S. Khameneï : les USA comptent traire les Saoudiens comme des vaches

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2 réflexions sur “ S. Khameneï : les USA comptent traire les Saoudiens comme des vaches ”

  1. La traite et l’esclavage vus par Alexandre Dumas
    341 vues 16 octobre 2016 Pas de commentaires Histoire Réseau International
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    Une Autre Histoire
    Vouloir séparer les Dumas de l’esclavage – comme l’ont fait les collaborateurs à Paris en 1943 et comme a tenté de le faire Franck Briffaut, le maire (Front national) de Villers-Cotterêts, en 2014 – c’est vouloir occulter un texte peu connu d’Alexandre Dumas où la traite et l’esclavage (condition subie par le général Dumas et sa mère) sont dénoncés avec une violence peu commune.
    ———————————————–
    Sans doute, vous savez ce qu’est la traite ? Non vous ne le savez pas ou, du moins, vous n’avez jeté qu’un regard superficiel sur cette opération étrange où les hommes se sont faits vendeurs d’hommes. Quand un capitaine négrier veut faire la traite, il s’approche des côtes d’Afrique et fait prévenir quelqu’un de ces petits souverains qui bordent la côte qu’il est là, porteur de marchandises d’Europe, et qu’il voudrait échanger ces marchandises contre un chargement de deux ou trois cents nègres ; puis il envoie un échantillon de ses marchandises au souverain avec lequel il veut traiter, fait accompagner ces échantillons d’un présent d’eau-de-vie et attend.
    Hélas, il n’attend pas longtemps : l’obscurité venue, il peut voir l’incendie courir de village en village ; dans le silence nocturne, il peut entendre les plaintes des mères à qui on arrache leurs fils, des enfants à qui on arrache leur père, et, au milieu de tout cela, les cris de mort de ceux qui aiment mieux mourir tout de suite que d’aller traîner une vie languissante loin du toit de la famille, loin du ciel de la patrie.
    Le lendemain, on raconte à bord que le roi nègre a été repoussé ; que les malheureux qu’on voulait enlever ont combattu avec l’acharnement du désespoir ; qu’une nouvelle attaque est organisée pour la nuit prochaine et que la livraison de la marchandise ne peut être faite que le lendemain. La nuit venue, le combat, l’incendie et les plaintes recommencent ; le carnage dure toute la nuit, et, le matin, on apprend qu’il faudra encore attendre jusqu’au lendemain si l’on veut avoir la cargaison demandée. Mais, cette nuit, on l’aura certainement, car le roi repoussé a ordonné à ses soldats de prendre les esclaves promis dans ses propres états ; il fera entourer deux ou trois de ses villages à lui, et, fidèle à la parole donnée, il livrera ses sujets, ne pouvant livrer ses ennemis. Enfin, le troisième jour, on voir arriver quatre cents nègres enchaînés, suivis des mères, des femmes, des filles et des sœurs, si l’on n’a besoin que d’hommes ; car, si l’on a besoin de femmes, les femmes, les filles et les sœurs sont enchaînées avec les frères, les pères et les maris. Alors, on s’informe et l’on apprend que, pendant ces deux nuits, quatre mille hommes ont péri pour que le roi spéculateur arrivât à en livrer quatre cents.
    En ne croyez pas que j’exagère : je raconte ; je raconte ce qui est arrivé. Maintenant, jetons les yeux sur cette côte aride. Voyons-y les malheureux nègres couchés et exposés nus aux regards et à l’investigation des fréteurs européens.
    Quand les chirurgiens ont attentivement examiné ceux des nègres qu’ils jugent sains, agiles, robustes et bien constitués, ils les approuvent comme bons, les reçoivent au nom du capitaine, ainsi que des chevaux et des bœufs et, ainsi que des chevaux et des bœufs, ils les font marquer à l’épaule avec un fer rouge : cette marque, ce sont les lettres initiales du nom du vaisseau et du commandant qui les a achetés. Puis, au fur et à mesure qu’on les marque, on les enchaîne deux à deux et on les conduit au fond du navire qui, pendant deux mois, doit leur servir de prison ou de tombeau.
    Souvent, pendant une traversée – tant leur horreur de l’esclavage est grande ! – deux, quatre, six de ces malheureux conviennent de se jeter à la mer, exécutent leur dessein et, comme ils sont liés, trouvent la mort dans les profondeurs de l’Océan.
