Mis en examen pour avoir qualifié Caroline Fourest de « désinformatrice »

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Démystifier publiquement le pseudo-travail journalistique de Caroline Fourest peut vous conduire au tribunal. Tel est mon cas.

 

Journaliste indépendant et fondateur du site d’investigation Panamza, je serai bientôt convoqué à la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris.

Mon avocate m’a transmis le « réquisitoire définitif » du procureur de la République, suite à ma mise en examen pour « diffamation » envers « Caroline Guillemot-Fourest ».

La plaignante me reproche les mots utilisés à son endroit dans deux articles publiés en février 2013, l’un sur Oumma.com (repris, entre autres, par le site E&R), l’autre sur mon blog. Termes visés : « bidonnage », « désinformatrice », « opération frauduleuse », « escroquerie journalistique », « elle ment ».

fou2Le fond de l’affaire?

Ma démonstration de l’altération d’une interview (visible ici) relative aux zones d’ombre du 11-Septembre et extraite d’un documentaire réalisé par Caroline Fourest pour France 5 (1,9% d’audience et 95,6% des internautes ayant jugé l’émission « non-crédible »).

sondagefrance5

Le témoignage portait sur les agents des services secrets israéliens qui ont été arrêtés aux abords de New York le 11 septembre 2001 pour avoir manifesté une joie incongrue cinq minutes après l’impact du premier avion dans le World Trade Center. Au lieu du mot « pincer », prononcé par l’interviewé dont la voix fut déformée, le sous-titrage afficha le mot « passer » suivi de trois points de suspension. Le sens de la phrase en fut donc modifié : il n’était plus question de la réalité de l’arrestation policière d’agents secrets israéliens.

L’homme interrogé par l’équipe de Caroline Fourest, dénommé Raphaël Berland et animateur du Cercle des Volontaires, m’avait contacté à la suite de la mise en ligne de mon article afin de me confirmer avoir bien prononcé le mot « pincer ». Dans un billet rédigé pour son site, il corrobora mon information-clé relative à l’altération de ses propos :

La personne floutée, c’est moi, et je peux vous affirmer que mes propos ont été intentionnellement coupés. Et pour cause : je dévoilais les principaux éléments indiquant la probable implication du Mossad dans les attentats du 11 septembre 2001.

Dans une vidéo mise en ligne le 17 septembre, Caroline Fourest aborda brièvement la question de son dépôt de plainte pour mieux brouiller les pistes sur l’origine exacte de l’article révélant son bidonnage.

La veille, sur le site du Huffington Post, un enfumage similaire avait été employé comme l’a déjà évoqué Panamza :

Fourest profère une contre-vérité dans le passage mis en exergue par Panamza (souligné en rouge).

 L’accusation de « bidonnage » de son reportage -qui a entraîné une plainte de sa part- ne provient pas d’un « esprit délirant de Reopen911 » mais d’un ex-journaliste du site Oumma.com, à savoir l’auteur de ces lignes. Comble du bobard : Fourest affirme aujourd’hui que la séquence pointée du doigt est « non montée et parfaitement juste ». C’est faux.

Je dispose du témoignage -direct et certifié- du citoyen interviewé par les équipes de Fourest (et présentée par la réalisatrice comme un « sympathisant de Reopen911 qui se perd dans ses raisonnements ») : il réfute, comme je l’avais affirmé dans mon article d’Oumma, avoir prononcé le mot « passer » que lui prête Fourest.

Cette altération a modifié le sens de sa déclaration aux yeux du téléspectateur et occulté le fait historique souligné par ce témoin: des agents du Mossad se sont fait « pincer » (et non « passer ») par la police américaine le 11 septembre 2001.

Bidonnage via le tour de passe-passe « pincer/passer » (dans une séquence qualifiée, sans rire, de « non montée et parfaitement juste ») et double enfumage sur la source de l’article (imputé, tantôt à E&R, tantôt à Reopen911) : cette litanie de mensonges, de la part d’une « journaliste d’enquête » qui prétend « respecter la réalité des faits », ne s’arrête pas là.

Sollicité pour une interview figurant dans son documentaire, l’éditeur Arno Mansouri a dénoncé, suite à sa diffusion sur France 5, une manoeuvre frauduleuse : l’équipe venue l’interroger (et payée, rappelons-le, par le service public audiovisuel) avait dissimulé l’identité de la réalisatrice.

