Archives pour l'étiquette Futur

Parler de Soral à son prof : une expérience sociale et politique faite par des élèves

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Les enfants sont taquins. Ces élèves d’un collège ou d’un lycée « Montesquieu » (il y en a beaucoup en France) ont testé leur prof sur la question « Soral ». Il suffit de prononcer son nom pour que la gêne s’installe, et parfois la peur. Cinq petites lettres qui font trembler l’institution. Pourtant, il ne s’agit que de politique, de géopolitique, ou de sociologie. De connaissance, tout simplement. Pas de quoi fouetter un employé de l’Éducation nationale.

 

Il est vrai que cette dernière, depuis peu, c’est-à-dire depuis la découverte de l’engouement des jeunes générations pour les thèses soraliennes, a mis le paquet pour s’opposer à cette contre-éducation imprévue de ses propres troupes. Une concurrence qui n’était pas prévue au programme…
Car ne vous y trompez pas, les millions d’élèves de l’Éducation nationale lui appartiennent. Elle peut leur faire avaler n’importe quoi, faire baisser le niveau des cours, sacrifier l’excellence (la musique est sur la sellette), imposer l’étude des rois africains (forcément antiracistes) en lieu et place des rois de France (forcément racistes), introduire la notion douteuse de la théorie du genre dans les petites classes (le lobby LGBT prépare son avenir), bref, prendre les jeunes pour des cons, mais elle lèvera tous les boucliers possibles avec tous les moyens imaginables contre l’information ou la réinformation « Soral ».

Les dernières campagnes de dénonciation de la mauvaise pensée par rapport à la bonne (on croit rêver, on nage en plein 1984 d’orwell, et on se demande si le livre ne sera pas un jour retiré des programmes), provoquent évidemment l’effet inverse : le mot interdit, le nom maudit a été surmultiplié dans les brochures et les tutos de prévention du le « complotisme ». Tout le monde l’aura compris, les jeunes aussi : le « complotisme », c’est ce qu’il ne faut pas savoir, comprendre, découvrir. C’est la complexité des choses.

Nous n’accablerons pas les profs en général et celui-ci en particulier, qui ne sont pas armés (ou qui ont été désarmés sciemment) pour répondre intelligemment à leurs élèves. D’ailleurs, on leur interdit de parler autrement des événements majeurs de notre époque : Seconde Guerre mondiale, 11 Septembre, collusion médiatico-politique, conflit du Moyen-Orient. Autrement que dans la version officielle, qui est tellement bête ou tronquée, que par instinct, les élèves s’en détournent. Ce n’est pas un début de paranoïa de leur part, mais un simple réflexe de bon sens. Ils sentent qu’on les enfume, et ça ne va pas améliorer les rapports entre dominés et dominants dans le domaine scolaire.

Certes, on ne peut pas imposer dans une tête qui ne dispose pas d’un socle informatif de base une vision du monde qui peut être complexe, et qui demande des connaissances dans des disciplines qui sont souvent cloisonnées en France : Histoire (simplifiée ou censurée), Politique (sous contrôle), Géopolitique (réservée à une élite), Sociologie (bloquée par la gauche), Médecine (étudiée tardivement), Géographie (dépolitisée)… Il faudrait presque un cours supergénéraliste pour accompagner les chères têtes brunes ou blondes dans l’abstraction du monde. Un tel cours n’existe pas, ou alors remplacé par une instruction « civique » pitoyable. C’est pour ça que les jeunes vont chercher une explication satisfaisante ailleurs, sur le Net en général, et E&R en particulier. On y trouve ce qu’on n’a pas le droit de dire ou d’entendre ailleurs. Disons, une partie de la vérité.

