurs des Protocoles.

L’unanimisme, autour de son caractère controuvé, est loin d’être la règle, même au sein de la communauté israélite, comme en témoigne cette confidence de l’écrivain juif, très antisémite (frankiste ?), Arthur Trébitsch, dans son ouvrage l’Esprit allemand ou le judaïsme (Vienne, 1921) :

« On ne peut avoir le moindre doute sur l’authenticité du texte du livre “ Les Sages de Sion ”. Celui qui, comme l’auteur [c’est-à-dire, Trebitsch], a su pressentir, dans les buts et les intentions de toute notre vie économique, politique et spirituelle, les idées exposées dans ces documents secrets, peut garantir avec certitude qu’il s’agit bien là de déclarations authentiques portant l’empreinte de l’esprit souple des Juifs qui aspirent à l’hégémonie mondiale ; si authentiques et si vraies que jamais aucun cerveau aryen ― même si la haine antisémitique le poussait à la falsification et à la calomnie ― ne serait capable de concevoir en aucune façon ces méthodes de lutte ces plans, ces ruses et ces duperies.»

         « L’intérêt de l’authenticité ou non de ce texte est à notre avis secondaire. Si l’on tend à le rendre « apocryphe », c’est selon nous pour le vider de sa substance subversive et délétère, néanmoins le texte reste, et il n’y a pas de doute, toutes ces sentences sont d’une incroyable actualité…»

Ainsi, en jetant la suspicion sur leur authenticité comme le fait Pierre-André Taguieff, membre du Cercle de l’Oratoire, think tank français, d’obédience néoconservatrice (5), proche du « Project for the New American Century » ou PNAC, ce sioniste espère faire croire à l’opinion publique — qui ne sait en pareil cas quoi en penser — que cette « torpille » sortie des ateliers de l’Okhrana, la police politique tsariste, est une fiction surgie de cerveaux déséquilibrés (6).

La créditer serait assurément la rendre plus efficiente et opérative dans les consciences si peu éclairées des mœurs occidentales et orientales, toujours prêtes, comme il se doit à ressasser les sirènes du complot judéo-maçonnique.

Obsession récurrente d’une certaine droite nationaliste, partout renaissante, relayée en cela par le discours d’un clergé traditionaliste obtus.

Pour ne faire plus longtemps de mystère, nous regardons  les Protocoles des Sages de Sion comme un évangile sethien ou un manifeste subversif élaboré par les sectateurs du dieu à la tête d’âne !

Nous ne redévelopperons pas ici, la thématique et l’économie des « 72 », magistralement dessinées par le mystagogue Jean Robin, dans ses ouvrages déroutants, pour bien comprendre la mise en place de l’eschatologie promise.

Les Protocoles des Sages de Sion  sont à l’usage exclusif, comme leur dénomination l’indique, des « Sages » (les tsaddikim [Justes] de la tradition hébraïque, les afrâd de la tradition musulmane, les “Supérieurs Inconnus” de la tradition maçonnique), de « Sion » (7) (où fut édifié le Temple de Salomon, situé quant à lui à « l’extrémité du Septentrion» [har-tsion yarketai tsaphon], le point le plus élevé du monde où brille l’étoile Polaire de la Tradition primordiale).

Ce manifeste subversif se doit partout de rappeler que pour la « Contre-Initiation », « la subversion du désordre, c’est l’ordre » et qu’il est destiné à aplanir les voies de l’Antéchrist, dont nous commençons à entendre les pas.

Igor Strychnine

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Notes

(1) Le débat sur leur authenticité n’a que peu d’intérêt. Car pour le Maître René Guénon, « aucune organisation vraiment et sérieusement secrète, quelle que soit sa nature, ne laisse derrière elle des documents écrits ». La question, qui au final se révèle judicieuse, est : sont-ils véridiques ? Le document doit être examiné pour les vérités qu’il contient. Et là, pas de doute, les attendus mentionnés dans les  Protocoles se sont réalisés à merveille. Hugo Wast pouvait fort justement écrire : « Les Protocoles peuvent être faux, mais ils se réalisent merveilleusement ».

(2) La loi Gayssot fut adoptée par l’Assemblée nationale le 30/06/1990. Le texte réprime ceux qui contestent l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité « tels qu’ils ont été définis par le statut du Tribunal Militaire international de Nuremberg ». Cette loi ne vise que les forfaits accomplis par les forces de l’Axe et ses complices. D’importantes personnalités et organisations juives françaises avaient pris l’initiative de cette loi. Très judéo-centrée, cette loi fut contestée par quelques historiens (quid des Arméniens,  des « koulaks » ukrainiens, des Amérindiens, etc.). Ainsi, cette loi mettait-elle à l’abri de toutes poursuites la veuve de Maurice Thorez écrivant dans ses souvenirs qu’elle ne croyait pas aux « millions de morts » en U.R.S.S . Pour Madeleine Rebérioux, ex-présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, la loi est de l’ordre du normatif, elle ne peut dire le vrai et « la vérité historique » récuse l’autorité étatique.

La loi Fabius-Gayssot, créée par contrer l’audience grandissante du mouvement révisionniste du professeur Robert Faurisson, donne ainsi la certitude qu’il existe en France une lecture officielle de l’histoire. Elle recèle une dimension antiblasphématoire et sacralisante d’un événement historique (la Shoah). Enfin, elle donne aux juges, l’apparence de gardiens d’un sanctuaire historiographiquement judéo-centré.

Déjà, la loi du franc-maçon Marchandeau (21 avril 1939) qui présida à l’élaboration et à l’adoption de la première loi française contre le racisme et l’antisémitisme fut suggérée par la communauté juive. Ainsi, l’exorde de Bernard Lecache, président de la LICRA d’alors, envers Marchandeau : « Osez, Monsieur Marchandeau, toute la France, vous suivra ! »

(3) l’ ONG Pour les Droits de l’Homme (faux-nez de l’espionnage de l’Empire americano-sioniste) a cherché à obtenir du Parquet de Moscou l’interdiction à la vente des Protocoles ou de le signaler comme faux. Sans succès !

Le parquet russe a motivé sa décision en sa basant sur une expertise de l’Institut de psychologie de l’Académie des sciences selon laquelle Les Protocoles ne contient pas d ‘éléments appelant à  des actions contre les Juifs. (cf : Le Point du 28/03/2011)

Les Russes savent mieux que quiconque de ce qu’il faut penser des Protocoles !

(4) D’après Pierre Mariel, Les sociétés secrètes mènent le monde p.38 Éd. Albin Michel : « La Panorthosie ne fut pas le manifeste du seul Coménius , mais  » plutôt le manifeste de la Rose-Croix « , car Coménius fut le porte-parole, le  » rapporteur d’une commission de Sages dont les membres sont restés volontairement dans l’ombre « . La Panorthosie (du grec pas, pantos, tout, universel, et orthos, droit, juste) fut publiée en 1644, elle se veut une synthèse des  Colonies de Jérusalem de Johann Arndt, de la Civitas Solis Poetica  de Tomaso Campanella, de la Nouvelle Christianopolitaine  de Valentin Andreae, et de l’Atlantis Nova de Francis Bacon. »

(5) Le mouvement néoconservateur américain, qui est généralement perçu comme une droite républicaine extrême (radicale et non pas conservatrice), est en réalité un mouvement intellectuel, né à la fin des années 1960 au sein de la rédaction de la revue mensuelle Commentary, l’organe de presse de l’American Jewish Committee qui a remplacé le Contemporary Jewish Record en 1945. The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, écrit dans un article du 6 janvier 2006 signé Gal Beckerman : « S’il y a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux. Et pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants. »

Ce mouvement néoconservateur doit beaucoup à la philosophie de Léo Strauss, grand admirateur de Machiavel qu’il considérait comme un “juif secret”. Prônant un machiavélisme sioniste, s’appuyant sur une doxa agressive et dénuée de scrupule, ce philosophe militait pour un racisme antigoy exigeant, passant par une promotion de l’immigration et le multiculturalisme.

Léo Strauss, philosophe juif allemand, protégé du clan Rockefeller  quittera l’Allemagne nazie pour former les futurs cadres de l’ère post-démocratique. Il sera professeur de philosophie politique à l’université de Chicago de 1953 à 1973. Aidé d’Allan Bloom, son disciple, il formera une pléiade de futurs dirigeants néo-conservateurs issus de la mouvance gauchiste et trotskistes reconvertis dans la droite ”dure” : Richard Perle, Paul Wolfowitz, Douglas Feith, Irving & William Kristol, Robert Kagan, Lewis Libby, Hermann Kahn, Norman Podhoretz, David Wurmser, Dov Zakheim, Elliott Abrams, etc.

Le politologue Benjamin Ginsberg expose ainsi le problème :

« Un des facteurs majeurs qui les a attirés inexorablement vers la droite était à la fois leur attachement à Israël et leur frustration grandissante pendant les années 60 où le Parti Démocrate s’est opposé progressivement à l’inflation militaire américaine et embrassait de plus en plus la cause du tiers monde [comme par exemple, celle des droits des Palestiniens]. Au sein de la ligne dure et anticommuniste de la droite reaganienne, prenant le parti de renforcer la puissance militaire américaine et affichant sa volonté de pratiquer l’ingérence politique et militaire dans les affaires des autres nations pour promouvoir les valeurs de la démocratie (ainsi que les intérêts américains), les néo-conservateurs fondèrent un mouvement politique dont l’objectif était de garantir la sécurité d’Israël. »

Staline avait donc raison de dire que les USA, sur le plan planétaire, sont la projection extérieure de la « conspiration trotskiste de l’intérieur ».

(6) La constante rhétorique du discours anticomplotiste consiste à  psychiatriser et pathologiser l’adversaire. Dans l’esprit des anticonspirationnistes, la normalité psychiatrique se pense toujours à l’aune du « politiquement correct ». Cependant, le « politiquement correct » est le produit d’une grave déviance. Il se nourrit de trois affres peccamineuses  : l’anachronisme, le manichéisme et la vulgarisation. L’anachronisme, l’histoire étant jugé à l’aune des critères politiques, mentaux, moraux et culturels de notre époque. Le manichéisme, l’histoire étant conçue comme la lutte du bien et du mal, mais un bien et un mal définis selon les normes actuellement dominantes. Enfin, la vulgarisation, la complexité et la richesse de la chose historique étudiée disparaissent au profit d’une lecture démocratique, exotérique et donc vulgarisée de celle-ci, faussant ainsi l’appréhension de la réalité.