    Cependant, comme on les surveille de près, le plus grand nombre des esclaves arrivent ordinairement dans le vaisseau. Aussitôt, ils sont descendus à fond de cale ; c’est là que cinq ou six cents malheureux sont entassés pêle-mêle dans un espace mesuré à la longueur de leur corps, ne voyant la lumière que par l’ouverture des écoutilles, ne respirant nuit et jour qu’un air qui d’insalubre, devient pestiféré par le séjour constant des exhalaisons humaines et des excréments qui y séjournent ; alors, du mélange de toutes ces exhalaisons putrides, résulte une infection douloureuse qui corrompt le sang et cause une foule de maladies inflammatoires, lesquelles font périr le quart et quelquefois le tiers de tous les esclaves dans le seul espace de deux mois ou trois mois et demi que dure ordinairement la traversée.
    Beaucoup refusent de manger dans l’espoir de finir leurs tourments par une mort plus prompte ; mais sur ce refus de manger, on brise avec des barres de fer, à plusieurs endroits, les bras et les jambes des malheureux récalcitrants qui, par les cris horribles qu’ils poussent, répandent l’effroi parmi leurs compagnons et les obligent à faire, dans la crainte de subir le même traitement, ce qu’ils refusaient à faire avec autant de force que de raison.
    Le capitaine d’un bâtiment s’aperçut que plusieurs esclaves se parlaient à l’oreille, que plusieurs femmes avaient l’air de propager un secret ; il s’imagina enfin que plusieurs noirs conspiraient pour recouvrer leur liberté ; alors, sans s’assurer si ses soupçons étaient fondés, savez-vous ce que fit le capitaine ? Il condamna sur-le-champ deux de ces malheureux à mort, un homme et une femme, et prononça la sentence en étendant la main vers l’homme qui devait mourir le premier ; à l’instant même, le malheureux fut égorgé devant ses frères, puis on lui arracha le cœur, le foie et les entrailles, qui furent répandus à terre et, comme ils étaient trois cents esclaves sur le bâtiment, on coupa le cœur, le foie et les entrailles en trois cents morceaux qu’on força les compagnons du mort de manger crus et ensanglantés, le capitaine menaçant du même supplice quiconque refuserait cette horrible nourriture. Peu satisfait de cette exécution, le cruel capitaine désigna ensuite la femme à ses bourreaux ; les ordres avaient été donnés d’avance et le supplice était réglé. La pauvre créature fut attachée avec des cordes par les deux pouces et suspendue à un mât jusqu’à ce que ses pieds eussent perdu terre. On lui enleva les quelques haillons qui la couvraient et on la fouetta d’abord jusqu’à ce que le sang ruisselât par tout son corps. Puis, avec des rasoirs, on lui découpa la peau ; et, pour être mangés aussi par les trois cents esclaves, on lui enleva du corps trois cents morceaux de chair, si bien que ses os furent mis à découvert et qu’elle expira dans les plus cruelles tortures. Voilà ce que souffrent les malheureux nègres pendant la traversée ; maintenant disons ce qu’ils ont à souffrir une fois arrivés.
    Un tiers, à peu près, est mort dans la traversée ; bornons-nous au quart et vous allez voir où le calcul mortuaire va nous mener. Le scorbut, les fièvres fondent sur eux au moment où leurs pieds touchent terre et en enlèvent encore le quart ; c’est un tribut que le climat impose à ceux qui, d’Afrique, passent aux îles américaines.
