S. Nasrallah : les Palestiniens resteront debout… L’image de l’Arabie est plus ternie que jamais

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a mis en garde contre la situation qui sévit actuellement dans la bande de Gaza, où selon lui l’état de mobilisation des deux côtés palestinien et israélien est au plus fort. Les Israéliens menaçant de frapper la bande de Gaza pour mettre fin aux grandes marches de retour organisées tous les vendredis depuis fin mars 2018. Et les Palestiniens s’obstinant à les poursuivre coûte que coûte…

« L’ennemi israélien les place devant deux choix : celui la confrontation  ou celui mourir de faim. Ils n’ont de choix que de rester debout ou de mourir debout », a dit sayed Nasrallah, dans un discours prononcé ce vendredi 19 octobre, devant un public qui fêtait  25 années de l’établissement des écoles al-Mahdi.

Son éminence a aussi évoqué dans la partie politique de son discours l’affaire de la disparition du journaliste saoudien opposant Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien en Turquie. Il a invité l’Arabie saoudite à stopper sa guerre contre le Yémen, car dans l’état actuel des choses, « la couverture dont elle dispose s’est effritée », selon lui.
S. Nasrallah a tourné en dérision les allégations de certains experts saoudiens qui ont, lors de leurs interventions télévisées, accusé le Hezbollah, l’Iran et Bachar al-Assad d’être derrière cette disparition.
« Même l’animateur qui les interrogeait leur a répliqué qu’il faut lancer des accusations qui puissent être  persuasives », a-t-il rapporté, non sans ironie.

Dans le troisième volet de son discours politique, sur le thème de la formation du cabinet libanais qui traine depuis les élections législatives de mai 2018, le numéro un du Hezbollah a rejeté les spéculations médiatiques qui lui attribuent un lien avec ce qui s’est passé en Irak et qui prétendent que l’Iran a donné le coup d’envoi pour sa formation.
«  L’Iran ne s’ingère ni de près ni de loin dans la formation du gouvernement libanais », a-t-il souligné. Il a même indiqué ne pas avoir de preuves tangibles qu’il y a une ingérence américaine ou saoudienne. Selon lui, les complications sont plutôt d’ordre internes.

S. Nasrallah a toutefois dit déceler une avancée certaine dans la procédure de distribution des portefeuilles ministériels mais s’est abstenu d’afficher tout optimisme « car il suffit qu’un obstacle survienne à l‘improviste et nous ramène à la case départ », a-t-il fait remarquer.

Sur l’échéance politique en Irak qui s’est cloturée par l’élection du chef du Parlement, du Président puis du Premier ministre, il a tenu à signaler qu’ils ne s’agit nullement d’une entente irano-américaine. « Ce fut un revers pour les Etats-Unis qui voulaient imposer d’autres personnages pour ces trois postes, et un revers pour l’Arabie saoudite aussi », a-t-il ajouté.

Hormis les questions politiques, Sayed Nasrallah a aussi durant son allocution  évoqué les cas de certains musulmans qui décident de sortir de l’Islam et d’adopter l’athéisme.
« Ils imputent à l’Islam des choses que les Musulmans commettent et qui n’ont rien avoir avec ses préceptes. Tous se doivent de leur répondre et de mettre au clair les vraies valeurs de l’Islam », a-t-il insisté.

 

IDEES PRINCIPALES DU DISCOURS

…Sur les questions politiques, j’ai relevé trois titres essentiels.

La région attend avec une grande attention ce qui se passe dans la bande de Gaza. Il y a ambiance de défis et de mobilisation des deux côtés et une escalade verbale et militaire israélienne et palestinienne. Il y a une persistance de la part des Palestiniens à poursuivre les marches de retours malgré les sacrifices consentis,..,  en plus de la position ferme exprimée par toutes les factions palestiniennes qu’elles sont prêtes pour la confrontation. On se demande vers  où les choses peuvent aller…

Les Palestiniens ne peuvent que rester debout

Les palestiniens n’ont de choix que de relever le défi et d’affronter l’ennemi israélien qui les place devant deux choix : le combat ou mourir de faim via le blocus..
Les Palestiniens ont pris position et refusent de mourir de faim et préfèrent rester debout. Cela ne veut pas forcément dire qu’il vont mourir… Il y aura certes des martyrs, mais il parviendront à obtenir le démantèlement du blocus et imposer leurs conditions…
Les heures suivantes sont très importantes aussi bien pour la bande de Gaza que pour la région, car elles pourraient avoir des répercussions dangereuses…