(7) Sion est l’un des quatre monts contigus de la ville de Jérusalem. C’est là que le roi David fit bâtir son palais et y placer l’Arche d’Alliance pendant 42 ans. C’est aussi au mont Sion que le Christ institua l’Eucharistie. Ce mont peut être considéré comme le berceau symbolique de l’Église. Enfin, pour Eusèbe de Césarée, le site du Golgotha se situait au nord de la montagne de Sion.

L’IMPOSSIBLE GENÈSE DES « PROTOCOLES »

 Les Protocoles disent clairement que l’antisémitisme, signifiant « antijudaïsme », est une partie indispensable du plan de domination mondiale. Il sera utilisé pour « la bonne gérance de nos frères inférieurs ».

Une noria de conjectures se bouscule sur leur création.

De nombreux auteurs ont parfois brûlé, mais peu se sont aventurés dans le monde interlope des sociétés secrètes et autres services secrets qui leur auraient permis de découvrir à quelle source empoisonnée s’abreuvent ces sulfureux Protocoles.

Ainsi a-t’-on :

Pour une réfugiée russe, Mme Paquita de Shichmareff, alias Mrs Leslie Fry, membre de l’équipe d’Henry Ford, le Juif, notre maître, Éd. R.I.S.S. (1931): « Les Protocoles seraient nés dans les quartiers israélites des “B’naï Mosheh” (Fils de Moïse) d’Odessa (1), en Crimée, et centre d’un important foyer juif, vers 1890, puis traduits de l’hébreu en français, et envoyés à l’Alliance Israélite Universelle de Paris. Ceux-ci rédigés, ils auraient pu être apportés au congrès sioniste de Bâle (2) par Asher Ginzberg. »

De cette hypothèse, nous retiendrons ici, l’allusion à l’ Alliance Israélite Universelle  dont il sera fait mention avec Adolphe Crémieux (1796-1880) du Rite de Misraïm.

Pour Lady Queenborough, son amie, dans Occult Théocrasy (1933) : « Les Protocoles auraient été dérobés à « une loge juive » du Rite de Misraïm à Paris en 1884. »

Le député antisémite russe à la Douma, Kruchevan, en 1903, présenta les Protocoles comme la traduction russe d’un « document » écrit en français, Le Procès-verbal des séances de l’Alliance mondiale des Francs-Maçons et des Sages de Sion. Le sabbataïste Jean-Adolphe Decourdemanche, dit Osman-Bey, d’origine juive serbe, La conquête du monde par les juifs, comme Brafman et Lutostanski, était persuadé que la « conspiration cosmopolite » était dirigée à partir des bureaux parisiens de  l’ Alliance Israélite Universelle.

Selon Nesta  H.Webster, les Protocoles seraient à l’origine un document interne à « une société secrète » et qui serait tombé dans les mains de Maurice Joly. Ensuite, l’œuvre de Joly aurait servi au faussaire M.Golovinski (3), à Paris en 1900-1901, pour le compte de l’Okhrana.

Les Protocoles auraient ensuite été inconnus ou occultés pendant la période de la Grande Guerre de 1914-1918, puisqu’ils resteront ignorés du grand public en dehors de la Russie.

Bien sûr, cela ne signifie en rien qu’ils aient été inconnus de certaines organisations maçonniques ou paramaçonniques ; simplement leur diffusion publique fut-elle différée en fonction de critères eschatologiques et cycliques, lesquels échappent à l’investigation du vulgaire profane.

La situation commença à devenir problématique à partir de 1919, une fois accomplie la révolution bolchevique, en une époque où des traductions des Protocoles furent mises en vente en Allemagne.

La première traduction « extra-muros » fut allemande et parut à Charlottenburg, près de Berlin, sous le nom : « Die Geheimnisse des Weisen von Zion ». L’éditeur allemand, cependant, dans son introduction donna une autre version de sa provenance :  « Le manuscrit des Protocoles » rédigé en français, aurait été confié une nuit dans une petite ville allemande à un agent du gouvernement russe, par le messager juif chargé de le porter après le congrès de Bâle à la loge juive de Francfort :  » À l’aube qui se lève  » . La loge juive ou plutôt frankiste fut fondée le 16 août 1807, sous le nom de « l’Aurore Naissante », assurant une liaison avec le Grand Orient de France.

Exacte traduction en français, d’une société rosicrucienne anglaise, non juive, au nom de Golden Dawn, issue d’une fraternité hermétique rosicrucienne d’origine allemande, « la Rose-Croix d’Or ».

Cette dernière serait, dit-on, l’inspiratrice des rites de Memphis-Misraïm et du très mystérieux Prieuré de Sion  de Pierre Plantard de Saint-Clair !

Pour Jean Parvulesco, La spirale prophétique p.228 Éd. G.Trédaniel, 1986 : « … la Confraternité Hermétique de l’Aube Dorée à l’Extérieur reste, sans absolument aucun doute, le groupe spirituel d’influence et de contrôle occulte qui, à partir de la Grande-Bretagne – mais aussi à partir de la France, et, d’une manière bien plus protégée encore, de l’Allemagne – a le plus prédéterminé la marche invisible et à plus forte raison la marche visible de l’histoire mondiale du XXe siècle. »

Francfort (4), aujourd’hui grande place financière et siège de la très puissante banque d’Allemagne et… européenne, dont  le gouverneur actuel, est l’Italien Mario Draghi (ex-banque juive Goldman Sachs, membre de la loge de Francfort « l’Anneau »), abrita un important foyer juif frankiste, centre du judaïsme européen de l’Empire, tels les Rothschild, Oppenheimer, lesquels ont eu pour patriarche un membre de « l’ Ordre des Frères Initiés de l’Asie », Foule, Stern, Kulp, Homberg, et Jacob Schiff, principal dirigeant de la banque Kuhn, Loeb & Cie, lequel finança le révolutionnaire d’origine juive, Trotsky (né Bronstein) par l’intermédiaire de la  Nya Bank  de Stockholm (siège d’une succursale de l’ordre du Dragon Vert) dont l’un des directeurs ne fut qu’autre qu’un juif suédois, Olaf Aschberg (1877-1960). (cf :  Épiphanius, Maçonnerie & Sectes secrètes  Éd. Courrier de Rome, 1997)

Francfort fut aussi au XVIIIe siècle un centre important des Illuminés de Bavière d’Adam Weishaupt, bête noire de l’abbé Barruel dans son ouvrage Mémoires pour servir l’histoire du jacobinisme (5).

D’ailleurs, selon l’une de ses épigones, l’historienne anglaise, spécialiste de la Révolution française, Nesta Webster (1876-1960), World Révolution : The plot against civilisation (1921), « L’Illuminisme » de Weishaupt est présenté comme l’une des sources des doctrines et des méthodes exposées dans les Protocoles.

Selon William Guy Carr, Des Pions sur l’Échiquier – en 1773 se tint toujours à Francfort, à la Boutique d’Orfèvrerie, une conférence secrète regroupant tous les plus grands banquiers mondiaux, au nombre de douze, sous les auspices de Mayer Amschel Bauer. De cette parodie de la Table Ronde, sortira un programme de domination mondiale voisin de celui contenu dans les Protocoles.

Ce palimpseste subversif connaîtra en Allemagne un grand rayonnement qui accompagnera comme un talisman maléfique, la montée du mouvement nazi. Dietrich Eckart, animateur de la Société Thulé, s’en fera dès 1919 le zélé propagateur dans son journal  Auf Gute Deutsch. Le IIIe Reich va assurer la publicité définitive de notre torpille. Alfred Rosenberg, l’idéologue fumeux du parti, écrira en 1923 un ouvrage qui leur sera entièrement consacré.

Dans les années 1920, d’autres traductions suivront. En Amérique du Nord, notamment, sous l’égide d’Henry Ford, le célèbre constructeur d’automobiles. L’un de ses conseillers occultes n’était autre qu’Orlov, maçon d’obédience frankiste, ex-chef de l’Okhrana ; puis en Angleterre, rapportées par le correspondant du Morning Post à Moscou, Victor E. Marsden (1866-1920), sous le nom de : « The Jewish Péril, « Protocols of learned Elders of Zionײ ».

Il faut dire que la révolution bolchevique, suspectée d’être l’œuvre d’ agents juifs, suscitait bien des craintes pour le gouvernement anglais d’alors (6).

En décembre 1917, Lénine, que l’on proclamait juif, lança aux peuples occidentaux un appel au soulèvement général contre les oppresseurs bourgeois capitalistes.

Les Britanniques, inquiets, s’imaginèrent déjà leur empire à feu et à sang. Aussi, les années 1917-1922 paraîtront un temps d’intense lutte antibolchevique, avec des retombées antisémites.

David R. Francis, ambassadeur des États-Unis en Russie, avertit dans une dépêche à Washington en janvier 1918 : « Les dirigeants bolcheviques ici, dont la plupart sont des Juifs et dont 90% sont des exilés de retour [en Russie], font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l’échelle mondiale. »

L’ambassadeur des Pays-Bas en Russie, Oudendyke, chargé des intérêts britanniques après le saccage du Consulat de Grande-Bretagne à Saint-Pétersbourg et la mort du Commander E.N.Cromie, fit à peu près le même constat quelques mois plus tard : « À moins que le Bolchevisme ne soit tué dans l’œuf immédiatement, il est destiné à se répandre sous une forme ou sous une autre en Europe et dans le monde entier, car il est organisé et conduit par des Juifs qui n’ont pas de nationalité, et dont le premier objectif est de détruire pour leur propre bénéfice l’ordre de choses existant. »

Même les communistes juifs par la plume du journaliste Cohan dans The Communist, journal édité à Kharkov (numéro du 12 avril 1919) devaient reconnaitre que : « Sans exagération, on peut dire que la grande révolution sociale russe fut effectivement accomplie par les mains des Juifs. Il est vrai qu’il n’y a pas de Juifs dans les rangs de l’Armée Rouge, du moins en ce qui concerne les simples soldats, mais – dans les Comités et les organisations des Soviets-, comme Comissaires, les Juifs sont courageusement à la tête des masses du prolétariat russe le menant à la victoire …. le symbole du Judaïsme qui pendant des siècles a lutté contre le Capitalisme est devenu le symbole du prolétariat Russe que l’on peut même voir dans le fait de l’adoption de l’étoile à cinq pointes, qui auparavant comme on le sait, fut le symbole du Sionisme et du Judaïsme. »

Quelques mois plus tard, les imprimeurs anglais, Eyre & Spottiswood, publièrent une édition anglaise des  Protocoles, pour le compte du ministère de la guerre britannique.