Non seulement le journaliste venu à ma rencontre ne m’a jamais informé que Fourest était aux commandes du documentaire auquel il participait, mais il m’a présenté cette émission comme s’intéressant « aux raisons pour lesquelles les Français doutent des médias ». Bel exemple de déontologie que de mentir aux gens que l’on interroge, en faisant croire dans le même temps au grand public qu’il est nécessaire de « s’infiltrer chez les extrémistes » ?

Accusation identique chez les militants de Reopen911 interrogés dans le film : les reporters venus à leur rencontre, lors d’une soirée-débat organisée en septembre 2012, avaient berné leurs interlocuteurs au sujet du but du tournage.

Nous avons répondu à toutes les questions des deux équipes (StreetGeneration et Et La Suite Production) qu’elle a envoyées à notre rencontre alors que ces journalistes ne nous avaient pas indiqué la véritable utilisation qui allait être faite des images.

Détail intéressant : Reopen911 précise, dans un autre article, avoir été filmé par « un cameraman de StreetGeneration ». Leurs propos ont été recueillis en même temps que celui -déformé- de Raphaël Berland : tous apparaissent dans la même séquence, filmée le 10 septembre 2012 dans un local du XXème arrondissement de Paris .

 

Question : l’homme qui a filmé Berland a-t-il également participé au bidonnage du sous-titrage?

D’ordinaire, les caméramen assistent au montage des images qu’ils ont capturées.

En l’occurrence, seul un fait est certain: sur la question de l’image d’Israël (mise en péril par l’exposition médiatique de l’arrestation d’agents -joyeux- du Mossad le 11 septembre 2001), StreetGeneration n’est pas exactement neutre.

Le directeur de publication de ce site se nomme Bernard Abouaf: patron de Radio Shalom, ex-étudiant de l’université de Tel Aviv et proche de Johan Weisz-Myara, l’homme -qui résume les incidents de la rue de la Roquette (provoqués par la LDJ) à de la « pure haine arabe contre les juifs »– s’était joint à une convention du Crif pour mener une table ronde consacrée à la « passion antisioniste ».

Rappelons également que le documentaire de Fourest fut produit par Rachel Khan, l’épouse d’un célèbre magnat de la presse (prénommé Jean-François) qui se vanta de la forte proportion de « juifs sionistes » dans son hebdomadaire Marianne.

Rachel Kahn, Caroline Fourest, Bernard Abouaf et son caméraman: du sommet à la base de l’équipe figure un même attachement, plus ou moins intime, à la préservation de l’image d’Israël. Ceci suffit-il à expliquer la volonté d’occulter l’étrange incident relatif au Mossad?

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Caroline Fourest entourée de Frédéric Encel, Alain Finkielkraut et Hassen Chalghoumi, Tel Aviv, juin 2012

Avant d’aller plus loin sur la question de l’éventuelle motivation personnelle de Fourest, un rappel s’impose ici.

Qui est-elle exactement?

Et pourquoi la militante islamophobe -dont l’auteur de ces lignes a révélé, depuis 2010, plusieurs dérapages réunis dans un dossier en ligne– est-elle « crainte » dans « l’univers politico-médiatique » selon un portrait publié en 2012 par la revue Charles?

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Caroline Fourest à la célébration du nouvel an juif organisée au domicile de « l’agent » d’Israël Marek Halter, septembre 2013

En définitive : quels sont ses réseaux? Qui sont les discrets soutiens, notamment économiques, d’une idéologue qui continue, à ce jour, d’être rémunérée par le service public?

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Une « féministe bourgeoise et intellectuelle »: c’est en ces termes que la journaliste -et millionnaire– Anne Sinclair présente celle qui a droit à une tribune régulière sur son site Huffington Post. Domiciliée dans un appartement parisien cossu et décoré « à la mode orientale » (selon Charles), l’influente militante âgé de 39 ans -qui aime se détendre à l’ultra-chic restaurant Procope– est issue d’une famille aisée de commerçants aixois, très à droite. « Élevée »le 17 janvier 2013, par son amie Aurélie Filipetti, alors ministre de la Culture- au grade de « chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres », Caroline Fourest est une intervenante régulière aux colloques du Parti socialiste.

