Pédopornographie, snuff-movies, prostitution de mineurs : un réseau impuni depuis 20 ans en Espagne

Retour sur l’affaire du Bar Espana, dont on a déjà parlé il y a quelques années. Pour résumer l’histoire en deux lignes, il est question de plusieurs dizaines d’enfants qui ont été violés par un réseau qui faisait dans les partouzes pédophiles, les snuffs et la pédopornographie, ainsi que dans d’autres magouilles. Les profils des coupables, restés impunis à ce jour, sont variés : politiciens locaaux, entrepreneurs, réalisateur, patron de bar… 

 

Si je reviens sur cette affaire aujourd’hui, c’est parce qu’on peut faire un lien entre l’un de ses protagonistes, le producteur de pédoporno Bernard Alapetite, et l’un des proches de « Jeremstar », ce Youtubeur hyper connu des ados accusé par certains de servir d’appât à des amis pédophiles pour attirer des adolescents.

Je reviendrai plus tard sur cette histoire, car les connexions de la petite bande autour dudit « Jeremstar » méritent d’être creusées [1]. Ici, on va plutôt voir quel est ce réseau de VIP actif pendant plus de 20 ans dans la région de Valence, et dans lequel le dénommé Bernard Alapetite avait un rôle central.

 

80 victimes, 0 coupable, 20 ans d’impunité

L’affaire du Bar Espana, c’est aujourd’hui 80 enfants victimes de ce réseau qui ont été identifiés, dont la plupart sont passées par un foyer appelé la résidence Baix Maestrat de Vinaroz, dont la directrice collaborait avec le réseau, selon plusieurs sources. On parle aussi, d’après les témoignages, de cinq enfants assassinés par le réseau dans le cadre d’orgies et/ou de snuff movies.

Quant aux membres du réseau, 57 ont été nommés par les victimes ou par des repentis, et ils sont souvent issus du gratin local (patrons, politiques, avocats, magistrats… le classique quoi).

Les premères dénonciations de ce réseau, qui gravitait autour du bar Espana et de la résidence Baix Maestrat principalement, ont eu lieu en 1997.

Mais pendant 20 ans rien ne s’est passé. Malgré les dénoncations de plusieurs victimes et parents de victimes, les seules procédures entamées par la justice visaient à les faire taire (les victimes).

Ce réseau opérait à partir d’un QG qui était le Bar Espana, à Benicarlo. L’affaire a commencé à être dénoncée au milieu des années 90, mais les toutes premières inculpations viennent seulement d’avoir lieu. Un documentaire,  La manada, a été réalisé par Valenti Figueres au sujet de cette affaire, et dénonce cette impunité.

Dès 1997, deux fillettes de 3 et 5 ans ont bien décrit à leur père, Reinaldo Colas, les viols et les films qu’on les obligeait à faire. Elles ont aussi nommé d’autres enfants victimes, dont certains venus de la résidence Baix Maestrat.

Elles ont parlé de plusieurs adultes ayant participé aux viols, comme Giuseppe Farina, Bernard Alapetite « el Francés », qui faisait les films et participait aux viols, ainsi que d’autres comme le capitaine S., de la gendarmerie du coin et la juge Diaz. Et finalement, elles ont décrit avec leurs mots un réseau de prositution de mineurs, et une véritable mafia.

Le portier du bar, Antonio Peraire, a tout confirmé. Il a expliqué que leur mère se rendait au Bar Espana avec un des pontes du réseau, Giuseppe Farina, ancien président du Milan AC et nouveau copain de leur mère.

Il a dit qu’il avait reconnu une des fillettes sur une vidéo pédoprno tournée dans le bar, et plein d’autres choses sur le fonctionnement de ce réseau, dirigé par Carlos Fabra (lunettes noires, sur la photo en haut).

Le père a porté plainte en avril 1997 et fourni des enregistrements de ses filles et du porter, mais elle n’a débouché sur rien.

Il faut dire que c’est justement le policier S. qui les a reçus, et que c’est la juge Diaz qui s’est occupée de fermer le dossier au plus vite. Les deux sont des membres importants du réseau, selon plusieurs témoignages. Bref, à peine un mois après la première des deux plaintes [2] , la juge Diaz ordonne le placement des fillettes à la résidence.

Au fil du temps, d’autres parents de victimes, dont les enfants ont été placés à la « Résidence » Baix Maestrat, avant ou après avoir dénoncé les faits, ont rejoint le combat de l’infatiguable Colas, qui n’est jamais parvenu à sortir ses filles, âgées de 3 et 5 ans quand elles ont parlé, de ce bourbier.