    Or l’Angleterre exporte chaque année cent mille noirs et la France la moitié ; cent cinquante mille à elles deux ; c’est donc soixante quinze mille nègres que deux nations placées à la tête de la civilisation font périr tous les ans pour en donner soixante quinze mille autres aux colonies. Calculez, vous qui m’écoutez ici, calculez quel nombre immense de victimes ont, sans en tirer aucun bénéfice, fait périr ces deux nations depuis deux cents ans que dure ce commerce ; soixante quinze mille nègres par an, pendant deux cents ans, donnent un chiffre de quinze millions d’hommes détruits ; et si vous ajoutez à ce douloureux calcul un chiffre égal pour tous les esclaves dont les autres royaumes d’Europe ont causé la mort, vous aurez trente millions de créatures enlevées de la surface du globe par l’insatiable cupidité des blancs ! Si lorsque la mer a pris sa dîme ; si lorsque la fièvre a pris son tribut, quelque espérance de bonheur restait au moins à ceux qui survivent, si leur séjour dans l’exil était tolérable ; s’ils trouvaient seulement des maîtres qui les traitassent comme on traite des animaux, cela serait supportable encore. Mais une fois arrivés, une fois vendus, le travail qu’on exige de ces malheureux est au-dessus des forces humaines. Dès la pointe du jour, ils sont appelés aux travaux et, jusqu’à midi, ils doivent les continuer sans interruption ; à midi, il leur est enfin permis de manger ; mais à deux heures, sous le soleil ardent de l’équateur, il faut reprendre sa tâche et la poursuivre jusqu’à la fin du jour ; et pendant ce temps, ils sont suivis, surveillés, punis par des conducteurs qui frappent à grands coups de fouet ceux qui travaillent avec quelque nonchalance. Enfin, avant de les laisser rentrer dans leurs tristes cabanes, on les oblige encore à faire le travail de l’habitation, c’est-à-dire à ramasser du fourrage pour les troupeaux, à charroyer du bois pour les maîtres, du charbon pour les cuisines, du foin pour les chevaux ; de sorte qu’il arrive souvent qu’il est minuit ou une heure avant qu’ils arrivent à leurs cases. Alors, il leur reste à peine le temps de piler et de faire bouillir un peu de manioc pour leur nourriture ; puis, pendant qu’il cuit, ils se couchent sur une natte où, bien souvent écrasés de fatigue, ils s’endorment, et où le travail du lendemain vient les prendre avant qu’ils aient eu le temps de satisfaire la faim qui les dévore ou le sommeil qui les poursuit. Savez-vous comment calcule un colon ? Non, vous ne le savez pas ? Alors écoutez-le :
    Mes nègres me reviennent l’un dans l’autre à quarante livres ; chacun me rapporte environ, tous frais faits, sept livres de bénéfice en les nourrissant comme il faut ; mais, en retranchant sur leur nourriture seulement la valeur de deux deniers par jour, cette économie sur chaque nègre me donne trois livres de profit, c’est-à-dire neuf cents livres sur mes trois cents nègres, en sus des sept livres que chacun me donnait déjà. Par ce moyen, j’arrive à faire, par an, sur chacun de mes esclaves, dix livres de bénéfice ; ce qui porte le revenu net de mon habitation à trois mille livres. Il est vrai qu’en suivant le plan de cette administration économique, mes nègres ne durent tout au plus que huit ou neuf ans, mais qu’importe, puisqu’au bout de quatre ans, chaque nègre m’a rendu les quarante livres qu’il m’a coûté. Donc, ne vécût-il plus que quatre ou cinq ans, c’est son affaire, puisque le surplus des quatre années est un pur bénéfice. L’esclave meurt ; bon voyage ! avec le seul profit que j’ai fait sur sa nourriture pendant sept ou huit ans, j’ai de quoi racheter un autre nègre jeune, robuste, au lieu d’un être épuisé, qui n’est plus bon à rien, et vous comprenez, sur trois cents esclaves, cette économie est immense.
    Alexandre Dumas, 1853 (texte adapté par Claude Ribbe).
    Source : http://www.une-autre-histoire.org
    via:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2016/10/la-traite-et-l-esclavage-vus-par-alexandre-dumas-une-autre-histoire.html
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  2. L’interview du président Assad par la télévision suisse allemande SRF1 s’est déroulée le 19 octobre 2016 à Damas. Le ministère syrien de l’information a exigé qu’il soit diffusé en Suisse dans son intégralité. [ASI]
    Journaliste : Monsieur le Président, nous vous sommes très reconnaissants d’avoir accueilli la télévision suisse et notre émission Rundschau ici à Damas.
    Président Assad : Vous êtes les bienvenus en Syrie.
    Question 1 : Tout d’abord, permettez-moi de clarifier une chose : je peux vous poser n’importe quelle question ?
    Président Assad : N’importe laquelle, sans exception.
    Question 2: Je vous le demande parce que l’une de vos conditions était que cette interview soit diffusée dans son intégralité. Avez-vous peur que nous manipulions vos déclarations ?
    Président Assad : Vous devriez répondre vous-même à cette question, mais je pense que nous devons construire cette relation sur la confiance, et je présume que vous vous préoccupez de la confiance de votre audience, donc je ne pense pas. Il me semble que vous avez la réputation d’être honnêtes dans tous les sujets que vous essayez de couvrir.
    Question 3 : Le monde vous considère comme un criminel de guerre. Considérez-vous que ce soit une accusation mensongère ?
