Un photo-reporter expulsé par des manifestants ultra-sionistes : la police l’invite à partir

INFO PANAMZA. Découvrez en images l’évacuation policière d’un photo-reporter de l’AFP lors de la manifestation ultra-sioniste organisée hier devant l’Assemblée nationale.

Deux heures après les faits, Panamza avait rapporté l’information à ses lecteurs : 

Vendredi 28 novembre, à 13h, une manifestation s’est tenue devant l’Assemblée nationale pour protester contre le projet de résolution relatif à la reconnaissance de la Palestine.

Co-organisateurs du rassemblement qui a réuni environ 250 personnes (dont les députés Goasguen et Habib), les militants de la Ligue de défense juive s’en sont violemment pris –en présence de leur chef Eliahou Nataf – aux journalistes de l’Agence France-Presse.

D’après Willy Le Devin, journaliste de Libération, les forces de police sont demeurées passives.

Rappel : le ministère de l’Intérieur avait laissé courir la rumeur (rapportée en juillet par Le Devin) selon laquelle la LDJ, groupuscule violent et anti-arabe, serait bientôt dissous.

Un prochain rassemblement de la LDJ doit se tenir au même endroit, mardi à 14h, pour protester contre le vote solennel de l’Assemblée nationale.

De nouveaux éléments d’information sont apparus entretemps.

Hier, en milieu d’après-midi, le site de Libération publiait le reportage de Willy Le Devin. Extraits :

Vers 13h15, alors que la foule croît faiblement, Kenzo Tribouillard, le photographe de l’AFP, est violemment pris à partie. Un homme, la grosse trentaine, crâne rasé et lunettes de soleil sépia, exige sa carte de presse. Il n’est ni policier, ni membre de l’organisation. Le photographe accepte sa requête à la seule condition que l’homme délivre son identité en retour. Il n’en fera rien et décide même «de sortir» Kenzo Tribouillard de la place Edouard-Herriot avec le renfort de quelques jeunes gantés, en kippas, et très vindicatifs. Quelques secondes plus tard, c’est au tour de l’équipe du service vidéo de l’AFP d’être éjectée.

Dans la soirée, Ruptly TV (une agence vidéo berlinoise affiliée à la chaîne Russia Today et dédiée à la couverture des « histoires ignorées par les médias traditionnels ») a mis en ligne ses propres images du rassemblement.

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De la 19ème à la 25ème seconde de la vidéo, séquence édifiante: Kenzo Tribouillard de l’agence France-Presse, visiblement stupéfait par l’attitude hostile des manifestants, est prié par un homme muni d’un talkie-walkie (vraisemblablement un policier encadrant) de quitter les lieux.

afp

Au regard de ces images, la police ne s’est pas contentée d’être indifférente envers l’expulsion du photo-reporter par des extrémistes sionistes : elle y a participé en enjoignant Kenzo Tribouillard à partir.

Régulièrement critiquée par la mouvance pro-israélienne (au point d’être surnommée par certains « l’agence France-Palestine »), l’AFP, structure dépendante des aides  publiques octroyées par le gouvernement français, n’est pas précisément un média anti-sioniste. Peu importe : aux yeux de ses détracteurs, son traitement de l’information relative à la question israélo-palestinienne serait trop indulgent envers le Hamas.

Ironie du sort, Kenzo Tribouillard n’a pas, non plus, la réputation sulfureuse d’un journaliste  dangereux pour le sommet de l’État ou engagé sur tel ou tel sujet sensible. Il fut même, en juillet dernier, le lauréat d’un prix attribué par le ministère de la Défense pour sa couverture photographique de la guerre au Mali.

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Pourquoi la police, actuellement supervisée par Bernard Cazeneuve (l’homme qui déclare son « amour » à la communauté juive) a-t-elle agi ainsi? Mystère.

Le 19 juin, lors d’une autre manifestation pro-israélienne, des policiers avaient déjà montré –comme l’avait rapporté Panamza– une certaine délicatesse face à des militants de la LDJ et du Bétar en train d’éructer « Sale Arabe, sale Nègre » à des passants. « On y va, on y va, allez, on les amène! », s’était contenté de rétorquer (à la 32ème seconde) un policier en civil.

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Le 28 mai -durant un rassemblement organisé par le Crif, couvert par plusieurs grands médias et soutenu par de nombreux élus de la République-, des membres de la LDJ, observés par un rédacteur du site communautaire Jew Pop, avaient également ordonné -avec succès- à des CRS de faire retirer le keffieh d’un passant.

Qu’en sera-t-il mardi prochain?

La LDJ ainsi qu’une myriade de groupuscules sionistes se sont donnés rendez-vous à 14h, devant l’Assemblée nationale, lieu dans lequel furent déjà invités –en février 2013– ces miliciens de la cause d’Israël et où se tiendra le vote solennel en faveur de la reconnaissance de l’État de Palestine.

Chose curieuse : l’été dernier, Valls et Cazeneuve n’avaient pas hésité à interdire, de manière préventive, des rassemblements pro-palestiniens sous prétexte des dégradations commises par une poignée de manifestants. Au sujet de la LDJ et du Bétar, groupes notoirement violents, nulle sanction en amont : ces militants pourront venir parader, huer les députés et menacer les journalistes avec la complicité de la police.

Reste à savoir quand, comment et sous quelle volonté politique une telle impunité cessera.

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HICHAM HAMZA  

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