Un émirat Daesh, béni par Israël, entre le Golan occupé et la Jordanie

C’est bien Daesh qui occupe le bassin du Yarmouk, situé à cheval entre le Golan occupé et la frontière avec la Jordanie à Deraa. Et ce , sans aucun doute avec la bénédiction totale d’Israël.

Depuis les combats qui ont éclaté le mois d’avril dernier, entre la Brigade des Martyrs de Yarmouk (BMY) d’une part et les milices qui tournent autour de la branche d’Al-Qaïda le front al-Nosra de l’autre, c’est la première qui l’a emporté dans cette région située au sud-est du Golan occupé. Laquelle constitue une poche qui relie les frontières avec le royaume hachémite à celles du Golan occupé dans la province sud-ouest de Deraa. Les combats s’y poursuivent encore, mais c’est BMY qui a toujours le dessus. Des centaines de miliciens ont péri des deux bords, sans compter les liquidations de responsables sécuritaires et religieux qui s’en ont suivies de part et d’autre.

Or, selon le Nosra, le chef militaire de la BMY, Mohammad Saad Eddine Al-Baridi, connu sous l’appellation al-Khal (l’Oncle) a bel et bien prêté allégeance à la milice wahhabite takfiriste Daesh. Ce qu’il dément officiellement.

L’an dernier, alKhal est apparu dans une vidéo sur Youtube , ainsi que quelques uns de ses hommes, brandissant les drapeaux noirs de Daesh,  en train de scander des slogans en sa faveur. Cette année là, sa milice et celle du Bataillon du Jihad   avaient livré de violents combats au front al-Nosra et Cie.

Sur ses comptes Facebook, AlKhal dément catégoriquement avoir prêté allégeance à Daesh, et accuse le Nosra de mener une campagne pour l’éliminer. Son adjoint aussi, Abou Abdallah Al-Jaouni a démenti ces  accusations pour le journal londonien arabophone financé par le Qatar al-Quds al-Arabi.

Or depuis le mois de juin dernier, date a laquelle il a annoncé la formation de son tribunal religieux, les connexions avec Daesh paraissent justifiées. Cette instance juridique porte des similitudes frappantes avec celles de la milice wahhabite. Une police islamiste a été créée. Ses barrages traque ceux qui fument, les emprisonne pendant un mois et leur inflige une amende  30.000 livres libanaises. Alors que les hommes se sont vus interdits de se raser la barbe ou de se couper les cheveux, les jeunes filles ont été interdit de porter des Jean et se sont vus obligées de porter le voile intégral.

Toutes les mosquées de la région sont désormais contrôlées et encadrées par les religieux de la milice, alors que la police islamiste s’attelle à traquer ceux qui ne participent pas à la prière de vendredi dans les mosquées, et les fouette devant les gens.

Qui est Al-Khal

En 2004, il a adhéré au Hezb alTahrir alIslami (le parti de libération islamique). Il a été arrêté par les forces de sécurité syrienne en 2009, il a été arrêté par les services de renseignements syriens qui l’ont emprisonné dans la prison de Saïdnaya, dans laquelle tous les militants takfiristes étaient séquestrés, dont Zahrane Allouche, le chef actuel de la milice Jaïch al-Islam. Il est sorti de prison grâce à une amnistie présidentielle en 2011.

Il a fondé la Brigade des Martyrs de Yarmouk qui a combattu l’armée syrienne, et lui a confisqué une vingtaine de chars, des systèmes anti aériens et des armements moyens.

En 2013, il a été victime d’une mine terrestre qui lui a fait perdre l’ouïe et le vue pendant 6 mois.

Sa milice compte actuellement des syriens originaires des villages Est de Deraa, de Raqqa (au nord-est de la Syrie), ainsi que des Jordaniens et des Palestiniens. Sachant que le Hezb alTahrir est lui-même un parti jordanien.

Leur nombre s’élève à près de 1.500. Ils perçoivent par mois 100.000 livres syriennes (l’équivalent de 500$), une somme plutôt coquette qui nous pousse à nous poser la question de savoir d’où l’argent est fourni.

Un ancien chef de la milice le Front des révolutionnaires de Syrie (FRS) (dirigé par Jamal Maarouf qui est soutenu par les Américains) a rejoint ses rangs. Connu sous le sobriquet Abou Tahrir al-Falastini al-Ourdoni, il est connu pour ses liens avec les services de renseignements.

Des liens avec Israël

Dans le bassin al-Yarmouk, AlKhal est connu  par les habitants d’entretenir des liens étroits avec l’entité sioniste. Pendant longtemps, c’est lui qui était chargé de faire entrer les miliciens blessés dans les hôpitaux israéliens. Il possède même un numéro portable israélien et se rend fréquemment en Palestine occupé.

Des sources sécuritaires syriennes assurent quant à elles que malgré les informations sur ses connivences avec Daesh, mais tous les approvisionnements de cette milice se font à partir de la Palestine occupée, a travers le passage Tal-Chéhab avec la Jordanie.

Il possède une frappe de feu nettement supérieure à celle du front al-Nosra. Durant la dernière bataille, il a tiré plus d’un millier de missiles et de roquettes contre ses positions.

Pour les services sécuritaires syriens, nul doute que cet émirat jouit du soutien d’Israël, dont les liens avec le Nosra n’ont rien de secret. Depuis quelques jours, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a sous-estimé une énième fois le danger que constitue Daesh, malgré les horreurs dont il fait preuve, martelant sur le « danger iranien ». Les alliances israéliennes tissées au sud de la Syrie, avec Daesh et le Nosra nous expliquent pourquoi il semble si rassuré.

 

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