Sur la voie de l’échec – Les États-Unis tentent un violent « changement de régime » en Iran

Au début de l’année 2014, nous avions remarqué que lors des Révolutions de couleur par la force en Syrie et en Ukraine :

Dans les deux cas, les manifestations et les occupations illégales des bâtiments gouvernementaux étaient des attaques brutales et criminelles contre la police et d’autres forces gouvernementales. En Syrie, la partie « musculaire » de la violence a été faite par des djihadistes financés par l’étranger, tandis que les gangs néo-nazis étaient utilisés en Ukraine. Les manifestations et les attaques contre l’Etat sont planifiées et vont de pair. Il n’y a rien de « pacifique » dans les manifestations qui ne sont que la couverture des relations publiques pour des attaques contre l’Etat. Tandis que les politiciens et les médias étrangers expriment immédiatement des « préoccupations » et des menaces sur des réponses gouvernementales tout à fait normales. C’est une arnaque pour justifier le « soutien » « occidental » aux manifestants et pour faire avancer la violence.

L’objectif est le « changement de régime » des gouvernements légitimes par des petites minorités. Si le « régime » résiste à cela, l’alternative de détruire l’Etat et la société toute entière est également pleinement acceptée.

Depuis, nous avons vu des opérations similaires de la CIA au Venezuela et, plus récemment, au Nicaragua. Le même concept est utilisé pour attaquer l’Iran. En décembre, des manifestations économiques pacifiques ont été détournées par des éléments violents. La nuit dernière, une tentative similaire s’est produite :

  Sayed Mousavi @SayedMousavi7 – 22:17 UTC – 30 juin 2018

    La manifestation contre la pénurie d’eau à Khoramshar est devenue violente ce soir.
Ce que nous savons :
– Au moins 2 manifestants abattus, possiblement en se rapprochant des zones militaires.
– Des foules ont mis le feu à 2 musées (rapports)
– 1 heure de calme
– Aucune prise de contrôle de base (les journaux anti-régime l’ont prétendu).
– Une moto armée est suspectée.

La scène avec la « moto armée » dans la vidéo attachée au tweet ci-dessus peut être mieux vue dans une autre vidéo. Elle montre deux « manifestants pacifiques » sur une moto tirant sur la police avec un pistolet automatique. Le tireur est touché et tombe. Un autre « manifestant pacifique » prend le fusil et continue à tirer.

Via Sayed Mousavi

Via Sayed Mousavi

Il y a un an, la CIA a créé un nouveau centre de mission pour attaquer l’Iran :

Le Centre de mission en Iran réunira des analystes, du personnel opérationnel et des spécialistes de toute la CIA afin de mettre à profit l’éventail des capacités de l’agence, y compris des opérations secrètes.

Pour diriger le nouveau groupe, M. Pompeo a choisi un agent de renseignement chevronné, Michael D’Andrea, qui a récemment supervisé le programme de drones létales de l’agence….

M. D’Andrea, ancien directeur du Centre antiterroriste de la CIA, est reconnu par ses pairs comme un gestionnaire exigeant mais efficace et un converti à l’islam qui travaille de longues heures. Certains responsables étatsuniens se sont déclarés préoccupés par ce qu’ils perçoivent comme sa position agressive à l’égard de l’Iran.

L’outil que les États-Unis utilisent en Iran sont des agents du Mujahedin-e-Khalq (MEK), une secte terroriste qui s’est battue avec l’Irak de Saddam contre l’Iran et qui est méprisée par le peuple iranien. Lorsque les États-Unis ont été expulsés d’Irak, ils ont transféré les camps MEK d’Irak en Albanie, où le culte forme maintenant ses terroristes.

Hier, une conférence du Conseil national de la Résistance iranienne (NCRI), un parapluie politique contrôlé par la MEK, s’est tenue à Paris. L’un des conférenciers invités bien rémunérés était Rudi Giuliani, l’avocat de Donald Trump. Il a reconnu la participation des États-Unis aux manifestations en Iran :

« Ces manifestations[en Iran] ne se produisent pas spontanément. Elles se produisent à cause d’un grand nombre de nos concitoyens en Albanie et d’un grand nombre de nos concitoyens ici et dans le monde entier.

Le MEK n’est qu’un groupe de façade, formé par le Mossad et financé par des fonds étatsuniens et saoudiens. Il n’est pas soutenu par le peuple iranien. Seulement la moitié des participants à la conférence étaient des Iraniens :

L’autre moitié consistait en un assortiment de Polonais, Tchèques, Slovaques, Allemands et Syriens qui ont répondu à une campagne Facebook promettant de voyager, de manger et de loger à Paris pour seulement 25 €.

Ces protestations pour favoriser un changement de régime au travers d’une « révolution de couleur par la force » ne sont que l’un des outils que les Etats-Unis utilisent pour détruire l’Iran.

