Srebrenica : la vérité oubliée qui ne plaît pas

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Crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide, parmi les 10 chefs d’accusation retenus contre Radovan Karadzic ! A 70 ans, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie a été condamné au Tribunal de la Haye à 40 ans de prison.

Karadzic a notamment été reconnu comme responsable pour le génocide de Srebrenica. Le verdict a été rendu 24 mars 2016, date anniversaire de l’intervention de l’Otan en ex-Yougoslavie…

Radovan Karadzic ne se reconnaît pas coupable. Dans les années 1990, il dirigeait les Serbes de Bosnie-Herzégovine. La région peuplée de Bosniaques, Serbes et de Croates a été l’une des plus vulnérables parmi les républiques de l’ex-Yougoslavie vouée à l’éclatement. Entre 1992 et 1995, la guerre en Bosnie a emporté plus de 100.000 vies. Le nombre de déplacés a atteint 2,2 millions. Aujourd’hui la Bosnie-Herzégovine est divisée en trois parties, chacune d’entre elles a sa propre version de ces événements tragiques, y compris du massacre de Srebrenica. Mais pour l’Occident il n’y a qu’une seule « vérité » digne de son attention. Elle leur paraît tellement crédible qu’ils y croient sans même vérifier les faits.L’une des étapes finales de cette guerre Srebrenica est pour la communauté internationale un symbole d’une cruauté exceptionnelle envers les musulmans… Mais peu sont ceux qui se souviennent de 91 pour cent des Serbes exterminés comme peu sont ceux qui cherchent des preuves de la fiabilité de la version musulmane. Cette histoire n’existe tout simplement pas pour les juges européens… Ce qui explique que le Tribunal de la Haye ne condamne pour des faits de cette guerre civile que des Serbes. En s’exprimant sur le sort de , le député et Membre de la commission des affaires étrangères Thierry Mariani a déploré que la justice ne se fasse actuellement que dans un sens unique:

« C’est une décision très dure mais la guerre en ex —Yougoslavie a été dramatique, tragique, les massacres de population ne sont pas admissibles. Après ce que je regrette c’est qu’on condamne les massacres dans un seul sens. Je pense quand on regarde ce qui s’est passé, les massacres, malheureusement, se sont déroulés dans les deux camps… S’il est avéré qu’il (Radovan Karadzic, ndlr) est responsable de certains massacres, il serait aussi normal que ceux qui ont été dans l’autre camp responsables des massacres soient aussi condamnés. Le problème, c’est que l’histoire est souvent écrite par les vainqueurs ».

Radovan Karadzic
© REUTERS/ ROBIN VAN LONKHUIJSEN/POOL
On oublie souvent que la population serbe subissait au début des années 1990 très régulièrement des agressions de la part des musulmans en Bosnie-Herzégovine.Pour repousser les troupes des Bosniaques musulmans et prévenir ainsi des attaques éventuelles contre les régions peuplées de Serbes, l’armée du général Ratko Mladic a lancé le 6 juillet 1995 une offensive à Srebrenica en passant par 43 villages musulmans où personne n’a été tué et où aucun bâtiment n’a été endommagé.
Fait curieux: une fois entrés en ville, les militaires serbes ont procédé à l’évacuation des civils en les transportant en bus hors de la ville. Depuis on l’évoque plus en Occident. Le président de la République serbe de Bosnie Milorad Dodik se dit ne pas être surpris par le verdict du Tribunal de la Haye pour Karadzic:« Le Tribunal de La Haye, compte tenu des condamnations précédentes, n’a jamais été un endroit où la justice règne. La majorité de Serbes dont je fais partie ne considère pas le verdict contre Karadzic comme un exemple d’un travail juridique bien fait ou d’une quête de la vérité. Compte tenu du fait qu’en Bosnie-Herzégovine personne n’a été condamné pour les crimes contre les Serbes, on peut donc dire à bon droit qu’il n’y a aucune justice pour les victimes serbes et l’histoire qui est en train de s’écrire au Tribunal de La Haye est absolument unilatérale. Ce verdict ne contribuera pas à la réconciliation des populations en Bosnie-Herzégovine. Naser Orić (ancien commandant bosniaque musulman) est en liberté à Sarajevo alors qu’il y a des preuves de ce qu’il a commis des crimes pendant la guerre. Et cela montre que nous avons affaire à une justice sélective ».