Elle fut d’ailleurs membre du comité interministériel des droits des femmes et de l’égalité professionnelle (formé en novembre 2012) via son intégration (dans le groupe « personnalités qualifiées, artistes et experts ») au comité relatif à l’égalité femmes-hommes dans le domaine de la culture et de la communication.

Bonne pioche: avant 2012, elle avait cultivé une telle proximité avec Manuel Valls, alors député-maire d’Évry, que celui-ci, devenu ministre de l’Intérieur, fit appel à elle pour calmer les débordements des Femen, groupuscule pseudo-féministe, antichrétien et islamophobe mené par Inna Schevchenko, jeune Ukrainienne à laquelle Fourest consacra récemment un livre-guimauve selon la plupart des critiques littéraires.

Valls et Fourest partagent d’ailleurs la même réticence à employer le mot « islamophobie », terme-inventé-par-l’Iran-des-mollahs si l’on en croit le tandem d’historiens approximatifs.

L’essayiste fait également partie du cercle BHL: elle fut invitée aux 20 ans de la revue animée par Bernard-Henri Lévy et continue d’être éditée par la société dont l’écrivain-faiseur de guerres est actionnaire (Grasset).

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Quand elle s’estime diffamée (comme c’est souvent le cas), Fourest adresse un droit de réponse (sauf à Oumma.com). Telle fut sa démarche lorsque le journaliste David Doucet souligna ses contre-vérités dans la polémique qui l’opposa à Frédéric Taddeï, sommairement accusé de gonfler l’antisémitisme par le choix de ses invités. Réplique, mi-agacée mi-hilare, de l’animateur -le 30 janvier, sur France Culture– qui l’accusa de faire de la « désinformation ».

Rappelons au passage que Fourest se targue solennellement -cela ne s’invente pas- de « ne pas accepter, en tant que journaliste, de servir la désinformation ».

A-t-elle depuis poursuivi en justice Frédéric Taddeï pour son propos? Que nenni.

De même, elle n’a pas intenté de procès à la liste suivante de personnalités ou de groupes qui ont employé à son endroit des termes pour le moins critiques : Pascal Boniface et Sadri Khiari (« sérial-menteuse »), Alain Juppé (« perfide menteuse »), Les Indigènes de la République (« imposteure »), le collectif LMSI (« Super-Menteuse »), Jean-Claude Guillebaud (« inquisitrice idiote et obsessionnelle »), André Bouny (« journaliste de caniveau »), liste non exhaustive.

Sans omettre de citer ici Denis Robert, journaliste d’investigation qui a publiquement salué, via Facebook, ma divulgation embarrassante pour Fourest.

Et quand cette marraine de SOS Racisme (ainsi que d’un groupe anti-islammenace de porter plainte, comme ce fut le cas dans l’affaire des Ya Bon Awards (dont le jury 2012 lui décerna un prix pour ses propos « racistes »), elle finit par se rétracter.

L’humaniste outrée devant un tel affront sembla avoir déjà oublié qu’elle fit par ailleurs l’éloge -en juin 2008, dans Charlie Hebdo– d’un caricaturiste néerlandais pourtant raciste dénommé Gregorius Nekschot.

À l’inverse des individus et groupes cités plus haut, qui a-t-elle traîné en justice (hormis l’auteur de ces lignes)? Nordine Saïdi, porte-parole du parti belge Égalité et militant pro-palestinien. Prétexte: une vidéo hostile à Fourest et simplement relayée par le jeune homme sur son mur (public) Facebook.

Chose étrange avec l’intéressée : le fossé grandissant entre, d’un côté, sa célébration permanente par une frange de l’élite politico-médiatique et, de l’autre, sa réprobation croissante au sein de l’opinion publique telle que celle-ci se reflète dans les réseaux sociaux.

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Illustration: d’un côté, le service public de France 2 qui l’encense au cours d’une émission spéciale; de l’autre, des militants anti-racistes et hostiles à l’islamophobie (intellectuels, enseignants, journalistes) qui rapportent  sans cesse ses « mensonges » relatifs, par exemple, à de pseudo-agressions survenues en 2004 (à l’Institut du monde arabe) ou en 2012 (à la Fête de l’Huma). Son but? Adopter la posture victimaire -et rentable- d’une héroïne moderne persécutée par d’obscurs islamogauchistes.