Cette traduction fut éditée en décembre 1919 à partir d’un fragment d’un livre enregistré au British Muséum en août 1906, et qui avait pour titre : Le Grand dans le Petit et l’Antéchrist comme position politique immédiate.

Quinze jours après la conférence de San Remo (Italie) qui entérinait le démembrement de l’empire ottoman (7) parut, le 8 mai 1920, en la fête de Saint-Michel (l’archange terrassant le dragon), un article qui constituera un véritable lancement publicitaire pour les Protocoles dont les récentes éditions allemandes et anglaises n’avaient pas fait grand bruit. Puis le Times se tut, il fut relayé par le  Spectator.

Voici qu’en août 1920, les 16-17-18, un autre article, publié par le journaliste-espion irlandais du Times (8), Philip Graves (9),  révélait que les Protocoles s’inspiraient d’un ouvrage d’un révolutionnaire français en exil, Maurice Joly (10), antinapoléonien, intitulé : Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu (nommé également, Dialogues de Genève), édité à Bruxelles en 1865. Pourtant, les passages des Protocoles que l’on cite comme similaires aux  Dialogues de Genève sont notablement semblables à ceux d’un livre publié à Berlin en 1850 et portant un titre presque identique : Machiavel, Montesquieu et Rousseau, écrit par Jacob Venedy et publié en 1850. Or, Venedy (1805-1871) était un juif, natif de Cologne (sabbataïste ?) et franc-maçon, proche des Carbonari ! C’était un révolutionnaire actif (il fut chassé d’Allemagne et se réfugia à Paris où il fonda un journal subversif, Le Proscrit : journal de la République Universelle). Expulsé de la capitale, il trouva refuge au Havre, et grâce à ses amitiés Arago et Mignet, tous deux amis de Crémieux, il pourra regagner Paris. Venedy était l’ami intime et associé de Karl Marx (dont le prénom était Mordechaï) avec qui il travailla à Bruxelles, en 1847, à la fondation d’une organisation secrète : « La Ligue Communiste des Ouvriers ». Il était étroitement lié avec les principaux fondateurs de l’Alliance Israélite Universelle d’Adolphe Crémieux.

Parmi les autres sources d’inspiration des « Protocoles », René Guénon mentionne le roman de Hermann Goedsche, alias Sir John Retcliffe (1815-1878), ancien fonctionnaire des services de renseignement de Prusse, Biarritz, publié à Berlin en 1868. Dans son livre, Goedsche plagie Maurice Joly et fait un ajout, le chapitre « Au cimetière juif de Prague et le conseil d’administration des représentants des douze tribus d’Israël » où l’on voit se profiler des conspirateurs, au nom des 12 tribus d’Israël, dans la mise en place d’un immense complot mondial. Pour représenter la réunion, Goedsche se sert de scène empruntée au roman d’Alexandre Dumas, Joseph Balsamo  où l’on voit le Grand Cophte ourdir machiaveliquement contre la royauté française au travers l’affaire du Collier de la Reine. (cf : Jean Villiers [Jean Robin], Cagliostro, prophète de la Révolution Éd.G.Trédaniel).

Ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, écrivain et politicien raté, Maurice Joly (1829-1878), petit-fils de François Joly (11), fut l’ami et le disciple d’Isaac Adolphe Crémieux, Grand Commandeur du Suprême Conseil, et animateur de l’ Alliance Israélite Universelle créée en 1860 et ministre d’État affilié à une loge maçonnique d’obédience égyptienne (12) ! (cf : Gérard Galtier, Les Fils de Cagliostro p.129-130 Éd.du Rocher, 1989)

Selon Marc Bédarride, De l’Ordre maçonnique de Misraïm, Adolphe Crémieux aurait été initié au Rite de Misraïm dans une loge de Nîmes (13), alors qu’il était déjà membre du R.E.A.A (Rite Écossais Ancien & Accepté) et du Grand Orient de France (loge « du Bienfait Anonyme »).

Son nom apparaît encore dans un contexte étrange, lors de l’introduction du Rite de Misraïm en Angleterre, autour duquel nous retrouvons Robert W. Little (1840-1878), créateur de la « Societas Rosicruciana in Anglia », introduite selon W.W.Westcott par un ambassadeur vénitien au XVIIIe siècle.

Venise fut, si l’on en croit Jean Robin, l’infatigable déchiffreur des arcanes de l’histoire souterraine, le siège de la « Contre-Initiation » jusqu’en 1896, avant de passer le relais à la petite cité audoise de Rennes-le-Château !

Le journaliste, Philip Graves, correspondant du Times de Londres à Constantinople, nous révèle qu’il fit l’acquisition de cet ouvrage auprès d’un ancien officier monarchiste russe de l’Okhrana exilé, Mikhail Raslovev. Dans ce lot de livres achetés, ressortait un livre portant au dos le nom de Joly. Comparant ce livre aux Protocoles, il avait constaté de surprenantes similitudes entre les deux ouvrages.

Curieusement, Constantinople abritait une loge de l’ordre du Dragon Vert au XIXe, comme nous le rapporte  Jean Robin, Hitler, l’élu du Dragon p.191 Éd. G.Trédaniel.

Loge « contre-initiatique » obombrant un des centres les plus importants de l’Alliance Israélite Universelle, dont Abraham Behor de Camondo (1829-1889) (14), banquier du gouvernement ottoman, fut l’un des présidents.

Donc, il y a tout lieu de croire que Philip Graves, « suscité » pour égarer les pistes, a mêlé allègrement le vrai et le faux, comme cela est le propre de la « Contre-Initiation ».

En nous pointant la ville de Constantinople (15), révèle-t-il le lieu secret de son élaboration ou plutôt son commanditaire ?

 ***

Le 25 février 1921, The Américan Hébrew (l’Hébreu américain) de New York, publia une interview (rémunérée) que la princesse Radziwill (16) (1858-1941), amie de la mère de Golovinski, avait accordée au gérant de ce journal où dit-on elle avait ses entrées (?) et au rabbin new-yorkais, Isaac Landmann.

Elle y déclara que les Protocoles avaient été rédigés après la guerre russo-japonaise (1904-1905) et le déclenchement de la première révolution russe de 1905, par le conseiller d’État, Pierre Ivanovitch Ratchkovsky (1850-1911) (17).

Chef de la division de l’Okhrana de 1884 à 1902, il fut lui-même un ancien révolutionnaire.

Arrêté lors d’une manifestation, on l’avait placé sans ménagement face à cette alternative : rentrer dans l’Okhrana et devenir un traître ou être déporté en Sibérie.

Scribouillard, en 1879, de la IIIe section du ministère de l’Intérieur russe, il grimpa les échelons au point de devenir chef du service étranger à Paris, sous la IIIe République.

Celui-ci avait pour mission d’infiltrer et d’espionner les milieux révolutionnaires russes émigrés en Angleterre et en France, principal pôle d’émigration hors de Russie. Après avoir  surveillé Bram Stoker et la Golden Dawn, il se consacra à la surveillance à Paris de la veuve morganatique du tsar Alexandre II, la princesse Iekaterina Iourievskaya, férue d’ésotérisme et très proche de Saint-Yves d’Alveydre, le père du concept et de l’idée synarchique.

Décédé en 1911, dans des conditions qu’on se plaît à dire mystérieuses, au poste envié de directeur adjoint de l’Okhrana, Ratchkovsky ne verra pas la révolution bolchevique.

En collaboration avec son agent Matthieu Golovinsky, la princesse Radziwill les aurait reçus chez elle en présence de Manouilov, fils d’un commerçant israélite de Gourevitch et qui « traitera » plus tard avec Raspoutine !

Manassevitch Manouilov dirigea le service de contre-espionnage russe à Vienne, puis à Stockholm (d’où Raspoutine recevait ses messages) et Anvers.

Avec Manassevitch Manouilov, nous aboutissons à la famille aristocratique suédoise Von Rosen, probablement liée à l’ordre du Dragon Vert (18). C’est l’un d’eux, Erich Von Rosen (1878-1948) qui recevant en 1921, Hermann Goering, qui épousa sa belle-sœur, Carin, dans son château de Rockelstad, constellé de swastikas, lui apprendra le sens racial et idéologique de ce symbole polaire dont Goering ignore tout et l’enverra à son ami balte Alfred Rosenberg (l’idéologue nazi et membre des « Frères Initiés de l ‘Asie », auteur du Mythe du XXe siècle), nous atteignons la centrale de l’espionnage au-delà duquel le fil casse.

Cette famille avait des liens avec l’ordre des « Frères Initiés de l’Asie » (19) d’obédience frankiste ; sachant que le siège de cet ordre trouva refuge dans les pays baltes et que le swastika fut réintroduit dans les cercles pangermanistes par trois émigrés baltes à Berlin, futurs membres de la « Société Thulé », Paul Rohrbach, le comte Avaloff et le juif frankiste Alfred Rosenberg.

Baltes qui seront rejoints par Sebbotendorf, le géopoliticien Karl Haushofer, Rudolf Hess, et le prince von Turn und Taxi, dont l’ancêtre fut membre de cette loge.

Selon Serge Hutin, Gouvernants invisibles & sociétés secrètes p.40 Éd. J’ai Lu et Gilbert Maire, Raspoutine p.136 Éd.de Crémille, 1970 — « La Baronne Von Rosen tenait à Saint-Pétersbourg un salon très fréquenté où l’on y recevait Raspoutine. Cette femme disposait de ressources financières toujours abondantes : régulièrement, de très grosses sommes lui parvenaient par l’intermédiaire d’un mystérieux “ingénieur”. »

Golovinsky, rapporta la princesse, lui aurait montré le manuscrit qu’il venait de terminer au moment de son passage à Paris en hiver 1905.

Le pamphlet antisémite serait paru en 1903 dans le journal  Znamia (« Le Drapeau ») de Saint-Pétersbourg, sous le titre Programme de la conquête du monde par les Juifs. Diffusés sous forme de tracts avec l’aide de l’Église orthodoxe russe et de l’aristocratie, les Protocoles inspirèrent des pogroms antijuifs organisés par les Cents noirs (escadrons de la mort).

Puisque le témoignage de la princesse Radziwill est souvent sollicité par de nombreux auteurs réquisitionnés autour de la genèse incertaine des Protocoles, puisqu’elle fut l’une des premières personnes à témoigner en faveur de l’inauthenticité des Protocoles, nous nous en voudrions de ne pas éclairer sa biographie obscure.

