S. Nasrallah : les préparatifs pour la libération d’AlQuds lancés, les espoirs de Trump sur l’Iran douchés

Le secrétaire général du Hezbollah a assuré que des réunions de coordination continues ont été entamées avec les factions de la résistance palestinienne, afin de fournir tous les soutiens nécessaires pour lancer une troisième Intifada.

Lors d’une interview accordée, mercredi soir, à la chaine libanaise AlMayadeen, Sayed Hassan Nasrallah a dans ce contexte révélé que l’axe de la résistance se prépare pour la « guerre majeure » contre Israël qui aboutira à la libération d’AlQuds et non pas seulement de la Galilée.

Interrogé sur les derniers évènements en Iran, le numéro un du Hezbollah a assuré que les espoirs du président américain Donald Trump concernant le mouvement de contestation en Iran seraient déçus.

« Il n’y a pas lieu de s’inquiéter et ce qui s’est passé en Iran est sous contrôle », a affirmé Sayed Nasrallah…Les espoirs de Trump ont été douchés, tout comme ceux des Israéliens et des responsables saoudiens qui pariaient sur des protestations plus importantes qui provoqueraient la chute du régime et le chaos en Iran », a-t-il souligné.

S’agissant de la Syrie, le chef du Hezbollah a affirmé avoir rencontré M. Assad « il y a quelques semaines » sans donner plus de précisions. « Nous ne pouvons pas encore parler de victoire finale (en Syrie). La guerre est dans ses dernières phases. Nous ne pouvons pas préciser combien de temps elle durera encore. Peut-être un an ou deux », a-t-il expliqué.

Pour ce qui est du Liban, Sayed Nasrallah a révélé que le Liban a échappé belle à une guerre civile. Les Saoudiens planifiaient un chaos au Liban, après avoir forcé le Premier Ministre Saad Hariri à présenter sa démission depuis Ryad.

Voici les principaux détails de l’interview :

En Iran, tout reste sous le contrôle de l’Etat

Q : Avez-vous fêté le nouvel an ou vous étiez préoccupé par les évènements en Iran ?

Sayed : Pour ce qui est de l’Iran, rien ne suscite l’inquiétude. Tout ce qui se passe reste sous le contrôle de l’Etat. La situation diffère de celle de l’Iran en 2009. Les circonstances des manifestations en Iran ne sont pas liées aux conditions politiques mais sont plutôt d’ordre économique. Les courants politiques en Iran sont unanimes dans leur soutien à l’Etat. La question se résume par la faillite de certaines sociétés financières et bancaires. Je ne suis pas au courant des raisons de cette faillite, mais tout ce que je sais c’est que des milliers d’investisseurs ont perdu leurs capitaux. Donc, les manifestations ont commencé en raison de facteurs économiques. Mais des groupuscules liés au fils du Chah et à l’organisation terroriste des Moujahidines du peuple sont intervenus pour faire virer les manifestations vers des actes violents. Les dirigeants en Iran ont tranquillement géré la crise et ont réussi à séparer les manifestants des émeutiers… Les Etats-Unis, Netanyahu, les médias saoudiens ont comme d’habitude amplifié ces protestations. Quant aux responsables iraniens, ils se sont comportés avec une grande sagesse et ont mis fin à ce cycle de violence…

Le dirigeant des gardiens de la révolution vient d’annoncer la fin des actes de violence, bien que cette institution n’ait pas eu besoin d’intervenir.

Q: Le président Rohani a fait preuve de plus d’ouverture et de compréhension envers les manifestants pour des raisons économiques ?

Sayed: La question économique constitue l’un des plus grands défis pour l’Iran, soumis aux sanctions internationales, exposé à une guerre destructrice, auxquelles vient s’ajouter le taux de la croissance en perpétuelle hausse de la population . Tout cela provoque un problème économique majeur, et un taux élevé de chômage. Le guide suprême a parlé longuement de l’économie de résistance. Les responsables iraniens comprennent les revendications populaires, mais ils avertissent contre les tentatives des ennemis de faire virer les manifestations de leurs objectifs essentiels.