Trois gamins avaient dénoncé les mêmes faits dès 1997. Ils disaient qu’on les amenait depuis le foyer jusqu’au bar dans une fourgonnette verte. Dans le bar, on a commencé par leur faire regarder des films pédopornos pour leur montrer ce qu’on attendait d’eux. On les a aussi drogués, notamment avec de la cocaïne.

La mère de deux des enfants victimes, placés à Baix Maestrat parce qu’elle devait purger une peine de 3 ans de prison pour détention de drogue, explique qu’ils lui écrivaient pour lui raconter ce qu’il se passait. Mais elle n’a jamais reçu les cartes, qui n’ont jamais franchi les portes de la résidence.

Une autre famille, dont les fils sont passés par la résidence et par le Bar Espana, s’est encore faite connaître en 2012. Aujourd’hui, une douzaine de victimes se sont exprimées publiquement, ont dénoncé les mêmes faits dans les mêmes lieux, les mêmes personnes, la même organisation avec les mêmes activités et le même mode opérationnel.

Des enfants ont aussi parlé de plusieurs meurtres auxquels qu’on les a obligés à assister. Au total, on parle de cinq meurtres d’enfants commis par ce réseau.

L’un d’eux est celui d’une fillette de 5 ou 6 ans violée en tournante jusqu’à ce que mort s’en suive, a été commis par Fabra et Alapetite, selon plusieurs témoins. Alapetite est cité dans le réseau à la fin des années 90, au moment où il était sous le coup d’une instruction pour avoir diffusé des vidéos pédopornos dans le réseau ADO 71 et dans le réseau TORO BRAVO. Il a pris une peine dérisoire parce qu’on n’a pas pris la peine d’enquêter sur ses activités, notamment en Espagne.

Un autre meurtre, celui d’un garçon gitan, est raconté par plusieurs témoins. L’un d’eux a déclaré à la justice qu’au Mas de Coll, on les a obligés à participer à une sorte rituel satanique. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup d’adultes. « Dans ce rituel, Carlos Fabra, habillé pour l’occasion avec une tunique noire qui avait une croix à l’envers, autour du cou il avait une chaîne avec une étoila à cinq branches à l’envers sur le torse », et ils ont parlé une langue étrangère qui ressemblait à du latin. Au sol ils avaient dessiné une étoile à cinq branches et deux cercles. Au centre de l’étoile il y avait un garçon avec une tunique de couleur claire. Une vingtaine d’enfants et autant d’adultes étaient présents.

C’est Fabra qui dirigeait la cérémonie, qui était entièrement filmée par Rodolfo le cadreur de la bande. A la fin de la cérémonie (c’est raconté par les différents témoins) Fabra a tiré deux balles sur le garçon en tunique, une dans la tête, une dans l’estomac et une dernière en l’air.

Tout était toujours filmé, ont raconté les enfants, ainsi que les deux repentis qui ont parlé à la justice (et dont les témoignages ont été diffusés). Il y avait aussi, apparemment, des parents qui vendaient carrément leurs enfants, juste pour l’argent.

Une juge en particulier, très prompte à placer les enfants dans la résidence, a été citée comme l’un des pontes du réseau et pédophile par des enfants et par d’anciens membres de ce réseau.

ESPAÑA | Pederastas al descubierto – Castellón 1/2 | RED INTERNACIONAL

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ESPAÑA | Pederastas al descubierto – Castellón 2/2 | RED INTERNACIONAL

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Les repentis

En 2008, un premier repenti du réseau est venu déballer l’histoire au procureur.

Un autre l’a suivi, et les témoignages de ces  deux repentis confirment totalement ceux des victimes.  Il y a notamment celui d’un des hommes de main du réseau, qui confirme tout ce que les enfants ont pu raconter, y compris les partouzes privées pour la haute société de la région de Valence dans lesquelles on amenait les enfants, dans les locaux d’une entreprise de Vinaros ou au Bar Espana.

Il y avait aussi les films qui étaient vendus jusqu’en France et en Italie. Le type a été témoigner chez le procureur anticorruption (parce que le réseau donnait aussi beaucoup dans diverses magouilles [3] et dessous de table) en qualité de repenti.

Parmi les coupables, il a dénoncé celui qui est le leader du groupe, le président du parlement Castillan, Carlos Fabra, un franquiste qui a longtemps cumulé les casseroles sans jamais être inquiété, tout en continuant son ascension politique jusqu’en 2013.