Est-il permis d’écrire, noir sur blanc, qu’il arrive que Fourest puisse, à l’occasion, mentir en connaissance de cause?

Oui.

À condition d’étayer l’accusation, preuves -ou bon sens- à l’appui.

Ainsi, quand elle affirme, sur une chaîne du service public, que « les familles musulmanes demandent à ce qu’on n’enseigne pas la Shoah », c’est une contre-vérité. Grossière et honteuse car elle jette le discrédit sur l’ensemble des citoyens musulmans présentés au téléspectateur comme d’odieux réfractaires à l’enseignement de l’histoire contemporaine.

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Soulignons également que Fourest manifeste la même désinvolture avec les faits sur un autre sujet : l’Ukraine. Le CSA l’a récemment taclée pour son « insuffisance » journalistique à propos d’une chronique radiophonique inexacte et une spécialiste reconnue de la Russie -Anne Nivat- n’a pas hésité à l’humilier en direct, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, en l’encourageant à « faire du reportage » sur le terrain afin de pouvoir « raconter des choses objectives ».

L’été dernier, la militante a également été ridiculisée par son soutien précipité envers Amina Sboui, ex-Femen qui avait prétendu, avant de se rétracter devant les policiers, avoir été tondue par un groupe de barbus islamistes qui rôdaient à l’aube, place de Clichy, soit à deux pas -sans rire- du quartier Pigalle.

Capture d’écran du tweet supprimé, suite au revirement de l’affaire Amina

Enfin, il faut évoquer ici l’incroyable traitement de faveur dont bénéficie Fourest: trois fois condamnée pour diffamation (Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, Rabia Bentot), elle continue pourtant de recevoir de l’argent public, via ses collaborations avec Radio France et La Chaîne Parlementaire. Mieux encore : sa revue Pro-Choix, dont elle est rédactrice en chef, a encore reçu une subvention, fin 2013, de la part de la Ville de Paris. Montant alloué par Fatima Lalem, ex-adjointe au maire : 10 000 euros (12 000 l’année précédente) pour un magazine trimestriel et ultra-confidentiel vendu à 14 euros.

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La défense de la subvention -rédigée au nom du maire de Paris (le socialiste Bertrand Delanoë)- devrait servir de lettre-modèle pour toute association partageant les mêmes objectifs nébuleux :

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Signalons ici qu’une figure éminente du clan Fourest –Rudy Reichstadt, animateur inénarrable du site Conspiracy Watch (d’ailleurs interrogé dans le documentaire de France 5 -en tant que tel- par son amie Caroline) et contributeur régulier de la revue Pro-Choix travaille, coïncidence fortuite, pour la Ville de Paris.

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Pour conclure ce volet en toute légèreté, et avant d’aborder la question de l’engagement pro-israélien de Caroline Fourest, Panamza vous propose de découvrir dans quelle direction votre argent, cher contribuable, est dépensé. Voici les quatre premiers épisodes (sur neuf) de la nouvelle série documentaire co-produite par LCP. Thèmes respectifs: les incivilités, l’immigration, le « deux poids deux mesures » et l’islamophobie.

À vous d’apprécier, sur la forme et sur le fond, le dernier travail d’enquête et de pédagogie de Caroline Fourest.

http://www.dailymotion.com/video/x28hur0 http://www.dailymotion.com/video/x28wqjx http://www.dailymotion.com/video/x2b4m1i http://www.dailymotion.com/video/x2cmb08

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Ce qu’il faut en retenir brièvement? Co-produite par Rachel Kahn et LCP, cette série-fleuve est également financée par la société de Tarak Ben Ammar (Prima TV). Particularité de ce dernier : son amitié avec Yossi Gal, ambassadeur d’Israël en France (et proche de l’extrême droite israélienne). L’homme d’affaires Franco-Tunisien n’avait pas hésité à faire plaisir à Marek Halter, agent officieux de Tel Aviv, en lui prêtant son jet privé afin d’acheminer une dizaine d’imams triés sur le volet (dont Hassen Chalghoumi) pour rencontrer -en vain- le pape.