Celle-ci, si elle fut poursuivie pour faux à Londres le 30/04/1902, fut, et cela est plus intéressant, l’amante de… Lord Robert Cecil Rhodes (1853-1902), le créateur en compagnie de William T.Stead et de John Ruskin, de la société secrète intermédiaire la Round Table (La Table Ronde), proche des cercles fabiens, aux effluves très païens, à laquelle appartint plus tard, Lord Balfour (20), créateur du premier foyer juif en Palestine en 1917.

Encordée à de pareilles fréquentations, il y donc lieu d’être très circonspect avec les déclarations spécieuses de cette princesse, probablement « suscitée » elle aussi, pour égarer les curieux.

Un Français, le comte Armand Alexandre de Blanquet du Chayla (1885-1939), converti à la religion Orthodoxe, chef de propagande dans l’armée de Wrangel, suspecté d’être un agent bolchevique, prétendra lui, dans un journal russe Posledniv Novosti (sous-titre français : « Dernières Nouvelles » n°331-332) que Serge Nilus, à qui il avait rendu visite en Russie en 1909, au monastère  d’Optima Poustyne, lui avait montré le manuscrit, déclarant l’avoir reçu de sa compagne, Natalia Afamassiecna Komarevsky, à qui Ratchkovsky l’avait remis à Paris.

Serge Nilus naquit à Moscou le 28/08/1862. Fils d’un riche propriétaire terrien. Gradué de l’Université, il devint fonctionnaire au ministère de la Justice russe (1886-1888), magistrat, puis procureur de la cour impériale du Caucase. Polyglotte, il fera plusieurs séjours à l’étranger, notamment en France (1883 et 1885). Traversé par une crise mystique, il visitera les couvents notamment celui d’ Optima Poustyne et se rapprochera du Père Jean de Cronstadt (1829-1908), membre de « l’Union du Peuple russe », organisation monarchiste d’extrême droite, qui deviendra son mentor.

Nilus travaillait justement à la rédaction de  l’Antéchrist qui approche. Ce livre traitait justement de l’action dissolvante des puissances secrètes internationales. Son livre paraîtra sous le nom Le Grand dans le Petit et l’Antéchrist une possibilité politique prochaine. Les Protocoles y furent adjoints dans la seconde édition de 1905.

Après 1906, Raspoutine évincera Nilus de la cour et supplantera le parti de Nilus.

Il se retira ensuite dans le gouvernement d’Orel. On pense qu’il mourra le 14/01/1929 dans un monastère, caché grâce à l’aide du père Jean de Cronstadt.

Nilus, lorsqu’on l’interrogeait, prétendait que le texte lui avait été remis par Alexis N. Soukhotine, « Maréchal de la Noblesse » de Tchern (gouvernement de Toula), qui se l’aurait vu remettre par Mlle Juliana Dimitrievna Glinka (1844-1918), fille d’un diplomate russe, espionne à Paris pour le compte du général Orgevskii, disciple de la théosophiste Helena Blavastsky, amie intime de Juliette Adam (1836-1936), directrice de la Nouvelle Revue. Justine Glinka prétendait les avoir reçus contre la somme de 2 500 frs d’un certain franc-maçon juif, Joseph Schorst, alias Schapiro, membre d’une loge de Misraïm de Paris (21) qui sera finalement assassiné en Égypte.

Parallèlement, un autre Russe, Georges V.Butmi (1856-1927?), écrivain polémiste et patriote, aurait publié en janvier 1906 des Protocoles presque identiques (comprenant 27 séances), Discours accablants. Les Ennemis du genre humain.

D’ailleurs, tous deux publièrent les Protocoles en plusieurs éditions.

L’œuvre de Nilus fut réimprimée en 1911 dans le monastère St-Serge, situé près de Moscou. Une troisième édition sortira des presses de l’Institution des sourds-muets de Saint-Pétersbourg, en 1917, à la veille de la révolution bolchevique.

Étonnamment, ces réimpressions eurent avant 1919 pas le moindre succès commercial et propagandiste.

Cependant, d’après les déclarations écrites du fils de Serge Nilus, Sergueï Sergueïevitch Nilus (1883-1941) et de sa compagne Natalia A.Volodimeroff, née Matveieff (1845-1934), qui ne s’appela jamais Komarovsky, Nilus père et sa compagne ne firent que deux brefs séjours en France au cours des années 1883 et 1885 et ne furent pas en relation avec Ratchkovsky.

Qui croire ?

***

LE DÉBAT JURIDIQUE : « AUTHENTIQUE » ou « FAUX »

Pour la cause de Sion, je ne resterai pas inactif.                                  (Esaïe 62.1)

C’est Salomon Reinach, conservateur en chef du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et vice-président de l’Alliance Israélite Universelle (A.I.U.), qui le premier dans l’Opinion du 20/06/1920 déclara que les Protocoles avaient été purement et simplement inventés.

Il fallut douze ans pour que la communauté juive essayât de discréditer l’œuvre à travers un tribunal de justice (22). L’intention de la communauté juive internationale étant de se disculper de son implication sinistre dans la gouvernance du monde.

Suite au rapport d’expertise présenté par le lieutenant-colonel en retraite Ulrich Fleischhauer, directeur du Welt-Dienst (Service Mondial) (service de propagande antisémite et antimaçonnique du régime nazi), le 15/01/1935, il apparut que l’inauthenticité des Protocoles fut repoussée et qu’au contraire toutes les preuves jugeant de l’authenticité de ceux-ci s’avéraient manifestes. La Cour d’Appel de Berne rendra un arrêt définitif en 1937 innocentant les prévenus et déclarant que les Protocoles n’étaient pas faux et ne pouvaient être censurés.

Du côté juif et philosémite, tout fut mis en œuvre, en France, en Angleterre, aux U.S.A, en Allemagne, pour tâcher d’enlever aux fameux enseignements, la valeur, l’autorité qu’ils tenaient de son texte.

Lucien Wolf (1857-1930), disciple de l’eugéniste britannique Joseph Galton, créateur de l’hygiène raciale juive, dans une longue lettre au Spectator de Londres du 12 juin 1920 ( lui aussi sous  la coupe du groupe Milner-Rhodes) avec Le Croquemitaine juif et les apocryphes Protocols des Sages de Sion (The Jewish Bogey and the Forged Protocols of the Learned Elders of Sion), Salomon Reinach,  l’apologiste du métissage goy,  Israël Zangwill, et d’autres plumitifs qui n’étaient pas tous juifs, s’appliquèrent besogneusement à démontrer qu’il ne fallait pas attribuer à la « Juiverie Internationale », l’éclosion du bolchevisme (23).

Faute de preuves tangibles relatives à leur inauthenticité, il aurait fallu l’intervention miraculeuse et calculée de l’article de Philip Graves du Times pour infirmer l’authenticité du pamphlet.

Pour ce journal, ce brûlot incandescent se révélait être un faux, une grossière manipulation.

Depuis, prévaut toujours cette appréciation vulgarisée comme nous le montre l’ ouvrage vendu à prix très réduit pour en facilité l’accès et la propagande de Pierre-André Taguieff, L’imaginaire du complot mondial, Aspects d’un mythe moderne Éd. Mille & une nuits, 2006 et celui des deux journalistes vulgarisateurs, spécialistes des services secrets, Rémi Kauffer & Roger Faligot, dans leur très manichéen et simpliste, Marché du Diable Éd. Fayard, 1995 — qui reprennent sans vouloir y regarder de plus près, les thèses officielles largement véhiculées par tous les mouvements ouvertement prosionistes, tel le B’Naï B’Rith, etc.

Toutefois, prudent (un pari pour l’avenir ?), Taguieff avoue que les « preuves naturelles » de l’inauthenticité n’existent pas, qu’elles sont «impossibles à rapporter» (Tome 1 p.96), néanmoins s’il ne peut montrer qu’ils sont apocryphes, il ne peut, non plus démontrer leur authenticité.

Igor Strychnine

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(1) Odessa abritait de nombreux Juifs issus de Galicie, foyer infecté par la pensée sabbatéiste.

(2) Selon certains historiens, cités par Emmanuel Ratier,  Mystères & Secrets du B’Naï B’Rith Éd. Facta, 1993 — le premier congrès sioniste de Bâle, en juillet 1897, aurait été largement organisé… et financé par le B’Naï B’Rith. Sur un total de deux cents délégués présents, la Russie en envoya à elle seule 70, la France, douze seulement.

Selon Golovinski, les Protocoles des Sages de Sion seraient le compte rendu d’une réunion d’une société secrète, composée de 12 juifs, tenue en marge du congrès de Bâle.

Très curieusement, c’est toujours dans la ville suisse de Bâle (Baal) que siège la « B.R.I. » (Banque des Règlements Internationaux), créée le 17 mai 1930 (fête de l’Ascension) par l’associé d’Olaf Aschberg de l’Ordre du Dragon Vert, Hjalmar Schacht, qui est la Banque des banques. Car si dans l’antiquité, la Banque était dans le Temple, aujourd’hui c’est l’inverse !

Sur le rôle de la B.R.I. et Schacht, le lecteur recourra à l’article de Valentin Katasonov, professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, « Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale » (cf : Réseau Voltaire  http://www.voltairenet.org/article187537.html)

En 1297, le mouvement sioniste (mouvement de contestation suisse) qui avait son siège à Sion le transféra à Bâle.

(3) Mikaël Lépekhine, historien de littérature russe, a reconnu Mathieu Golovinski comme étant l’auteur des  Protocoles. C’est dans les archives du Français Henri Bint, agent de l’Okhrana à Paris, que Lépekhine aurait reconnu Golovinski, comme auteur du mystérieux traité. (cf : Eric Conan « Les secrets d’une manipulation antisémite » in l’Express du 16/11/1999)

Fils d’aristocrate, né le 6/03/1865 à Ivachevka dans la région de Simbirsk, Golovinski travailla pour Ivan Tcheglovitov, ministre de la Justice, puis pour Alexandre Protopopov, ministre de l’Intérieur tsariste en 1916. Après la Révolution bolchevique, nous le retrouverons député d’un Soviet de Petrograd, il sera même du Commissariat du Peuple à la Santé et du collège militaro sanitaire. Il aurait travaillé avec Charles Joly (fils de Maurice Joly) au Figaro.

(4) La franc-maçonnerie puisait d’une longue tradition à Francfort. Dès 1740, et sous l’impulsion de francs-maçons français, fut fondée la première loge sous le nom de « l’Union ».

