Rectification du jugement d’Éric Zemmour sur la Palestine, par Pierre Dortiguier

Nous avions le même argument en jupon, chez l’ukrainienne Golda Mabouvitch mariée Meier, et le voici taillé dans le costume d’un bourgeois parisien, incriminant  le KGB qui aurait intoxiqué le monde en popularisant la nation palestinienne, et, oublie de le préciser ce journaliste, a fourni des cadres et des hommes de main à la colonisation sioniste : chacun doit savoir en effet que c’est le discours, aux Nations Unies, de l’ambassadeur de Staline, Gromyko, qui, le 15 avril 1947, a exigé, en compensation aux  tourments de la guerre, la formation d’un État juif. Ce point de vue soviétique s’est en effet imposé,comme un motto à l’orchestre international, et l’ex fonctionnaire du KGB Poutine y tient fermement. Bien sûr, le journaliste reconnaît qu’il y a des Arabes qui sont ou étaient présents, mais comme des mouches dans un désert, qui traversent l’espace, vivent, logent et se reproduisent, comme, l’aurait dit le philosophe Leibniz, offrent un agrégat qui n’a pas la dignité d’une substance, un peuple sans histoire, informe et rebelle à la promesse du vrai Dieu, celui des conquérants !

Il faut reconnaître que l’homme des médiats a la part belle, car aucun ouvrage sérieux composé par ceux qui se revendiquent de la Nation Arabe, exception faite, à notre connaissance, du juriste Saadi Bississo, qui fut juge pour l’enfance délinquante en Syrie, et a présenté à la Faculté de droit sous la direction de M. de la Pradelle en1939 une thèse détaillée sur la dépossession des terres dans le mandat anglo-sioniste, n’explique cette anémie progressive d’un territoire occupé depuis 1917 par l’impérialisme britannique et dont le premier haut commissaire, supervisé par Churchill, fut le futur leader du parti libéral à la Chambre des Communes, le militant sioniste Herbert Samuel bientôt fait Lord !

Mentionnons notre défunte amie Amélie Marie Goichon, professeur aux Langues Orientales et ancienne élève de l’École Coloniale, qui brossa dans ses deux tomes de sa vaste étude Jordanie Réelle le tableau de cette conquête du pays que le Congrès arabe de Jéricho de 1948 qualifiait de Syrie méridionale. Et la guerre présente de Syrie n’est que la suite de la guerre faite à cette même et unique Nation. Notre amie qui fut reçue docteur d’État en philosophie, à la Sorbonne en 1939 par son examen de l’essence et de l’existence chez le Persan Avicenne, n’a point eu d’imitatrice chez des gens avides de places et qui ont perdu le sens de la vérité !

Retournons au modèle socialiste dont l’anti Voltaire médiatique est l’imitateur. C’est, en effet cette socialiste, membre de la seconde internationale ouvrière,  et qui tomba dans les bras de la femme de Molotov, à Moscou où elle fut la première diplomate de l’État juif autoproclamé par l’ancien sujet russe et fils d’avocat de la région de Varsovie Grünn travesti orientalement en Ben Gourion, Golda Meir, et donc aucunement hostile au KGB, qui déclara à la presse britannique que les Palestiniens n’existaient pas. « They did not exist », confia-t-elle au Sunday Times, mi  juin 1969. Et  les Arabes, Arméniens Grecs, chrétiens, musulmans et athées eussent pu répondre à cette proposition qu’en effet, il n’y avait eu de Palestine indépendante, avant le mandat, que sur les cartes du sionisme chrétien et dans cette histoire sainte que l’on confond partout avec l’histoire humaine, prenant les allégories pour une logique ou une perception du réel, que le vrai nom du pays, et sa nature politique, tout comme celle du Liban, est la Grande Syrie, que cette part découpée en Palestine et reconnue comme telle par les militants ou coopérants sionistes, tel le célébré héros de la « résistance » toulousaine pendant la  dernière guerre, membre de la MOI (main d’œuvre immigrée, Marcel Langer, émigré de sa Pologne ancestrale, longtemps russe, dans le mandat anglais dans les années vingt et instruit militairement dans les camps d’entrainement pour venir en France en 1938 comme cadre communiste du Komintern, appartenait, ainsi que s’en réclamaient ses camarades, à un groupe de Palestiniens, dénommés ainsi ! Telle était la désignation sioniste même des lieux. Ceci dit, cette qualité n’était pas reçue par ceux qui se sentaient attachés naturellement à la réelle capitale politique, avant la guerre de 1914, de ces lieux, Damas ! Là résidaient les propriétaires des terres agricoles et leurs banques, et Jérusalem était d’une importance secondaire, mise en valeur par les Chrétiens, notamment allemands dont nous connûmes une fille du propriétaire souabe de l’hôtel King David.