Que les profs ne se leurrent pas : les parents de ces élèves font pareil. Ceux qui ont compris que les médias dominants – et on inclut dans ce groupe le puissant média scolaire – ne transmettent que ce qui profite au Système, et diabolisent ce qui le dérange, se tournent vers des sources d’information alternatives. Qui prennent aujourd’hui une ampleur telle, que les responsables de la propagande perdent les pédales. C’est la panique en haut lieu. Dans les ministères, les académies, les rectorats. Et cette panique, ils la transmettent à leurs relais, qu’ils soient journalistes ou profs. Pour qu’ils fassent peur à leurs ouailles. Mais la peur n’est jamais bonne conseillère. Les enfants comme les parents n’ont pas envie qu’on les prenne pour des ânes, et qu’on leur foute la trouille. La carotte et le bâton, c’est mort.

Le massacre de l’intelligence et des intelligences dans nos écoles constitue la plus grave des menaces pour la France d’aujourd’hui et de demain. Et tant pis si l’école persiste dans son impasse en voulant fermer les yeux des enfants et des parents : ensemble, ils s’en détourneront de plus en plus, et l’instruction se fera ailleurs, comme l’information, dont les médias sont en train de se vider, au profit de nouvelles sources, plus fraîches, plus cohérentes, plus adaptées, plus respectueuses. Les insultes à l’intelligence, ça suffit.

On espère que ces élèves, ouverts, curieux et plein d’humour, ne seront pas exclus de leur établissement pour leur audace. Ce sont justement ces qualités que l’école doit développer !

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« Nous sommes le plus beau pays du monde »

arton36286-009b7Attali parle de la France ou d’Israël ?

Dans sa nouvelle émission du 20 novembre 2015, mystérieusement baptisée Polonium, Natacha Polony interroge l’incontournable Jacques Attali au sujet des événements de Paris, mais aussi de sa vision du monde.
Comme d’habitude, Jacques dit tout, sans détours, dans un positivisme sioniste défiant l’entendement, et confinant à un humour de quatrième degré.
Avec toujours cette menace sous-jacente…

« L’absence de sentiment de la menace est la première étape du déclin d’un pays. Quand un pays ne se sent pas menacé, il a commencé à décliner. Donc il faut retrouver le sens de la menace. »

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Sauvegarder son cerveau pour vaincre la mort

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Laurent Alexandre dévoile le neuroprojet fou de Google

Quand on écoute le discours de Laurent Alexandre (dans le cadre de l’USI en juin 2014), un chirurgien qui s’intéresse aux neurosciences, on a d’abord l’impression de tomber sur un télévangéliste du futur. Il est question de transhumanisme, de neurotechnologies, d’homme augmenté, de back-uper son cerveau, et de vaincre la mort. Tout simplement.

 

En un peu moins d’une heure, égrenant les axes de recherche des bio-ingénieurs de Google, Alexandre entraîne le public vers des conclusions qui défient l’entendement. Et qui posent de nouvelles questions, morales, philosophiques, et théologiques, auxquelles nous ne sommes pas vraiment préparés.

Back-uper son cerveau ? C’est transférer son âme dans des circuits intégrés. Google travaillerait sur le projet, avec des experts débauchés ici et là. Selon Laurent Alexandre, les meilleurs chercheurs intéressent le Moloch américain, qui a déjà avalé toute la robotique de pointe, dans le but d’accélérer non pas la recherche, mais les résultats. Google n’est pas une vulgaire entité commerciale. Elle a d’autres objectifs, plus ou moins cachés, que l’orateur dévoile dans son monologue : « Le business n’est pas le problème, le problème c’est changer l’homme.  »

Les dirigeants de Google ne sont pas seulement des entrepreneurs, ils travaillent dans le sens d’un messianisme politique. Et la force de cette nouvelle puissance économique, c’est que « l’opinion va adorer ». Adorer qu’on lui propose de vivre plus longtemps, de sauvegarder son âme, de multiplier sa mémoire ou son intelligence, pour, in fine, provoquer un nouveau bond dans l’Évolution.
Rêves de geeks ? pas seulement.