Les institutions de l’Etat, le Parlement, le gouvernement et autres travaillent sérieusement pour régler la crise.

La cause palestinienne est une convuction pour les Iraniens

Q: On a entendu des slogans opposés au soutien de l’Iran à Gaza et au Liban ?

Sayed: Ce slogan n’est pas nouveau. On l’a entendu en 2009 avant les élections. Ces appels n’ont pas d’assise populaire. La majorité du peuple iranien adhère à la cause de la Palestine et à l’axe de la résistance et les perçoivent comme étant une partie intégrante de leur conviction religieuse voire patriotique et nationale.

Lors des débats sur la Syrie, le guide suprême et les responsables iraniens expliquent clairement au peuple, dans le cadre de la démocratie populaire, que si l’Iran ne combattait pas Daech et le terrorisme en Syrie et en Irak, les groupes terroristes auraient déclenché leur guerre sur les territoires iraniens.

Allez demander un soutien financier au peuple iranien pour les groupes de la résistance, et vous verrez des millions d’Iraniens venir à l’aide.

Les espoirs de Donald Trump (le président américain) ont été douchés et ils le seront à l’avenir, de même que ceux des responsables saoudiens et tous ceux qui ont misé sur une chute du régime en Iran ou même une guerre civile dans le pays. Je voudrais rassurer les partisans de la résistance et de l’Iran: ne craignez rien et n’ayez pas de soucis face aux allégations des médias.

Q: le prince saoudien Mohammad ben Salamen trouve qu’une partie de son rêve a été réalisé ?

Sayed: des rapports de renseignements US et israéliens assurent aux dirigeants américains et sionistes que le problème en Iran a pris fin. Donc, c’est irréaliste de considérer que le rêve de ben Salmane a été réalisé en partie.

L’axe de la Résistance se prépare

Q: Vous avez dit que la décision de Trump est le début de la fin d’Israël. Qu’est-ce qui empêcherait qu’al-Qods ne soit pas proclamée comme la capitale d’Israël?

Sayed: Le fait d’assimiler cette promesse de Trump à celle de Balfour est un avertissement adressé de ma part aux Arabes  pour ne pas assurer la victoire et la réussite d’une telle décision. La réussite de cette mesure signifie que les pays arabes reconnaitront  l’existence de l’Etat d’Israël avec al-Qods comme capitale, et qu’ils normaliseront leurs liens avec cette Entité.

Mais ce qu’a fait Trump a saboté le processus des négociations. Via son appel sur al-Qods, il s’en prend à une affaire qui concerne des milliards de musulmans et de chrétiens et qui représente l’unanimité de toutes les factions palestiniennes et arabes. Raison pour laquelle il a soulevé l’ire des populations arabes et musulmanes.

Trump a mis fin au processus de paix par sa mesure.

La décision de Trump et la politique suivie avec Netanyahu ont fait comprendre aux peuples de la région que le processus de paix n’a mené nulle part, et que seule la résistance est efficace.

Rencontres avec toutes les factions palestiniennes

Q: Vous avez été parmi les premiers à appeler à une troisième intifada. Y a-t-il une coordination avec les Palestiniens?

Sayed: les contacts avec les factions palestiniennes se poursuivent normalement. J’ai rencontré tous les représentants de haut rang des factions palestiniens. Nous avons affiché notre attachement à al-Qods, sans entrer dans les détails controversés. Nous avons insisté que la cause d’al-Qods est en danger et nous nous sommes mis d’accord pour conjuguer nos efforts en Palestine et ailleurs pour faire pression en faveur de la protection d’al-Qods.

Des manifestations, des soulèvements, des campagnes médiatiques et des soutiens financiers  sont venus prêter main forte aux Palestiniens et aux factions palestiniennes dans les territoires palestiniens.

Nous nous sommes convenus sur l’importance d’être solidaires envers al-Qods et les Palestiniens.