Le mot de « Palestinien » existait : on le trouve, en philosophie, par exemple chez Emmanuel Kan…


La proposition Mabouvitch (Meier)-Zemmour d’une inexistence de la Palestine étatique, est un sophisme reposant sur la confusion entre l’inexistence  juridique de la dénomination d’un pays nommé Palestine, avant l’occupation anglo-sioniste, et la réalité d’un peuple existant qui relevait de l’autorité ottomane et de sa région syrienne, dont Jérusalem était une partie autonome, dotée de sa propre administration. Point d’étiquette, point de peuple : c’est un tour de prestidigitateur !

Le mot de « Palestinien » existait : on le trouve, en philosophie, par exemple chez Emmanuel Kant qui a, du reste, comme moraliste et en plus Prussien (le nom de Prusse a été interdit par les quatre puissances occupantes de l’Allemagne, comme empreint de militarisme !), mauvaise odeur dans notre société dépravée : « Les Palestiniens vivant parmi nous ont une réputation non usurpée… » (la suite n’est pas aimable), lisons nous dans une note de bas de page de  son Anthropologie, en commentaire de l’infortune du menteur heureux que chacun se prend à haïr, Die unter uns lebenden Palästiner. S’agit-il d’Arabes, de Levantins ? Ou, comme le contexte le précise, de marchands polonais ?

Les Arabes et non-sionistes de cette Palestine que M. Zemmour affecte de croire une fiction subversive du KGB, vivaient jusqu’en 1948 sous une occupation militaire, un régime de force imposé par la victoire des armes du général Allenby, soit de la Couronne britannique seule maîtresse des lieux, alliée, comme aujourd’hui, aux Wahabys, ses mercenaires dont il créa l’idéologie au milieu du 18e siècle, puis les organisa dans sa « révolte arabe », et dispensatrice de la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, promettant en Palestine « un foyer au peuple juif ». En somme, si la vertu dit Platon, est une imitation de Dieu, la promesse anglaise reprenait celle biblique, divine, assurent leurs auteurs d’attribution d’une terre qui ne lui appartenait pas à un peuple décidé à en déloger le possesseur réel dénoncé comme obstacle à la puissance prometteuse, qu’elle soit la reine d’Angleterre ou le roi des cieux !

La SDN ou Société des Nations fut placée devant le fait accompli du mandat, tout comme l’ONU devant d’auto-proclamation de l’État juif soutenu par ce KGB avec lequel M. Zemmour veut intimider son interlocuteur socialiste, en rassurant le bourgeois spectateur en passe d’être ruiné par la dette nationale, sur son anticommunisme !

Mademoiselle Goichon faisait observer que l’acceptation de la colonie sioniste comme État aux Nations Unies fut, à l’initiative du comte suédois Bernadotte délégué extraordinaire des Nations Unies, qui paya cette décision de sa vie, abattu à la mitraillette dans le quartier arménien chrétien de Jérusalem préalablement nettoyé à la mitrailleuse par les nouveaux occupants, ceux qui avaient entendu la promesse anglaise et biblique, subordonnée au règlement du sort des réfugiés, entendez des autochtones déracinés et aux maisons dynamitées depuis l’avant-guerre, et par une dérobade continuell. Les diplomates du Nouvel État représentèrent que cette disposition était inapplicable car les possesseurs du lieu, comme les peuples de la Bible résistaient. Voulez-vous confirmer la vérité de ce que raconte cet ouvrage ? Ouvrez les yeux sur la Syrie qui est le tout de ces parties, et vous comprendrez pourquoi l’Antéchrist veut renverser l’ordre damascène ! Il veut frapper au cœur !

 

Pierre Dortiguier

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