    Président Assad : Cela dépend de ce à quoi on se réfère pour la définition de ce terme. Est-ce le droit international, ou est-ce l’agenda occidental ou l’humeur politique occidentale, disons, qui sont définis par des politiciens de l’Ouest ayant des intérêts directs dans ce dossier ? Selon le droit international, en tant que Président, en tant que gouvernement et en tant qu’armée arabe syrienne, nous défendons notre pays contre les terroristes qui ont envahi la Syrie comme mercenaires agissant pour le compte d’autres pays. Si vous voulez revenir à cette notion de « criminel de guerre », je pense que les premiers qui doivent être jugés à ce titre sont les responsables occidentaux, en commençant par George Bush, qui a envahi l’Irak sans mandat du Conseil de sécurité. Deuxièmement, Cameron et Sarkozy, qui ont envahi et détruit la Libye sans mandat du Conseil de sécurité. Troisièmement, les responsables occidentaux qui soutiennent les terroristes depuis cinq ans en Syrie, que ce soit en leur fournissant un parapluie politique, en les soutenant directement avec des armements, ou en imposant un embargo sur le peuple syrien qui a conduit à la mort de milliers de civils syriens.
    Question 4 : Mais nous sommes ici pour parler de votre rôle dans cette guerre, et le Secrétaire d’Etat américain John Kerry vous a appelé à la fois « Adolf Hitler » et « Saddam Hussein ». Cela vous dérange-t-il ?
    Président Assad : Non, parce qu’ils ne disposent d’aucune crédibilité. C’est le premier point. Deuxièmement, en tant que Président, ce dont je me soucie d’abord et avant tout est la façon dont le peuple syrien me regarde ; d’autre part, de mes amis du monde entier – je ne parle pas de mes amis personnels en tant que Président, je veux dire les amis de la Syrie, comme la Russie, l’Iran, la Chine, et (d’autres pays dans) le reste du monde – pas de l’Occident, cet Occident qui a toujours essayé de personnaliser les choses, afin de dissimuler ses objectifs réels qui sont la destitution du gouvernement et se débarrasser d’un certain Président afin de le remplacer par des marionnettes en fonction de son agenda. Donc, pour revenir à votre question, non, je ne me soucie pas de ce que dit Kerry, pas du tout. Cela n’a aucune influence sur moi.
    Question 5 : Vous êtes le Président d’un pays dont les citoyens fuient, la moitié de vos concitoyens. Les gens ne fuient pas seulement à cause des terroristes, de Daech, ou des rebelles, mais aussi à cause de vous.
    Président Assad : Que voulez-vous dire par moi ? Je ne demande pas aux gens de quitter la Syrie, je ne suis pas en train d’attaquer les gens ; je défends le peuple. En réalité, les gens quittent la Syrie pour deux raisons : la première est l’action des terroristes, l’action directe de tuer le peuple. La seconde est l’action des terroristes afin de paralyser la vie en Syrie : attaquer les écoles, détruire les infrastructures dans tous les secteurs. Troisièmement, l’embargo de l’Occident qui a poussé de nombreux Syriens à aller trouver leur subsistance en dehors de la Syrie. Telles sont les principales raisons. Vous pouvez peut-être voir que le deuxième et le troisième facteurs sont liés, je veux dire le rôle des terroristes et de l’Occident dans la sape des moyens de subsistance des Syriens est identique, c’est un point commun entre les terroristes et l’Europe.
    Question 6 : Quand vous parlez de terroristes, qui voulez-vous désigner ? Daech, certes, mais aussi l’ « Armée syrienne libre » ou les Kurdes ?
    Président Assad : Je désigne les mêmes personnes que vous désigneriez en tant que citoyen suisse : quiconque porte des armes et tue des gens à n’importe quel titre, commettant des actes de vandalisme, détruisant des biens publics ou privés, est un terroriste. Toute personne qui adopte une voie politique afin de réaliser un changement quelconque n’est pas un terroriste. Vous pouvez le désigner comme faisant partie de « l’opposition ». Mais vous ne pouvez pas désigner comme « membre de l’opposition » quelqu’un qui tue des gens ou prend les armes, ni dans votre pays, ni dans mon pays.
    Question 7 : Eh bien, vous ne disposez pas d’opposition libre dans votre pays.
    Président Assad : Bien sûr que si, bien sûr que nous en avons une. Nous avons une véritable opposition, nous avons des gens qui vivent en Syrie, dont la base est le peuple syrien, ils ne sont pas une opposition qui a été forgée dans d’autres pays comme la France ou le Royaume-Uni, l’Arabie Saoudite ou la Turquie. Nous avons une telle opposition, et vous pouvez aller à leur rencontre et les filmer avec votre caméra. Vous pouvez le faire vous-même.
    Question 8 : Comment expliquez-vous à vos trois enfants ce qui se passe à Alep ? Je suis sûr que vous en parlez à la table familiale.