Q: Le front populaire de la Palestine reçoit-il le soutien financier de l’Iran?

Sayed: l’Iran est fier de fournir son aide aux factions de la résistance palestinienne. Il l’affiche haut et fort devant le monde entier. D’ailleurs, l’Iran est sanctionné pour l’aide qu’elle procure aux Palestiniens. Ces aides sont aussi directes et ne se font pas par le biais du Hezbollah.

Q: Il existe donc un soutien financier, mais y a-t-il un soutien militaire?

Sayed: la politique fixe de l’Iran stipule que le soutien à la résistance palestinienne doit se faire par tous les moyens. Nous n’allons épargner aucun moyen pour la réalisation de cet objectif.

Q: Pouvons-nous dire que vous êtes le porte-parole de l’axe de la résistance? Je pense que vous y aviez fait allusion une fois.

Sayed: je n’ai jamais dit ceci. Mais je parle au nom de l’axe de la résistance parce que je connais ses positions et sa politique. L’axe de la résistance est opérateur et coordonne les efforts. J’ai dit qu’il faut surmonter les divergences et conjuguer les efforts, et c’est ce qui se passe actuellement.

Q: Fatah est-il d’accord avec la politique que vous dessinez?

Sayed: Fatah s’est dit d’accord pour une nouvelle intifada en Cisjordanie, et sa présence dans le mouvement populaire est essentielle. A Gaza et au Liban, les factions palestiniennes sont en bonne coordination. Nous n’avons pas parlé de l’aide du Hezbollah au Fatah et ce mouvement n’en a pas demandé.

Personne ne peut renoncer aux droits palestiniens

Q: Les forces de l’axe de la résistance seront-elles impliquées dans une guerre en Palestine?

Sayed: Personne ne peut imposer à quiconque de le suivre dans sa politique. Quelque chose se trame pour la région. Trump a placé la région devant deux choix: soit accepter les diktats US, soit subir la guerre. Seule la capitulation palestinienne est en mesure de faire réussir la politique de Trump. Même la direction palestinienne l’a clairement dit: personne ne peut renoncer aux droits palestiniens dans al-Qods.

Ni la population de Gaza, ni celle en Cisjordanie, ni nous au Liban ne sommes enclins à faire une guerre classique. La résistance est une formation de guérilla. Notre projet n’est pas celui de la guerre mais de la résistance. Trump et Netanyahu pourraient entrainer la région dans une guerre. Les forces de la résistance doivent se préparer pour une éventuelle guerre. On ne peut prévoir les décisions de Trump.

Il pourrait donner le feu vert à une guerre contre Gaza ou contre le Liban, ou encore contre la Syrie. L’objectif en est de frapper l’axe et les pays de la résistance. Pour cette raison, nous planifions, nous dressons des plans, nous coordonnons ensemble. Nous sommes en contact avec les différentes parties, et notre responsabilité est de se préparer à une guerre pour la transformer d’un risque historique en une opportunité historique au-delà de la Galilée. Notre objectif est de libérer al-Qods.

Ceci signifie qu’il y aurait non seulement un remaniement au niveau des règles d’engagement, mais aussi des préparatifs pour contrer la guerre majeure (contre Israël).

Le Hezbollah prépare des surprises en cas de guerre

Q: Le Hezbollah est-il capable de frapper des avions de guerre de l’ennemi?

Sayed: Notre atout de force majeur est le facteur de surprise au niveau des nouvelles tactiques et des arsenaux militaires. Ceci se verra sur le champ de  bataille, pas dans les médias. Sachez que la résistance a toujours oeuvré pour s’acquérir les différents types d’armements qui lui permettront de sortir victorieuse de toute prochaine guerre.

Q: Je rappelle le massacre des Mirkavas. Allez-vous les surprendre dans l’avenir?

Sayed: Tel devrait être le cas.

Q: vous avez lancé un slogan cher aux Palestiniens: Nous irons par millions à al-Qods. Quand aura lieu ce moment là?