Ses loges avaient la particularité de recevoir des Juifs sous le coup des adjurations du Grand Orient de France, cela au grand désespoir des loges Vieilles Prussiennes farouchement antisémites. En 1807, la loge « Zur aufgehenden Morgenröte » – « l’Aube Naissante » – comptait une majorité de juifs (probablement des frankistes), ce qui la faisait surnommer « Judenloge », « loge de Juifs » et considérer comme traître à sa patrie. (cf : Didier Le Masson, Franc-Maçonnerie & le National-Socialisme p. 151-152-159 Éd. Dervy-Livres, 2 005)

C’est à Francfort, sardoniquement surnommé « Mainhattan », que fut fondée la banque Rothschild en 1770, rue des Juifs, par Mayer Amschel Bauer (1743-1812). Celui-ci accrocha à l’entrée de sa banque, le bouclier khazar rouge. Aujourd’hui, avec leurs associés, les familles Rothschild [(Roth, rouge, sobriquet désignant un roux) et Schild (écusson ou bouclier)] contrôlent toutes les banques centrales mondiales sauf trois ou quatre (Cuba, Corée du Nord, Iran)  : dollar (dont le nom provient d’une petite ville d’Europe de l’Est), la Livre (la City de Londres est un Etat privé Rothschild), l’Euro (le siège central de la Banque européenne est à Francfort). Enfin, Francfort fut l’épicentre de la vie intellectuelle allemande et européenne au tout début du XXe siècle. Cette ville contre-initiatique donna naissance à une célèbre école freudo-marxiste, d’obédience Milner-Rhodes, composée majoritairement d’intellectuels juifs dévoyés : Max Horkheimer, Herbert Marcuse, Eric Fromm, Walter Benjamin, Siegfried Kracauer, Théodor Adorno, Félix Lazarsfeld, Félix Weill, Henryk Grossmann, Otto Kirchheimer, Gunther Anders, Kurt Lewin avec l’Institut Tavistock. Ces théoriciens fumeux seront chassés d’Allemagne lors de l’arrivée d’Hitler au pouvoir et trouveront refuge aux U.S.A. et se mettront sous la protection de l’ A.J.C. (American Jewish Committee). Là, ils prendront un ascendant sur toute l’éducation supérieure américaine. Leurs objectifs au service de la subversion : désintégrer les majorités, dénigrer la famille et l’autorité tutélaire du père, rejeter l’hégémonie de la race blanche, favoriser le métissage goy. On peut dire que les théories de l’École de Francfort, synthétisées dans l’ouvrage The Authoritarian Personality, furent conçues pour transformer et corrompre les sociétés occidentales en essayant de les rendre imperméables à l’antisémitisme et en assimilant les appartenances sociales des goïm à une pathologie. L’objectif dissimulé de ces renégats étant de diluer l’homogénéité des nations goy afin de préserver leur sécurité. En 1993, l’ethno-racialiste juif Earl Raab, ancien président de l’Université Brandeis, associé à l’Anti-Defamation League, pourra se féliciter dans le Jewish Bulletin :

« Le bureau de recensement vient de rapporter qu’environ la moitié de la population américaine sera bientôt non-blanche ou non-européenne. Et ils seront tous citoyens américains. Nous avons dépassé le seuil critique au-delà duquel un parti nazi-aryen serait capable de prévaloir dans ce pays. Nous [les juifs] avons nourri le climat américain de l’opposition à la bigoterie pendant un demi-siècle. Ce climat n’a pas atteint la perfection, mais la nature hétérogène de notre population tend à le rendre irréversible. »

(5) L’abbé Augustin Barruel est l’auteur de l’ouvrage Mémoires pour servir l’histoire du jacobinisme, rédigé entre 1792 et 1798, et publié à Londres. Après son noviciat chez les Jésuites, il s’exila en Allemagne où il enseignera en Bohême et Moravie, à Vienne (Autriche) au collège Theresien. Revenu à Paris, il deviendra aumônier de la princesse de Conti et le prince de Saxe en fera le précepteur de ses enfants. En 1792, il s’enfuira de France pour l’Angleterre. Fortement opposé à l’abbé Grégoire en 1814, il réintégrera les Jésuites en 1815.

(6) Il est dit qu’au moment de la Révolution bolchevique, tous les membres des familles, chez qui cette brochure était découverte, étaient fusillés séance tenante !

(7) Quinze jours avant les déclarations de Philip Graves, l’activisme politique du président de la Fédération sioniste britannique, Haïm Weizman, aboutira à ce qu’à la Conférence de San Remo (19-26 avril), la déclaration Balfour soit incluse dans les attendus du mandat britannique sur la Palestine que la S.D.N. approuvera deux années plus tard. Par cet acte, le Royaume-Uni choisira de soutenir son camp, le sionisme plutôt que l’arabisme, pour imposer son contrôle sur la Palestine.

(8) Selon Caroll Quigley, histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine p.172 Éd.Retour aux Sources, 2015 The Times de Londres était contrôlé par les cercles de Milner et Rhodes depuis au moins 1884, grâce à l’entrisme de George E.Buckle (1854-1935), membre d’All Souls College d’Oxford et rédacteur en chef entre 1884 et 1912. À l’époque, celui-ci était tenu par Alfred Harmsworth, alias Lord Northcliffe (1865-1922). Ce dernier,  directeur du « Wellington House », ancêtre de l’Institut Tavistock, principal laboratoire de manipulation et formatage des opinions publiques occidentales (cf : Dr John Coleman, The Tavistock Institute of Human Relations : Shaping the Moral, Spiritual, Cultural, Political and Economic Decline of the U.S.A.), fut évincé de la direction de ses journaux par les manigances de la Table Ronde à cause de son antisionisme nourri de son grand intérêt pour les Protocoles. Il mourut mystérieusement le 14 août 1922 d’une endocardite ulcérative, dans son bras de fer qui l’opposait à Wickham Steed (1871-1956), son rédacteur en chef, agent sioniste très anti-Habsbourg. Steed était le protégé du juif d’origine morave, Joseph Pulitzer (1847-1911), propriétaire du journal New York World  et d’une résidence sur Jekyll Island en Géorgie (U.S.A.), qui deviendra célèbre, comme le lieu de réunions secrètes de banquiers internationaux et de la création de la sinistre FED (Réserve Fédérale américaine), le 23 décembre 1913   (fête de saint Dagobert). (cf : Eustache Mullins, Les secrets de la Réserve Fédérale  Éd. Retour aux Sources)

(9) Philip Perceval Graves (1876-1953) aurait été correspondant du Times à Constantinople de 1908 à 1914 (?). Il était le demi-frère ainé de l’écrivain Robert Graves, auteur d’un livre intitulé La Déesse Blanche et très ami d’un des membres de la très riche famille juive pro-sioniste irakienne Sassoon, alliée des Rothschild, le poète Siegfried Sassoon. Selon Leslie Fry, il n’existe aucune preuve de son passage à Constantinople. Il servit dans l’armée britannique et dans les services secrets de « l’Arab Bureau », constitué à l’initiative de Mark Sykes, aux côtés de l’espion T.E.Lawrence. Il y a tout lieu de croire que Philip Graves suivit certaines injonctions de la « Contre-Initiation » relatives à la provenance des Protocoles.

(10) D’après Lord Alfred Douglas, Plain English, revue hebdomadaire, imprimée par la North British Publishing Co, Joly était juif et son vrai nom Moses Joël. Membre du Rite de Misraïm, il était l’ami de Victor Hugo, considéré selon les généalogies de l’ordre du Prieuré de Sion, comme l’un de ses Grands-Maîtres (1844-1885). Le 17 juillet 1878, sa concierge le retrouve mort. La police conclura à un suicide. Mais ne s’agit-il pas d’un assassinat camouflé en suicide ?

(11) Le lecteur ne manquera pas de constater que tous les Joly fréquentèrent de près ou de loin le Rite Egyptien de Misraïm. François Joly serait né à Limoux (Aude), en plein Razès, en 1763. Selon Reghellini de Schio, François Joly recevra à Naples la charte de Misraïm, avec les Frères Lechangeur et Marc Bédarride.

(12) De très nombreux écrivains juifs et philosémites passent sous silence ou minimisent l’amitié encombrante de Joly avec Crémieux. Selon l’abbé Jean Boyer (1923-1992), fondateur de la Communauté Fatima-La Salette, c’est l’incontournable Crémieux qui aida Joly à fonder le journal juridique, Le Palais, à sa sortie de prison.

(13) Nîmes, haute terre protestante, surnommée « la petite Genève », et dont le symbole est un crocodile (hypostase du dieu Seth), fut le lieu de députation de Crémieux et de Frédéric Desmons (le bien nommé). Desmons (1832-1910), pasteur protestant, déformé par son passage à l’école de théologie de Genève (autre grand foyer contre-initiatique), initié au sein de la loge « l’Écho » du Grand Orient de France de Nîmes, fut l’initiateur du rejet de la croyance en l’existence du Grand Architecte de l’Univers au sein du Grand Orient en 1877 :

« (…) Nous demandons la suppression de cette formule parce que, embarrassante pour les Vénérables et les Loges, elle ne l’est pas moins pour bien des profanes qui, animés du sincère désir de faire partie de notre grande et belle Institution qu’on leur a dépeinte, à bon droit, comme une Institution large et progressive, se voient tout à coup arrêtés par cette barrière dogmatique que leur conscience ne leur permet pas de franchir.

Nous demandons la suppression de cette formule parce qu’elle nous paraît tout à fait inutile et étrangère au but de la Maçonnerie. — Quand une société de savants se réunit pour étudier une question scientifique, se sent-elle obligée de mettre à la base de ses statuts une formule théologique quelconque ? — Non n’est-ce pas ? — Ils étudient la science indépendamment de toute idée dogmatique ou religieuse. — Ne doit-il pas en être de même de la Maçonnerie ? Son champ n’est-il pas assez vaste, son domaine assez étendu, pour qu’il ne lui soit point nécessaire de mettre le pied sur un terrain qui n’est point le sien.

Non. Laissons aux théologiens le soin de discuter des dogmes. Laissons aux Eglises autoritaires le soin de formuler leur syllabus. – Mais que la Maçonnerie reste ce qu’elle doit être, c’est à dire une institution ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées, à toutes les aspirations larges et libérales (…) »

Dans Les Véritables Auteurs de la Révolution de France de 1789, l’auteur supposé, Jourde, alias Nicolas Sourdat (1745-1810), membre d’une organisation de renseignement royaliste contre-révolutionnaire, « la Manufacture » ou « Agence royaliste de Paris », désigne clairement Nîmes comme étant au cœur du complot. D’après Sourdat, à cause de Rabaut du Puy, frère du protestant Rabaut de Saint-Etienne, Nîmes devint le centre d’organisation et de communication de « la cabale franc-maçonnique ». Dès 1783, Rabaut du Puy, secondé de calvinistes, fondait trois loges à Nîmes, la loge Philanthropique, la loge Bienfaisance, la loge Henry IV et Sully. Avec l’affiliation des loges de Nîmes au Grand Orient de Paris, le réseau était en place pour l’œuvre subversive de la maçonnerie en 1789.