Le repenti a également cité Farina et « el Francés » Bernard Alapetite, pédophile condamné en France pour production et diffusion de pédopornographie [4], à la même époque. Des avocats réputés, des magistrats, des entrepreneurs en vue, faisaient partie des invités réguliers.

Ce repenti a également confirmé cinq meutres d’enfants, ainsi que les meurtres d’une famille, du patron d’un vidéoclub et de deux femmes qui ne voulaient plus collaborer avec le réseau, tous à mettre au passif de la bande de Fabra.

Un autre repenti, Antonio Peraire Edo était le portier du Bar Espana, s’est mis à table, un peu poussé au départ par Reinaldo Colas, le père des fillettes, à qui il s’est confié en premier. Il a tout dit sur le réseau, les pratiques de ces tarés, les liens avec le monde politique, le traitement des victimes et de deux qui ne collaborent pas… Il parlé des enfants qui montaient à l’étage du bar Espana avec des adultes, des échanges d’argent, des films qui étaient tournés par Alapetite, ou par Farina ou encore par le caméraman attitré du groupe, et qui étaient ensuite vendus en France, en Italie et ailleurs. Il a aussi formellement identifié les deux filles de Colas comme étant présentes lors de séances d’abus au Bar Espana.

Selon Peraire, une partie des films pédopornos tournés par le groupe étaient vendus par le patron du vidéoclub, qui a été séquestré puis assassiné. Un lampiste a été condamné mais pas les deux cadres du réseau qui étaient avec lui lors de l’opération.

Les deux ont décrit le fonctionnement du réseau: Fabra semblait être le grand chef. Quand il y avait des décisions importantes à prendre, il rencontrait les différents “chefs de département”, qui géraient chacun leur partie du business (trafic d’armes, trafic de drogue [5], corruption et faveurs, prostitution de mineurs, pédopornographie, fausse monnaie principalement) au Bar Espana. L’argent était remis à Fabra ou au comptable du groupe, Carlo Bofante, qui répartissait entre les chefs.

Ca a fonctionné comme cela depuis au moins le début des années 90, jusqu’au début des années 2000 (et probablement après, mais ailleurs car le bar a fermé quand des enquêtes pour divers trafics ont commencé à être ouvertes).

Les enfants exploités par le réseau étaient généralement placés à la résidence Baix Maestrat, mais ils pouvaient aussi être les enfants ou proches de membres du réseau. On les droguait, avec des médicaments pour oublier ce qu’ils subissaient et pour ne pas sentir la douleur, mais aussi avec de la coke, de l’héroïne qu’on les obligeait à sniffer, ou diverses pilules pour les exciter.

La directrice de la résidence et sa secrétaire ont été citées par plusieurs victimes et par les repentis comme étant membres du réseau, souvent présentes lors des partouzes au Bar Espana ou dans les locaux d’une entreprise du coin, Mas del Coll. Parfois, c’était même elle qui emmenait les enfants depuis la résidence jusqu’au bar, aidée à l’occasion des éducateurs quand il fallait ramener une grande quantité d’enfants aux partouzes.

Par ailleurs, c’était open bar pour les pédophiles à la résidence, essentiellement la nuit. Plusieurs témoignages confirment que des types venaient dans les dortoirs choisir des enfants pour les violer. Les éducateurs les laissaient entrer, et les viols avaient lieu dans la résidence ou à l’extérieur.

 

Lien avec l’affaire Alcasser

Selon plusieurs témoins, il y a un lien avec une autre affaire gore, qui s’est produite au début des années 90, là encore dans la région de Valence.

En novembre 1992 trois adolescentes de 15 et 16 ans ont disparu. On a retrouvé les corps mutilés quelques semaines plus tard dans le désert (j’en ai parlé ici en fin d’article). Deux lampistes ont finalement été condamnés pour les meurtres, même si rien ne collait dans l’enquête.

L’une des victimes de l’affaire a déclaré avoir vu la vidéo des viols, des tortures et des meurtres infligés aux trois filles d’Alcasser, et que les deux lampistes ont trainé durant environ deux semaines au Bar Espana avant les faits. Un soir ils sont arrivés avec Fabra et trois autres pontes du réseau au bar Espana, selon elle.

Quand la vidéo des meurtres a été diffusée, il y avait le patron du Bar Espana, le comptable de la bande, Alapetite, Jovaini PUIG (ex juge, avocat, membre du réseau), une éducatrice de la résidence, le fil du patron, et Carlos Fabra. Antonio Perraire dit aussi avoir vu cette vidéo.