Autre détail croustillant: dans l’épisode consacré aux incivilités, Fourest fait appel à l’expertise juridique d’un avocat emblématique des réseaux fourestiens. Son nom : Michaël Ghnassia. Sa spécificité: combattre le boycott d’Israël et défendre les (pourtant peu civiles) Femen.

Notons également que le troisième volet, consacré au « deux poids deux mesures », était différement intitulé à l’origine.

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Quelqu’un a-t-il jugé, au sein de la direction des programmes de LCP, que pointer nommément du doigt « les Juifs » –sur la thématique du traitement de faveur- était un brin caricatural? Toujours est-il qu’aucune explication sur l’origine de cette modification ne figure sur les sites de la chaîne et de la boîte de production.

Enfin, à propos de cette nouvelle émission, remarquons que la fine équipe réunie autour de Caroline Fourest a eu la bonne idée, en termes budgétaires, de réaliser des micro-trottoirs auprès de plusieurs passants d’origine étrangère. L’avantage? Obtenir ainsi le « soutien » financier (crédité dans le générique de fin) de la Commission images de la diversité de l’Agence nationale pour la cohésion et l’égalité des chances.

Caroline Fourest, Hassen Chalghoumi et Fiammetta Venner, Tel Aviv, juin 2012

Pour revenir sur la question des liens entre Fourest et le régime ségrégationniste d’Israël, une première esquisse éclairante apparaît dans la réaction de la mouvance sioniste hexagonale envers son documentaire de France 5, subtilement intitulé « Les obsédés du complot ». En un mot : l’accueil fut élogieux. Crif, Licra, Judaïc Ciné (lié au Fonds social juif unifié), l’association Europe-Israël, Meir Waintrater, entre autres : tous ont salué -ou encouragé à voir- le film de l’intéressée.

Un mois plus tard, en mars 2013, Fourest participa d’ailleurs au 47 ème congrès de la Licra en compagnie de Jacques Attali. Et à propos de cette organisation, signalons que l’une de ses adhérentes n’est autre que Sylvia Zimmermanndoyenne des juges d’instruction du TGI de Paris (qui a reçu en conséquence le dépot de plainte de Fourest dont il est question dans l’article présent).

Par ailleurs, il convient de garder en mémoire que l’actuel procureur de la République de Paris, dénommé François Molins (ex-bras droit de Michèle Alliot-Marie), n’avait pas hésité à se joindre à un colloque sur l’antisémitisme organisé –au sein des locaux de l’Assemblée nationale et en présence de la LDJ– par le militant ultra-pro-israélien (et ex-policier) Sammy Ghozlan.

Sur le positionnement de Fourest à l’égard de la question israélo-palestinienne, sa récente intervention sur Arte, dans l’émission 28 minutes, résume l’essentiel. Interrogée –le 14 novembre– par l’animatrice à propos du vote parlementaire relatif à la reconnaissance de l’État de Palestine, la chroniqueuse affirma y être favorable avant d’ajouter aussitôt sa justification atypique : un État palestinien aux côtés d’Israël permettra enfin, selon elle, d’envisager ce conflit de manière symétrique. Sous-entendu à peine voilé : nous sortirons ainsi du discours opposant un régime oppresseur et un peuple opprimé. Nulle surprise quand on se souvient qu’une cartographie élaborée par son équipe avait considéré que les associations de défense des droits des Palestiniens devaient être considérés comme « extrémistes ».

 

Nul étonnement, non plus, qu’avec un tel acharnement à évacuer toute sémantique relative à l’occupation israélienne des territoires palestiniens, Fourest soit éditée, outre-Atlantique, par un chantre de Tel Aviv, également proche de la galaxie islamophobe US : Roger Kimball, patron de Encounter Books.

Mais le meilleur reste à venir.

Un rappel auparavant en guise d’entracte : l’ode antiraciste de Fourest.

http://www.dailymotion.com/video/x17xyla

Connaissez-vous Corinne Evens?

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Pour être précis : Corinne Lena Davin Evens, citoyenne belge née en 1955 et domiciliée dans le quartier parisien du Marais.