Trump veut mettre fin à toutes les exportations de pétrole de l’Iran pour priver le pays de devises étrangères. Les plus gros clients de l’Iran sont l’Europe, l’Inde et la Chine. Les grandes compagnies pétrolières européennes ont déjà plié sous la pression de Trump, l’Inde a suivi et la Chine doit encore décider si elle veut prendre une position (coûteuse). Trump presse l’Arabie Saoudite d’augmenter ses réserves de pétrole pour remplacer le pétrole iranien qui ne peut plus atteindre le marché mondial.

L’appauvrissement des Iraniens conduirait à un soulèvement et à un changement de régime. Mais il est douteux que cela fonctionne. L‘identité de la République islamique est très forte. Il est plus probable que le peuple iranien s’unira et acceptera les difficultés tandis que les opérations asymétriques iraniennes détruisent lentement la politique des États-Unis. Les ports pétroliers saoudiens sont des cibles très vulnérables…

Au sein de l’administration Trump, le secrétaire d’État Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton sont les plus grands partisans du changement de régime à Téhéran :

Bolton considère les manifestations qui ont éclaté en Iran ces derniers mois au sujet de l’état de l’économie du pays comme une indication de la faiblesse du régime. Il a dit à Trump que l’augmentation de la pression étatsunienne pourrait mener à l’effondrement du régime.

Une personne qui s’est récemment entretenue avec de hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche sur le sujet a résumé le point de vue de Bolton dans ces mots : « Un petit coup de pied et c’est fini. »

Le secrétaire à la Défense Mattis serait opposé au changement de régime en Iran. Il craint qu’un tel effort ne conduise à une guerre plus vaste au Moyen-Orient. Trump va probablement le virer bientôt. Sheldon Adelson, le milliardaire sioniste qui a financé la campagne de Trump, payé Bolton et soutient Netanyahu, sera entendu par Trump. Il exige un changement de régime en Iran, quoi qu’il arrive.

Le changement de régime en Iran n’est pas seulement un projet de l’administration de Trump. Le soutien pour le MEK est bipartisan. Plusieurs démocrates, dont Nancy Pelosi, ont également pris la parole lors de la conférence du MEK à Paris. Les néo-conservateurs lunatiques sont établis dans les deux parties. Voici l’ambassadeur d’Obama en Russie qui a essayé et échoué à mettre en œuvre le changement de régime là-bas :

Michael McFaul @McFaul – 18:21 UTC – 30 juin 2018
Un Iran démocratique permettrait non seulement de libérer les Iraniens de la théocratie répressive, mais aussi de resserrer les liens entre nos deux pays ; des avantages réels sur le plan de la sécurité, de l’économie et de la morale, tant pour les Iraniens que pour les Etatsuniens.

Ce à quoi le père des néoconservateurs a répondu :

    Bill Kristol @BillKristol – 18:29 UTC – 30 juin 2018
Bill Kristol a retweeté Michael McFaul
C’est tout à fait vrai. Et c’est formidable de voir un consensus bipartite en faveur d’un changement de régime en Iran ! Il serait heureusement ironique si, par inadvertance, des sanctions sévères suivies par le JCPOA, suivies d’un retrait de l’accord, provoquaient un tel coup de fouet que le régime s’effondre.

Certes, les États-Unis seront les bienvenus à Téhéran avec des bonbons et des fleurs. Un tel non-sens « d’avantage moral » néo-conservateur a déjà conduit à la catastrophe de la guerre contre l’Irak. L’Iran est beaucoup plus grand. Elle a une économie assez moderne, des forces de substitution efficaces et des alliés très importants. Toute tentative de le vaincre militairement sera une entreprise désespérée.

Les États-Unis n’ont que des alliés faibles au Moyen-Orient. Si un conflit avec l’Iran devenait chaud, il aurait son destin en main pour ne pas s’effondrer.

Pour l’instant, on peut s’attendre à d’autres manifestations en Iran qui seront détournées pour tenter de créer une « révolution ». Il y aura des attaques par procuration dirigées par les forces kurdes et baloutches aux frontières de l’Iran. La pression économique à l’intérieur de l’Iran va encore augmenter.

Mais tous ces efforts sont susceptibles d’échouer. Depuis sa révolution islamique de 1979, chaque tentative étatsunienne de nuire à l’Iran ou à ses alliés a eu l’effet contraire. Chaque fois l’Iran est sorti plus fort qu’avant. Il est probable que la tentative actuelle aura un résultat similaire.

Moon of Alabama

Article originel : On The Path To Failure – U.S. Attempts Violent « Regime Change » In Iran

source:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2018/07/sur-la-voie-de-l-echec-les-etats-unis-tentent-un-violent-changement-de-regime-en-iran.html

 

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