L’autre repenti dit avoir vu les deux lampistes « à de nombreuses occasions » au Bar Espana. Or, il est évident que les trois filles ont été massacrées dans le cadre d’un rituel, et qu’elles ont été kidnappées dans ce seul but, pour satisfaire des tarés probablement puissants.

 

Et depuis ?

En face, la juge Diaz se démène pour faire fermer tous les sites et blogs qui donnent les noms des protagonistes (mais c’est peine perdue, ils sont trop nombreux aujourd’hui, et les témoignages ont déjà été largement diffusés). Depuis 2008, elle a aussi porté plainte – et pour le coup les procédures ont été suivies au niveau du tribunal- contre six personnes, victimes et parents de victimes, qui l’ont dénoncée. En juin 2017, ces « accusés » ont été entendus par un juge d’instruction.

En effet, DIAZ est bien citée par une douzaine de personnes comme l’un des piliers du réseau. Elle avait une double mission : étouffer toutes les procédures qui pouvaient déranger le réseau et approvisionner régulièrement la résidence en enfants, de manière à ce que le réseau en ait toujours suffisamment sous la main.

Etrangement, elle a été promue juge n°1 au tribunal provincial. Par ailleurs, elle participait aux orgies au Bar Espana, était présente lors d’un rituel où un enfant a été tué, et aussi lors du meurtre de deux fillettes [6] en 1997, deux soeurs filles d’un homme de main du réseau.

Des plaintes contre les repentis principalement, mais aussi contre les victimes ont aussi été lancées par divers personnages impliqués dans cette histoire, dont Fabra.

Carlos Fabra, lui, est enfin tombé en 2013, mais seulement pour de la fraude fiscale. Il risquait 13 ans, en a fait 2, est sorti en avril 2017 sans ses lunettes noires. Quatre des cinq poursuites contre lui ont été abandonnées pour prescription. Mais son parti, le Parti Populaire, est noyé dans les scandales sexuels et de corruption depuis des années [7]. Ce qui ne l’empêche pas d’être au pouvoir, avec le très à droite Mariano Rajoy, garant de l’impunité de son parti, qui joue le rôle de 1er ministre.

Depuis plusieurs années, des militants cherchent à faire éclater l’affaire, et pour cela ils cherchent à la faire juger devant des tribunaux européens, en réunissant un groupe d’avocats « incorruptibles ».

Début 2017, la présidente de la Generalitat, l’autorité de gouvernement de Catalogne, a décidé de recevoir les victimes. Elle veut notamment comprendre pourquoi deux des victimes, deux frères, sont en prison depuis 10 ans pour des faits mineurs. Cette famille n’avait pas non plus compris pourquoi, en mars 1997, les deux enfants de 3 et 7 ans ont été placés.

Après une vingtaine d’années de procédures vaines, 27 témoins ont parlé de 80 victimes connues de ce réseau. 9 familles, soit 17 enfants victimes pâgés de 3 à 12 ans ont porté plainte, et toutes ont été rejetées ou classées les unes après les autres.

Un résultat qui peut sembler incroyable, mais Outreau n’était pas franchement mieux.

Tous les témoignages désignent les mêmes protagonistes, les mêmes lieux, le même mode opératoire et souvent les mêmes victimes.

Les victimes, elles, sont généralement allocataires des minima sociaux, certains ont été en prison, certains ont eu leurs enfants placés par les services sociaux. Elles ont des difficultés psyschologiques et n’ont jamais été aidées.

 

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Une chose est sûre : sans les réseaux sociaux, cette affaire n’aurait jamais existé. Et elle ne sortira pas sans une pression de la société civile. Aux amis espagnols de dénoncer, de saisir les médias, d’organiser des manifestations devant les tribunaux, d’appeler d’autres victimes à parler.

On sait désormais que les réseaux sont interconnectés, qu’il passent les frontières au grés des déplacements de leurs membres, et que ce qu’il se passe en Espagne, en Belgique, en Angleterre, en Italie, aux Pays-Bas notamment, n’épargne certainement pas la france. Il est clair que l’obstruction a été totale dans cette affaire, il n’était pas question de parler de ce système mafieux, de prostitution de mineurs, de pédopornographie et de meurtres d’enfants pour le plaisir de sadiques dont la place est au fond des égouts.

L’affaire est à suivre.