Sayed: Ceci dépend des risques et des opportunités. Si Trump et Netanyahu comptent déclencher une guerre, nous travaillerons ensemble pour transformer ce risque en une opportunité qui assurera la libération d’al-Qods, non seulement de la Galilée. Des forces de notre région sont de plus en plus convaincues de l’importance de se rallier à la cause palestinienne pour restituer au peuple palestinien ses droits. La résistance au Liban est de loin plus forte que jadis. Même la Syrie est plus forte après sa victoire, malgré les blessures.

Le prochaine guerre, nous serons des dizaines de milliers

Q: Vous êtes certain que la guerre aura lieu comme vous l’êtes pour votre victoire?

Sayed: Oui, c’est la vérité. La guerre est probable au vu de l’analyse des positions américaines et sionistes. Nous devons garder à l’esprit que ceux qui sabotent le processus de paix via la décision sur al-Qods, cherchent en effet la guerre. Je ne veux pas faire peur aux gens, mais en voyant les deux fous Trump et Netanyahu et leurs comportements, on ne peut écarter cette option…

Oui j’ai l’entière conviction de la victoire parce que non seulement il s’agit d’une promesse divine, mais parce que nous lui procurons tous les préparatifs nécessaires. Dans la prochaine guerre, l’axe de la résistance formé de l’Iran, de la Palestine, de la Syrie et du Liban comptera aussi dans ses rangs  les Yéménites. Sayed Abdel Malek Houthi s’est dit prêt à participer directement dans la guerre. J’ai reçu un message selon lequel les Yéménites sont prêts à dépêcher des milliers de combattants même si la guerre saoudienne sur leur pays ne prend pas fin.

En cas de guerre, nous serons  des dizaines de milliers prêts à participer à cette grande bataille .

Q: Pouvons-nous nous figurer que des combattants du Hezbollah pénètreront à l’intérieur de la Galilée?

Sayed: En cas de guerre, toutes les options sont probables. Dieu nous a demandé de bien nous préparer pour la guerre et Lui va nous prêter main forte. La force de l’ennemi est depuis toujours exagérée. L’un des exploits majeurs de la résistance libanaise et palestinienne est le fait d’avoir éliminé l’image de l’armée israélienne invincible.

Sachez que la guerre contre Daech est de loin plus difficile que celle que contre les sionistes. Le seul élément qui distingue l’armée sioniste est l’armement de l’air. Nous oeuvrons pour réduire ses capacités.

Alors que les miliciens terroristes de Daech avancent par dizaines pour mener des attentats suicide à l’aide des tonnes d’explosifs, le soldat israélien est lâche. Il ne peut avancer d’un iota qu’avec le soutien des chars et des blindés et des avions .

Actuellement, des dizaines de milliers de combattants expérimentés sont prêts à prendre part à la guerre contre l’ennemi.

Q: Pourquoi ne ripostez-vous pas aux attaques israéliennes contre des cibles de la résistance?

Sayed: Ceci sert l’objectif stratégique et les préparatifs de la résistance pour la guerre majeure. Puisque ces frappes n’affectent pas la force de la résistance, on est capable de les surmonter sans riposter…

Oui nous nous trouvons au sud de la Syrie

Q: Pouvons-nous parler d’une nouvelle résistance à la frontière syrienne dans le Golan?

Sayed: L’ennemi est en droit de s’inquiéter pour les expertises acquises par les jeunes syriens dans la guerre en Syrie. Des formations populaires combattent côte à côte avec l’armée syrienne. La bataille contre les groups takfiristes a mis en place une structure bien organisée pour le combat contre Israël.

Là où le Hezbollah est présent, les Israéliens doivent avoir peur. La résistance est pratiquement présente sur place. Le président Assad a parlé plus d’une fois d’une résistance populaire.

Q: La résistance populaire là-bas est syrienne et non syrienne?

Sayed: Oui, effectivement.

Equilibre des forces entre Israël et le Hezbollah

Q: Les Israéliens n’ont pas encore transporté l’ammoniac vers d’autres sites. N’ont-ils pas peur de vos menaces?

