Un ancien garde de Guantanamo accuse la CIA de falsifier des suicides

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Un ancien garde de la prison de Guantanamo accuse le renseignement américain d’organiser des «suicides» des prisonniers qui dirigeaient des grèves de la faim, et qui se seraient pendus selon la version officielle des Etats-Unis.

C’est au petit matin du 9 juin 2006 que Joseph Hickman, alors agent de sécurité dans la prison américaine de Guantanamo, a vu une camionnette pour les détenus où sont montés trois prisonniers du Camp 1.

«Cela m’a paru suspect, vu qu’il n’y avait aucune commission militaire en cours», a raconté Hickman dans une interview à RT. Il s’est ensuite rappelé que le véhicule s’est ensuite dirigé sur la voie qui menait à la plage, «et ils n’allaient certainement pas à la plage», mais à un «site noir de la CIA», une prison clandestine contrôlée par le renseignement américain.

Les trois prisonniers qui ont été amenés au «site noir» cette nuit-là étaient les leaders des grèves de la faim massives chez leurs codétenus. «Les grèves n’arrêtaient pas depuis leur arrivée. Ils causaient beaucoup de problèmes au commandement», a déclaré Hickman, en expliquant que le règlement américain de l’interrogatoire interdit de questionner les prisonniers en grève de faim. Selon l’ancien garde, un des prisonniers morts a même écrit une lettre à son père affirmant «l’administration veut se débarrasser de moi à tout prix».

Le 10 juin 2006, le département américain de la Défense a annoncé que deux Saoudiens, Mani al-Utaybi et Yasser al-Zahrani, et un Yéménite, Ali Abdullah Ahmed, sont morts dans leurs cellules «suite à une tentative de suicide».

La pratique du waterboarding était courante à la CIA selon HRW et un rapport du Sénat américain. HRW dénonce l’absence de poursuites judiciaires contre les responsables des tortures de la CIA

«Plusieurs prisonniers qui étaient dans le même bloc de cellules cette nuit-là ont raconté qu’ils n’ont vu personne se suicider cette nuit, alors que le gouvernement a affirmé qu’ils l’avaient vu. Mais ce n’est pas vrai», a cependant rétorqué Joseph Hickman, en parlant à RT.

Le gardien a décidé de partager ses préoccupations au département de Justice, mais le gouvernement ne l’a pas écouté, a-t-il dit. La publication du rapport sur son histoire dans Harper’s Magazine en 2010 n’a pas eu non plus d’effet.

Dix ans après les faits, Joseph Hickman a écrit un livre intitulé «Murder at Camp Delta» («Meurtre aule Camp Delta») contenant tous les détails de la nuit tragique. L’ouvrage doit paraître le 23 février 2016.

 

Source: Russia Today

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