L’évadé kabyle Redoine Faïd s’est formé en Israël

Il a réalisé une spectaculaire évasion de prison ce matin : découvrez les secrets de Redoine Faïd, gangster d’origine algérienne lié aux réseaux israéliens.

 

En 2013, le fondateur de Panamza avait consacré trois articles à Redoïne Faïd, alors auteur d’une évasion de prison rocambolesque.

Aujourd’hui, dimanche 1er juillet, l’homme a récidivé -en hélicoptère.

Voici, ci-dessous, mes papiers (d’avril, mai et novembre 2013) relatifs à sa connexion israelienne.

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Il a exécuté un coup d’éclat digne de figurer dans Heat, son film fétiche : Redoine Faïd s’est échappé, hier matin, de la prison de Sequedin. L’action fut rocambolesque : pose d’explosifs sur cinq portes, prise d’otages, incendie d’une voiture et disparition dans la nature. Un mandat d’arrêt a été diffusé dans l’espace Schengen (comprenant les territoires de 26 Etats européens) et une centaine de policiers ont déjà été mobilisés. En 2005, alors incarcéré pour une autre affaire, l’homme avait déjà tenté, en vain, de réaliser une évasion spectaculaire.

Aujourd’hui, la plupart des médias de la presse généraliste se contentent de quelques éléments biographiques sommaires pour dresser le portrait du fugitif : le multirécidiviste, âgé de 40 ans, est associé au profil du jeune des quartiers devenu un as du grand banditisme. On parle de lui comme d’un « ex-petit délinquant des cités », un « gamin de banlieue » : manière délicate d’évoquer, entre les lignes, sa condition de fils d’immigré maghrébin. Le Franco-Algérien Redoine Faïd  a grandi effectivement dans une cité de la commune de Creil. Très jeune, il se fait remarquer par son succès dans le braquage de fourgons et un charisme indéniable qui suscite même l’admiration des policiers de l’Oise.

Pourtant, un élément singulier de la vie du braqueur évadé est omis aujourd’hui dans l’ensemble des commentaires de presse à son sujet : son rapport atypique avec l’Etat d’Israël.  Il faut se référer aux articles parus à l’occasion de la promotion de son livre d’entretiens -publié fin 2010- pour découvrir cet aspect biographique.

Redoine Faïd a entretenu, à la fin des années 90, un lien étroit avec la mafia israélienne. A tel point qu’il  avait « fait le projet », comme le rapporta Le Parisien en 2002, de se convertir au judaïsme afin de pouvoir s’installer discrètement dans l’Etat hébreu.

Le journaliste Frédéric Ploquin, proche des services de police et des institutions judiciaires, avait évoqué la question sur son blog hébergé par Marianne. A propos de sa disparition -début 2011- consécutive à un braquage raté qui s’est soldé par la mort d’une policière municipale, il écrivait ceci :

« On le disait en Israël, pays où il s’était adroitement replié lors d’une première cavale, prompt à porter la kippa et à apprendre l’hébreu. 

Autodidacte du braquage, il avait vite appris, peaufinant son savoir technique auprès d’un ancien militaire israélien. 

Et s’était rapidement hissé dans le petit cercle des braqueurs de fourgons blindés, l’aristocratie du crime organisé ».

Curieusement, cette mention truculente d’un fugitif prêt -dans le passé- à se fondre dans la population israélienne a été reprise par l’antenne anglophone de l’Agence France-Presse (et dans les médias anglo-saxons par la suite) mais demeure ignorée ce weekend par sa contrepartie francophone.

En janvier 2011, Le Parisien était plus explicite que Marianne :

« C’était lui, le boss, il montait les équipes, voyageait en Israël pour suivre des entraînements paramilitaires et se procurer des armes de guerre et des explosifs. Le braquage du fourgon de Villepinte (Seine-Saint-Denis) en juillet 1997 marque son apogée ».

Selon ses confidences publiées en 2010, Redoine Faïd a également investi en Israël, pays pour lequel il affichait alors son admiration. Il en parle d’ailleurs la langue.