Affaire Khashoggi: l’Axe de le Résistance s’est contenté d’observer

Le 2ème évènement dont je vais parler et qui est devenu le premier ces derniers jours dans le monde est celui  s’est passe dans le con et la disparition du journaliste Jamal Khashoggi et comme l’a dit Trump, il semble avoir été achevé, comme le rapportent les medias, il aurait été torturé et tué en plus l’éventualité de son démembrement en morceaux.

Aux USA, le sujet requiert une grande importance. Il est d’autant plus important que l’affaire est exploitée sur fond  de l’échéance électorale partielle du mois de novembre…

Au début de cet évènement, et malgré le fait que le grand conflit dans la région est dirigée par l’axe USA Arabie saoudite et concerne le Liban, la Syrie, l’Irak, le Yémen , alors que les autres ne font que suivre, en dépit de tout le mal que les dirigeants saoudiens ont fait, nous dans l’Axe de la résistance sommes restés dans cette affaire en position d’observateurs. Alors que nous pouvions l’exploiter dans le conflit… Donc je ne suis pas dans la perspective de lancer une campagne politique ou autre…
Il est clair que l’administration de Trump se trouve dans une mauvaise posture… et les dirigeants saoudiens aussi. Il se peut que l’Arabie fasse l’objet d’un blocus économique ou politique…

L’affaire à suivre consiste à savoir comment ce dossier va se clore et les séquelles qui en découleront… En Arabie, je suppose qu’ils sont attelés à penser ce qu’ils devraient faire. La question des éléments incontrôlables que Trump a évoquée n’a pas été persuasive…ni toutes les autres…

Accuser le Hezbollah ne rentre pas dans les têtes

Les experts saoudiens qui sont apparus dans les différents programmes télévisés pour défendre l’Arabie ont accusé le Hezbollah. L’animateur qui n’a jamais été un de nos admirateurs a répondu à l’un d’entre eux qu’il faudrait dire des choses qui rentrent dans les têtes , qui sont persuasives…
L’un d’entre eux a même accusé l’Iran, le Hezbollah et Bachar al-Assad, ensemble, et la preuve avec laquelle il a voulu étayer sa thèses qu’un capitaine syrien dissident avait été enlevé en Turquie… Des balivernes…

La couverture à la guerre au Yémen s’effrite

Pour les reponsables saoudiens, c’est le moment propice de prendre une position courageuse d’arrêter la guerre contre le Yémen…
Les propos de l’un d’entre eux qui avaient menacé que l’Arabie, si elle sanctionnée, allait rejoindre l’Axe de la résistance, n’a aucune crédibilité… Personne ne peut croire de telles allégations. D’ailleurs personne en Arabie ne peut oser véhiculer un discours pareil…

En outre, la couverture internationale de la guerre contre le Yémen s’effrite plus que jamais… L’image de l’Arabie est plus ternie que jamais depuis 100 ans.
C’est le moment pour que les reponsables saoudiens prennent une position qui est aussi bien politique, que morale humanitaire,courageuse, …,  et arrête la guerre …. Et pour qu’elle laisse les Yéménites amorcer un dialogue entre eux et avec l’Onu pour aller vers la paix…

Faute de quoi, cette position d’entêtement et le comportement saoudien actuel vont  va la pousser vers l’effondrement… il est clair que le monde ne les admettra plus …

Aucun lien entre l’Irak et le Liban

Dernier point : la question de la formation du gouvernement au Liban. Elle va être traitée sur deux volets : sur la forme et sur le contenu

Sur la forme d’abord : ces jours-ci, dans les médias arabes et ceux du Golfe et les libanais  aussi, concernant l’affaire de la formation du gouvernement, plusieurs questions sont soulevées, dont entre autre un lien est établi entre l’Irak et le Liban. En Irak ont été récemment élus un chef de Parlement, un Président et un chef de cabinet et celui-ci n’a qu’un mois pour former le gouvernement. Ce n’est pas comme ici au Liban…