Élevée –fin 2012– au grade de chevalier de l’Ordre national du mérite, cette femme d’affaires, à la tête du richissime groupe Evens (diamant et argenterie), préside -outre une fondation philanthropique– une multitude de compagnies et de sociétés immobilières.

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Evens est aussi proche de Jacques Attali : elle co-administre son groupe PlaNet Finance.

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Présidente de l’Association européenne du Musée de l’histoire des juifs de Pologne, elle fut honorée -le 26 octobre- par l’ambassade de France à Varsovie (en présence d’Alain Finkielkraut). Deux jours plus tard, l’exposition permanente était inaugurée au terme d’une collecte internationale de plusieurs années (40 millions de dollars réunis). Exemple : le 23 octobre 2012, à Paris, Evens avait pu réunir, en compagnie de Bernard Kouchner et Roman Polanski, la somme de 200 000 euros.

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Corinne Evens est également la vice-présidente du CEJI, acronyme signifiant une « contribution juive à une Europe inclusive » (groupe censé promouvoir la diversité et la lutte contre l’antisémitisme). Elle figure aussi au « Haut Conseil » de l’Alliance israélite universelle (aux côtés de Roger Cukierman, président du Crif), fait partie du comité exécutif de l’Association des amis français de l’Université Ben Gourion du Néguev et figure au sein du comité d’honneur de la Fondation France-Israël.

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Quel rapport avec Fourest?

Celui-ci.

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Corinne Evens a initié et injecté son argent dans une série documentaire partiellement diffusée par France 24 (arabe), toujours en cours de production et réalisée par Caroline Fourest en tandem avec sa compagne Fiammetta Venner (une émule de l’historienne -et membre du B’naï Brith– Rita Thalmann).

So what?

Dans le monde de la production audiovisuelle francophone, Evens n’est probablement pas la seule personnalité, à la fois communautariste et sioniste, à financer –via sa société Eris– la documentariste.

Le diable se niche pourtant dans les détails : Evens n’est pas seulement attachée à l’État d’Israël.

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Celle que l’on présente d’ordinaire comme une généreuse mécène humaniste développe un racisme particulièrement virulent à l’encontre des Arabes.

La preuve : un long portrait-entretien que lui a consacré -en 2013- le quotidien israélien Haaretz.

Evens -qui estime que les Palestiniens ne sont pas encore « prêts à avoir leur propre État »– affirme ainsi le propos suivant :

Je suis très préoccupée par l’antisémitisme en Europe et par l’image d’Israël sur la scène internationale mais je ne crois pas que les Polonais soient plus antisémites que, disons, les Français.

L’antisémitisme est en hausse en Europe à cause des Arabes qui envahissent le continent et l’inondent avec une idéologie anti-israélienne.

Aux prochaines déclamations anti-racistes de Caroline Fourest, il suffira de prononcer les mots « Corinne Evens » pour dissiper la noble posture d’une essayiste partie, depuis longtemps, en guerre contre l’islam.

À la grande satisfaction des faucons de Tel Aviv.

Et, pour l’anecdote, sachez, cher lecteur courageusement arrivé jusqu’au terme de cet article-fleuve, que madame Evens avait organisé la collecte new-yorkaise (pour son musée polonais) avec un certain Larry Silverstein.

Larry Silverstein lors d’une réunion de l’Appel juif unifié, New York, 12 juin 2014

Promoteur immobillier, ami de Benyamin Netanyahou et « chanceux » bénéficiaire de la destruction du World Trade Center le 11 septembre 2001.

Une démolition contrôlée -pour être exact- qui fut expressément passée sous silence par Fourest dans son documenteur de France 5.

La boucle est bouclée.

Pour soutenir l’auteur de ces lignes face à la tentative d’intimidation -judiciaire et financière- de Caroline Fourest, vous pouvez faire un don ci-dessous à Panamza.

Chaque euro servira à couvrir les frais de justice engendrés par ce procès qui s’annonce important.

Vous pourrez ainsi garantir également la continuité d’un travail d’investigation journalistique qui a déjà fait ses preuves et que certains -personnalités politiques, médiatiques ou culturelles, haut-fonctionnaires, militants associatifs, lobbies exposés par mes enquêtes- voudraient voir s’estomper, faute de moyens.

  

HICHAM HAMZA  

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