Se faire la belle en Israël

Quelques mois après la sortie de son livre, la nouvelle coqueluche des médias était à nouveau traquée par la police. Disparu de la circulation, l’homme en liberté conditionnelle était soupçonné, selon un enquêteur interrogé par Le Parisien, de s’être envolé pour Tel Aviv : « Il est susceptible de se rendre à l’étranger et notamment en Israël, comme il l’a déjà fait ». Le pari était probable au regard du passé du délinquant : en 1998, le fugitif Redoine Faïd, présent « dans une agence de voyage du quartier de l’Opéra à Paris », avait été arrêté « alors qu’il achetait des billets d’avion pour Israël ».

Détail supplémentaire : dans son livre, Redoine Faïd racontait qu’il utilisait régulièrement la Suisse comme une « excellente couverture pour aller à l’étranger » avec des« faux papiers ». Gagner Tel Aviv depuis Genève : tel pourrait être l’objectif immédiat de l’homme en cavale. Voilà qui contredirait le pari du co-animateur du site arabophobe Fdesouche : sur Twitter, le dénommé « Pierre S.» envisageait, pour Redoine Faïd, un départ vers le Maghreb, «direction le bled ». Avec une touchante naïveté, l’ultra-nationaliste semble confondre la terre d’origine et la patrie de cœur.

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Manuel Valls et Redoine Faïd ont rendez-vous à l’aéroport Ben-Gourion​

Mise à jour du 29/05/13 : Redoine Faïd a été interpellé à Pontault-Combault. Réaction de Claude Cancès, ancien directeur de la police judiciaire de Paris, pour 20minutes.fr.

Une précédente cavale l’avait emmené jusqu’en Israël. Pensez-vous que Redoine Faïd cherchait à gagner l’étranger?

Peut-être, même s’il est difficile de se projeter lorsqu’on n’est pas au cœur de l’affaire. Mais notons d’abord que les frontières ne sont pas si faciles que cela à traverser. Il faut de l’argent pour produire des faux papiers, il faut également se transformer pour passer inaperçu. Il faut beaucoup d’argent, ce qui pourrait accréditer l’hypothèse que Redoine Faïd aurait pu préparer un braquage dans les semaines qui arrivent, pour se mettre à flot.

« Tout est fait pour appréhender Redoine Faïd », a déclaré aujourd’hui le ministre de l’Intérieur.

L’homme qui s’est échappé, le 13 avril, de la prison de Sequedin est toujours en cavale.

A l’attention de la presse, Manuel Valls a précisé ce lundi 20 mai qu’une collaboration policière « au niveau mondial » était en place.

Reste à savoir si cette traque internationale d’un criminel en fuite peut s’appuyer sur la pleine coopération des services de sécurité israéliens.

Comme l’a révélé l’auteur de ces lignes, Redoine Faïd a longtemps entretenu des liens étroits avec l’Etat hébreu, au point d’avoir déjà tenté de s’y réfugier lors d’une précédente cavale.

Heureuse coïncidence: l’actuel ministre de l’Intérieur cultive également un lien mystérieusement passionnel, qualifié d’« éternel », avec Israël en raison, expliqua-t-il, de sa vie conjugale aux côtés de la violoniste Anne Gravoin, citoyenne non-israélienne mais simplement française d’origine moldave.

A priori, la flamme singulière du « premier flic de France » pourrait lui permettre d’obtenir des informations sur la probable tentative de Redoine Faïd pour gagner, sous une fausse identité, l’aéroport international David-Ben-Gourion de Tel-Aviv. Les deux hommes disposent de réseaux franco-israéliens, même si ceux-ci ne se recoupent pas nécessairement: l’ex-braqueur est ainsi plus proche de la mafia israélienne que ne l’est Manuel Valls qui entretient davantage ses contacts dans les passerelles institutionnelles du mouvement sioniste (CRIF, BNVCA, cercle Léon Blum du Parti socialiste, mais aussi le Congrès juif mondial, l’American Jewish Committee et le Centre Simon Wisenthal).