Alors que Srebrenica est déjà inscrite dans l’histoire par la communauté internationale comme le lieu du génocide des musulmans, que sait-on en réalité de cette tragédie? Plus de 8000 morts. Un chiffre qui provient des sources toujours indéfinies ce qui remet en question la « version officielle » des événements, selon Elena Gouskova, directrice du Centre d’étude des crises balkaniques de l’Institut du slavisme de l’Académie des sciences de Russie. L’institut organise régulièrement des conférences internationales qui rassemblent des scientifiques et des experts menant des recherches sur le massacre de Srebrenica. Les témoignages d’une trentaine de spécialistes de différents pays (juristes, historiens, démographes, anatomo-pathologistes…) ont révélé des contradictions flagrantes dans la version officielle sur le génocide de la population musulmane à Srebrenica. Un tableau tout à fait autre a commencé à se dessiner après l’analyse et la comparaison des chiffres de victimes.Qui plus est, les experts qui avaient l’accès aux restes des victimes du « génocide » présumé, ont fait des révélations surprenantes. Le nombre de personne inhumées suite à ces évènements ne fait qu’augmenter d’une année sur l’autre. N’est-ce pas un miracle? En 2003-2006, parmi 2442 corps des victimes du génocide de 1995 enregistrées, les spécialistes en ont retrouvé 914 qui participaient à l’élection en 1996. Certains avaient péri avant 1995, d’autres sont morts dans leurs lits. On en déduit que des cadavres de musulmans morts à d’autres endroits et à d’autres moments y ont été transportés.

L’analyse des bilans médico-légaux faite par les experts du Tribunal de la Haye a démontré que dans 92,4 pour cent des cas la cause de la mort n’avait pas été officiellement définie. Parmi plusieurs journalistes présents en juillet 1995 en Bosnie-Herzégovine, il n’en est resté aucun qui avait vu ce génocide présumé de ses propres yeux.

Nikola Mirkovic, auteur du livre Martyre du Kosovo, estime que la vérité sur les évènements à Srebrenica est cachée:

« Aujourd’hui tout le monde en parle sans savoir ce qui est dedans. Peu de gens savent que quand les inspecteurs du Tribunal pénal international sont arrivés sur place, ils n’ont trouvé +que+ 2000 morts. Des organisations payées ou pilotées par des pays membres de l’Otan ont commencé à trouver plus de morts. Et même parmi les musulmans le chiffre n’est pas le même. Vous avez des documents officiels de musulmans de Bosnie qui parlent de 4000 morts… J’ai relevé un commentaire intéressant d’une personne qui est un musulman de Bosnie Ibran Mustafic, membre du Comité d’organisation pour le souvenir de Srebrenica, qui dit, lui, que plus de 500 musulmans de Srebrenica ont été tués par des guerres intestines entre musulmans. Et il dit aujourd’hui que le véritable manipulateur des chiffres de Srebrenica est Amor Mašović, président de la Commission de recherche des personnes disparues de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Il y a des intérêts financiers maintenant qui supplantent la réalité historique pour essayer de gonfler le chiffre. Vous avez même des personnes sur place qui vivent du mémorial… »

Les preuves de la falsification des faits quant au génocide à Srebrenica peuvent être trouvées dans les déclarations des responsables politiques de l’époque. Ce même Ibran Mustafic, à l’époque fondateur d’une aile du Parti de l’action démocratique, accordait le 14 juillet 1996 une interview révélatrice à l’hebdomadaire Slobodna Bosna (« La Bosnie libre »). Il y déclarait que « l’enclave de Srebrenica […] a été délibérément sacrifiée », et que « la présidence de Bosnie-Herzégovine et l’état-major ont été directement mêlés à ces intrigues ». Le but était de provoquer les forces serbes pour qu’elles attaquent une zone démilitarisée. Une provocation réussie qui a entraîné une campagne de l’OTAN quelques ans plus tard dont les victimes ne sont jamais mentionnées par les tribunaux, d’après Nikola Mirkovic:

« Pour moi c’est un procès politique. C’est un procès où vous avez ceux qui ont fait une guerre illégale, qui ont bombardé illégalement ou à tort une partie des belligérants des années 90 dans les Balkans et qui cherchent à se justifier aujourd’hui. Ce sont les pays membres de l’Otan qui ont bombardé massivement les Serbes dans l’ex-Yougoslavie, qui ont créé ce tribunal et qui jugent des personnes qu’ils sont eux-mêmes bombardées. On ne peut pas être juges et parties sachant que dans ce même tribunal vous n’avez quasiment que des Serbes qui sont condamnés. Ça n’a pas de sens. Vous avez des crimes commis par l’Otan, bombardements de l’Otan sur les quartiers résidentiels avec plus de 500 civils tués. Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de membres de l’Otan jugés dans ce tribunal? Cela prouve que c’est un tribunal politique qui ne va que dans un sens et qui sert à raconter l’histoire que l’Otan souhaite raconter sur la Yougoslavie. Je pense que c’est une vision très cynique ».Radovan Karadzic est le plus haut responsable à être jugé par le Tribunal pour des crimes présumés commis pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic durant son procès. Par le procès contre Karadzic on espère tourner сette triste page dans l’histoire des Balkans. Mais en effaçant les mauvais souvenirs, on ne réussira pas à faire oublier la vérité qui ne plaît pas à la communauté internationale.

28.03.2016 – Victoria Issaïeva
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