(14) La famille Camondo est d’origine hispano-portugaise. Elle s’établira d’abord à Venise puis à Constantinople. Ses ancêtres furent les mêmes que ceux le Lord Beaconsfield (Disraeli) (1804-1881), Premier ministre britannique de la reine Victoria, ami intime de Lionel Rothschild, qui pouvait déclarer : « …le monde est gouverné par des personnages fort différents de ce que peuvent imaginer ceux qui ne se trouvent pas en arrière-scène […] L’influence des Juifs se retrouve dans le dernier débordement du principe destructeur en Europe. Une insurrection est à prendre place contre les traditions et l’aristocratie, contre la religion et la propriété […] L’égalité innée des hommes et l’abrogation de la propriété sont proclamées par les sociétés secrètes qui forment des gouvernements provisionnels et des hommes de race juive se retrouvent à la tête de chacun d’eux. »

[D’une déclaration faite à la Chambre des Communes, en 1852.]

Les frères Abraham et Nissim Camondo quittèrent Constantinople pour venir s’établir à Paris. En tant que dirigeants d’une affaire bancaire importante et prospère en Turquie, ils disposaient d’énormes ressources financières ; ils acquirent de l’importance dans le monde français de la finance et effectuèrent de gros investissements dans l’économie nationale. Isaac, son fils, devint entre autres, administrateur de la Banque de Paribas.

(15) Constantinople apparaît dans le contexte d’un roman à clefs, L’Élue du Dragon dû à Raoul Duguet alias Paul Boulin (1875-1933), prêtre diocésain à St-Pouange, près de Troyes.

L’héroïne du livre, Clotilde Bersone, une Italienne de Constantinople, assistera à une étrange réunion de loge : les adeptes portaient des masques en forme de têtes d’ânes, nous renvoyant au mystérieux et inquiétant culte du dieu Seth !

Constantinople, capitale de l’Empire ottoman, focalisera l’attention du parti aschkénaze/khazar pro-sioniste. Celui-ci s’investira beaucoup dans la diplomatie américaine de la fin du XIXe au début du XXe siècle, en vue de démanteler la Palestine de l’Empire ottoman. La ligne de la diplomatie officieuse sioniste était la lente approche par la porte de derrière. De 1889 à 1892, le diplomate américain est Salomon Hirsh, remplacé par Oscar Salomon Strauss, de 1897 à 1900 et de 1909 à 1911. Ce dernier devint entre-temps Secrétaire d’État. De 1913 à 1916, c’est Henry Morgenthau, avocat et banquier qui tiendra la place. (Son fils devindra Secrétaire d’État en 1933 et patron du War.Refugee.Board grâce à Roosevelt.) Le rabbin Abraham Elkus lui succédera de 1916 à 1919, puis Lewis Einstein, ancien Secrétaire d’État à Paris, Londres, Constantinople et Sofia, suivi du rabbin J. Saül Kornfeld et de l’avocat Lawrence A. Steinhard. L’objectif de ces renégats et de Ben Gourion (présent à Salonique puis à Constantinople dès 1912 auprès de Ben-Zvi Yitzhak, Israël Shohat et Mustafa Kemal) étant le retour des Juifs en Palestine. Le réseau Dönmeh et le réseau sioniste étaient-il coordonnés par une instance supérieure qui aurait pu être l’Ordre du Dragon Vert ?

Constantinople est indiquée comme la huitième et dernière étape du Serpent symbolique après Rome, Madrid, Paris, Londres, Berlin, Saint-Pétersbourg, Odessa avant Jérusalem (Protocol III  séance).

C’est encore à Constantinople qu’Helena Blavatsky entama précisément sa carrière de théosophiste. C’est à la loge « Ghedulah » d’Istanbul que Ange Roncalli, alias Jean XXIII, artisan du funeste Concile Vatican II, recevra l’initiation maçonnique. C’est encore là que le fameux Ben Laden fut recruté par la CIA en 1979.

(16) Née Catherine Rzewuska à Saint-Pétersbourg (1848-1941). La famille aristocratique Radziwill fut la protectrice des karaïtes (en nombre en Crimée et Lituanie) et des frankistes. (cf : Charles Novak, Jacob Frank p. 27 Éd.L’Harmattan, 2012). Elle fut condamnée à dix-huit mois de prison par le Tribunal du Cap (Afrique du Sud) pour falsification de traites soutirées à Lord Robert Cecil Rhodes. Ce fait conduit à penser qu’elle fréquentait  étroitement les cercles de Milner et de Rhodes !

(17) Le quartier général de l’Agence étrangère de l’Okhrana destinée à la surveillance des émigrés était alors situé à l’ambassade de Russie à Paris. Piotr Rachtkovsky semblait très en vue dans la haute société parisienne : il fera même fortune grâce à la spéculation boursière, recevra somptueusement dans sa résidence de Saint-Cloud et comptera même des directeurs de la Sûreté, des ministres et des présidents parmi ses intimes.

Arrivé à Paris en 1884, il militera pour une alliance avec la France, isolée politiquement après sa défaite de 1870. Il servira d’intermédiaire secret dans les négociations pour l’alliance franco-russe de 1891-1894 et en 1899. Il entretiendra des contacts étroits avec le ministre des Affaires étrangères français, Théophile Delcassé, en poste de 1898 à 1905, sous la IIIe République. Il sera rappelé en Russie après avoir révélé que le docteur français « Maître Philippe » n’était qu’un charlatan sans réelle compétence. On lui doit sous le pseudonyme de Calixte de Wolski, le pamphlet antisémite, La Russie juive (1887). (cf : Christopher Andrews & Oleg Gordievsky, Le K.G.B. dans le monde pp. 36…40 Éd.Fayard, 1990)

Selon Andreï Amalrik, Raspoutine p.78 Éd. Seuil, 1982 — Philippe Vachot alias « Maître Philippe » pénétra la famille impériale grâce au comte-disciple Mouraviev-Amourski, attaché militaire russe à Paris. Son emprise était telle que le tsar et la tsarine ne prenaient aucune décision sans le consulter. « Maître Philippe » fut aussi le maître spirituel de personnages aussi controversés que Papus, Paul Sédir et Jean Bricaud (considéré par Guénon comme un « contre- initié » notoire), tous liés… au Rite de Memphis-Misraïm et à l’Ordre Martiniste !

(18) Erich von Rosen, ethnographe et explorateur (il voyagea abondamment en Amérique du Sud), était marié à Mary, née baronne von Fock (1887-1967), fondatrice de la «Societas Sanctae Birgittae». Elle était la sœur ainée de Carin Goering, femme d’Hermann Goëring. Les von Rosen habitaient le château de Rockelstad dans le Södermanland, sur les rives du lac Bauen, près de Sparenholm, au sud-ouest de Stockholm, où l’on retrouvait le symbole du swastika, symbole fétiche d’Erich von Rosen ramené de son voyage de jeunesse en Gothie (pays des Goths nourris de religion odinique avec le culte des Ases-Anes et de Wotan. Ceux-ci furent comparés aux hordes de Gog et Magog dans la lecture inversée qu’offre la Bible)

(19) L’ordre était dirigé selon Jean Pierre Giudicelli, revue L’Autre Monde d’août 1986 – par un Collège supérieur de 72 membres ou 70 sages. Ses adeptes véhiculaient une doctrine bouddhique et leur signe de reconnaissance était le … swastika ! L’Ordre n’admettait pas les juifs fidèles au judaïsme rabbinique mais les juifs convertis (frankistes ou sabbatéistes). Ils vénéraient plus Melkitsédek, le répouvé que Abraham.

Ils militaient pour l’établissement d’une nouvelle Église, de Jean-Baptiste et une nouvelle Loi, celle d’Esaü. Cet ordre se voulait être un Régime de Hauts-Grades maçonniques. ( cf : Gérard Galtier, Les fils de Cagliostro pp.169-174 Éd. du Rocher)

(20) Haïm Weizmann, président du Congrès sioniste mondial, aurait été membre de la loge du docteur juif roumain (pays du vampirisme), le haham Moses Gaster, à Manchester, fondée en 1912, qui devint l’une des Loges anglaises majeures. Moses Gaster était membre du conseil d’administration de l’Institut Yiddish de Vilna, aux côtés de Albert Einstein et Sigmund Freud et vice-président du Premier Congrès sioniste de Bâle.  La résidence de Gaster, « Mispa » 193 Maida Vale à Londres servi comme lieu de pourparlers entre sionistes éminents et le Foreign Office en 1917. Le premier projet de la Déclaration Balfour a été écrit à la maison Gaster le 7 Février 1917 en la présence de Chaïm Weizmann, Nahum Sokolow, le baron James de Rothschild, Sir Mark Sykes, Herbert Samuel, Harry Saker, Joseph Cowen, Herbert Bentwick. Le lendemain, il y eut chez Mark Sykes une autre conférence avec Georges Picot. On y élabora le plan de partage du Moyen-Orient au travers de ce qui allait devenir le plan Sykes-Picot, véritable trahison des intérêts arabes reconnus par les accords de 1915 entre Sir Henry Mac Mahon, Haut Commissaire britannique d’Egypte et le Chérif de la Mecque, Hussein Ben Ali. Ce  tableau politique est capital pour comprendre la spoliation des intérêts arabes et pointe férocement la fourberie et le machiavélisme de l’Empire thalassocratique.

(21) La thèse de l’origine « française » des Protocoles est contestée par le chercheur italien Cesare G. De Michelis dans son livre Il Manoscritto inesistente : I protocolli dei savi di Sion : un apocrifo del XX secolo, Venezia, Marsilio, 1998. L’auteur se livre à une étude extrêmement minutieuse des premières apparitions du texte. Selon lui, il a été écrit, directement en russe, dans les milieux antisémites de Saint-Pétersbourg entre 1902 et 1903. L’ouvrage est, depuis 2004, traduit en anglais, et, depuis 2006, en russe.

(22) On peut observer que, depuis, toutes les interventions visant à renforcer l’idée d’une falsification — en particulier à l’instigation de l’Okhrana visant à discréditer le mouvement bolchevique — ne se basent point sur des preuves tangibles, mais sur le seul argument d’autorité.