    Président Assad : Oui, bien sûr que je leur explique ce qui se passe, je leur explique ce qui se passe en Syrie, et non seulement à Alep, en prenant en considération le fait que mes enfants sont des adultes maintenant, et qu’ils comprennent ce que qui se passe en Syrie. Mais si vous voulez expliquer à eux ou à tout autre enfant ce qui se passe, vous devez expliquer le rôle des terroristes, le rôle du Qatar, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite qui soutiennent ces terroristes avec de l’argent, avec un soutien logistique, et le rôle de l’Occident qui soutient les terroristes soit avec de l’armement, soit en les aidant avec de la propagande et de la publicité. Je dois leur expliquer absolument tout ce qui se passe.
    Question 9 : En tant que père, dites-vous aussi que vous n’avez rien à voir avec les bombardements des hôpitaux à Alep ?
    Président Assad : Ecoutez, quand ils disent que nous bombardons les hôpitaux, cela implique que nous sommes en train de tuer des civils. Tel est le sens de ces paroles. La question est pourquoi le gouvernement tuerait-il des civils, que ce soit dans les hôpitaux, dans les rues, dans les écoles ou ailleurs ? Vous parlez de tuer les Syriens. Si nous tuons des Syriens, en tant que gouvernement ou en tant qu’armée, la plus grande partie de la société syrienne sera contre nous. Nous ne pouvons pas réussir dans notre guerre si nous tuons des civils. Donc cette histoire et ce récit sont fallacieux, pour être franc avec vous. Bien sûr, malheureusement, toute guerre est une mauvaise guerre, dans toutes les guerres vous avez des victimes innocentes, que ce soit les enfants, les femmes, les personnes âgées, tout autre civil, tout autre innocent qui ne fait pas partie de cette guerre pourraient payer le prix, c’est une triste réalité. Voilà pourquoi nous devons lutter contre le terrorisme. Lorsque nous ne disons pas cela, cela revient à dire – selon le récit supposé par votre question – que les terroristes, Al-Qaïda, Al-Nusra, Daech, protègent les civils, et que nous, en tant que gouvernement, nous tuons les civils. Qui peut croire une telle chose ? Personne.
    Question 10 : Mais qui d’autre a des avions ou des bombes anti-bunker en dehors de votre armée ?
    Président Assad : On dirait que vous prétendez que tous ceux qui sont tués en Syrie le sont par les avions ou les hélicoptères ! La majorité des victimes ont été tuées par des obus de mortiers tirés sur eux par les terroristes pendant qu’ils étaient à l’école, dans les hôpitaux, dans les rues, partout. Elles ne sont pas liées au bombardement aérien. Parfois, vous avez des bombardements aériens contre les terroristes, mais cela ne signifie pas que chaque bombe qui est tombée quelque part était larguée par avion ou par l’armée syrienne. Si vous parlez d’un incident spécifique, par exemple, nous devons vérifier l’incident spécifique, mais je vous réponds ici de manière générale.
    Question 11 : Mais vous avez aussi le pouvoir de changer la situation pour les enfants à Alep.
    Président Assad : Bien sûr, et c’est pourquoi…
    Journaliste : Allez-vous le faire ?
    Président Assad : Exactement, telle est notre mission, conformément à la Constitution, conformément à la loi ; nous devons protéger le peuple, nous devons nous débarrasser des terroristes d’Alep. Voilà comment nous pouvons protéger les civils. Comment pouvez-vous les protéger tant qu’ils sont soumis au contrôle des terroristes ? Ils sont tués par eux, et ils sont entièrement contrôlés par les terroristes. Notre rôle est-il de nous asseoir de côté et de regarder ? Est-ce la façon dont nous pouvons protéger le peuple syrien ? Nous devons attaquer les terroristes, c’est une évidence.
    Question 12 : Puis-je vous montrer une image ?
    Président Assad : Bien sûr.
    Journaliste : Ce jeune garçon est devenu le symbole de la guerre. Je pense que vous connaissez cette image.
    Président Assad : Bien sûr je l’ai vue.
    Journaliste : Son nom est Omran. Il a cinq ans.
    Président Assad : Oui.
    Journaliste : Couvert de sang, effrayé, traumatisé. Y a-t-il quelque chose que vous souhaitiez dire à Omran et à sa famille?
    Président Assad : Il y a quelque chose que je voudrais vous dire à vous tout d’abord, parce que je veux que vous reveniez après mon interview, et aller sur Internet pour voir la même image de ce même enfant, avec sa sœur, tous deux ont été sauvés par ceux qu’on appelle les « Casques blancs » en Occident, et qui sont un lifting d’Al-Nusra à Alep. Ces enfants ont été sauvés deux fois, chacune dans un incident différent, dans le cadre de la propagande de ces « Casques blancs ». Aucun de ces incidents n’était vrai. De telles manipulations sont possibles, et il s’agit bien d’une manipulation. Je vais vous envoyer ces deux images, elles sont sur internet, afin de vous montrer qu’il s’agit d’une image fabriquée, et pas d’une vraie. Nous avons des images réelles d’enfants blessés, mais celle-ci en particulier est un faux.
