Un agriculteur sur trois gagne moins de 350 euros par mois

La Mutualité sociale agricole, qui gère la sécurité sociale des agriculteurs, a diffusé ce mardi les premiers chiffres sur le revenu des exploitants en 2016. Leur revenu moyen se situe entre 13.000 et 15.000 euros par an. Un tiers des agriculteurs touche moins de 350 euros par mois.

Le revenu annuel des agriculteurs a légèrement progressé en 2016, selon les estimations de la Mutualité sociale agricole (MSA) diffusés ce mardi. Mais cette hausse est davantage due à une baisse des charges liée à des mesures gouvernementales qu’à une hausse des recettes. Les revenus sont également très variables selon les régions, a indiqué la sécurité sociale des agriculteurs.

Près d’un exploitant sur cinq en déficit

La sécurité sociale des agriculteurs a estimé leur revenu moyen 2016 entre 13.000 et 15.000 euros, soit 4 à 5% de plus qu’en 2015, mais note « une grande hétérogénéité selon les régions ». « La surprise vient plus (du fait) que la hausse est due à une baisse des charges qu’à la hausse des recettes », a expliqué Michel Brault, directeur général de la MSA. Près de 20% des exploitants étaient en déficit en 2016. Une proportion qui peut aller jusqu’à 35% dans certains départements. 30% des exploitants avaient un revenu inférieur à 350 euros par mois, une part qui peut aller jusqu’à 44% dans certains départements. Cette proportion est stable par rapport à 2015. Parmi ceux qui ont un revenu inférieur à 350 euros par an, la MSA comptabilise des exploitants en déficit.

De fortes disparités régionales

Les plus faibles revenus 2016 sont enregistrés dans les régions sud-ouest (MSA Sud Aquitaine et Midi Pyrénées sud), frappées par la grippe aviaire, le centre (MSA Berry Touraine et Beauce Coeur de Loire), touché par les inondations, et dans la Mayenne, l’Orne et la Sarthe.

Des revenus fragiles et volatils

Les revenus agricoles « restent fragiles et de plus en plus soumis à la volatilité » explique Michel Brault. Le nombre d’appels à la cellule d’écoute est quasiment stable avec 325 appels en moyenne par mois en 2017, contre 300 en 2016.

L’aide au répit, pour permettre aux exploitants épuisés de souffler

La MSA rappelle, dans son rapport, que depuis février 2017, grâce à une enveloppe de quatre millions d’euros allouée par l’État, elle a mis en place l’aide au répit, un dispositif qui permet aux agriculteurs en situation d’épuisement professionnel ou de burn-out de partir en vacances, mais aussi de trouver de l’aide auprès de professionnels du secteur social ou encore psychologique. Les secteurs d’activité les plus concernés sont ceux du lait et de la viande. La MSA compte faire bénéficier 4.000 paysans de cette aide d’ici la fin 2017.

Le Figaro du 8 octobre 2017 consacre un article au suicide chez les agriculteurs.

 

 

Le suicide est la troisième cause de mortalité chez les agriculteurs, après les décès par cancer et par maladies cardiovasculaires. Il touche toutes les régions et les productions agricoles françaises. Il n’épargne aucun paysan, même pas ceux qui sont bien investis dans la profession. Le 25 septembre dernier, Marc Spenle, père de deux fils et vice-président de la race bovine la Vosgienne, a mis fin à ses jours. Sa vache Candy était tête d’affiche du Salon de l’agriculture en 2011. Le 30 août, en Bretagne, Jean-Michel Le Troadec, l’agriculteur dont le lisier s’était répandu dans le cours d’eau le Jaudy à la suite d’un accident, s’est suicidé lui aussi. Enfin, Jean-Pierre Le Guelvout, candidat de la saison 5 de « L’Amour est dans le pré », s’est donné la mort en décembre dernier.

Sans oublier tous ces agriculteurs anonymes dont les nombreux avis de décès sur Internet montrent que ce mal n’épargne ni les jeunes éleveurs bien intégrés dans leur commune, ni les femmes, ni les retraités, qui ne supportent pas de voir leur fils s’enfoncer dans la crise. « Il ne se passe pas un jour sans que l’on me communique un faire-part de décès d’un agriculteur qui s’est donné la mort où que des proches m’appellent au secours », confie Jacques Jeffredo, humble maraîcher retraité de Sainte-Anne-d’Auray, à l’origine de cette cérémonie du souvenir. Il recense environ 600 suicides d’agriculteurs par an, soit quatre fois plus que les dernières statistiques officielles qui datent de… 2011.

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