 

[1] Je parle notamment du dénommé Cyril Legann, alias « Babar », un proche de Jeremstar qui ne se cache pas d’être attiré par les jeunes, et dont plusieurs personnes ont évoqué ce penchant. Babar, donc, a réalisé deux films avec Bernard Alapetite en 2005 et 2006 : « Comme un frère » et « Vincent River« , deux films gays. Un troisième larron autour de Babar et Jeremstar, un certain « Babybel » (Pascal Cardonna), sent aussi le souffre en raison d’accusations d’agressions sexuelles et même de viols sur des ados. Vu de loin, cette affaire semble surréaliste, mais je conseille de regarder de plus près car Jeremstar est très populaire chez les ados et les jeunes, et ses vidéos aux contenus souvent douteux font fureur.

[2] Une première plainte a été déposée le 7 avril 1997, contre Farina essentiellement. Puis les petites ont davantage raconté ce qu’elles subissaient, et ont parlé des films, des viols collectifs, et une deuxième plainte a été déposée le 28 avril.

[3] Notamment le trafic de cocaïne en provenance du Panama, du trafic d’armes, des bakchichs pour payer des juges, du favoritisme dans les marchés publics, du trafic d’or, notamment.

[4] Alapetite est connu depuis longtemps en France. Dans les années 80, il a été le photographe attitré de deux revues gay, « Gaie France, revue de pornographie d’adolescents » et « Beach Boy », vendues en kiosque. Dans ces revues, dont l’une était dirigée par le néonazi Michel Caignet, on trouvait des aopologies de la pédophilie et des références au nazisme, ainsi que des évocations de rites lucifériens. « Plusieurs collaborateurs de ces revues, du responsable des abonnements aux rédacteurs, en passant par les photographes, sont connus pour leur engagement dans des organisations néo-nazies et pour leur participation à diverses sectes, soit druidiques, soit lucifériennes”. Par ailleurs, « ces différentes revues donnèrent régulièrement la parole au GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) et à la Nouvelle droite. Bernard Alapetite avait collaboré à des revues politiquement militantes, telles que Défense de l’Occident, du négationniste Maurice Bardèche, ou Éléments, la revue de la Nouvelle droite française dirigée par Alain de Benoist. Le magazine pédophile Gaie France était dirigé par le néo-nazi Michel Caignet

[5] D’après les repentis, le groupe faisait dans le trafic de coke. La cocaïne arrivait depuis le Panama, puis deux entrepreneurs membres du réseau et pédophiles également, réceptionnaient les cargaisons et les répartissaient entre les vendeurs.

[6] Il s’agissait des filles âgées de 4 et 6 ans d’un gitan, qui devait de l’argent au réseau. Ce sont ces fillettes qui ont été achevées par Fabra et Alapetite. Je vous épargne la description des faits, mais la scène, entièrement filmée, est une des plus trash dont j’ai connaissance. Ce double assassinat (car la mort était programmée) a eu lieu en présence de nombreux adultes, et il y avait même des « invités » pour cette « fête spéciale » dont l’objectif était de donner à ces « invités » la mort en direct des fillettes. Il s’agissait d’un « snuff movie », et toute l’équipe de tournage de la bande était présente. L’un des clients, venu déguisé, était selon un des repentis, un député local, ami proche de Fabra (qui demandait à tout le monde de voter pour lui), devenu président du gouvernement régional.

[7] Selon L’Humanité (3 octobre 2013), « Castellon, sous l’ère Fabra, c’est, entre autres, un aéroport flambant neuf où aucun avion n’a jamais atterri. Il aura fallu pas moins de dix ans d’enquête, neuf juges et quatre procureurs pour que Fabra se retrouve dans le box des accusés sur plainte de l’entrepreneur Vicente Vilar. Ce dernier, qui purge actuellement une peine de prison pour agression sexuelle, a levé le voile sur les pots-de-vin qu’il versait à Fabra en échange de faveurs politiques auprès des ministères et autres entités publiques. L’ex-épouse du baron valencien est également poursuivie pour une fraude d’un montant de 400 000 euros. En l’espace de cinq ans, la fortune des Fabra a quadruplé, a rappelé hier El Pais”. Ca n’empêchait pas RAJOY de le qualifier de “citoyen exemplaire”! Le président de la communauté de Valence aussi a été très gentil, comparant l’enquête judiciaire à un “lynchage”, avant de démissionner en 2011 pour le scandale de corruption Gürtel. FABRA risquait 13 ans de prison…

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