    Question : Mais il est vrai que des civils innocents meurent à Alep.
    Président 13 Assad : Bien sûr, et pas seulement à Alep, dans toute la Syrie. Mais vous me parlez d’Alep maintenant à cause de toute l’hystérie en Occident autour d’Alep, pour une raison simple ; non pas parce qu’Alep est en état de siège, car Alep a été assiégée par les terroristes durant les quatre dernières années, et nous n’avons pas entendu la moindre question posée par les journalistes occidentaux au sujet de ce qui se passait à Alep, pas plus que nous n’avons entendu la moindre déclaration de responsables occidentaux au sujet des enfants d’Alep durant toutes ces années. Ils ne parlent d’Alep que maintenant, et seulement parce que les terroristes y sont en mauvaise posture. C’est la seule raison, parce que l’Armée syrienne y gagne du terrain, et les pays occidentaux – principalement les États-Unis et leurs alliés comme le Royaume-Uni et la France – ont le sentiment qu’ils perdent leurs dernières cartes du terrorisme en Syrie, et le bastion principal de ce terrorisme est aujourd’hui Alep.
    Question 14 : Tout vous est permis dans cette guerre.
    Président Assad : Non, bien sûr, il faut obéir au droit international, à la Charte des droits de l’homme. Mais dans toutes les guerres, dans toutes les guerres de l’Histoire, il est impossible d’assurer à 100% qu’on pourra tout contrôler à cet égard. Vous avez toujours des fautes, et c’est pourquoi je dis que toute guerre est une mauvaise guerre. Mais il y a une différence entre les erreurs individuelles et la politique du gouvernement. Dire que la politique du gouvernement est d’attaquer des civils, d’attaquer les hôpitaux, d’attaquer les écoles, de commettre toutes ces atrocités, ce n’est pas possible, parce que vous ne pouvez pas œuvrer ou aller à l’encontre de vos intérêts. Vous ne pouvez pas aller à l’encontre de votre devoir envers le peuple, sinon vous allez perdre la guerre en tant que gouvernement. Vous ne pouvez pas résister à une guerre d’une telle férocité pendant cinq ans et demi alors que vous tuez votre propre peuple. C’est impossible. Mais vous avez toujours des erreurs, que ce soit à cause des tirs croisés, des erreurs individuelles… apportez-moi une guerre, une seule guerre dans l’histoire récente, qui fut une guerre propre. Vous n’en trouverez pas.
    Question 15: Est-ce que vous aussi, vous avez commis des erreurs dans cette guerre ?
    Président Assad : En tant que Président, je définis la politique du pays, et les principaux piliers de cette politique au cours de la crise sont (premièrement), de lutter contre le terrorisme, ce qui je pense est juste, et nous ne changerons pas cette orientation. (Deuxièmement), bien sûr, de promouvoir le dialogue entre les Syriens, et je pense que c’est une bonne voie. Troisièmement, le pilier qui a prouvé son efficacité au cours des deux dernières années est la réconciliation : réconciliations locales avec les militants qui ont porté les armes contre le peuple, contre le gouvernement et contre l’armée, et cette mesure s’est avérée efficace. Tels sont les piliers de cette politique. On ne peut pas parler d’erreurs dans cette politique. Vous pouvez parler d’erreurs dans la mise en œuvre de cette politique, qui pourraient être liés à des individus.
    Question 16 : Vous croyez encore à une solution diplomatique ?
    Président Assad : Absolument, mais il n’y a pas à proprement parler de solution diplomatique ou de solution militaire ; il y a une solution, mais chaque conflit a de nombreux aspects, et l’un d’entre eux est la sécurité, comme dans notre situation, et l’autre est l’aspect politique de cette solution. Par exemple, si vous me demandez comment il faut agir avec à Al-Qaïda, avec Al-Nusra, avec Daech ? Est-il possible de négocier avec eux ? Ils ne négocieront pas, ils ne sont pas prêts à cela, ils ne le seront jamais. Ils ont leur propre idéologie, une idéologie répugnante, de sorte que vous ne pouvez pas trouver de solution politique avec ces groupes ; vous devez les combattre, vous devez vous en débarrasser. Alors que si vous parlez de dialogue, vous pouvez dialoguer avec deux types d’entités ; la première, les entités politiques, toutes les entités politiques, qu’elles soient avec ou contre vous ou neutres ; (la seconde), avec chaque militant qui est prêt à déposer les armes au profit de la sécurité et de la stabilité en Syrie. Bien sûr, nous y croyons.
