Yémen: la 1ère défaite des Al-Saoud

Après 27 jours de frappes intensives fauchant la vie d’environ 3000 yéménites, dont des centaines de femmes et d’enfants, et après la destruction de l’infrastructure de ce pays le plus pauvre de la péninsule arabe, l’Arabie s’est résigné face à la persévérance du peuple yéménite.

Ryad a étrangement annoncé l’arrêt de l’offensive militaire sous prétexte que les frappes aériennes sont parvenues « avec succès à éliminer les menaces pesant sur la sécurité de l’Arabie saoudite et des pays voisins ».

Qu’est ce qui a obligé Ryad à prendre cette décision

Selon des sources citées par le quotidien libanais AlAkhbar, les derniers développements sur le terrain qui ont marqué ces dernières 24 heures ont obligé Ryad à prendre cette décision qui est plutôt proche d’une trêve.

1-L’Iran a alerté plusieurs pays européens, qui ont à leur tour informé les Etats-Unis et l’Arabie, qu’il ne restera pas indifférent face à l’usage excessif de la violence à l’encontre des civils. Téhéran a envoyé vers la mer rouge un convoi de 9 navires, dont deux patrouilleurs de type militaire.

2-Les services de renseignements militaires des pays de la coalition arabe et de certains pays étrangers ont été informés de l’échec de 15 tentatives d’assassinat visant des dirigeants d’Ansarullah, dont à leur tête Abdel Malek AlHouthi.

3-Les forces révolutionnaires yéménite ont mené une attaque éclaire à la frontière avec l’Arabie, tuant plusieurs soldats saoudiens. Ryad a imposé un black out total sur cet incident, au moment où le ministère saoudien de l’intérieur parlait d’un état d’alerte maximale pour contrer toute confrontation terrestre.

4-Mardi matin, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a téléphoné à son homologue iranien Mohammad Jawad Zarif pour lui informer que Washington est prêt à convaincre l’Arabie de stopper la guerre et veut une coopération dans la relance du processus politique au Yémen.

5-A midi, les Iraniens ont reçu  des confirmations selon lesquelles l’Arabie a accepté de stopper les raids et l’arrêt de son offensive baptisée « tempête décisive », mais Ryad serait obligé de bombarder les attroupements des Houthis au sud vu qu’il est engagé à faire retourner (à Aden) le président démissionnaire en fuite Abed Rabbo Mansour Hadi.

Réaction des Houthis

A peine l’arrêt de la tempête décisive annoncé par Ryad, Ansarullah a informé le sultanat d’Oman que cette démarche est un arrêt d’une agression menée unilatéralement de la part de l’Arabie, et nous ne sommes engagés à rien offrir en échange. « Ce que les Saoudiens n’ont pas pu prendre par la force, ne le pourront pas par les négociations politiques ».

Ansarullah a réitéré son refus total à toute ingérence dans le dialogue inter-yéménite.

La coalition annonce le début d’une nouvelle phase

Peu avant, le porte-parole de la coalition, le général Ahmed al-Assiri, a annoncé à Ryad la fin de l’opération « Tempête décisive », lancée le 26 mars, « à la demande du gouvernement et du président du Yémen ».

Il a annoncé le début d’une nouvelle phase, baptisée « Restaurer l’espoir » et portant sur la reprise du processus politique au Yémen, la fourniture d’aides humanitaires et la « lutte contre le terrorisme » dans un pays où Al-Qaïda est très actif.

Le général saoudien n’a cependant pas exclu que la coalition puisse intervenir pour empêcher les mouvements des « rebelles ». Il a en outre ajouté que le blocus maritime serait maintenu.

L’Iran salue « un pas en avant »

Entre-temps, l’Iran a salué mardi l’annonce de la fin des frappes aériennes de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite contre le Yémen, affirmant que c’était un « pas en avant » vers une résolution politique du conflit.

« La mise en place d’un cessez-le-feu et l’arrêt des tueries contre une population innocente et sans défense est un pas en avant », a déclaré la porte-parole de la diplomatie, Marzieh Afkham, citée par l’agence officielle Irna et l’AFP.

Il n’y a « pas de solution militaire » au conflit yéménite, a-t-elle ajouté, espérant que des mesures rapides pour l’acheminement de l’aide humanitaire soient prises et que les conditions soient réunies pour l’établissement d’un dialogue entre les différents partis et groupes yéménites en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale, selon Irna.

 

Source: AlAkhbar + AFP

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