Sayed: Cette question me rappelle la crise des déchets au Liban. Personne n’accepte de les accueillir. Pour ce qui est de l’ammoniac, toutes les municipalités du sud de la Palestine occupée ont refusé d’héberger ces réservoirs, et les Israéliens cherchent d’autres solutions telles que les navires au large de la Méditerranée. Donc, ils ont peur de nos menaces et de nos frappes.

Les Israéliens craignent la croissance démographique palestinienne, le Hezbollah, l’Iran. Le Hezbollah connait les points faibles de l’ennemi israélien. Pour vaincre cet ennemi, on n’a pas besoin de milliers de missiles. Des dizaines de missiles bien précis suffisent pour remporter la guerre. C’est l’ennemi qui le dit.

Q: l’équilibre de force n’a-t-il pas été atteint?

Sayed: l’ex chef de l’état-major israélien dit que la guerre commencera « par un missile qui percera le mur de ma chambre ».

Q: Qui a tué le dirigeant Imad Moughniyeh? Vous avez conclu cette affaire?

Sayed: Depuis longtemps on a su que les Américains et les Israéliens sont responsables de cet attentat. Ils l’ont d’ailleurs dit clairement.

Q: Pourriez-vous un jour conclure un accord avec Israël?

Sayed: Nous n’allons jamais reconnaitre la légitimité d’Israël même si le monde entier le fait.

Les propositions US au Hezbollah depuis 2001

Q: Avez-vous reçu de nouvelles propositions américaines?

Sayed: A l’époque de George Bush, en 2001, nous avons reçu des messages US via des amis communs, et même de la part des services de renseignements de Barack Obama. Une fois, un ressortissant libanais vivant aux Etats-Unis  m’a transmis un message de la part de Dick Cheney sur des propositions alléchantes liées aux frontières, aux prisonniers, à notre participation au gouvernement libanais, à une aide financière de l’ordre de deux milliards de dollars, au maintien de nos armes et à la liste du terrorisme. En échange, il y avait des engagements à faire de notre part: un cessez-le-feu avec Israël, ne jamais riposter aux tirs israéliens, tout en pouvant garder un discours hostile contre Israël. Il était aussi question que nous devions mettre fin à l’aide destinée aux Palestiniens, et de  coopérer au sujet d’al-Qaïda qui était à cette époque un casse-tête pour eux. Certes, nous avons refusé cette demande.

Q: Avez-vous reçu des propositions de la part de l’administration de Trump?

Sayed: Oui, juste après son élection mais avant son investiture. Le titre de la proposition se référait à  la coopération conjointe contre Daech. Ils ont dit que Daech est notre ennemi commun. Notre réponse fut claire: Daech est notre ennemi mais pas le vôtre.

Nous avons coopéré avec certains pays européens que je ne peux citer.

La relation avec le Hamas devenue normale

Q: Qu’en est-il de la relation avec le Hamas?

Sayed: Les liens n’ont jamais été rompus avec le Hamas, même entre l’Iran et le Hamas. Mais aujourd’hui, la relation est retournée à la normale. Il est précoce de travailler sur la normalisation des liens entre le Hamas et la direction syrienne. Cette direction comprend notre vision stratégique et surmonte les divergences dans l’intérêt suprême de l’axe de la résistance.

Q: Le Hamas a-t-il commis des erreurs envers la Syrie dans les dernières années?

Sayed: Demandez ceci au Hamas. Ce sujet fait l’objet d’une révision permanente et les takfiristes n’arrivent pas à admettre l’ouverture du Hamas sur l’Iran.

La solution en Syrie, dans peut-être deux ans

Q: Quand avez-vous tenu la dernière rencontre avec le président syrien?

Sayed: Il y a quelques semaines, pour parler de la grande victoire généralisée sur Daech. Mais on ne peut pas parler d’une victoire finale. L’Etat de Daech a été éliminé mais ses éléments sont toujours présents. Les Américains veillent à leur protection et ceci a été communiqué aux Russes. Les Russes ont été avertis par les Américains contre des frappes sur les positions de Daech à l’Est de l’Euphrate.