(23) Selon l’aveu même d’un historien juif, Riccardo Calimani L’errance juive Tome 2 p.487 Éd. Diderot Frontières, 1997  : « Entre 1917 et 1920, les partis socialistes juifs eurent un rôle dans le processus révolutionnaire. Des dirigeants comme Mark Liber ou Rafail Abramovic de Petrograd, Moshe Rafes et Moshe Zilberfard en Ukraine, Esther Frumkin et Rakhmiel Vainstein en Biélorussie, occupèrent d’importantes positions durant la période de transition entre la chute du tsar et l’arrivée au pouvoir du bolchevisme. »

Voir surtout les deux tomes d’Alexandre Soljenitsyne, Deux siècles ensemble, Éd. Fayard, 2 002.

CONCLUSION

(…), il deviendra impossible de retracer la véritable histoire des Juifs et de leur influence destructrice. Tout le monde aura tellement été judaïsé que la simple pensée d’une oppression judaïque sera étrangère à tous les esprits.

Nous pensons avoir discerné à quelle source empoisonnée s’abreuvent les «Protocoles».

Pur produit estampillé « Contre-Initiation » ; il se reconnaît encore, des écrivains « suscités » par des organisations équivoques, tel le Rite de Misraïm (1) et dans une moindre mesure, l’Alliance Israélite Universelle, pour fourvoyer le profane vers des pistes éventées.

Nous reprocherons donc à Mr. Taguieff — caution pseudo-intellectuelle des médias en détresse — de s’exprimer de la sorte sur un sujet qui dépasse de très loin ses compétences initiatiques, au demeurant fort minces !

Nous le blâmerons, lui et ses épigones, d’avoir soutenu un amalgame captieux entre « faux » et « apocryphe ».

En procédant de la sorte, les contempteurs espèrent vider les Protocoles de leur « charge » mortifère et délétère.

Où que veuillent en venir M. Taguieff et son consistoire de contemption, le mot « apocryphe » ne signifie absolument pas « faux » ; puisque étymologiquement (et seul cela compte), il procède du latin ecclésiastique : apocruphos  et du grec : apokruphos soit « tenu secret » ou « réservé aux initiés » !!!

De quels initiés s’étonnera le lecteur ?

Ni plus ni moins que cette garde de « Supérieurs Inconnus », constitutive et représentative en quelque sorte de cette hiérarchie occulte et d’arrière-loges de la franc-maçonnerie ; rectrice de « l’Initiation » et de la « Contre-Initiation », qu’elle inspire sans toutefois la diriger directement.

Ils s’activent en une savante et très subtile dialectique du paradoxe (au sens fort du terme : para = à côté, doxa = opinion), qui leur permet d’actionner tantôt l’une, tantôt l’autre des factions idéologiques et politiques — apparemment antagonistes — en place, à seule fin, de ce qui les intéresse véritablement : la « Théophanie  récapitulative ».

Car, comme nous l’apprend le Maître René Guénon L’Ésotérisme de Dante Éd.Gallimard : « (…) le véritable ésotérisme doit être au-delà des oppositions qui s’affirment dans les mouvements extérieurs agitant le monde profane, et si ces mouvements sont parfois suscités ou dirigés invisiblement par de puissantes organisations initiatiques, on peut dire que celles-ci les dominent sans s’y mêler, de façon à exercer également leur influence sur chacun des partis contraires. »

Leurs ambiguïtés — certains diront leurs machiavélismes —  nous les montrent sur une ligne de démarcation au pourtour incompréhensible et nébuleux pour le profane, habitué à se complaire par médiocrité intellectuelle dans un manichéisme étroit et sans issue.

Les Protocoles apparaissent bien alors pour ces âmes étroites, comme un bréviaire des ténèbres, servant même de manuel d’instruction aux agents de la subversion et plus particulièrement à l’Antéchrist.

Car l’Antéchrist, est-il dit, fera un usage constant de cette part ténébreuse.

Mais, cet Antéchrist tant honni et redouté dans les siècles catholiques ne serait-il pas le double nocturne du Christ ; la part ténébreuse du Métatron : Sorath, le démon solaire ; l’allié indispensable pour l’aplanissement des voies, l’initié secret et réservé que le Christ s’est choisi ?

L’artisan nécessaire, métaphysiquement, de sa victoire finale ?

L’Antéchrist ne viendrait-il pas au nom de la Lune, Hécate ou Astarté (Ishtar)(2), la déesse terrifiante qui présidait jadis aux anciens cultes païens ?

Rénovateur du culte disparu ou occulté, dieu civilisateur venant achever un culte moribond pour préparer l’Âge d’or.

Le paganisme vaincu par la religion catholique reviendra comme l’annoncent ses propres prophéties :

« Je vois émerger une seconde fois une terre de l’onde éternellement verte… Les Ases (ou les Ânes) se rassemblent dans les plaines d’Ida et se souviennent des ruines anciennes. Là, vont se retrouver dans la verdure des merveilleuses tables d’or qu’aux jours d’autrefois les peuples eurent… »

——————————–

(1) L’histoire profane désigne Misraïm sous le nom de Manès (premier législateur comme le Manu de la Tradition hindoue ou le Minos de la tradition crétoise). Ce Rite représenterait une espèce de synthèse de divers systèmes de hauts-grades Écossais pratiqués au XVIIIe siècle. Selon Robert Ambelain, le Rite de Misraïm serait né à Venise en 1788 (siège de la « Contre-Initiation » jusqu’en 1896) sous la forme d’une loge fondée par un groupe de « Sociniens » auxquels Cagliostro aurait délivré une patente de constitution.

Il nous est dit que l’Ordre des Frères Initiés de l’Asie (appelé originellement Ordre des Chevaliers et Frères Initiés de la Vraie Lumière ou Fratres Lucis et aussi Frères de Saint Jean l’Évangéliste) aurait peut-être pu avoir une influence sur le Rite de Misraïm, à travers la ville de Venise (par l’intermédiaire de Pollacq dit Pollaco).

Cet Ordre possédait 90 degrés et se réclamait d’une tradition égyptienne des plus ancienne. Ce genre de Maçonnerie a toujours été réservé à une élite et souvent ne comprend que des hauts-grades laissant aux autres rites le soin de préparer les futurs initiés. Les degrés supérieurs, ultra-secrets, les Arcana Arcanorum ou « Régime de Naples », auraient été amenés de Malte à Naples, vers 1765-1775 par le Chevalier Luigi d’Aquino de l’Ordre de Malte, et ami de Cagliostro ; ils pourraient donc provenir du Rite et de l’enseignement de Kolmer-Altothas. (Une récente découverte en Italie nous révèle que Vlad III Tepes, Prince Dracula, serait enterré à Naples en l’église Santa Maria La Nova. C’est sur une pierre déterrée que des symboles attestant de la présence de la sépulture de l’Empaleur ont été découverts : un dragon et deux sphinx représentant Thèbes qui s’écrirait Tepes ?)

(2) Le culte d’Astarté (Ishtar) est condamné dans la Bible (notamment dans l’Ancien Testament dans le I er Livre des Rois [11-4-5-6]). Salomon, fils de David, fut accusé d’idolâtrie et de rendre un culte à la Grande Déesse, divinité des Sidoniens. Mais si Salomon fit l’objet de la suspicion de la part des exotéristes, il fut honoré par les véritables initiés.

La Déesse n’était-elle pas censée se manifester sous l’aspect de boules de feu… comme les Dragons ?

Elle était la divinité de la guerre et de la fécondité, voluptueuse et belliqueuse, et déification de la planète Vénus.

En Phénicie et en Égypte, on ne distinguait guère Astarté d’Anat. De fait Anat, est une vierge guerrière, amazone, au service de son frère Aleyn Baal, seigneur de la montagne du Nord. Astarté fut vénérée par tous les Égyptiens touchant de près le monde de la cavalerie et les chevaux.

N’est-ce pas là la « Femme Ecarlate »ou la « Grande Prostituée » dont parle l’Apocalypse ?

Signalons qu’Ishtar précédé de son article indéfini « he » donne pour valeur numérique 666.

 ***

LA STRUCTURE RÉDACTIONNELLE DES « PROTOCOLES DES SAGES DE SION »

James Warburg, dans son discours devant le Sénat américain le 17 janvier 1950 :

« Nous aurons un gouvernement mondial que cela nous plaise ou non. Reste seulement à savoir si on y arrivera en l’imposant aux hommes ou s’ils s’y plieront de plein gré.«

  1. Le contrôle de l’argent

(…) ‘‘Le contrôle des nations sera assuré par la création de gigantesques pôles privés qui seront les dépositaires d’immenses richesses dont dépendront même les Goyim (les non-juifs).

(…) C’est ainsi que le jour qui suivra l’effondrement politique verra leur anéantissement en même temps que celui du crédit accordé aux États. (…)

(…) Des crises économiques porteront atteinte aux États ennemis en leur soustrayant l’argent mis en circulation. En accumulant de grands capitaux privés qui sont ainsi soustraits à l’État, ce dernier va être obligé de s’adresser à nous pour emprunter ces mêmes capitaux. Ces emprunts consentis avec des intérêts seront une charge pour les États qui en deviendront les esclaves, sans volonté propre. Ils s’adres­seront à nos banquiers pour leur demander l’aumône au lieu d’exiger des impôts du peuple. Des em­prunts étrangers sont comme des sangsues, il n’y a aucune possibilité de les éloigner du corps d’État, car elles ne peuvent que se détacher d’elles-mêmes ou être rejetées par l’État. Cependant, les États Goyim ne les rejetteront pas, ils s’en attireront sans cesse d’autres, ce qui les conduira à une faillite inexorable.

(…) Pour désintégrer la société des non-Juifs et ruiner leur industrie, il faut que celle-ci soit établie sur une base spéculative .