Cette entreprise, dotée de moyens quasi-illimités, a les moyens de ses ambitions. A l’horizon de quelques décennies, le cerveau biologique, ou cerveau ancien, aura perdu la bataille, selon les propres termes du futurologue. Le cerveau augmenté lui succédera, avec des capacités multipliées, presque sans limites. L’embryon du cerveau global, neuro-Dieu pour les profanes, niche-t-il dans les serveurs gigantesques de Google ? Des questions vertigineuses se poseront, se posent déjà. La croyance, Dieu, la mort, le destin, tout peut alors être remis en question. Alors, l’humanité va-t-elle vers le bien ou le mal ? L’utopie googlienne est un mélange de 1984 d’Orwell et du Meilleur des mondes, d’Huxley. Alexandre ne se situe pas dans une posture morale, ni même politique : il garde l’œil curieux, celui du scientifique qui bouscule tous les dogmes, fussent-ils intangibles. Mais on sent derrière son développement une admiration d’enfant pour le groupe américain, même s’il essaye de nous alerter sur son pouvoir grandissant, qu’il estime déjà totalitaire. D’autres le trouvent déjà maléfique.

 

« Google a pour projet de créer une humanité 2.0  », lance Laurent Alexandre, citant le titre d’un livre de Raymond Kurzweil.

Devant cet exposé emprunt de lyrisme, qui nous transporte dans une autre dimension, que reste-t-il à l’homme de la rue, l’homme non virtuel, l’homme 1.0, Homo Normalus ? Laurent Alexandre prophétise la mort de ce grand singe, déjà dans les poubelles de l’Histoire. Il annonce aussi la fin du clivage droite/gauche, remplacé par le clivage transhumanistes/bioconservateurs.

Les transhumanistes étant ceux qui « croient » ou qui ne craignent pas l’homme augmenté, qui profitera de la fusion entre le cerveau et la technologie. Toute résistance s’avère difficile : qui s’opposera à ce progrès, un progrès personnel et collectif ? Pourtant, des scientifiques de renom, sous la houlette du génial Stephen Hawking, ont écrit une lettre au Guardian pour évoquer le risque majeur que le développement de l’intelligence artificielle fera courir à l’humanité, dans les 40 prochaines années. Le comité d‘éthique formé à cette occasion par Google ne changeant pas grand chose aux craintes de cette assemblée de scientifiques et prix Nobel, au contraire. Un autre inquiet fut Bill Joy, fondateur du langage Java et de Sun, que tous les informaticiens connaissent. Son livre datant de l’an 2000, Pourquoi le futur n’a pas besoin de nous, résume les inquiétudes générées par le pouvoir grandissant des technologies, qui annoncent la fin de l’homme. Ou du moins qui le dépouilleront de toutes ses prérogatives : on parle déjà de neuropolice, de neurojustice, de neurogéopolitique. Laurent Alexandre lui-même, en bon chirurgien, prévoit la disparition des infirmières. Dommage.

 

Moins d’humain, donc moins d’erreur ?

Tout cela n’est pas que de la prospective, ou de la neuroscience-fiction. Des pays (asiatiques, pour ne pas les citer) sont déjà sur la ligne de départ de la sélection des embryons, avec en vue la domination sur les pays qui refuseront cette sélection. Une guerre mondiale de l’intelligence est en cours, et les technologies NBIC qui en sont les armes prennent une ampleur considérable.

S’il y a des limites philosophiques, il n’y a pas de limites technologiques. Et la technologie est neutre. Soi-disant. En soutenant que l’âme humaine provient de nos neurones plutôt que du Seigneur, Laurent Alexandre prend un risque. Celui d’ignorer le niveau d’organisation supérieur, cher à Laborit et aux découvreurs « à l’ancienne », qui marchent à la simple imagination, et à la foi. Le scientisme a ses limites.

À la fin de sa démonstration, Laurent Alexandre abandonne le micro au public. Et se trouve démuni devant une question fort pertinente sur la mort… de la Mort : que va devenir la créativité humaine, qu’on sait organiquement liée à la peur de la mort, si cette dernière est vaincue ? Un feed-back cybernétique imprévu. L’Homme imparfait a peut-être encore de beaux jours devant lui.

 

La conférence complète de Laurent Alexandre est ici :

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