Daech a été éliminé au niveau de l’Etat mais le groupe existe toujours.

Il est erroné de dire que la guerre en Syrie a pris fin.

Q: Quand cette guerre prendra-t-elle fin?

Sayed: La guerre est sur le point de terminer. D’ici un an ou dans deux ans, elle prendra fin définitivement.

Q: Le président Assad restera-t-il au pouvoir?

Sayed: effectivement, et il a le droit de se porter candidat une nouvelle fois.

Quitter la Syrie? ça dépend

Q: Est-il vrai que vous allez quitter la Syrie en 2018?

Sayed: non. Je n’ai jamais dit ceci, ni même pensé à cette option. Tout dépend des résultats de la guerre.

Q: Aidez-vous les kurdes?

Sayed: le Kurdes n’ont pas besoin de cette aide. Les Américains font tout pour les aider.

Nous sommes présents en Syrie à la demande de la direction syrienne pour lui permettre d’étendre sa souveraineté, et d’en finir avec les terroristes.

Sortir de la Syrie est tributaire de la réalisation de l’objectif pour lequel nous y sommes entrés. Nous n’allons point hésiter à défendre la Syrie en cas d’attaque israélienne.

Quand on parle d’une victoire presque définitive en Syrie et de ses facteurs, d’aucuns au Hezbollah constatent que notre participation est le facteur qui changé le cours de la guerre. En Syrie, les facteurs majeurs qui ont assuré la victoire de la Syrie sont : le président Assad qui n’a pas fléchi et qui a refusé de fuir et l’unité du commandement.

Le président Assad est resté à Damas. Des dirigeants sont restés tenaces et certains d’entre eux sont tombés en martyre. Aucune faction ni brigade de l’armée n’a fait scission. A tout ceci s’ajoute le soutien populaire, facteur essentiel dans cette ténacité syrienne.

Sans l’armée, l’Etat et le commandement syriens, la Syrie ne l’aurait pas remporté. Les autres forces sont des facteurs adjoints.

Toutes les accusations selon lesquelles la Syrie est en train de se convertir au chiisme sont erronées. Ces rumeurs sont infondées. Ceux qui accusent l’Iran de chercher à convertir les sunnites syriens au chiisme ont tort.  Ces informations sont fabriquées de toutes pièces. Dans un cas pareil, l’Iran se doit de convertir ses propres citoyens sunnites. Mais au contraire, nous trouvons des chiites iraniens devenir sunnites dans la région al-Ahwaz en raison des campagnes saoudiennes.

Q: Comment figurez-vous la solution politique en Syrie sans l’opposition de l’extérieur?

Sayed: Quand on parle d’une solution politique, tout le monde a le droit d’y participer: l’opposition de l’intérieur et de l’extérieur. A Sotchi, nous avons vu même des groupes armés.

Le dialogue doit avoir lieu sans conditions préalables.

Il faut mettre en place des comités pour rapprocher les gens les uns des autres et un comité pour la mise en place d’une nouvelle Constitution qui doit être ensuite soumise au référendum par le peuple.

Q: Avez-vous introduit de nouvelles tactiques de combat suite à votre participation à la bataille aux côtés de l’armée syrienne?

Sayed: Evidemment, nous avons appris de l’armée syrienne la guerre dans le désert, et c’était une expérience toute nouvelle. De notre côté, nous avons transmis la guerre de guérilla à cette armée. Les combattants du Hezbollah a accumulé une expertise militaire importante en participant dans la guerre en Syrie. Nous avons appris les batailles dans les grandes superficies, quelque chose que nous n’avions pas expérimenté dans le passé…

Le projet saoudien contre le Liban

Q: Sur le Liban, oeuvrez-vous pour régler le différend entre les chefs du Parlement et de l’Etat?