Les dettes de l’État rendront les hommes d’État corruptibles, ce qui les mettra encore plus à notre merci‘‘. (…)

  1. Le contrôle de la presse

(…) ‘‘Nous procéderons de la façon suivante avec la presse :

Son rôle est d’exciter et d’enflammer les passions chez le peuple (…) et le public est tellement loin de pouvoir imaginer qui est le premier bénéficiaire de la presse (…) Parmi tous les journaux, il y en aura aussi qui nous attaqueront mais nous sommes les fondateurs de ces journaux, leurs attaques porteront exclusivement sur des points que nous leur aurons précisés auparavant. (…)

(…) Aucune nouvelle ne sera publiée sans avoir reçu notre accord. C’est déjà le cas maintenant, car toutes les nouvelles du monde sont regroupées dans seulement quelques agences. Ces agences étant sous notre contrôle, elles ne publient que ce que nous avons approuvé. (…)

(…) Nos journaux seront de toutes les tendances, aristocratique, socialiste, républicaine, voire même anarchiste, tant qu’existera la Constitution. (…)

(…) Ces idiots qui croiront que le texte d’un journal reflète leur propre opinion n’auront fait, en réalité, que répéter notre opinion ou celle que nous souhaitons voir exprimée. (…)‘‘

  1. L’extension du pouvoir

(…) ‘‘Nous serons pour le public l’ami de tous. (…) Nous les soutiendrons tous, les anarchistes, les communistes, les fascistes et particulièrement les ouvriers. Nous gagnerons leur confiance et ils devien­dront ainsi, pour nous, un instrument très approprié. (…)‘‘

(…)  il faut troubler constamment, dans tous les pays, les rapports entre le peuple et le gouvernement, afin de fatiguer tout le monde par la désunion, l’inimitié, la haine, et même par le martyre, la faim, l’inoculation de maladies, la misère, pour que les non- Juifs ne voient pas d’autre salut que de recourir à notre souveraineté pleine et entière, à notre argent.

  1. Le contrôle de La foi

(…) Nous ôterons aux hommes leur vraie foi. Nous modifierons ou supprimeront les principes des lois spirituelles. (…) L’absence de ces lois affaiblira la foi des hommes puisque les religions ne seront plus capables de donner quelconque explication. (…)

(…) Nous comblerons ces lois spirituelles en introduisant une pensée matérialiste et des supputa­tions mathématiques. (…)‘‘

  1. Le moyen d’amener la confusion dans les esprits

(…) ‘‘pour avoir la mainmise sur l’opinion publique, il nous faut les amener à un certain niveau de confusion. (…)

(…) La presse nous sera un bon outil pour offrir aux hommes tant d’opinions différentes qu’ils en perdront toute vue globale et s’égareront dans le labyrinthe des informations. (…)

(…) ainsi, ils en viendront à la conclusion que le mieux est de ne pas avoir d’opinion (politique). (…)‘‘

  1. L’aspiration au luxe

(…) Pour accélérer la ruine de l’industrie des Goyim (non-Juifs où bétail humain), nous suscite­rons chez eux une soif de luxe. Le commun des mortels n’en aura, cependant, pas la jouissance, car nous ferons en sorte que les prix soient toujours en hausse. Ainsi, les travailleurs devront autant travailler qu’auparavant Pour satisfaire leurs désirs. (…)

(…) Ils seront piégés dans le système avant d’avoir pu l’identifier.‘‘

  1. La politique utilisée comme instrument

(…) En distillant un souffle de libéralisme dans les organismes d’État, nous modifierons tout leur aspect politique. (…)

(…) Une Constitution n’est rien d’autre qu’une grande école de discordes, de Malentendus, de querelles, en un mot une école de tout ce qui sert à fausser les rouages de l’État. (…)

(…) A ‘‘l’époque des républiques‘‘ nous remplacerons les dirigeants par une caricature de gou­vernement avec un président élu par nos marionnettes, nos esclaves que sont le peuple. (…)

(…) Les élections seront, pour nous, un moyen d’accéder au trône du monde tout en faisant croire au modeste citoyen qu’il contribue à façonner l’État par sa participation à des réunions et par son adhésion à des associations. (…)

(…) Dans le même temps, nous réduirons à néant l’impact de la famille et de son pouvoir éducatif. Nous empêcherons aussi l’émergence de personnalités indépendantes. (…)

(…) Il suffit de laisser un peuple se gouverner lui-même un certain temps (la démocratie) pour qu’il se transforme en une populace où règne le chaos.

(…) La puissance de la populace est une force aveugle, absurde, irraisonnée, ballottée sans cesse de droite ou de gauche, Mais un aveugle ne peut pas en conduire un autre sans tomber dans le précipice. Seul celui qui, dès sa naissance, est éduqué pour devenir un souverain indépendant à la compréhension de la Politique. (…)

(…) Notre succès, en traitant avec les hommes dont nous avons besoin, sera facilité par notre façon de toucher toujours le côté le plus sensible de la nature humaine, c’est à dire la cupidité, la passion et la soif insatiable de biens humains et matériels. (…)‘‘

  1. Le contrôle de la nourriture

(…) Notre puissance réside aussi dans la pénurie permanente de nourriture. Le droit du capital, en affamant les travailleurs, permet sur eux une mainmise plus sûre que ne pouvait le faire la noblesse avec son roi. (…)

(…) Nous agirons sur les masses par le manque, l’envie et la haine qui en résultent. (…)

(…) mais tout propriétaire rural peut être un danger pour nous puisqu’il peut vivre en autarcie. C’est la raison pour laquelle il nous faut à tout prix le priver de ses terres. Le moyen le plus sûr pour y arriver est d’augmenter les charges foncières, (…) d’accabler de dettes les propriétés rurales (…)‘‘

  1. Le rôle de la guerre

(…) ‘‘Nous mettrons en rivalité toutes les forces pour amener ceux qui ont soif de pouvoir à abuser  de leur pouvoir. Il nous faut fomenter des dissensions, des inimitiés, dans toute l’Europe et par l’intermé­diaire de l’Europe dans d’autres parties de la Terre. (…)

(…) Il faut que nous soyons capables d’anéantir toute opposition en provoquant des guerres avec les pays voisins. Au cas où ces voisins oseraient nous tenir tête, il nous faut leur répondre par une guerre mondiale. (…)‘‘

  1. Le contrôle au moyen de l’éducation

(…) On n’incitera pas les Goyim à tirer une application pratique de leur observation impartiale de l’histoire mais on les invitera à des réflexions théoriques, sans faire de relations critiques avec les événements qui vont suivre. (…)

(…) Dans ce jeu, sachez que la chose principale est de les avoir convaincus d’accepter les nécessités de la science. (…)

(…) Tenant compte de ce fait, nous n’aurons de cesse de créer une confiance aveugle en ces théories (scientifiques) et les journaux nous y aideront bien. Les intellectuels parmi les Goyim se vanteront de leurs connaissances. (…)

(…) Le peuple perdra, de plus en plus, l’habitude de penser par lui-même et de se forger sa propre opinion, il en viendra à prononcer les mots que nous désirons entendre prononcer.

  1. Le contrôle des loges franc-maçonniques

(…) ‘‘Nous créerons dans tous les pays de la Terre des loges franc-maçonniques, nous les multiplie­rons et y attirerons des personnalités qui sortent des rangs. (…)

(…) Nous mettrons toutes ces loges sous la domination de notre administration centrale que nous serons seuls à connaître et que les autres ignoreront complètement.

(…) Qui ou qu’est ce qui peut vaincre une puissance invisible ? Voilà où se trouve notre pouvoir. La franc-maçonnerie non juive nous sert de couverture à leur insu. Mais le plan d’action de notre puissance reste pour tout le peuple et même pour le reste de la confrérie un secret. (…)‘‘

  1. La mort

(…) ‘‘La mort est la fin inévitable pour tous, par conséquent, il est préférable d’y conduire ceux qui nous ferons obstacle‘‘.

   13 . La presse pornographique

Dans les pays soi-disant avancés, nous avons créé une littérature folle, sale, abominable. Nous la stimulerons encore quelque temps après notre arrivée au pouvoir, afin de souligner le contraste de nos discours, de nos programmes, avec ces turpitudes…

    14. La justice

Par notre influence, l’exécution des lois des non-Juifs est réduite au minimum. Le prestige des lois est sapé par les interprétations libérales que nous y avons introduites. Dans les causes et les questions de politique et de principe, les tribunaux décident comme nous le leur prescrivons, voient les choses sous le jour sous lequelnous les leur présentons. Nous nous servons, pour ce faire, d’entremetteurs avec lesquels on croit que nous n’avons rien de commun, de l’opinion des journaux, d’autres moyens encore.

    15. La religion chrétienne

Nous avons déjà pris soin de discréditer la classe des prêtres chrétiens et de désorganiser par là leur mission qui pourrait actuellement nous gêner beaucoup. Son influence sur les peuples tombe chaque jour ; la liberté de conscience est proclamée maintenant partout ; par conséquent, il n’y a plus qu’un certain nombre d’années qui nous séparent de la ruine complète de la religion chrétienne.

(…) Notre presse contemporaine dévoilera les affaires d’Etat et religieuses, ainsi que l’incapacité des non-Juifs ; et tout cela dans les termes les plus malhonnêtes, afin de les dénigrer de toute manière, comme sait seule le faire notre race de génie.

En faisant une analyse spectrale des Protocoles, on y décèle donc :

1 * — Une stratégie philosophique des principes libéraux et une apologie d’un règne autocratique dont le seul chef serait l’Antéchrist, pape d’une superreligion universelle et d’un empire universel.

2 * — Exposé d’un plan de campagne subversif, méthodiquement élaboré, pour assurer aux « Contre-Initiés », la domination mondiale par la corruption, le mensonge, les guerres, les crises économiques, le relâchement des mœurs (1). On répand et on fait la promotion d’ idéologies auxquelles on ne croit guère (évolutionnisme, démocratie, rationalisme, libéralisme, multiculturalisme, etc.) que les Sages de Sion savent fausses, mais qui servent leur stratégie de domination.

3 * — Des vues prophétiques sur la réalisation prochaine des parties essentielles de ce plan. Stabilisations des marchés financiers, restauration des valeurs morales qui fondent la dignité humaine, abolition du libéralisme économique, réforme de l’appareil judiciaire, réforme de la structure éducative.

(Tout cela tend à montrer que les Protocoles ne sont pas que le produit des « Ténèbres », car comment expliquer cette part positive dans ce plan de campagne ; démontrant ainsi aux âmes étroites que les Protocoles et ses concepteurs ne sont pas tout à fait réductibles à l’image exclusivement ténébreuse qu’un lecteur pressé et manichéen peut leur prêter. )

Igor Strychnine

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(1) Les auteurs de cet agenda semblent profiter d’une masse de connaissances phénoménales sur les ressorts de la psychologie humaine, qui ne peut provenir que de leur expérience accumulée et de l’étude continuelle des siècles et des âges. Il est écrit avec une impression de supériorité affichée et incontestable, comme par des êtres perchés sur quelque pinacle olympien de sagesse sardonique et d’un profond dédain pour la masse abrutie, taillable et corvéable à merci (« La foule »  … « Animaux alcoolisés » … « Bétail » … « Bêtes sanguinaires » … »Idiots utiles » qui n’auraient qu’un seul horizon : « le pouvoir de l’or ». L’argent, étant devenu un graal de puissance masculine dans le référentiel devenu profondément féminin de notre échelle de valeur occidentale.

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