    Question 17 : Des nouvelles de Russie évoquent une courte pause humanitaire à Alep pour jeudi [20 octobre]. Que signifie cette pause humanitaire, pouvez-vous nous l’expliquer ?
    Président Assad : C’est un court arrêt des opérations afin de permettre l’approvisionnement humanitaire de parvenir dans différentes zones d’Alep, et en même temps de permettre aux civils qui souhaitent quitter les zones contrôlées par les terroristes de passer dans la zone contrôlée par le gouvernement.
    Question 18 : Est-ce vraiment une étape importante ?
    Président Assad : Bien sûr, il s’agit d’une première étape importante, mais cela ne suffit pas. Il s’agit de la poursuite des opérations : comment pouvez-vous permettre à ces civils de partir ? La majorité d’entre eux voulait quitter la zone contrôlée par les terroristes, mais ils l’interdisent. Soit ils leur tirent dessus, soit ils tuent leurs familles s’ils quittent cette zone.
    Question 19 : La Russie est de votre côté, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
    Président Assad : Non, elle n’est pas de notre côté. Elle est du côté du droit international. Elle est du côté qui est opposé au camp des terroristes. Telle est la position de la Russie, parce qu’elle veut faire en sorte que le droit international l’emporte, non pas l’agenda occidental consistant à renverser tous les gouvernements qui ne se plient pas à leurs visées. La Russie veut s’assurer que le terrorisme ne prévaudra pas dans cette zone, car cela affecterait négativement les Russes eux-mêmes, la Russie elle-même en tant que pays, ainsi que l’Europe et le reste du monde. Voilà ce que cela signifie pour la Russie de se tenir aux côtés du gouvernement syrien légitime et du peuple syrien.
    Question 20 : Monsieur le Président, vous utilisez des armes chimiques et des bombes-baril en Syrie contre votre propre population, ce sont des rapports de l’ONU (qui l’indiquent), vous ne pouvez pas l’ignorer.
    Président Assad : Vous parlez de deux questions différentes. Il a été démontré que la question chimique était mensongère, et ils n’ont pas la moindre preuve indiquant que l’armée arabe syrienne ait utilisé des armes chimiques, en particulier avant que nous ayons renoncé à notre arsenal en 2013, car maintenant nous n’en avons plus de toute façon. Avant cela, c’était de la fiction parce que si vous voulez utiliser une telle arme de destruction massive, vous allez tuer des milliers de personnes d’un coup, et aucun incident de ce genre n’a eu lieu. Du reste, nous ne pourrions pas l’utiliser parce que cela reviendrait à tuer notre propre peuple, ce qui est contre notre intérêt. Ceci est donc une fausse allégation. Nous n’avons pas à perdre notre temps avec elle. Nous vivons en Syrie, il y a une guerre traditionnelle, mais il n’y a rien qui soit lié à des armes de destruction massive.
    Journaliste : Mais le rapport de l’ONU n’est pas une fiction.
    Président Assad : Le rapport de l’ONU n’a jamais été crédible, jamais, parce qu’ils ont émis des rapports basés sur des allégations, sur d’autres rapports, des rapports falsifiés, et ils présentent cela comme un rapport [sérieux]. Ont-ils envoyé une délégation pour faire enquête ? Ils en ont envoyé une en 2013, et elle n’a pas pu établir que l’armée arabe syrienne avait utilisé des armes chimiques. Voilà pour le premier point. Deuxièmement, un point encore plus important, le premier incident a eu lieu début 2013 à Alep, lorsque nous avons déclaré que les terroristes avaient utilisé des armes chimiques contre notre armée, et nous avons invité les Nations Unies à envoyer une délégation. Voilà ce que nous avons fait, mais à cette époque, les Etats-Unis se sont opposés à cela parce qu’ils savaient déjà que cette enquête – bien sûr si elle était impartiale – allait prouver que ces terroristes, leurs mercenaires, avaient utilisé des armes chimiques contre l’Armée arabe syrienne.
    En ce qui concerne les bombes-baril, je veux vous demander : quelle est la définition d’une bombe-baril ? Si vous allez vous enquérir auprès de notre armée, vous ne trouverez rien qui soit appelé « bombe-baril », alors comment comprenez-vous – afin que je sache comment je peux vous répondre – ce qu’est une bombe-baril ? Nous avons des bombes…
    Journaliste : La destruction… il s’agit de la destruction (causée par ces bombes), et c’est contraire au droit humanitaire.