Sayed: certes, nous sommes concernés par chaque effort nécessaire pour rapprocher les points de vue via le dialogue, en fonction de la Constitution. D’aucuns au Liban tentent de semer la discorde.

Chacun des deux présidents (de l’exécutif et du législatif, ndlr)  défend son point de vue et avance qu’il travaille selon la Constitution. Il faut combler cette lacune constitutionnelle. La construction d’un Etat réel nécessite une référence constitutionnelle.

Q: Comment pouvons-nous nous assurer que le président Saad Hariri était bel et bien détenu en Arabie Saoudite?

Sayed: Comme le président Hariri entretient de bonnes relations avec Riyad et n’a pas coupé court avec elle, on ne peut lui imposer de révéler la réalité des choses. Mais nos informations confirment que l’Arabie Saoudite, à travers la démission de Hariri, projetait un plan dangereux pour le Liban.

Elle voulait provoquer une vacance au poste du Premier ministre, laquele aurait du aboutir à l’incapacité d’en désigner un. L’objectif consistait à provoquer une guerre entre les Libanais en poussant les partisans du courant du Futur à descendre dans les rues pour défendre leur leader )Saad Hariri, ndlr).

L’Arabie Saoudite cherchait à provoquer une guerre civile au Liban. Le Liban a échappé au chaos grâce à sa direction sage.

Plusieurs pays détenaient des informations sur ce plan. La France en possède aussi.

Q: On l’a bien vu: Bahia Hariri a dit que grâce à la position patriotique de Sayed Nasrallah, Saad Hariri est rentré au Liban.

Sayed: Nous avions des doutes sur le sort du président Hariri. Aucune communication n’était disponible avec lui après son départ à Ryad, même ses gardes du corps ont dit que le président n’est plus joignable.

Q: Avez-vous des contacts directs avec lui?

Sayed: Non. Je n’ai aucun problème de le rencontrer. Mais nos frères au Hezbollah rencontrent des responsables du courant du Futur et ceci est suffisant. Je ne veux embarrasser personne.

Législatives libanaises: les alliés traditionnels

Q: Passons au dossier des prochaines élections législatives au Liban. Que préparez-vous , quelles seront vos alliances?

Tout ce qui a été dit dans les médias sur les alliances électorales est sans fondement. Nous allons en principe nous allier avec nos partenaires traditionnels. Une alliance quintuple ou sextuple est sans aucun fondement.

Nous sommes convaincus que tout le monde a le droit d’être représenté au Parlement. La loi de la proportionnelle permet une grande représentativité de tout le peuple libanais et donne l’occasion à nos partenaires de sortir victorieux. Donc, nous n’allons pas nous allier avec d’autres parties qui affaibliront nos partenaires.

Q: Pourquoi vos partenaires n’ont-ils pas pris part aux combats en Syrie?

Sayed: de nombreuses forces libanaises comme les brigades de la résistance libanaise auraient voulu combattre. Mais ceci n’était pas nécessaire. D’aucuns ont fourni de l’aide médicale et humanitaire.

La position du mouvement Amal était absolument en faveur de la Syrie et en faveur de notre participation aux combats en cours.

La guerre au Yémen, encore longue

Q: Quand la guerre au Yémen prendra-t-elle fin?

Sayed: Il n’y pas à l’heure actuelle d’horizon pour une solution politique au Yémen. Riyad ne veut pas de solution. Toutes les négociations ont échoué parce que l’Arabie Saoudite imposait comme condition préalable aux pourparlers la remise des armes. L’Arabie Saoudite veut la capitulation. Elle veut une victoire sanguinaire et décisive parce qu’elle cherche à renforcer son trône et son statut régional. Rien de pratique n’est décelé sur le terrain.

Quant aux Yéménites, surtout Ansarullah, ils sont d’accord pour un gouvernement d’union nationale, pour une armée unie, et de la tenue d’élections, avant la remise des armes ultérieurement.

Malheureusement, il n’y a pas de médiations sérieuses tangibles.

 

Sources: Rédaction + Alahed + AlAkhbar + AFP

Source: Médias

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