Sa position, à la tête de l’Intérieur, est d’autant plus avantageuse pour obtenir des informations de la part d’Israël que ce ministère est réputé, depuis plus d’une cinquantaine d’années, entretenir une étroite collaboration avec les services secrets israéliens. Il faut lire « Les guerres secrètes du Mossad » d’Yvonnick Denoël -un historien plutôt favorable à l’idéologie sioniste- pour découvrir, dans le détail, l’étonnante et secrète complicité tissée, depuis la fin de la IVème République, par les Israéliens avec les responsables du renseignement français (RG et DST auparavant, DCRI désormais). Cette réalité, longtemps passée sous silence, avait été, pour la première fois, publiquement éventée en 2011, sous la plume de Roland Dumas et à l’occasion de la parution de l’autobiographie de l’ex-président du Conseil constitutionnel.

Cette connivence, méconnue des citoyens français, s’est d’ailleurs illustrée récemment dans l’étrange intervention de Richard Prasquier, président du CRIF, pour sauver la réputation de Bernard Squarcini, l’ex-directeur de la DCRI qui fut accusé par le père d’une victime de l’affaire Merah d’avoir laissé assassiner son fils.

Si Redoine Faïd, qui s’était perfectionné au braquage de banques grâce à des ex-militaires israéliens, devait se « planquer » dans l’Etat hébreu, une question se pose : Manuel Valls sera-t-il alors en mesure de tirer avantage de ses réseaux personnels et d’obtenir une aide pénale efficiente via la confirmation -ce qui entrainerait une demande d’extradition– de la présence du fugitif sur le sol israélien?

Si elle devait s’avérer juste, l’hypothèse d’un Faïd parti en Israël « se faire la belle » permettra, in fine, de vérifier l’efficacité, l’autonomie et la force de négociation de Manuel Valls face aux dirigeants d’un Etat étranger auquel l’élu de la Nation prêta une curieuse allégeance « éternelle ».

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Redoine Faïd en partance pour Israël : ma « théorie du complot » s’est avérée juste

Une source proche de l’enquête nous explique que c’est «un indic» qui l’a plombé: «Faïd comptait se réfugier à Tel-Aviv, sachant que la France n’a pas de convention d’extradition avec Israël.

Durant sa cavale, il a essayé d’acheter un faux passeport israélien.

Le jour de la tractation, à bord d’une voiture, le vendeur du faux passeport a balancé un portable ouvert sous le siège, ce qui a permis de les géolocaliser.»

Ces informations sont issues d’une enquête exclusive, publiée aujourd’hui -vendredi 1er novembre- dans Libération et intitulée « 24 minutes chrono, la belle de Redoine Faïd ».

Les journalistes Patricia Tourancheau et Willy Le Devin révèlent que le célèbre braqueur, récemment rattrapé par la police, avait bien tenté de gagner l’Etat hébreu à la suite de son évasion de la prison de Séquedin.

Dès le lendemain de sa fuite, j’ai été le premier à mettre en lumière les liens méconnus de Redoïne Faïd avec Israël. Dans mon article publié le 14 avril sur le site Oumma.com, j’écrivais ceci :

Aujourd’hui, la plupart des médias de la presse généraliste se contentent de quelques éléments biographiques sommaires pour dresser le portrait du fugitif : le multirécidiviste, âgé de 40 ans, est associé au profil du jeune des quartiers devenu un as du grand banditisme. On parle de lui comme d’un « ex-petit délinquant des cités », un « gamin de banlieue » : manière délicate d’évoquer, entre les lignes, sa condition de fils d’immigré maghrébin.

Le Franco-Algérien Redoine Faïd  a grandi effectivement dans une cité de la commune de Creil. Très jeune, il se fait remarquer par son succès dans le braquage de fourgons et un charisme indéniable qui suscite même l’admiration des policiers de l’Oise.

Pourtant, un élément singulier de la vie du braqueur évadé est omis aujourd’hui dans l’ensemble des commentaires de presse à son sujet : son rapport atypique avec l’Etat d’Israël.  Il faut se référer aux articles parus à l’occasion de la promotion de son livre d’entretiens -publié fin 2010- pour découvrir cet aspect biographique.

Et de conclure mon papier par ces mots :

Dans son livre, Redoine Faïd racontait qu’il utilisait régulièrement la Suisse comme une « excellente couverture pour aller à l’étranger » avec des « faux papiers ». Gagner Tel Aviv depuis Genève : tel pourrait être l’objectif immédiat de l’homme en cavale.