Ce lien établi entre la formation de ces deux gouvernements est totalement faux. En Irak ce qui s’est passe dernièrement n’est pas le fruit d’une entente irano américaine. C’est la victoire de la volonté des Irakiens nationaux et honnêtes et c’est le revers des velléités américaines qui voulaient d’autres personnages aux postes de chef de Parlement, de Président et de Premier  ministre…
C’est une défaite pour les USA et de l’Arabie… Mais nous n’allons mettre la pression davantage sur l’Arabie
Non, il n’a y a pas eu d’entente irano américaine…

La tutelle de l’Iran est un mensonge

Au Liban, l’Iran ne s’ingère pas du tout dans ses affaires gouvernementales, ni de près ni de loin…
Ceux qui le prétendent disent des mensonges…
Ils disent que la tutelle iranienne au Liban a donné l’autorisation de former le gouvernement… et la preuve qu’ils avancent est que j’ai moi discuté avec le ministre Joubrane Bassil et lui ai dit qu’il faut faire des concessions et que nous avons le temps seulement jusqu’à la date des sanctions en novembre, ainsi de suit…

Ceci est totalement faux. Cette rencontre n’a jamais eu lieu. Jamais nous ne parlons sur ce ton avec nos alliés du Courant patriotique libre… jamais nous ne leur dictons ce qu’ils devraient faire… Ni d’ailleurs aux autres forces politiques…

De même, il y a les tentatives de présenter les faits pour la formation du gouvernement, comme si c’est le Hezbollah qui distribue les portefeuilles ministériels et les parts de chaque parti. Ceci est faux. Nous ne nous ingérons pas dans cette question…
Bien sûr que nous sommes au courant de ce qui se passe et dans certains cas nous exprimons notre avis…

Les complications internes l’emportent sur les ingérences externes

Dans le contenu, concernant les ingérences dans la formation du gouvernement, les choses ne sont pas claires pour moi s’il y en a ou pas… oui, on tente d’être justes et objectifs, même avec nos rivaux et nos ennemis…

Ce qui est sûr est que ce n’est notre équipe qui entrave la formation du gouvernement…
Les Français  non plus ne semblent pas le faire…
S’agissant des USA et de l’Arabie, je ne peux pas l’affirmer aux Libanais… les choses ne sont pas très claires sur qui entrave la formation du cabinet depuis l’extérieur. Alors que les complications d’ordre interne  sont les plus visibles et les plus plausibles…

Une lueur d’espoir pour la formation du gouvernement

Mais je peux cette fois-ci quand même vous donner une lueur d’espoir, sur une petite progression dans ce dossier. Mais je ne conseille à personne de donner des délais, car parfois des complexités interviennent et alors qu’elles n’ont pas été prises en considération au début, elles font surface au dernier moment.

On peut dire qu’il y a eu avancée importante, mais il y a des questions qui trébuchent sur les portefeuilles et sur le principe d’accorder des ministères à certaines parties …
Bien sûr nous sommes concernés, le mouvement Amal et nous, par cette partie…

Depuis le premier jour nous avions insisté sur la nécessité de travailler la formation du gouvernement dans la plus grande discrétion. De nombreux ont refusé de  respecter cette règle…
Je ne veux pas parler de nos revendications pour ne pas nous laisser trainer dans une controverse sans fin et je ne veux embarrasser personne…

Tout le monde doit être modeste

Le pays a besoin du gouvernement à tous les niveaux
Seulement ce besoin qui devrait avoir le dessus sur les velléités de demander des comptes aux autres  ou de leurs rendre des comptes …
Oui les choses sont devenues plus sérieuses et apparemment nous vivons les derniers jours qui précèdent la naissance du gouvernement… quitte à ce qu’une nouvelle embuche ne vienne tout saper.
Je ne veux pas non plus verser dans l’optimisme
Au début, il n’y a avait de critère unique chez les différents protagonistes qui puisse régir la formation du gouvernement et la distribution des portefeuilles ministériels, dont par exemple celui d’accorder des ministères proportionnellement au nombre de sièges parlementaires…certains ont refusé les critères uniques… il faut qu’il y ait les mêmes critères appliqués sur tous… et sur nos alliés aussi…
Ns prions Dieu pour que les responsables collaborent entre eux et soient modestes.
Nous avons été modestes dans la distribution des portefeuilles. Tout le monde devrait faire de même.

FIN

Source: Al-Manar

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