    Président Assad : Toute bombe cause des destructions, toute bombe, il n’existe pas de bombe qui ne cause rien. C’est un mot qui a été utilisé dans l’Ouest dans le cadre du récit occidental visant à faire croire qu’il y a des bombardements indiscriminés qui ont tué des civils sans distinction, ce qui du reste contredit le récit occidental lui-même, je vais vous montrer la contradiction : dans d’autres lieux, ils prétendent que nous bombardons intentionnellement les hôpitaux, comme vous l’avez mentionné, que nous ciblons délibérément les écoles, et que nous avons ciblé intentionnellement les convois humanitaires à Alep le mois dernier, mais ces objectifs requièrent des missiles de précision. Donc, ils doivent choisir quelle partie du récit est vraie : soit nous employons des bombes indiscriminées, soit nous employons des bombes de précision. Ils ne cessent de se contredire dans le même récit, telle est la réalité occidentale maintenant. Alors, quelle version choisir ? Je peux vous répondre, mais encore une fois, nous ne disposons pas de bombes indiscriminées. Si nous tuons les gens sans distinction, cela signifiera que nous perdons la guerre parce que les gens seront contre nous. Je ne peux pas tuer le peuple syrien, ni sur le plan de la morale, ni dans mon seul intérêt, parce que dans ce cas, je pousserais la communauté et la société syriennes vers les terroristes, et non l’inverse.
    Question 21 : Je voudrais mentionner le sujet des prisons où la torture est exercée, Monsieur le Président. Amnesty parle de dix-sept mille morts. En ce qui concerne la prison de Saidnaya, il y a encore des rapports horribles. Quand allez-vous permettre à un observateur indépendant de visiter cette prison ?
    Président Assad : Amnesty International n’est pas indépendant, ce n’est pas un organisme impartial.
    Journaliste : Et le CICR ?
    Président Assad : Nous n’avons pas évoqué cette question avec la Croix-Rouge, nous n’en avons pas parlé. Cela devrait être abordé au sein de nos institutions, si nous souhaitons autoriser… s’il y a des allégations (de torture), cela pourrait être discuté. Nous ne disons pas oui ou non, mais le rapport que vous avez mentionné a été établi par le Qatar, et financé par le Qatar. Vous ne connaissez pas la source, vous ne connaissez pas les noms de ces victimes, rien n’est vérifié à propos de ce rapport. Il a été directement financé par le Qatar dans le but de diffamer et salir le gouvernement syrien et l’armée arabe syrienne.
    Journaliste : Mais il y a beaucoup de témoins oculaires.
    Président Assad : Personne ne sait qui ils sont. Vous n’avez rien de clair à ce sujet. Ce n’est pas vérifié. Donc non.
    Journaliste : Ouvrez donc la porte à des organisations comme la Croix-Rouge.
    Président Assad : La décision n’est pas de mon ressort. Nous avons des institutions, si nous devons discuter de cette question, nous avons besoin de solliciter les institutions compétentes pour pouvoir dire oui ou non.
    Question 22 : Pourquoi êtes-vous sûr que vous allez gagner cette guerre ?
    Président Assad : Parce que nous devons défendre notre pays, et nous devons croire que nous pouvons gagner la guerre pour défendre notre pays. Si nous n’avions pas cette conviction, nous serions vaincus. Vous savez, une partie de la guerre est ce en quoi nous croyons, donc il est évident et intuitif que nous devons absolument avoir cette conviction.
    Question 23 : Lorsqu’on marche à travers Damas, on voit que votre photo est partout, dans chaque boutique, dans tous les restaurants, dans chaque voiture, un symbole pour un dictateur, est-ce votre façon d’asseoir votre pouvoir ?
    Président Assad : Il y a une différence entre un dictateur et une dictature. Le dictateur est une personne (qui agit en tant que tel). Je n’ai pas demandé à quiconque en Syrie d’arborer ma photo, je ne l’ai pas fait. Voilà le premier point. Deuxièmement, pour décrire quelqu’un comme un dictateur, vous devez vous enquérir auprès de son peuple, je veux dire qu’il n’y a que son peuple qui peut dire qu’il est un dictateur ou qu’il est quelqu’un de bien.
    Journaliste : Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir répondu à nos questions pour la télévision suisse et l’émission Rundschau.
    Président Assad : Je vous remercie d’être venus en Syrie.
    ________________________________________
    [Source Vidéo: agence syrienne Sana]

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