Un mois plus tard, l’homme était toujours en cavale. Dans un nouveau papier, publié sur mon blog et intitulé « Manuel Valls et Redoine Faïd ont rendez-vous à l’aéroport Ben-Gourion », je développais mon hypothèse esquissée sur Oumma :

La flamme singulière de Manuel Valls [envers Israël] pourrait lui permettre d’obtenir des informations sur la probable tentative de Redoine Faïd pour gagner, sous une fausse identité, l’aéroport international David-Ben-Gourion de Tel-Aviv. Les deux hommes disposent de réseaux franco-israéliens, même si ceux-ci ne se recoupent pas nécessairement: l’ex-braqueur est ainsi plus proche de la mafia israélienne que ne l’est Manuel Valls qui entretient davantage ses contacts dans les passerelles institutionnelles du mouvement sioniste (CRIF, BNVCA, cercle Léon Blum du Parti socialiste, mais aussi le Congrès juif mondial, l’American Jewish Committee et le Centre Simon Wisenthal). (…)

Si Redoine Faïd, qui s’était perfectionné au braquage de banques grâce à des ex-militaires israéliens, devait se « planquer » dans l’Etat hébreu, une question se pose : Manuel Valls sera-t-il alors en mesure de tirer avantage de ses réseaux personnels et d’obtenir une aide pénale efficiente via la confirmation -ce qui entraînerait une demande d’extradition– de la présence du fugitif sur le sol israélien?

Si elle devait s’avérer juste, l’hypothèse d’un Faïd parti en Israël « se faire la belle » permettra, in fine, de vérifier l’efficacité, l’autonomie et la force de négociation de Manuel Valls face aux dirigeants d’un Etat étranger auquel l’élu de la Nation prêta une curieuse allégeance « éternelle ».

Ces deux articles, très relayés sur les réseaux sociaux (3700 partages sur Facebook pour celui d’Oumma) avaient parfois suscité les commentaires sarcastiques de certains internautes.

Un certain Palazzo a résumé le ton ricaneur de ces critiques : « Monsieur Hicham Hamza, nous avons eu cette année un hiver détestable, enquêtez sur ce sujet car je suis sûr qu’Israël ne doit pas être étranger à cela ». D’autres ont mis en doute le sérieux du site internet du premier article, en l’occurrence Oumma.com: « Voilà une source que tu jugeras indiscutable 😉 », écrit le responsable du compte du « Jewish Social Network » dénommé « Entre feujs ».

Le site Magen.fr, qui se présente comme une « revue de presse sur Israël, ses voisins et le monde juif » recommande également à ses lecteurs de « prendre [l’article d’Oumma] avec des pincettes ».

Enfin, un certain Elias, étudiant au King’s College de Londres, s’est montré plus vindicatif:

Curieuse réaction, par ailleurs : censé prôner la dissidence en matière journalistique, l’administrateur (anonyme) de la web tv Independenza a réagi -via Facebook -avec encore plus de violence au papier publié sur Oumma, qualifié alors de « torchon ».

Toutes proportions gardées, l’affaire Snowden illustre, sur une échelle plus large, la cécité généralisée de certaines figures de la vie publique (intellectuels, journalistes, universitaires, militants associatifs) qui continuent de qualifier paresseusement de « complotisme » toute hypothèse audacieuse remettant en cause une version officielle ou exposant une réalité passée sous silence. Pendant des années, ceux qui dénonçaient les dangers de la puissance technologique des Etats-Unis et d’Israël en matière de surveillance électronique étaient présentés comme des doux dingues un brin paranoïaques. Edward Snowden a pourtant commencé à divulguer des faits encore plus accablants au sujet de la voracité intrusive de Washington et Tel-Aviv.

A son modeste niveau, l’impasse médiatique à propos de la connexion israélienne de Redoine Faïd illustre la terrible régression du journalisme d’investigation en France. Désormais, rechercher des informations souterraines, les exposer et en tirer des hypothèses avancées prudemment relève, pour certains, du « conspirationnisme ».

La presse hexagonale, de plus en plus moribonde, n’a pas démérité sa lente agonie.

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